28/08/2007

Laurence Bisang et les Dicodeurs

(Ce portrait a paru hier dans 24 heures)

 

 

 

Elle est très avenante, Laurence Bisang: minois pointu de gamine, yeux chocolat et sourire piquant. Pourtant elle a horreur de se faire photographier, comme si à son besoin naturel de séduire le charme de sa voix suffisait. Sa voix est effectivement une des plus écoutées de Suisse romande, car depuis sept ans - cinq matins par semaine- elle introduit sur la Première, dirige et électrise l’émission des Dicodeurs.

Celle-ci, qui a douze 12 ans d’âge, redémarre ce lundi matin à 11 heures comme d’habitude, sans «reconceptualisation» ni «relookage», alors que toute la grille de la chaîne est chamboulée pour la rentrée d’automne. Dans la sphère des médias, changer pour changer est un principe courant, nécessaire, mais on peut y déroger. La popularité de cette heure humoristique produite par Gérard Mermet («un homme d’une grande clarté qui n’a pas de problème de nombril, dixit Laurence. Si vous voyez ce que je veux dire… »), prouve que l’invariabilité et la constance ont du bon.

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Ce n’est pas forcément le credo de Laurence Bisang, même si elle se grise de voir sa petite troupe itinérante voler haut dans les sondages, et se faire inviter à l’envi par des villes et villages de toute la Romandie: «Ce que j’aime dans mon métier, c’est l’éphémère, l’ici et le maintenant. J’ai une mauvaise mémoire, ça peut être regrettable pour certains souvenirs de ma vie, mais enregistrer sur le vif est un régal. D’ailleurs, je m’emploie à favoriser dans l’émission les réactions spontanées des intervenants, à les détacher de leurs texte écrit.»

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Or les souvenirs de sa vie sont tourbillonnaires! Ils la font naître à Genève, puis vivre une enfance à l’étranger, en compagnie de sa sœur Anne Bisang.  «C’est la directrice du Théâtre de la Comédie; nous sommes assez différentes».  Elles suivent leur père, qui représente la Fédération horlogère suisse, d’abord au Japon jusqu’en 1967, puis au Liban jusqu’en 1971. Elles y font leurs premières classes en anglais: aujourd’hui les voici tout à fait bilingues.

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De retour dans sa cité natale, Laurence étudie la linguistique à l’uni, poursuit ses études de lettres à Neuchâtel, et se familiarise pour la première fois avec un micro à RTN2001, la radio locale. En 1986, elle postule à Couleur 3. «On m’y engage à l’essai pour 3 mois, j’y reste 10 ans! Comme animatrice, programmatrice, puis responsable de la promo. Oui, Couleur 3 a été une école fertile, et pour aussi d’autres qui sont à la Première.» 

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A la Première, Laurence Bisang fait d’abord des remplacements. Elle est remarquée pour son entregent, son débit rieur et franc, sans fanfreluche. «Ma voix ne me ressemble pas. Les gens m’imaginent grande et blonde, ou alors bien en chair comme Laurence Boccolini !». Quand elle succède en l’an 2000 à Jean-Marc Richard au cockpit des Dicodeurs, elle tremble un peu: elle sera la première femme du pays à  animer une émission d’humour. Et, suprême gageure, à dompter une cohorte de messieurs - Florence Farion ne suivra son exemple, pour La Soupe, que 4 ans après. Ses premières prestations désappointent quelques caciques du rire de la RSR qui la jugent nulle. Elle passera la rampe, et pour le triomphe qu’on sait.

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Oh qu’elle les aime, les Dicodeurs! Elle les cocole autant qu’elle les charrie. A commencer par les réguliers, et qui ne font pas que dicoder dans leur vie: Daniel Rausis est un théologien érudit, Thierry Romanens  un chanteur professionnel, Pascal Vincent, Kaya Güner et Frédéric Gérard des gens de théâtre, tout comme Marc Donet-Monet*, qui  a été physicien; Didier Gendraud est un édile vert de la ville de Besançon, etc. Elle en passe, et des meilleurs. Sa liste contient aussi deux ou trois dicodeuses, excellentes, mais dont les visites sont hélas sporadiques. La présence fidèle de Sandrine Viglino, la musicienne de la troupe n’y supplée pas, puisqu’elle est « seulement musicale». A Laurence Bisang donc d’endosser le rôle de la seule femme à bord, de jouer les paratonnerres contre les étincellesparfois misogynes de ses matelots…

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(*) Depuis peu, Marc Donnet-Monay a décidé de simplifier la graphie de son patronyme…

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BIO

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1959. Naît à Genève d’un père qui représente la Fédération suisse horlogère à l’étranger: elle vit sa première jeunesse au Japon, puis au Liban.

 

1971. Retour en Suisse. Ecole, lycée, puis maturité «moderne» à Genève. Demi-licence en Lettres à l’Université de la même ville.

 

1985. Année charnière à Neuchâtel: parallèlement à son cursus universitaire, elle découvre le monde radiophonique en pigiste bénévole à RTN2001.

 

1986. Elle est engagée à Couleur 3, où elle évoluera durant dix années.

 

1992. Naissance de sa fille Anouk.

 

1996. Débuts à la Première, où elle anime et produit différentes émissions. Quatre ans après, elle se lance dans la gageure des Dicodeurs.

 

2004. Elle commence à animer Synopsis, une émission sur le cinéma qui a lieu chaque dimanche matin dès 10h., et qu’elle coproduit.

 

 

08:44 Publié dans Portraits | Lien permanent | Commentaires (14)

Commentaires

J'aime bien la photo qui ne lève pas complètement le voile...
Préservons le mystère de la voix: c'est aussi ça, la magie de la radio.
Je ne suis pas surpris de vous découvrir brune, Laurence Bisang. Personnellement, je n'ai jamais pensé que vous aviez une voix de blonde !

Écrit par : Olivier Schopfer | 28/08/2007

Monsieur Olivier Schopfer,

N' y a-t-il vraiment pas de "Umlaut" sur le "o" de votre nom?
Cela me permettrait d'écrire "Monsieur Créateur" ou "Puiseur" ou même "Puisatier", si vous aviez une fille.

1) Vous avez deviné que Mme Bisang n'était pas blonde uniquement à sa voix. Et si vous entendez la mienne, pourriez-vous déterminer si je suis chauve? Pourriez-vous le faire, même si j'avais un cheveu sur la langue?

2) J'aime bien la photo aussi, mais pour une autre raison: Elle me réconsilie avec les pulls marines. La voix de Mme Bisang n' agaçe pas les dents comme le fait celle de la femme qui met son pull marine pour descendre au fond de la piscine. La pauvre fille essaie même de nous chanter son périple dans les profondeurs de l'eau avec une voix qui n'est qu'un filet (d'eau).
Avec le chlore, le pull doit être ressorti bleu-ciel!

Écrit par : L'anar de droite | 28/08/2007

Monsieur l'anar de droite,

1) Avec un cheveu sur la langue, votre voix ne serait guère au poil...

2) De toute évidence, vous n'êtes pas du style à vous noyer dans un verre d'eau. Le pull marine de la photo me semble quelque peu déformé par le lavage. Cela a-t-il inspiré vos divagations ?


Écrit par : Olivier Schopfer | 28/08/2007

Déformé! Le pull! ... Un pull lavé avec Mirlaine!

Et il faut que je fasse un aveu: Mes divagations n'ont jamais été inspirées ni par le lavage, ni par l'eau. J'utilise un breuvage d'Écosse ou de Malte (je n'ai jamais été très fort en géographie). Cette boisson est très pure, ça je m'en souviens, c'est écrit sur la bouteille! Et elle est à boire sans eau. Dans la vie, il ya deux chose que j'aime toutes nues et une des deux est justement la boisson dont je parle.
Il ne m'est arrivé qu'une seule fois de ne plus pouvoir lire le texte qui dit que c'est une boisson pure. Ce fait a suffi pour que je m'empoisonnasse et que je dusse subir un lavage. Ce jour là mes divagations ont été très bizarres, j'entendais... loin, très, très loin... des voix... Elles me posaient une question... lancinante, toujours la même: ... "Est-ce Thomas? ... Est-ce Thomas... "
Dès lors, Vous comprendrez que les lavages ne sont pas ma "tasse de thé" et ne sauraient servir à l'inspiration de mes divagations.

Je dois vous quitter... ma bouteille de Glendullan est vide et celle de Cragganmore a un bouchon récalcitrant.

Écrit par : L'anar de droite | 28/08/2007

À cause de cette p...... de bouteille, j'allais oublier quelque chose!

Monsieur Olivier, vous permettez que je vous appelle Olivier...
Vous êtes vraiment très fort! ... Comment avez-vous devinez pour... pas de noyade dans un verre d'EAU? Et ça, après avoir deviné que Mme Bisang n'était pas blonde!... Vraiment... très, très fort...

Écrit par : L'anar de droite | 28/08/2007

Dire que je ne peux pas écouter les dicodeurs ici au Québec... je me rattrape quand je viens en Suisse... mais me lever à 5h, même les propos dithyrambiques sur Mam Bisang ne me feront pas sortir du lit si tôt !!! Est-ce que l'on ne pourrait pas créer une petite reprise en fin de nuit genre 1h du matin ???
Sapinette

Écrit par : Muller, Sylvette | 29/08/2007

Vous pouvez les écouter sur rsr.ch...
Je ne devrais pas vous le dire puisque cette émission antédiluvienne me sort par les trous de nez...
Excusez-moi, mon brave, c'est toujours laurence Bisang qui présente "à vos lettres" ?
Ceux qui ont de la culture radiophonique comprendront...

Écrit par : Géo | 29/08/2007

Merci Géo, je me suis branchée et je prends un bain de Suisse Romande !
à propos, je trouve comique que vous m'ayez aiguillé, vous GÉO... mon grand-père journaliste signait ses articles hebdomadaires Géo, pour Giriens Olivier..., merci encore
Sylvette

Écrit par : Muller, Sylvette | 29/08/2007

Je ne comprend pas pourquoi la stupide émission (la présentatrice rit si bêtement que dès
je l'entend je ferme la radio) ne s'arrête pas, alors qu'une autre plus drôle sera arrêtée.

Salutations.

Écrit par : Lauber | 01/03/2015

Le billet date de 2007. Toutes les personnes dont il est fait référence doivent être décédées depuis. La plupart des commentateurs aussi.

Écrit par : Rabbit | 02/03/2015

Personnellement, je bouge encore. L'anar de droite vient de boucler son blog, Olivier Schopfer a l'air de prendre la relève. Rabbit s'en va t'en Chine, ne sait quand reviendra...

Les Dicodeurs continuent mais en fait, il y a parfois des étincelles : Marc Donet-Monet (je vois pas le progrès...), Lucas Thorens, Rausis quand il n'est pas trop verbeux et tartineur de culture. Les autres continuent de se vautrer dans la scatologie, ce qui n'est pas très ragoûtant à l'heure de préparer les repas.
Et il y a des gens qui adorent le rire de Laurence Bisang...

Écrit par : Géo | 02/03/2015

Lauber@ Je vois maintenant à quoi vous faites allusion. "L'Agence" était la cerise sur le gâteau de la propagande anti-UDC, qui est visiblement la mission principale voire unique de notre radio soviétique nationale à laquelle nous devons souscrire chaque année au prix de 464.20 francs. C'était fait avec tellement de lourdeurs et d'incompétence que la chefferie a fini par s'en rendre compte, l'effet contra-productif devenant de plus en plus évident...

Écrit par : Géo | 02/03/2015

Pourquoi riez-vous si bêtement.Votre émission devrait être arrêtée rapidement POUR QUELLE RAISON la Radio continue-t-elle avec vous, au leu de s'appeler les "dicodeursça devrait s'appeler
radio pour incultes. JE FERME LA RADIO AU BOUT DE QUELQUES MINUTES . La radio coûte trop cher pour des imbécilités. Pour quelles raisons les émission intéressantes ont-elles été arrêtées.

Écrit par : lauber catherine | 18/05/2015

Pourquoi riez-vous si bêtement.Votre émission devrait être arrêtée rapidement POUR QUELLE RAISON la Radio continue-t-elle avec vous, au leu de s'appeler les "dicodeursça devrait s'appeler
radio pour incultes. JE FERME LA RADIO AU BOUT DE QUELQUES MINUTES . La radio coûte trop cher pour des imbécilités. Pour quelles raisons les émission intéressantes ont-elles été arrêtées.

Écrit par : lauber catherine | 18/05/2015

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