31/08/2007

Adoptez un fureton!

 

Il est un peu l’Arsène Lupin de la famille des mustélidés, car c’est le plus charmant des voleurs: le mot furet vient du latin fur, furis, larron, détrousseur. En fait, cette espèce de putois au pelage blanc et aux yeux rouges d’albinos (et il sent moins mauvais que son cousin) est surtout un débusqueur. Il n’a pas son pareil pour débucher les lièvres de leurs terriers, flairer le passage du raton laveur, ou s’insinuer dans les galeries secrètes d’une forêt pour guetter les rongeurs les plus furtifs. Il traque les rats dans les fermes et sur les navires. Plus récemment, dans l’industrie, il permet d’introduire des fils dans de longs tuyaux.
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Pour ces diverses raisons, le furet est domestiqué depuis l’Antiquité. Il a appris à devenir un excellent compagnon de chasse. Lors de grands exercices de vénerie au XVIIIe siècle, sa silhouette fuselée, sa vélocité aérienne firent tellement sensation chez les enfants de la noblesse de France qu’on composa pour eux une ronde célèbre qui a survécu à l’aristocratie et s’entend encore dans les préaux:
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« Il court, il court, le furet; le furet du bois, Mesdames; il est passé par ici, il repassera par là, etc.»
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Cette chanson accompagnait un jeu de société où un joueur devait deviner dans les mains de quel autre se trouvait un anneau qu’on faisait glisser sur une corde sans fin.
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Sur les tapis verts, il a donné son nom à un jeu qui consiste à se défausser d’une carte pernicieuse (le Furet justement) en la refilant à son voisin. Son dernier possesseur a perdu.
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Or, en gouguelisant sur les aventures de cette fascinante bestiole, on tombe sur des sites qui nous apprennent que le furet se fait maintenant domestiquer comme un chat de salon! Sa nature de prédateur de lapins a quelque peu diminué depuis le temps, en raison d’élevages sélectifs. Les furets sont devenus plus dociles, et il y en a plus de sept millions qui ont été adoptés aux Etats-Unis.
Et tant pis pour eux s’ils sont privés de l’air euphorisant des sous-bois: les nouvelles excentricités à la mode ne s’embarrassent pas de détails éthologiques.
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Il faut adopter le furet quand il est bébé, quand il est encore fureton… Suivent des conseils très précis pour l’acclimatation du petit chéri à un environnement humain. Je cite:
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« L'adaptation à un membre d'une espèce différente est plus difficile du fait de signaux interprétés différemment. L'exemple classique, c'est les balancements de queue chez le chat et le chien. Dans le premier cas, il signifie l'agacement et dans l'autre une invitation au jeu ou l'expression d'une satisfaction. Mal interprétés par l'un ou l'autre, ces signaux peuvent engendrer une belle incompréhension si les deux espèces n'ont pas appris à reconnaître l'autre comme une espèce «amie». Il est donc important que le jeune furet apprenne à décoder les signaux émis par d'autres espèces et s'y adapte en renvoyant à son tour les signaux adéquats pour éviter le conflit.
Durant la période de socialisation, le fureton fait progressivement la distinction entre les espèces «amies» des espèces dont il devra se méfier ou celles qui pour lui sont des proies (rongeurs, lapins, cobayes…).
L'enfant humain doit être considéré comme une espèce différente de l'Homme puisque son comportement imprévisible, sa façon de se mouvoir particulière et ses vocalises stridentes intriguent voire inquiètent la plupart des animaux.
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De nombreux propriétaires de furet observent que tant que leur premier furet était seul, il ne «pensait» pas à se faufiler dans des endroits qu'il n'a découverts qu'après l'arrivée du second furet. Il s'agit là d'un apprentissage imitatif c’est-à-dire que la simple observation d'un congénère plus imaginatif ou plus habile suffit pour que ce comportement soit reproduit, sans en passer par la pratique directe. La simple présence d'un autre furet suffit donc à déclencher une réponse émotionnelle. On parle alors de «contagion comportementale» qui parfois permet l'acquisition d'une conduite par simple imitation. Il est cependant nécessaire que l'animal qui reproduit ces conduites par imitation s'identifie à son espèce et ait été suffisamment stimulé sans quoi il aura bien plus de mal à adapter son comportement en fonction des messages et signaux qu'il reçoit. Cet apprentissage vaut aussi pour la nourriture puisqu'on observe qu'un animal mange davantage s’il vit en groupe et qu'il apprend plus facilement à apprécier de nouvelles saveurs si d'autres y goûtent déjà.
Très jeunes, les furetons d'une même portée se stimulent entre eux et on comprendra aisément toute l'importance d'une séparation tardive (pas avant 7 semaines).»
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http://perso.orange.fr/jass/premiers-apprentissages.html

 

Commentaires

Depuis dix ans, plus de cent autorisations de détention de furet ont été délivrées en Suisse romande, dont la majorité sur territoire genevois. Les acquéreurs trouvent l'animal par voie d'annonces, par de privés (bouche à oreille), par des refuges ou parcs animaliers )mais ce sont des vieux furets souvent, pas des furetons..."

Écrit par : Julien | 31/08/2007

J'avais une voisine à Goussainville qui en a avait adopté 3. ça vit jusqu'à douze ans, ça mange aussi des croquettes comme les chats. C'est pas méchant, mais ça pince les gosses. ça pue un peu, pas trop...

Écrit par : Cyberprince | 31/08/2007

Certains, comme B. Pichon, adoptent bien des fennecs sans que l'air euphorisant des déserts leur manque.
Dans le trésors des métaphores, le furet est un fouineur comme la fouine, un curieux indiscret. On dit bien fureter pour farfouiller...

Écrit par : Serpent à Plumes | 31/08/2007

C'est un peu fou comme ca varie, ces expressions metaphories avec les langues, meme dans 1 seul pays comme la Suisse. En allemand, furet se dit Das Frettchen, un mot neutre: donc pas de chance pour une Frettchin, ou une furette....
Et fureter se dit schnüffeln. Cela ne sonne pas pareil dans la meme langue comme en français.

Écrit par : Elena | 01/09/2007

SCHNÜFFELN! Oh comme ça chuinte doux à nos oreilles, Fräulein Elena. (Pardon, je voulais écrire schuinte) Ce mot allemand me fait penser à la chnouf, mot français, peut-être d'origine germanique, mais qui désigne la cocaïne, ou la drogue qui est sniffée par les naseaux. Une saloperie à laquelle se sont adonnés mes parents. Ils appeleaient ça la reniflette

Écrit par : Xenius | 01/09/2007

En italien, fureter se dit "frugare. Fouiner, c'est la même chose. On dit aussi Ficcare il naso.

Écrit par : Marcorello | 01/09/2007

Mon brave Xenius, alias l'autre Gémeau, Pollux, mon frérot dans les étoiles, que je n'ai jamais rencontré sinon ici, dans le blog de M. Gilbert. ! La cocaïne, la coke, la chnouf, est une chose atroce, et ça me fait mal au coeur que tes parents en ait pati. Mais je lis dans le Robert (le petit) que reniflette date déjà de 1923. Et que ça voulait surtout décrire un nez qui coule.

Écrit par : Cyberprince | 01/09/2007

J'ai déjà vu des furets "d'appartement". Très jolis certes, mais je me demande pourquoi entretenir chez soi toujours plus de carnivores, comme s'il n'y avait pas assez avec les chiens et les chats. J'aime beaucoup les chats, mais ils ont besoin d'espace, pas de rester toute la journée à la maison, donc je préfère ne pas avoir de chat chez moi. D'ailleurs je me demande si, une fois démodés, certains de ces furets ne risquent pas de se retrouver abandonnés, comme il est déjà arrivé à des chiens et même à des singes.

Écrit par : inma | 02/09/2007

Bonjour,

je ne suis pas d'accord avec le fait qu'il FAUT adopter un furet bébé. Les adultes sont tout aussi adoptables aussi non notre refuge serait bien rempli ! Heureusement certaines personnes aiment donner une seconde chance.

EMILIE Pirotton
Relations Publiques de l'asbl MUSTELA : refuge agréé pour furets

Écrit par : Pirotton Emilie | 12/07/2008

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