06/08/2007

Des pêches pour Chiara et Loulou

 

La versatilité  climatique de cet été sème la consternation dans nos campagnes: gorgées d’eau, les carottes pourrissent, les tomates sont trop petites, les poivrons sont anémiques. Le mildiou attaque la pomme virgule, le vautour fauve s’en prend aux moutons, et le taureau des Ormonts aux députés vaudois en villégiature sur des sentiers balisés!


 

Ne voulant pas être en reste, de petits hommes verts - eux aussi en vacances -  s’amusent à dessiner des ronds dans nos blés et notre avoine. On dirait des arobases d’internet, en plus grand et plus compliqué.


 

Cela ne décourage pas le paysan, qui en ce lundi sème les derniers haricots d’octobre. Il rapporte du verger une grande corbeille de pêches jaunes et blanches, dont la fragrance vanillée inonde le salon, et qui seront juteuses à souhait.


 

Le saviez-vous? La pêche est une arrière-cousine de la rose… Originaire de Chine, elle porte un nom persan (pomum persicum) car elle aurait été introduite en Occident par les soldats d’Alexandre le Grand, après l’incendie de Persépolis.


 Si sa peau est duveteuse et son noyau adhérent, c’est une pêche de Pavie. Si sa peau est lisse, elle prend le nom de brugnon (noyau soudé), ou de nectarine (noyau libre).

Avec la pastèque et la poire, elle est le fruit le plus désaltérant de l’été. Pour ma part, je l’aime surtout pour son arôme, qui marie jusqu’à 80 substances plus ou moins volatiles.

 

La citation de la semaine

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Elle est de Santa Chiara, ou sainte Claire d’Assise (1193-1253), dont toute l’Ombrie célébrera la fête ce samedi 11 août. Elle fut comme on sait l’amie et la collaboratrice de François, le si radieux Poverello:

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«Ce que tu tiens, tiens-le, écrit-elle à sainte Agnès de Prague. Ce que tu fais, fais-le et ne le lâche pas. Mais d’une course rapide, d’un pas léger, sans entraves aux pieds, pour que tes pas ne ramassent pas la poussière; sûre, joyeuse et alerte, marche prudemment sur le chemin de la béatitude.»

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Deux idiotismes italiens
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- Piantare baracca et burattini, littéralement «planter là baraque et marionnettes». En français on dira: Jeter le manche après la cognée.
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- Rendere a qualcuno pan per focaccia = «Rendre à quelqu’un du pain pour de la galette» = Rendre à quelqu’un la monnaie de sa pièce.

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Le film rétro de la semaine
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Ce soir, lundi 6 août, la Cinémathèque suisse exhume le premier film américain de Fritz Lang : Fury («Furie»), 1936, avec Spencer Tracy.
Spectaculaire gageure, pour le réalisateur de Metropolis et M. le Maudit, d’entamer sa carrière étasunienne en développant son thème fétiche de la vengeance – la victime se métamorphosant en bourreau – dans un contexte historique de justice collective sanglante.
Au pays de tous les progrès, la chronique des lynchages venait de compter en moins de 50 ans plus de 6000 victimes, pendues ou brûlées.
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Casino de Montbenon, Lausanne, 21h, version originale sous-titrée.

 

 

 

Loulou Casque-Noir

 

Ne quittons pas le grand cinéma d’antan: mercredi nous aurons une pensée pour Louise Brooks (1906-1985), parce que cette très grande actrice du cinéma est morte un 8 août, à Rochester, New York, à l’âge de 79 ans. Elle avait été une des figures les plus ensorcelantes de Hollywood, à l’ère du muet, prêtant la luminosité extraordinaire de son visage et de ses épaules aux cameramen férus de gros plan et de clairs-obscurs.
L’histoire de la capilliculture retiendra surtout la coupe inédite de ses cheveux noirs – un casque d’ébène – qu’elle arbora à partir de 1928, après avoir incarné une vamp irrésistible dans le dernier film muet de Howard Hawks, Une fille dans chaque port.  Cette coiffure, qu’elle inventa elle-même, fit florès dans le monde entier. Et, de décennie en décennie, sa mode revient, quand bien même de nombreuses stars ou starlettes qu’elle embellit peu ou prou ignorent le nom de leur illustre devancière.

Mais au plan cinématographique, Louise Brooks dut ses meilleurs rôles au grand réalisateur autrichien Georg Wilhelm Pabst, qui l'appela en Allemagne et en fit l'héroïne de Loulou (1929), un film adapté de Wedekind, et qui la met aux prises avec Jack l’Eventreur. La même année, elle eut le rôle pivot du Journal d'une fille perdue.

Elle abandonna le cinéma en 1938. Vous saurez encore que cette enfant du Kansas s’était éveillée aux arts en écoutant sa mère jouer au piano des œuvres de Debussy et Erik Satie.

 

Commentaires

Joliment audacieuse l'illustration de votre chronique de ce matin: la sulfureuse et envoutante Louise Brooks surmontée de la pidique et baroque Sainte Claire d'Assises. Les deux ont la peau soyeuse (de pêche...) et lèvent pareillement les yeux au ciel, avec des nuages roses en forme de pêches....

Écrit par : Serpent à Plumes | 06/08/2007

Au fond, votre éphéméride aurait pu avoir pour titre: "Petit précis du décolleté"...

Écrit par : Xenius | 06/08/2007

merci de la mention de Claire, l'amie et la collègue du Poverello! On dit qu'elle est patronne de la TV, car, très malade, elle pouvait suivre, de sa couche à San Damiano je crois, comme sur un écran, ses petites soeurs chanter les louanges du créateur de la Beauté, donc de l'Amour!

Écrit par : cmj | 06/08/2007

A propos des poires, vous nous aviez gratifié toutes sortes d'expressions. Et à propos des pêches alors? Moi j'en connais quelques-une:
se fendre la pêche = rire
donner, prendre une pêche = donner, recevoir un coup de poig
avoir la pêche: être en forme, etc.

Écrit par : KIM | 07/08/2007

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