27/07/2007

Olivier Schopfer raconte la soupe

 

Linguiste et chroniqueur, Olivier Schopfer est un des collaborateurs réguliers de Radio Cité, à Genève, notamment dans l’émission La Fourmilière. Ses billets sont à l’enseigne du français qu’on cause. Aujourd’hui, dans ce blog, il nous explique les origines de la soupe, en Occident.

 

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«Au Moyen Age, la soupe était une tranche de pain que l’on trempait dans tous les liquides chauds: le bouillon, le lait, les sauces et les jus de viande.
Les gens du peuple mangeaient cette tranche de pain.
Mais les nobles s’en servaient comme d’une assiette.
Et à la fin du repas, quand la soupe s’était imprégnée du jus de tous les mets, ils la donnaient aux animaux ou aux pauvres.
C’est à partir du milieu du XIVe siècle que la soupe a désigné le plat que l’on connaît aujourd’hui: le bouillon épaissi par des aliments solides non passés, généralement à base de légumes.
La soupe a longtemps été en concurrence avec le potage. On considérait le potage comme plus noble parce tous les aliments sont passés et que sa texture est veloutée. Le mot est apparu au XIIIe siècle. À cette époque-là, le potage désignait des légumes "cuits au pot". Le "pot" était une marmite dans laquelle on faisait mijoter la nourriture. Il n’y avait pas de pot sans "cuillère à pot": il s’agissait d’une grosse louche qui permettait de vider rapidement et efficacement le contenu du pot. C’est de cette origine culinaire que nous vient l’expression "en deux coups de cuillère à pot", qu’on utilise quand on arrive à résoudre un problème facilement.»
Olivier Schopfer

 

Commentaires

Oui, le mot soupe en français, vient du français SOPE, lui même de l'ancien germain SUPPA, lui-même de l'indo-européen Su-Po, qui, en sanscrit veut dire toujors "bien - nourrir".
Mais la soupe a apparue dans les moeurs de l'être humain, il y a 2 siècles et demi. En fait dès qu'il a trouvé un moyen de faire chauffer de l'eau dans un trou de la terre et sur des pierres ardentes, dès qu'il a pensé à y verser des graines, des herbes, une peau de bête, un bout d'estomac de chèvre...

En Grèce: on y jetait des lentilles pour fortifier les soldats.
En Chine, du riz et des fèves.
A Constantinople: du poisson, des légumes, du sucre, du miel...
A Rome, au temps de la décadence: du gibier, de la menthe et du vin noir...

Écrit par : Tania | 28/07/2007

Selon le Dictionnaire Historique de la langue Francaise le mot est issu du bas latin suppa qui a fourni en italien zuppa,l'espagnol, le catalan et le portugais sopa. Suppa est d'origine discutée; pour Bloch et Wartburg, ce mot reprend le germanique suppa de la famille du gotique supón "assaissoner". P. Guiraud, sans rejeter le croisement avec le germanique, rattache suppa au latin classique suppus et supinus "tourné ves le haut","couché sur le dos, étendu", de suppare et supinare "renverser sur le dos", la soupe étant d´abord une tranche de pain "couchée" dans la soupiére. Cette hypothése n'est pas corroborée.

Écrit par : Calu Schwab | 28/07/2007

J'en ai soupé de l'ignorance !
Merci aux érudits de bien vouloir m'expliquer pourquoi on soupe le soir (tôt en Suisse et après le spectacle en France). Et pourquoi certains sont "soupe au lait" (toute ressemblance avec des blogueurs existants ou ayant existé ne serait que pure coïncidence) ?

Écrit par : Vanille-Mocca | 28/07/2007

D'autres donnent comme origine de soupe le verbe latin "sorbere" : boire à petites gorgées, mais ce n'est sûr ; pourtant. le dictionnaire Wahrig donne comme origine de "suppe", en allemand, le verbe "saufen", dans le sens ancien de "schlürfen", c'est-à-dire siroter ou manger bruyamment. Le dictionnaire étymologique de Ménard et Baumgartner donne le francique "suppa" (tranche de pain trempée dans du bouillon) comme origine.
L'expression"Soupe au lait" viendrait de "monter comme une soupe au lait", pour décrire l'état de celui qui se met facilement en colère, comme le lait qui se met à bouillir et déborde rapidement. (XIXe siècle) On appelait aussi soupe au lait la couleur blanche ou beige de certains chevaux et pigeons (Littré).

Écrit par : inma | 28/07/2007

vraiment tout ce que "carte blanche" raconte au sujet de la soupe me fait plaisir! Merci!
Au Jura de mon enfance, la soupe était parfois le repas principal. Tremper du pain sec dans la soupe, avec quelques gouttes de vin, manger (plutôt que boire) la soupe nous rendait tout guillerets! Papa distribuait la soupe au moyen d'une "Potche". Chacun sa "Potche ou sa demi Potche!" Il fallait "finir sa soupe!"
J'adorais la soupe aux oignons, aux patates, aux pois jaunes. Il m'est arrivoir d'avoir un visiteur de "marque comme on dit. Je lui ai fait de la soupe au tofou pensant l'impressioner! Il m'a dit qu'il allait donner la recette à sa femme... mais elle n'a pas confirmé l'avoir reçue.

En Irlande et en Angleterre "l'étiquette" m'a appris à manger la soupe en faisant glisser le liquide plus ou moins fluide, dans la cuillère, du centre de l'assiette vers le bord côté nord. En Suisse c'est le contraire, on mange sa soupe en ligne directe du centre de l'assiette à la bouche. Je ne sais d'où vient la différence...

Assez souvent, le mardi, je fais une soupe aux légumes, et j'en ai pour trois ou quatre jours...avec du pain et un bout de fromage!

Écrit par : cmj | 29/07/2007

Il faudrais ecrire un livre avec tout cette explication!

Écrit par : Mauro | 31/07/2007

merci pour ces informations , je lie vos articles tous le temps , merci beaucoup !

Écrit par : african mango extract | 06/04/2012

GENIAL

Écrit par : HERZOG | 25/07/2013

SOUPE À LA GRIMACE!

Elle est très mode, ma coupe
Ainsi que la longue houppe
Que je ne porte qu'en poupe.
Mais si le coiffeur la loupe
Elle trempe dans la soupe.
Il faut alors que je la coupe
Et que je porte une toupe.

Écrit par : Baptiste Kapp | 25/07/2013

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