02/07/2007

Des oeillets de poète pour Gilles

 

En ce début de juillet, tandis que la Lune décroît (elle sera à son aphélie le samedi 7, comme dans les pavillons turc et tunisien), le jardinier averti éclaircit les jeunes rameaux du framboisier, arrache les oignons pour les sécher et sème la chicorée pain de sucre. Sans oublier la rave, le myosotis, l’œillet de poète.

S’il se prénomme Thomas, on lui souhaitera bonne fête demain mardi. Le calendrier romain y célèbre le plus incrédule des apôtres, celui qui ne croit que ce qu’il voit, et qui aurait déclaré à propos du Ressuscité: «Si je ne vois pas la marque des clous dans ses mains, si je ne mets pas ma main dans la plaie de son côté, je ne croirai pas!».(Image)

Son scepticisme initial n’empêcha Thomas (Didyme pour les Grecs) de devenir un recruteur efficace, et au long cours: il aurait évangélisé les Mèdes, les Perses et les Parthes. Il aurait même atteint l'Inde. Il serait à l'origine des chrétiens du Malabar, dont la langue liturgique est le syriaque et qui choisissent leurs évêques chez les nestoriens de Mésopotamie.

L’expression patoisante de la semaine

On arâi oyu onn’aragne sè fotre on bètset contro onna caïa de motse tant l’îre treinquillo: «On aurait entendu une araignée buter avec un orteil contre une chiure de mouche tellement c’était tranquille.»

 

 

 

La genèse d’une chanson populaire

Jean Villard-Gilles, dont on célèbre au Festival de Montreux le 25e anniversaire de la mort (les 8, 12 et 14 juillet*) était moins féru de patois vaudois que de tournures idiomatiques courantes.

S’il a contribué à enseigner à ses compatriotes le goût de l’autodérision, ceux-ci tendent maintenant à l’ériger comme un chantre glorieux de leur terroir, oubliant que son ironie féroce était profonde. Eludant sa fibre de rebelle, son engagement idéologique pourtant explicite – contre le militarisme étroit, contre l’émergence du capitalisme déshumanisé: sa chanson Dollar, écrite en 1932, pourrait être reprise aujourd’hui en chœur par tous les contempteurs de la mondialisation…

Quant à celle de la Venoge, que les Vaudois considèrent désormais comme un hymne patriotique, elle ne lui a pas été inspirée comme on pourrait le penser quelque part entre L’Isle, Chavannes-le-Veyron ou Vufflens-la-Ville, mais en Bretagne… Il en raconte lui-même la genèse…

«Un jour que j’attendais l’inspiration, devant une mer bretonne absolument calme, sous un ciel sans nuages, quelque chose de bizarre se produisit. Je vis apparaître sur cette surface immobile, comme en filigrane, une ligne sinueuse autour de laquelle un paysage familier surgit du fond des eaux, couvrant l’Océan de collines verdoyantes, de bois, de vergers, et même de petits villages. Il n’y avait pas de doute, c’était mon lointain pays vaudois qui flottait, ô mirage! comme une carte, sur la mer. La ligne sinueuse au milieu, c’était: la Venoge! […] C’est ainsi qu’est né, à mille kilomètres de chez nous, ce poème qui est allé au fond du cœur non seulement de mes compatriotes, mais encore des Parisiens et de tous ceux à qui je l’ai fait entendre.»

(Tiré de «Chansons que tout cela»)

 

(*) Hommages à Gilles: http://www.montreuxjazz.com/

 

L’expo de la semaine

 

A partir du 7 juillet, la Fondation Oskar Kokoschka, qui siège à Vevey, présente au Musée Jenisch * un choix de 60 œuvres illustrant la relation intime que le grand peintre autrichien, décédé à Montreux en 1980, entretenait avec les musiciens de son siècle. Il avait été l’ami de Schönberg, Webern et Alban Berg. Le confident des pianistes Sviatoslav Richter et Rudolf Serkin. Le copain du violoniste Yehudi Menuhin.

 

(*) http://www.museejenisch.ch/

 

 

 

L’escapade de la semaine

 

Depuis les efforts spectaculaires lancés pour son embellissement, la capitale des Gaules est devenue une des cités les plus rayonnantes d’Europe. Les Suisses romands qui ne s’y rendent pas régulièrement ont tort. Jadis, pour les automobilistes en route pour la Côte d’Azur, Lyon était un cauchemar: ce sinistre tunnel de Fourvière toujours «bouchonné», qui imposait de longues minutes, voire des heures d’attente.

Entre-temps, ce méchant goulet d’étranglement a été résorbé, et il est possible de visiter Fourvière non plus pour ses labyrinthes routiers, mais pour le site extraordinaire de la colline qui les coiffe:

 

- Une vue qui domine toute la troisième agglomération de France et s’épanouit jusqu’au massif du Mont-Blanc – reconnaissable par temps clair au nord-est.

 

- Une basilique, conçue par l’architecte Pierre Bossan en 1896, financée par souscription populaire, souhaitée par les Lyonnais eux-mêmes, et dont la somptuosité tarabiscotée ressemble à la pièce montée du Sacré-Cœur, à Montmartre. Mais sa crème est plus pittoresque: imaginez une silhouette massive, étrange, flanquée de quatre tours octogonales, qui évoque un «éléphant renversé». La nuit tombée, en ses habits de lumières, ND de Fourvière évoque plutôt quelque vaisseau spatial surplombant la place Bellecour (image), dont elle est séparée par le cours de la Saône. (Son décor intérieur est délicieusement exubérant: mosaïques symbolistes, plafond néoclassique, frises florales Art nouveau.) Du kitsch tellement chargé qu’il finit par accéder à une espèce de vraie beauté

- Enfin, depuis une décennie, les Nuits de Fourvière (*) font affluer sur la colline des festivaliers estivaliers aux goûts éclectiques: nuits cubaines, brésiliennes, égyptiennes – avec Youssou n’Dour; nuits espagnoles avec Pedro Almodovar, nuits bollywood, etc. Le Requiem de Mozart, qui se jouera le 5 juillet, affiche complet. Mais suivront des musiques et masques de Bali, Arno & et Brigitte Fontaine (le 21 juillet), Jean-Louis Trintignant (le 30).

http://www.nuitsdefourviere.org/

 

Commentaires

J'ai pensé un instant, Gilbert, que ces oeillets du poète m'étaient destinés!
Si le chantre de St Saphorin a écrit de bien belles choses sur le pays de Vaud, il a également été fort critique envers ses habitants. Qui aime bien châtie bien. Antimilitariste convaincu (les colonels), il a composé de petits joyaux sur le Paris de l'avant -et après- guerre (La terrasse des Lilas , le petit café-tabac ).
En 93, Bühler et Sarclo ont donné un spectacle "Gilles" de toute beauté.

Écrit par : Gilles poulou | 02/07/2007

Et le site officiel de Gilles nous apprend que celui-ci a dit, en 1954, "La Venoge" devant son public parisien, dans lequel il y avait un certain Jacques Brel à qui cela aurait inspiré "Le Plat Pays".

Écrit par : Rabbit | 02/07/2007

Un autre "vrai" Vaudois à qui cela aurait inspiré quelque chose: Ted Robert avec son sublimissime: "Il a neigé sur Mykonos".
Contrairement à Gilles qui pensait à la Venoge en contemplant l'Océan Atlantique, Ted Robert pensait à Mykonos en contemplant ... la neige de l'écran vide de sa pensée nauséabonde.

Écrit par : Bla-Blo-Gueur | 02/07/2007

Bigre! Le débat prend à nouveau tournure hautement politique! Je sens qu'on nous mijote un festin.

Écrit par : Nagolet | 02/07/2007

Il en est de Ted Robert comme de Franz Weber.
Le hasard et la nécessité aidant, une de ses pensées finira peut-être par rencontrer un caprice de la population dans une cinquantaine d'années.
Quant à la neige de Mykonos, elle est plutôt destinée à flatter les narines lors des vacances entre copains.

Écrit par : Rabbit | 03/07/2007

CAPRICES
Comparer TR et FW est un "caprice" que je ne me permettrai jamais! (Mais je ne suis qu'un électron (libre?) de cette population capricieuse)

NEIGE
Mon Dieu! Vous pensez vraiment, qu'en plus d' "en être", ils sont junkies!
Quelle horreur! j'en frémis d'indignation.

Écrit par : Bla-Blo-Gueur | 03/07/2007

Une grand partie des gens qui fréquentent cette île ont horreur du mélange des genres. Soit.
Une certaine quantité d'entre-eux souffrent de rhinite chronique et s'emplissent les fosse nasales d'alcaloïdes sous forme pulvérulante.
Re-soit.
Songs are sung.

Écrit par : Rabbit | 03/07/2007

Ces gens qui ont le mélange des genres en horreur ne doivent pas aimer ce blog! Il faut admettre que c'est un mélange des genres assez "déconnant"... Pardon! "détonnant".

Écrit par : Bla-Blo-Gueur | 03/07/2007

Bienvenue de l'autre côté du miroir, là où sévit le Grand Lapin Blanc....

Écrit par : Rabbit | 03/07/2007

Nous avons donc passé en revue les crus de Neuchâtel, la bière et le thé. Mais au fond, personne ne sait quel crédit portent les uns et les autres à la williamine. Puis-je le dire sans détour: c'est regrettable.

Écrit par : Nagolet | 03/07/2007

Cela nous permet d'entrer, sur la pointe des escarpins, dans le monde étrange et pénétrant des alcools blancs. Personnellement, je ne connais rien de comparable à la Mirabelle et à la Quetsche d'Alsace (la Framboise, l'Alisier ou le Houx ne sont rien à côté). Tante Lisbeth cultivait quantité de fruits dans son grand jardin, et son frère Paul faisait fonctionner l'alambic une fois par année. Cette seule évocation provoque des réflexes Proustiens (la madeleine), voire même Pavloviens chez moi.
Ai-je bien répondu ?

Écrit par : Rabbit | 04/07/2007

Je dois vous reconnaître un vrai talent. Tante Lisbeth vous a-t-elle dit qu'elle était fière de vous?

Écrit par : Nagolet | 04/07/2007

Il faut malheureusement reconnaître que je ne suis pas l'élément le plus brillant de la famille: si vous voyiez les autres... Nonobstant, si vous êtes disposé à entrer en matière au sujet des alcools de grains, faites-moi signe.

Écrit par : Rabbit | 05/07/2007

Vous avez pas déjà assez pintoillée? Déjà que l'autre nous met une fabrique d'autos à Micchonos.

Écrit par : La grande Henriette | 05/07/2007

Madame Henriette, je vous fais modestement observer que le blog de Monsieur Gilbert n'est pas le bulletin d'une quelconque ligue de vertu et que lorsque nous dissertons sur les mérites comparés de la Mirabelle et de la Chartreuse, c'est en qualité de gourmet et non d'ivrogne. Nous déplorons, il est vrai, que dans votre région l'alcool puisse faire autant de ravages et qu'on en parlât, sur la Place Fédérale, comme d'une catastrophe nationale. Même Monsieur Géo, que vous citez souvent en exemple à propos de ses conférences sur l'eau ferrugineuse a aussi son versant sombre, et le récit de ses dernières escapades à Dakar est parvenu à nos oreilles (de lapin) par indiscrétion diplomatique. Acceptez-donc l'existant comme un moindre mal en vous consolant du fait que le plus grand poète chinois s'est noyé, en l'an 762 de notre ère, au cours d'une beuverie. A votre santé.

Écrit par : Rabbit | 05/07/2007

Ah oui, le fameux grand Lipo amoureux de la Lune, dont Monsieur Gilbert avait parlé dans un numéro spéclal de son journal consacré à une bibliothèque universelle et idéale...
Mais ici, il est qurestion aussi des nuits de Fourvière, de cette grande choucroute architecturale qui domine ma ville de Lyon: c'estvrai que la basilique est truffée de tellement de laideurs qu'on en finit par éprouver une certaine beauté!
Mais je recommande de redescendre de la colline en traversant les jardins jusqu'à la primatiale de St Jean. On y croise des statues sulpiciennes tellement kitches qu'elles sont boulversantes aussi.

Écrit par : KIM | 05/07/2007

Expression patoisante vaudoise: on connait une qui ressemble (traduite du patois): On aurait cru entendre roter un taon...

Écrit par : Milo | 05/07/2007

Oui, c'est ça, de son nom complet 李太白 (Lǐ Táibó).

Écrit par : Rabbit | 05/07/2007

Il faut défendre l'alcool comme un produit civilisateur. On peut se demander, par exemple, pourquoi les pays les plus riches et les plus dévéloppés du monde sont aussi ceux où l'on boit le plus de bière ou de saké. Ou pourquoi, dès l'antiquité, le dévéloppement de l'agriculture sur les bords de la méditerranée est liée à la production de bière et de vin.
D'ailleurs, pour les eaux-de-vie, trouvez-vous comme pour la fondue des lieux où la qualité soit meilleure?

Écrit par : inma | 05/07/2007

Le public se méfie à tort ou à raison de l'industriel et la production artisanale, voire même clandestine, est gage de qualité supérieure.
Pour moi, c'est une simple affaire de goût personnel et le prix ne fait en aucune façon office de garantie. A titre d'exemple: je voulais acheter du Riesling (pour ma choucroute) à Riquewihr et j'ai constaté que le prix de la bouteille s'échelonnait entre 7 et 70 €. L'approche qualitative consiste à tout goûter pour fixer son choix et l'approche quantitative à agir en fonction de ses moyens. J'ai donc demandé l'avis de mon cousin (qui s'en fiche complètement) et commandé sans tenir compte du prix; donc, si je ne suis pas satisfait, je n'ai qu'à m'en prendre à mon cousin.
C'est une vision du monde possible.

Écrit par : Rabbit | 06/07/2007

Nul doute que l'absynthe est a l'origine des meilleures poésies du XIème.

Écrit par : Calu Schwab | 06/07/2007

J'ai bu un verre de trop, c'est bien évidemment le XIXème..quoi que.

Écrit par : Calu Schwab | 06/07/2007

Verlaine avait au moins l'abinthe
Qu'en 14 on interdira
Il en tirait de douces plaintes
Et des rimes de cent carats...

Jean-Roger Caussimon

Écrit par : Gilles poulou | 06/07/2007

Sans oublier Apollinaire. Mais la peinture du XIXe siècle doit beaucoup à l'alcool, aussi.

Écrit par : inma | 06/07/2007

Il existe au moins un point commun entre les pélerins qui font une halte titubante sur ce blog et Apoilinaire, Verlaine et la peinture du XIXe siècle. La vraie question reste cependant la suivante: le cousin de Rabbit qui habite Riqueviwhr et se pose en expert de la choucroute, du Riesling et de la Weltanschauung sino-alsacienne sur les taux de change est-il le fils légitime de Tante Lisbeth et d'Oncle Paul? Personnellement, ça m'étonnerait. On sait que Tante Lisbeth était une friponne.

Écrit par : Nagolet | 07/07/2007

J'ai cliquée sur le truc en rouge marqué "mon profil" et on tombe sur un barbu avec un texte qui dit Gilbert Salem journaliste à 24 heures. Juste à coté il y a une annonce pour un film Der Hard avec Bruce Willis qui est l'une de mes idoles préferéees. J'aimerai savoir si ce M. Salem est un copain de Bruce Willis qui joue aussi dans Das Hard et pourrait me le faire rencontrée?

Écrit par : La grande Henriette | 07/07/2007

Tante Lisbeth, ainsi que toute sa famiille - gens méritants entre tous -, étaient de fervents monarchistes; je doute donc qu'on puisse la soupçonner de dévergondage devant un tel exemple de grandeur d'âme. Cela dit, j'ai encore au palais le bouquet de son schnaps, qui permettait une pause bienvenue entre la choucroute et le munster du déjeûner et la tarte aux mirabelles du Goûter.
Quand la harde de sangliers aura fini de traverser le cerveau de Madame Henriette, celle-ci pourra apprendre que Monsieur Willis passe de fréquentes vacances golfiques à Beauvallon (entre Sainte-Maxime et Saint-Tropez) et que, comme il était encore tout récemment à Paris, il se pourrait fort bien qu'il s'y trouvât en ce moment. Je ne le connais hélas pas personnellement pour le brancher sur Madame Henriette, mais je suggère à l'intéressée de sauter toutes affaires cessantes dans sa Coccinelle et de se lancer comme une fusée sur l'autoroute (sortie Le Muy). Attention: la partie entre Romans et Montélimar est particulièrement casse-gueule sous la pluie.
Au fait, on n'entend plus parler du Grand Mufti de Kaedi: il est aussi sur La Côte ?

Écrit par : Rabbit | 08/07/2007

Grand merci pour ces précisions; mais en voici une autre, et d'importance: il est inutile, hélas, de multiplier les appels du pied à Géo. Il ne reviendra pas de sitôt. Une estaffette m'apprend que sa jeep s'est embourbée dans un oued dépourvu de toute infrastructure télégraphique. Une colonne de secours est en marche, flanquée d'une de ces cellulles de soutien psychologique sans lesquelles aucun de nos faits divers ne saurait désormais s'épanouir.
P.S. Henriette, j'avais résolu de ne plus vous parler, mais juste une question: vous avez de nouveau passé une soirée avec Freddy Buache?

Écrit par : Nagolet | 08/07/2007

Il eut fallu me prévenir tout de suite de la situation dramatique de Monsieur Géo pour que j'intervinsse auprès du Dr Kouchner et que son pronostic vital (celui de Géo) demeurât intact. Il est peut-être déjà trop tard: je connais bien la région et l'ébriété au volant ne pardonne pas, vu la taille considérable du Sahara: même s'il est difficile d'y percuter un platane, on risque de se perdre très facilement (et pour toujours). Si vous possédez une fiche anthropomorphique de Monsieur Géo, nous pourrons toujours nous déplacer le moment venu pour reconnaître ses ossements et les inhumer en bonne terre chrétienne.
Si Madame Henriette a un faible pour les cinéphiles d'antan, de naguère et de jadis, on pourrait lui présenter Monsieur Godard. Mais comme Villars-Mendraz n'est pas loin de Vuisternens-en-Ogoz, je pense que Monsieur Buache et elle se connaissent depuis le cathéchisme; alors que Monsieur Godard risque de la traumatiser par son anticléricalisme primaire.

Écrit par : Rabbit | 08/07/2007

Au fait, de la Cinémathèque jusque chez moi il y en a pour un quart d'heure à pied. Et ça descend. Donc je mets déjà le Bollinger au frais....

Écrit par : Rabbit | 08/07/2007

Le fait est que nous nous retrouverons en situation hautement délicate.
En abscisse, M. Géo aux prises avec des vis platinées défectueuses, un estagnon de kirsch à sec et des chameliers autochtones réclamant de faramineux bakchichs pour tirer sa Land Rover de la gonfle où il s'est précipité. En ordonnée, dans un estaminet joratois, la grande Henriette croisant le fer avec F. Buache, J.-L. Godard et B. Willis sur les vertus comparées du cinéma engagé chez Bunuel, Tarantino et Ted Robert.
Devant l'urgence de la situation, j'ai exhorté la colonne de secours de rebrousser chemin pour faire marche sur l'estaminet joratois. J'ai également voulu prévenir le major Cachin, chef des pompiers de Lausanne et région, mais son Natel est pour l'instant sur ComBox.

Écrit par : Nagolet | 08/07/2007

Et la brigade des stups, que fait-elle ?
Moi, je vois bien Madame Henriette dans un film de Tarantino, ou même de David Lynch (surtout "Mulholland Drive"). Je vais voir si je peux la pistonner; mais je crains d'avoir perdu tout contact avec L.A. depuis 1981 (et le mariage du Prince Charles).
Où situez-vous le Jorat et le Gorgol, Monsieur Nagolet ? Vuisternens-en-Ogoz est à l'est de Mbagne et Villars-Mendraz à l'ouest de Mbout.

Écrit par : Rabbit | 08/07/2007

Ah! Vous m'épatez! Ou vous avez le don de double vue ou vous fréquentez vous aussi la grande Henriette (ce que je soupçonne de plus en plus): c'est elle, en effet, qui a inspiré à David Lynch le personnage d'Elephant Man"! (On dit aussi qu'elle a interprété le rôle du nourrisson dans "Eraserhead", mais Lynch n'a jamais voulu le confirmer.)
Pour ce qui est du Jorat, permettez que je le situe en prenant Chicago et Arkhangelsk comme points de référence plutôt que le fleuve Gorgol, que je connais mal. Le district verdoyant du Jorat se trouve donc à l'est de la première et au sud.ouest de la seconde. On y trouve notamment un préfet et, une centaine de mètres à gauche, un coin à champignons de bonne venue.

Écrit par : Nagolet | 09/07/2007

Le Major Cachin n'est plus Chef des Pompiers lausannois! Il est à la retraite et il n'y a que deux personnes qui ne le sachent: Nagolet et le Major lui-même. Si son Natel était sur Combox, il devait y avoir le feu quelque part. Il est au courant avant tout le monde. Il faut qu'il se gaffe de ne pas passer pour un pompier pyromane.

Écrit par : Bla-Blo-Gueur | 10/07/2007

I have a dream: celui de voir chanter Madame Henriette "Happy birthday to you" à l'anniversaire de Monsieur Brélaz, comme Marylin le fit pour JFK.
J'ai vu David Jones Bowie jouer Elephant Man à Broadway à l'époque où Lynch sortait son film. Cette histoire était dans l'air comme un virus et, ne connaissant pas l'âge de Madame Henriette, je n'ose donc affirmer que sa mère fut contaminée.
Le Jorat n'est pas extensible à l'infini et si l'on admet que son point culminant est situé entre Froideville, Montpreveyres et Corcelles, il est hors de question que des étrangers du dehors en revendiquent la possession. C'est les Guerres de Bourgogne qui recommencent ? Nous avons déjà pris une dérouillée la dernière fois. Madame Henriette pourait revêtir son armure, monter surs son destrier et aller porter la bonne parole au gentil Dauphin.

Écrit par : Rabbit | 10/07/2007

Grâce à vous, Bla-Blo-Gueur, tout s'éclaire donc: le major Cachin n'est plus en fonction; c'est pourquoi il ne répond plus. Serait-ce le même phénomène qui s'est produit quand j'ai vainement tenté l'autre jour de joindre de Général Guisan?

Écrit par : Nagolet | 10/07/2007

C'est bientot fini ces âneries? C'est pas la brigade des schtups qui doit s'occupée de vous, c'est l'auto jaune!

Écrit par : La grande Henriette | 10/07/2007

Henriette, je ne voudrais pas me mêler de ce qui ne me regarde pas, mais vous connaissant, je pense que vous ne devriez pas laisser passer la proposition qui vous est faite de vous produire comme Marylin au prochain anniversaire de M. Brélaz.
D'une part, chacun sait que vous débrouillez avec maestria au Choeur mixte de Vuisternens. D'autre part, je peux témoigner que depuis de longues années vous portez admirablement la robe fourreau.

Écrit par : Nagolet | 10/07/2007

Je ne vous raconterais pas mon retour avec Royal Air Baroque. Trop lamentable...
Sitôt de retour dans les contrées européennes, je suis allé voir la gueule de mon château en Espagne, en Navarre plus précisèment, après un petit détour pour raisons de famille dans les Pyrénées espagnoles. Fabuleuse région, avec des cols plus évocateurs de mon prénom que de mon pseudo. Mais cela se dit Roldan, là-bas. J'y ai croisé quelques sangliers (j'étais bien content qu'ils s'aperçoivent de ma présence et qu'ils reconnaissent enfin que j'appartenais à une dangereuse espèce qu'il convenait de respecter...), assisté à quelques encierros à Iruña ainsi qu'à la corrida, suis parti à la 3ème mise à mort ratée en dégueulant mon 4 heures quand le toro vomissait son sang en public, acheté quelques hectolitres de vin de Navarre, 12 heures de route tout seul dans mon monstre germanique et me voilà.
Et vous, Rabbit, quelles nouvelles ?

Écrit par : Géo | 10/07/2007

Vous avez fait tout ça avec les voyaages en autocar Buchard?

Écrit par : La grande Henriette | 11/07/2007

Dites, nagolet, cela fait longtemps que vous vous prenez pour une drague-couine ?

Écrit par : Géo | 11/07/2007

Lorsque la drague couine, c'est le moment de faire un graissage complet.
Si Monsieur Nagolet drague en couinant (ou l'inverse), il suffira peut-être de lui graisser la patte.

Écrit par : Bla-Blo-Gueur | 12/07/2007

La calembouromanie aigüe et en phase terminale de BBG serait-elle contagieuse? J'espère qu'on n'est pas partis pour un concours...

Écrit par : La grande Henriette | 12/07/2007

C'est décidé, nagolet, vous avez changé de sexe ? j'ai une certaine aversion pour les intervenants qui changent de pseudos comme de chemises. Si vous ne me comprenez pas, relisez les archives du blog...

Écrit par : Géo | 12/07/2007

C'est assez symptomatique pour les interventions qui se suivent à quelques minutes près: ça permet au blogeur qui a envie de débloquer de dire le pour et le contre sous des masques différents, une sorte de carnaval permanent.
Mes nouvelles ne sont pas fameuses; la vie (avec ou sans grand "v") réserve des épreuves qui confèrent, j'ose au moins l'espérer, une certaine dignité aux humains qui les traversent. Voir mon blog: c'est dit en vers, puisque la poésie est pour moi l'approche la plus sensible de la réalité.

Écrit par : Rabbit | 12/07/2007

C'est déjà difficile sur les sujets de tous les jours de dire des choses intelligentes, vous me permettrez de vous dire simplement qu'on est de tout coeur avec vous.

Écrit par : Géo | 12/07/2007

Ce que j'apprends sur votre blog, Rabbit, me peine énormément, mais vous tiendrez bon. Nous avons besoin de vous, car ce que j'ai écrit voici quelques jours sortait du coeur: vous avez un vrai talent. D'écriture, d'humour et d'humanisme.

Écrit par : Nagolet | 12/07/2007

Aux amis blogueurs qui veulent découvrir, ou redécouvrir, la poésie de ce cher Rabbit, je redonne l'adresse de son blog:
http://tangente-et-asymptote.over-blog. fr

Écrit par : Gilbert Salem | 13/07/2007

C'est vrai Rabbit, vous êtes très apprécié. Courage!

Écrit par : a.-h. klein | 13/07/2007

Mais, peut-on peut-être se demander, qu'est ce qui fait le pittoresque et l'originalité de Mykonos ? Qu'est-ce qui fait qu'elle se distingue de toutes les autres "horas" des Cyclades et qu'elle soit devenue si célèbre ? C'est à un plan de rues particulier ou plutôt à un manque total de plan d'urbanisme, ainsi qu'à une architecture née de la créativité pratique et artistique du Mykoniote, sachant tirer parti de tous les matériaux locaux et les adapter aux conditions climatiques particulières (vents violents, grand ensoleillement) que Mykonos doit d'être une bourgade unique au monde. http://www.voyage-vacance.fr

Écrit par : noisette | 24/08/2007

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