13/07/2007

Cartographies du Léman

 

Sur le globe terrestre des salles de classe traditionnelles, le Léman est une petite bouche bleue cousue à une seule commissure – la genevoise. Un sourire en coin maussade, un feu de ver luisant. Aujourd’hui, les images issues de satellites lui concèdent une ampleur plus respectable, en rapport avec ses mensurations officielles: long de 72 km, pour une largeur maximale de 13,8 km, il a une superficie de 582 km2 ; sa gouille est si profonde (309, 7 m), si volumineuse (89 000 mètres cubes) qu’on pourrait y noyer le genre humain tout entier!

 

Je tiens cette dernière évaluation scientifique d’un prêtre, qui ne nous enseignait pas que la géographie, mais les trois vertus théologales – la foi, l’espérance, la charité…

 

La représentation de notre lac sur les cartes et les plans n’a cessé d’évoluer depuis la Renaissance, et une exposition didactique actuellement au palais de Rumine *, raconte cette évolution comme une mise en scène: «Si nous avons l’habitude de voir le Léman toujours dans le même sens, c’est-à-dire la côte suisse et la côte française en bas, tel n’a pas toujours été le cas, note D. Gachet, de l’Unil. Au XVIe siècle, les cartographes représentaient le lac dans le sens inverse.»

 

Et Jocelyne Hefti, la commissaire de l’expo, d’expliquer: «Selon la symbolique religieuse, les points cardinaux étaient déterminés sur la rose des vents en fonction du soleil levant. Le Nord correspondait à l’enfer, et ne pouvait figurer ailleurs qu’en bas de la carte. Le haut, par contre, était réservé au paradis.»

 

Ainsi, dans la riche collection de cartes anciennes et modernes présentées à la Riponne, on pourra s’attarder devant un Léman «en forme de larme », et orienté… vers l’Orient.

 

(*) La cartographie du Léman, BCU, Palais de Rumine, jusqu’au 31 août.
www.unil.ch/bcu

Commentaires

La presse n'en a pas parlé (sauf Uniscope), mais il y a deux ans, une paire de globes terrestres du XVIe siècle a été retrouvée au 6e étage du Bâtiment des sciences physiques de l'UNIL, à Lausanne. Ils ont été identifiés par le prof J.-F. Loude comme étant signés par le grand Mercator lui-même. La paire comprend une sphère terrestre et une sphère céleste, inscriptions en latin, signature du maître et celle d'un chancelier de Charles Quint, etc. Leurs jumelles se trouvent à Harvard. Elles, elles sont maintenant conservées soigneusement à la BCU.

Écrit par : Paracelse | 14/07/2007

Elle est marrante cette vision du Léman cartographié à l'envers. Justement, pasrce qu'il se marre. Au moyenage il souriait... Et c'était l'époque ou pourtant on avait peur de l'enfer...

Depuis, il fait la grimace, il tire la gueule, les coins des lèvres tiré vers le bas. Vous savez, c'est comme dans les smileys...

Je me demande ce qu'en pensent nos amis vaincus de Nouvelle-Zélande qui nous observent depuis l'antipode, donc tête-bêches...

Et je me demande si le pape Benoit XVI, qui aime tant rappeler que l'enfer existe, n'arrivera pas un jour à imposer cette carte ancienne dans nos manuels scolaires....

Sourions.

Écrit par : Vengeron-Savon | 14/07/2007

Un Léman à l'envers, un Léman à l'endroit. C'est comme les tricots de la chère Madame Anne-Laure qui m'avait accueilli dans sa maison quand j'était petit gosse étranger, et sans origine précise (KKpart espagnole ptêtre).
Elle adorait ce lac.
Moi aussi.
Du balcon ou je l'admire, au-dessus de Rolle, le Léman me sourit tout le temps, parce que ses cornes Est et Ouest sont dirigées vers le Sud. Mais renversez tout: pour moi il y a le même sourire.
Le Léman d'Anne-Laure, c'est un lac de partout. Il appartient à tout le monde entier, tellement il si est beau. A moi aussi.
Ken

Écrit par : Kenny | 15/07/2007

Le haut des cartes était réservé au paradis, le bas à l'enfer... Comme dans les jeux de marelle.

Écrit par : Xenius | 16/07/2007

Si le Léman avait un volume de 89'000 mètres cubes, sa profondeur moyenne atteindrait 0.15 mm. Le vrai chiffre est 89 kilomètres cubes ou 89 milliards de m3.
Si vous croyez à l'homéopathie, sachez qu'un médicament de type 9 CH correspond à un dixième de gramme de substance de base diluée dans le Lac Léman. Comme me disait un jour une infirmière: "si ça ne vous fait pas de bien, au moins ça ne vous fera pas de mal". Quand Marc Donnet-Monay parle d'une aspirine dans une citerne, il est bien au-dessous de la réalité.

Écrit par : Vanille-Mocca | 21/07/2007

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