21/08/2007

Les carottes sont cuites

Linguiste et chroniqueur, Olivier Schopfer est un des collaborateurs réguliers de Radio Cité, à Genève, notamment dans l’émission La Fourmilière (Le français qu’on cause.) Aujourd’hui, il décortique une nouvelle expression imagée.

"Les carottes sont cuites, je répète, les carottes sont cuites."
Cette phrase servait de code à Radio-Londres pour déclencher des actions de résistance en France pendant la seconde guerre mondiale.
Aujourd'hui, l'expression signifie que tout est perdu, qu'on ne peut plus rien faire pour sauver une situation.
Pour nous, la carotte est un légume tout à fait banal.
Mais jusqu'à la fin du XIXe siècle, un sens péjoratif était associé à la carotte parce que c'était l'aliment des gens pauvres.
Ainsi, au XVIIIe siècle, "ne vivre que de carottes" signifiait "vivre dans le besoin".
Un siècle plus tard, dans le langage familier, on disait d'une personne mourante qu'elle était en train d'avoir "ses carottes cuites".
Cette connotation négative véhiculée par la carotte est à l'origine de l'expression.
Comme disait Pierre Dac: "C'est quand les carottes sont cuites que c'est la fin des haricots!"
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OLIVIER SCHOPFER

Commentaires

Info bonus:
On retrouve les carottes dans l'argot policier actuel, avec les "boeufs-carottes": ce terme désigne les membres de l'IGS (l'Inspection générale des services, la police des polices). On les appelle comme ça parce qu'ils ont la réputation de faire mitonner leurs suspects à petit feu pour obtenir des aveux.

Écrit par : Olivier Schopfer | 21/08/2007

Merci de ce complément, Olivier.
Je rappelle aux blogueurs que votre votre adresse électronique est
oschpfer@yahoo.fr

Écrit par : Gilbert Salem | 21/08/2007

Il manque juste le "o".
oschopfer@yahoo.fr
Toute remarque, commentaire, etc. sont les bienvenus !

Écrit par : Olivier Schopfer | 21/08/2007

Cuisson économique des carottes: mettez-en neuf dans une casserole et retirez-en une: les carottes sont qu'huit ! C.Q.F.D.
La carotte va de pair avec le bâton pour faire avancer les ânes (et pas seulement eux).
Par analogie de forme, les géologues appellent carottes les prélèvements rocheux obtenus par forage du sol.

Écrit par : Vanille-Mocca | 21/08/2007

Aussi par analogie de forme, on parle d'une "carotte de tabac" pour désigner un assemblage de feuilles de tabac enroulées les unes sur les autres et destinées à être chiquées.

Écrit par : Olivier Schopfer | 21/08/2007

quand Cairotes sont cuites . c'est qu'elles ont pris un coup de soleil!
Saalamalecum

Écrit par : Haladin | 21/08/2007

Une recette égyptienne: le jus de carotte au miel.

Écrit par : Olivier Schopfer | 22/08/2007

Portraits fruits et légumes ou si Giuseppe Arcimboldo n’avait pas été peintre :

Jeune, Harry Cover, a été champion de carambole. À cette époque là, il portait encore une belle banane. Aujourd’hui, cette grande asperge à tête de courge est chauve comme un melon. Vraiment pas beau, sanguin, rouge comme une tomate, les oreilles en feuille de choux et le nez en chou-fleur, le pauvre bougre marche en claudiquant : il a des oignons aux pieds, il sucre les fraises et il est porteur de lentilles de contact. Harry est une vraie patate, tout le monde se fichent ouvertement de sa poire.
Il a pourtant été une grosse légume, celle-ci « faisait » dans le cinéma et a même été décorée: Le poireau, allez savoir pourquoi ! Mais maintenant, pour lui, les carottes sont cuites. Pourtant il était passionné, bien que ses films ne vaillent pas une nèfle. Que voulez-vous, le fruit de la passion n’est pas forcément talentueux. Malgré tout, il y avait des cornichons qui allaient voir ses navets, surtout ses films d’horreur où le «raisin» coulait à flot. Tellement «gores» que les femmes mûres en tombaient dans les pommes. Certaines groseilles en perdaient leur teint de pêche, elles ressortaient blanches comme des endives. Une d’entre-elles, Cerise Arbouse ou Argouse (je ne sais plus son patronyme exact), avait été jusqu’à jeter une grenade aussi dévastatrice qu’une roquette dans la salle de projection. Son geste colère a porté la guigne à cette dame. Son mari, avocat, la chérissait comme la prunelle de ses yeux, mais n’a rien pu faire pour la défendre. La justice l’a pressée comme un citron. Elle n’a plus d’oseille, tellement on lui a fait payer une prune salée (Attention : la prune qui est une amende ne ressemble pas du tout à l’amande). Le fait qu’elle fut aubergine – un métier qu’elle faisait pour mettre du beurre dans les épinards- et ayant déjà eu affaire à la justice pour avoir envoyé une châtaigne à une gourde qui se prenait pour le nombril de Vénus, n’a pas du tout plaidé en sa faveur. De plus elle est tombée sur un procureur descendant des Sarrasins qui ne mâche pas ses mots et qui ne fait pas dans la guimauve et qui a quelque chose dans la calebasse.

Écrit par : Bla-Blo-Gueur | 23/08/2007

Quelle salade ! Bravo. Je n'en trouve pas d'autres. Rave alors !
Et chapeau (melon) pour la référence à Arcimboldo.

Écrit par : Vanille-Mocca | 23/08/2007

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