02/08/2007

Sissi, une mouette à Territet

 

Au cœur de Territet, place des Roses, recueillons-nous devant ce monument blanc en marbre de Carrare, inauguré le 22 mai 1902 et représentant une princesse de contes dans une pose alanguie.

 

C’est l’impératrice Elisabeth de Wittelsbach, alias Sissi, impératrice d’Autriche et reine de Hongrie, qui chérissait la région montreusienne, et y séjourna à maintes reprises avant d’être assassinée en 1898 sur un quai de Genève, par l’anarchiste italien Luccheni.

Fille de Maximilien-Joseph II, elle épousa en 1854 François-Joseph Ier, empereur d'Autriche, à qui elle donna quatre enfants. Belle et spirituelle, elle fit de la cour de Vienne l'une des plus brillantes d'Europe.

Mais, désapprouvée par la noblesse autrichienne, en raison notamment de ses sympathies politiques pour les Hongrois, elle délaissa Vienne, et se consuma en voyages qui épuisaient sa suite. Un de ses paradis imaginaires était le Léman.

 

                                                       * * *

 

Accompagnée de 18 courtisans de Vienne et Budapest et d’une cinquantaine de malles, elle occupait plusieurs appartements d’un ancien Hôtel des Alpes, sur le territoire de Territet, sous le nom de comtesse de Hohenembs. Un incognito dont personne à Montreux n’était dupe.
Mais comme les Suisses sont polis, il était respecté.
A l’approche de la soixantaine, la lunatique souveraine souffrait de tuberculose, et l’air de la région avait la réputation d’être particulièrement salubre. Surtout en altitude: la dernière année de sa vie, Sissi logea au Grand-Hôtel de Caux.

 

 

                                                       * * *

 

Tout comme son cousin le roi Louis II, Elisabeth de Wittelsbach avait la fibre poétique. Elle écrivait sur elle-même des vers sans complaisance:

"Je suis mouette de nul pays,
Nulle plage n'est ma patrie,
A aucun site je ne m'attache,
Je vole de vague en vague".


 

Commentaires

C'est une statue taillée dans un bloc de Carrare qui pesait 18 tonnes. Le monument a été réalisé à l'initiative d'une ressortissante Britannique vivant à Clarens, Miss Sadelman. L'artiste était le sculpteur de Lugano Chiattone, qu'Elisabeth d'Autrice avait connu, puisqu'il avait déjà sculpté un buste de son fils Rodolphe, le fameux archiduc mort tragiquement, lui aussi, à Mayerling.

Écrit par : Lucette | 02/08/2007

Pour cet ultime séjour dans la région de Montreux, l'impératrice avait débarqué à Caux accompagnée de sa suivante préférée la comtesse Staray, du général de Berzeviczy (un Hongrois, car elle se sentait plus reine de Hongrie qu'impératrice d'Autriche), ainsi que de domestiques en livrée noire.

La première nuit de son arrivée, alors qu'elle admirait la lune sur le Léman, elle aurait vu apparaître la célèbre Dame Blanche, un spectre familier des Habsbourg, qui lui avait déjà annoncé bien des malheurs: la mort justement de son fils Rodolphe.
Mais aussi celle de sa soeur Sophie, ex-épouse de Louis II de Bavière, devenue duchesse d'Alençon et qui périt horriblement dans l'incendie du Bazar de la Charité à Paris.

Sissi ne pouvait pas savoir que le nouveau malheur annoncé par la Dame Blanche était sa propre mort... Son assassinat sur un quai de Genève.

Écrit par : Saskia | 02/08/2007

J'ai lu quelque part que ce Luccheni, l'assassin d'Elisabeth d'Autriche, éatit mort en prison à Genève, mais que sa tête avait été volée d'un laboratoire pour faire l'objet de tractations... Je ne sais si la presse suisse en avait parlé...

Écrit par : Cyberprince | 02/08/2007

hors du contexte historique... j'aime cette impératrice gamine, Sissi, qui reste elle-même, révoltée, rebelle, créatrice... d'amour...

Écrit par : cmj | 02/08/2007

Ce qui attire mon attention, c'est la pose, avec le visage appuyé sur la main. C'est l'image traditionnelle de la mélancolie dans la peinture et la sculpture.

Écrit par : inma | 02/08/2007

C'est une grande reine et un symbole d'épouse que nulle autre femme ne peut égaler. Aucune autre femme n'a existé à ce jour.
En effet elle a ramené à son mari un royaume uniquement avec son charme, son sourire et surtout sa maniére d'aimer qui vaut beaucoup plus qu'une centaine d'armées et des milliers de batailles.

Écrit par : saddedine liés | 20/10/2007

Les commentaires sont fermés.