04/11/2007

Saveurs du navet et Vuachère virtuelle

 

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Demain, lundi 5 novembre, sera le 309e jour de l’année 2007, et l’amorce de sa 45e semaine. On a enfin cessé de commémorer les saints et les morts; ce qui nous amène à considérer différemment la corolle toujours lumineuse, et géométriquement agencée, des chrysanthèmes. Ces fleurs se débarrassent enfin de leur symbolique funéraire occidentale pour redevenir impériales, comme au Japon. Pendant ce temps, les agriculteurs de la Broye récoltent betteraves, endives et carottes. Ils cueilleront plus méticuleusement le céleri-rave et le navet.

Pour avoir jadis savouré ce dernier légume en priorité – très légèrement bouilli - après un jeûne expérimental de 30 jours, j’éprouve pour lui une petite vénération. Grâce au navet, je me suis enrichi de science potagère… En tout cas, je sais maintenant qu’il appartient à la famille des brassicacées. Qu’en France on en cultive des variétés les unes plus subtiles que les autres: le navet jaune boule d’or, le long noir de Caluire, le boule-de-neige, le rond de Croissy

Le navet tout seul porte un nom sans grâce, mais les grands chefs le tiennent pour une racine tendre et raffinée. Ils l’apprêtent en conséquence (voir l’image).

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Le verbe vaudois de la semaine

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Vouister. C’est fustiger quelqu’un à coups de baguette de saule, de verges (les vouistes), voire de fouet. L’expression peut prendre un tour moral: «Le résultat des élections lui a flanqué une de ces vouistées…»

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L’expo de la semaine

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Elle s’intitule Le Feu, et regroupe jusqu’au 2 décembre plusieurs aquarelles et peintures sur bois d’Etienne Delessert dans la Galerie du Château d’Avenches.
Ce très grand, et très imprévisible artiste vaudois exilé aux Etats-Unis revient de loin en loin dans son pays natal avec des toiles flamboyantes, inspirées par l’incandescence de la métaphysique, ou alors par un émerveillement devant les manifestations les plus ordinaires de la nature. Le feu en est une.
Mais avant le feu, Delessert a déployé tous ses talents pour faire transfigurer la physionomie humaine et son incroyable diversité. Il a été aussi à l’affût du regard des oiseaux de proie, si proche de celui des hommes.
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(Tel. 026.675 33 03)
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Le concert de la semaine
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Dans son blog Flashbach,  l’Archiviste avait déjà annoncé que la onzième édition du Festival Bach de Lausanne était tout spécialement dédiée à Buxtehude, et à la découverte de son œuvre pour orgue.

Compositeur d'origine scandinave (1637- 1707), Dietrich Buxtehude fut organiste à Elseneur en 1660, puis à Sainte-Marie de Lübeck en 1668. À une importante production pour l'église luthérienne (cantates, oratorios, chorals, préludes et fugues) s'ajoute de la musique de chambre.

Il a été le compositeur le plus notable de l'école allemande du Nord.

Dimanche prochain, 11 novembre, à 20h.30, en l’église Saint-Laurent, le violoniste et directeur d’ensemble Manfredo Kramer nous fera entendre deux sonates et deux cantates de ce Kappelmeister de Lübeck - qui a influencé non seulement Jean-Sébastien Bach, mais Haendel et Mattheson. (www.lausanne.ch/festivabach)

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La rivière aux diablotins
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Longue de 6 km, la Vuachère marque en son cours inférieur la frontière entre Lausanne et Pully. Une zone sacrée, réservée à la faune citadine (renardeaux et tritons, crapauds rouges, cincles, accenteurs mouchets) et aux magies de l’enfance: colins-maillards où des joueurs disparaissent pour de vrai, chant de la Lorelei, pullulement de petits farfadets jaillis de nos boîtes à jouets. Une vieille pantoufle mitée, qu’on y a lancée par mégarde, ne s’y noie pas: elle se transforme en navire et vogue vers le Léman, vers la Méditerranée, et jusqu’au détroit de Gibraltar.

Après l’avoir longtemps négligée, voire méprisée – sous prétexte que ses eaux dégageaient des miasmes malsains – les deux communes ont fini par comprendre que la Vuachère pouvait être non seulement un poumon urbain, mais une rivière instructive pour la jeunesse actuelle. A cette dernière, je recommande de parcourir les berges de l’Amazone de mon enfance à pied, quitte à souiller ses baskets, quitte à choper un bon rhume automnal.

S’ils sont trop frileux et préfèrent tapoter bien au chaud sur un clavier, ils peuvent désormais les explorer virtuellement: www.lausanne.ch/view.asp?Docld=26478 .

Commentaires

Monsieur Olivier Schopfer nous a-t-il déjà expliqué pourquoi on utilisait l'expression "ces films son des navets" ? Pourtant "E la Nave Va" est un film superbe!

Écrit par : Bla-Blo-gueur | 05/11/2007

Probablement parce que les navets ont un goût fade...
Tout le contraire de vos jeux de mots, cher Bla-Blo-gueur !

Écrit par : Olivier Schopfer | 05/11/2007

Je connais les petits navets rouges: ils se laissent manger tout rond, ou avec un ou deux grains de sel!

Et puis, oh! cette photo de la Vuachère! Je me frotte les yeux: elle est comme l'état d' a^me du Lac de Garde aujourd'hui...
Merci!

Écrit par : cmj | 05/11/2007

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