30/05/2007

Poésie vestimentaire

Broussetou, ou broustou, de l’allemand Brusttuch. C’était au XIXe siècle, un vêtement d’homme très courant dans le Pays de Vaud: un gilet de laine ou de flanelle, avec des manches et deux rangs de boutons.

Le conteur montreusien Eugène Rambert (1830-1886), lui a dédié un poème: «Du vigneron vaudois je porte le costume, Cet ample broussetou, chaud comme une toison, Ce tricot roux et brun, fait selon la coutume, De laine de brebis filée à la maison. C’est là le vêtement que j’endosse en ma chambre; Ainsi que l’almanach, il indique le temps: De boutons en boutons, il se ferme en novembre, Et s’ouvre avec la rose au souffle du printemps… Rien qu’à considérer sa laine nuancée, Ici d’un roux plus brun, là d’un fauve plus clair, L’image du pays flotte dans ma pensée Comme aux brises du soir flotte un parfum dans l’air.» («L’habit du poète», écrit à Zurich vers 1880)

Commentaires

Je crois que l'usage du broustou est nettement plus ancien.
Je suis tombé dans un exemplaire de la Bibliothèque universelle - Revue suisse, éditée au début du XXe siècle par Frédéric Barbey, sur un extrait du Journal de François-Bénédict Pictet, médecin de Moudon , pourvu d'une commission de chirurgien le 16 janvier 1746 dans un des régiments suisses au service de la France de Louis XV. Il détaille tous les vêtemps qu'il emporte (vers les Flandres) dans sa malle: "Trente tours de cou blanc, un bon habit de drap gris, une ceinture de peau de chamois, et un BROUSHOU de molleton blanc." Ce broushou-là doit être déjà le broussetou de votre Rambert.

Écrit par : kazbekis@hotmail.com | 31/05/2007

Ca me fait aussi penser au "bredzon" gruérien. Il faudrait rechercher la racine arpitane.

Écrit par : Rabbit | 12/06/2007

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