04/06/2007

Mésanges, rhubarbes et vahinés

En ce premier lundi de juin, on salue le retour tapageur de la mésange charbonnière: elle fait titipu-titipu, mais imite aussi d’autres mésanges. Les jardiniers municipaux sont affairés à pincer les jeunes pouces du rhododendron, pour ordonner à Denantou et aux Eaux-Vives des massifs de fleurs blanches, violettes, roses ou rouges. Ses feuilles sont persistantes mais ses corolles fragiles. Une citation de Jacques Chardonne:

«Le rhododendron tient allumée quelques jours, dans son feuillage noir, une torche rose.»

 

 

Le légume de la semaine

 

 

Au potager, c’est le retour de la rhubarbe (du bas latin reubarbarum «racine barbare»). C’est un légume robuste, mais qui se consomme comme un fruit: on emploie ses pétioles verts et rouges (image) pour faire des confitures, des compotes, des tartes, des clafoutis, des glaces. Mais il peut accompagner à merveille le porc farci au cidre par exemple.

 

J’apprends, dans la dernière édition de Terre & Nature, que les vastes feuilles triangulaires de la rhubarbe ne se mangent pas, mais que leur forte teneur en acide oxalique est un insectifuge souverain: on les hache, on les fait macérer à froid dans de l’eau et on les pulvérise sur larves, pucerons et chenilles.

 

Le film de la semaine

 

 

«Five Fingers», ou l’«Affaire Cicero», du grand Joseph Mankiewicz, 1951, avec James Mason et Danielle Darrieux. Cinémathèque Suisse, demain mardi 5 juin à 15h.00.

 

Adapté d’une histoire authentique, d’après les mémoires du vrai «Cicero», ce chef-d’œuvre du film d’espionnage nous plonge dans l’atmosphère trouble d’Ankara, durant la Seconde Guerre mondiale.

 

Mason y campe un domestique – brillant, d’un cynisme absolu – au service de l’ambassadeur de Grande-Bretagne, qui refile au ministre du IIIe Reich des plans stratégiques, uniquement pour s’enrichir et s’exiler au Brésil. Un jeu de dupes impeccablement tissé, des dialogues étincelants, comme toujours chez Mankiewicz. Mais attention: version originale anglaise non sous-titrée…

 

L’étymologie de la semaine

 

 

 

Le rhum – qui peut joliment assaisonner certains desserts à la rhubarbe – tire son nom de l’anglais «rum», abréviation de «rumbullion», mot dialectal de l’île de Barbade signifiant «grand tumulte». Il désignait une liqueur forte, fabriquée depuis des siècles dans la plus orientale des Antilles.

 

 

 

La mère de Gauguin

 

 

Je vous invite à faire un saut de puce, et de changer d’océan. De quitter la Barbade pour l’île d’Atuona, aux Marquises, où Paul Gauguin (autoportrait ci-joint) mourut syphilitique et alcoolique en 1903.

 

Pourquoi Gauguin? Parce que ce jeudi 7 juin sera le 155e anniversaire du jour de sa naissance à Paris. Avant de se consacrer entièrement à la peinture, en 1883, il avait travaillé dans marine marchande, puis comme terrassier dans le chantier du canal de Panama où plus de 25 000 ouvriers périrent de maladies tropicales (lui y contracta une forte dysenterie). De retour en France, il a été aussi agent de change dans une banque Bertin qui fit faillite en 1882.

 

Vous saurez enfin que le tout premier modèle de ses célèbres vahinés, à peine nubiles, avait été sa mère: Aline Marie Gauguin, née Chazal, était la fille de Flora Tristan, fameuse agitatrice et théoricienne du socialisme.

Et le peintre s’émouvait du souvenir de sa maman, comme celui d’une belle «enfant gâtée».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Commentaires

Lu récement dans "Le Temps" que la mésange pouvait moduler son chant ((cri?) d'alarme en fonction de la taille d'un prédateur (Un petit rapace, plus agile entre les branches, serait à priori, plus dangereux pour elle , qu'un Milan ou une buse de plus grande taille) . ...et ce signal d'alarme serait perçu également par certaines sittelles!
Etonnant, non?

Écrit par : Gilles Poulou | 04/06/2007

Lu récemment dans “Le temps” que la mésange pouvait moduler son chant (cri?) d’alarme en fonction du prédateur présent (Un petit rapace,plus agile entre les branches, serait plus dangereux qu’une buse ou un milan de plus grande taille.)…et certaines sittelles percevraient ces modulations.
Etonnant, non?

Écrit par : Gilles Poulou | 04/06/2007

Généalogies :
Flora Tristan était d’origine franco-péruvienne. Elle était la fille de Mariano Tristan Moscoso, colonel de l’armée espagnole et nièce du dernier vice-roi du Péru (Juan Pio de Tristán Moscoso) et plus tard Président de l’Etat sud Péruvien pendant la confédération Péruvienne Bolivienne.

Écrit par : Calu Schwab | 04/06/2007

Généalogies :

Flora Tristan était d’origine franco-péruvienne. Elle était la fille de Mariano Tristan Moscoso, colonel de l’armée espagnole et nièce du dernier vice-roi du Péru (Juan Pio de Tristán Moscoso) et plus tard Président de l’Etat sud Péruvien pendant la confédération Péruvienne Bolivienne.

Écrit par : Calu Schwab | 04/06/2007

En automne 2003, le Grand Palais, à Paris, avait organisé une expo sur les deux séjours de Gauguin en Polynésie. Très impressionnant: non seulement il y avait ses plus fameuses toiles de cet épisode final de sa vie (dont la célèbre "D'où venons nous? Que sommes-nous...."), mais aussi des estampes, des aquarelles, des gravures, des collages, des manuscrits. Et des bas-reliefs polychromes montrant non pas des vahinés mais des ondines bretonnes, tout aussi sensuelles...


Mankiewicz: oui, c'est un des maîtres du dialogue, plus que du suspense au fond. On pense à ce que je tiens pour son chef d'oeuvre: le Limier (Sleuth, 1972) avec L. Olivier et M. Caine. Mais on oublie "House of Strangers", qui met en scène un clan d'immigrés italiens qui s'entredévorent... Si la Cinémathèque Suisse voulait bien l'exhumer!!!

Écrit par : Lièvre-Variable | 05/06/2007

Est-ce que la famille de Gauguin a rendu à celle de Van Gogh l'argent que le premier avait soutiré au second avant de s'enfuir à Tahiti ?

Écrit par : Rabbit | 12/06/2007

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