06/12/2007

Cucul la praline

Carte blanche à Olivier Schopfer qui nous décortique l’histoire d’une sucrerie à l’ancienne et les raisons de son irruption dans une locution familière.
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Les fêtes de Noël approchent. Et avec elles, leur cortège de biscuits et de friandises en tous genres.
Peut-être aurez-vous l'occasion de goûter ou d'offrir des pralines.
Mais connaissez-vous l'origine historique de cette confiserie?
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En France, la praline désigne une amande grillée entourée d’une croûte de sucre coloré, aussi connue sous le nom de «dragée». Il est courant d’en offrir aux invités d’un mariage ou d’un baptême sous la forme d’un petit paquet entouré d’un voile de tulle.
En Belgique, la praline est un bonbon au chocolat, généralement fourré (avec de la crème fraîche, par exemple).
En Suisse, la version belge de la praline est connue sous le nom de «bouchée au chocolat».
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À l’origine, le mot s’écrivait «prasline».
Et l’on doit à cette friandise une expression familière: «cucul la praline».
La même histoire relie la sucrerie et l’expression:
 
Tout commence avec le duc de Plessis, qui a vécu au 17ème siècle (1598-1675). La fonction officielle du duc de Plessis était «Maréchal de France Pair du Royaume» sous Louis XIII.
Aujourd’hui, on dirait que le duc de Plessis était ambassadeur de Louis XIII.
Comme tous les ambassadeurs, le duc de Plessis avait souvent l’occasion de voyager. Une fois, il va aux Seychelles, plus précisément sur l’île de Praslin.
Au 17ème siècle, les Seychelles étaient une colonie française.
Sur l’île de Praslin, on trouve des grosses noix de coco à la forme très évocatrice qu’on appelle les « coco-fesses ».
La forme subversive de ces noix de coco surprend tellement le duc de Plessis qu’il en ramène avec lui à son retour en France dans le but de les montrer à son entourage et de faire sensation : tout ce qui était exotique avait beaucoup de succès, à l’époque.
Le duc de Plessis revient d’ailleurs tellement enchanté de son séjour aux Seychelles qu’en revenant en France il change de nom pour se faire appeler le duc de Plessis-Praslin.
En plus de quelques coco-fesses, le duc emmène aussi avec lui un jeune indigène qu’il a recruté pour être aide-cuisinier. Ce jeune garçon n’avait pas fait d’études, il venait de la campagne, il ne parlait que créole et il n’avait aucune connaissance en matière culinaire.
Le duc de Plessis l’avait engagé parce que la main-d’œuvre autochtone était extrêmement bon marché.
On peut même aller jusqu’à dire qu’il l’avait acheté, puisque c’était le temps des colonies.
Un jour, le duc de Plessis décide d’initier le jeune homme à la langue française. Pour son premiers cours, il a l’idée de parler d'une chose que le jeune homme connaît bien. Il lui montre un coco-fesses, et il lui dit : «En français, c’est cul». Et le jeune homme, comme un enfant, répète naïvement: «Cucul!»
À cause de cette réponse, le duc de Plessis donne désormais au jeune homme le surnom de «Cucul la Noix».
« Noix », par allusion au coco-fesses qu’il lui avait montré.
Le jeune homme travaille dans les cuisines comme marmiton, et il observe ce qu’il passe autour de lui.
Il n’était pas aussi bête que le duc le pensait, mais il avait tendance à être maladroit.
Un jour, il fait tomber par inadvertance un coco-fesses dans une marmite remplie de sucre de canne. Tous les cuisiniers se moquent de lui et lui ordonnent de sortir le coco-fesses de la marmite. Mais au lieu de les écouter, le jeune homme grignote un bout de noix de coco enrobé de sucre de canne durci.
Surpris, les cuisiniers en apportent un morceau au duc de Plessis. Celui-ci grignote à son tour le morceau de noix de coco… Il le trouve délicieux.
Un des cuisiniers du duc de Plessis, qui s’appelait Clément Lassagne, a alors l’idée de varier la recette et de remplacer la noix de coco par des amandes :
c’est ainsi que la friandise a été créée.
Elle a ensuite été baptisée «prasline» en l’honneur du jeune marmiton originaire de Praslin, aux Seychelles, sans lequel la recette n’aurait jamais vu le jour.
Suite à cet événement, le duc de Plessis change son surnom : il ne l’appelle plus «Cucul la Noix», mais «Cucul la Prasline».
Ce surnom a traversé les siècles, «prasline» devenant «praline», pour donner naissance à une expression qu’on utilise toujours aujourd’hui pour parler d’une personne ou d’une chose naïve.
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Olivier Schopfer

Commentaires

Cette première « Praline » devrait figurer au « Guiness Book des Records ». Il faut savoir qu’une noix peut contenir 3 graines « coco-fesse » et que les plus grandes de ces graines peuvent peser jusqu’à 20 kilogrammes. Même si celle qui serait tombée dans la marmite ne faisait que la moitié de ce poids, elle resterait la plus grande du monde !

Vous serez d’accord avec moi: Cette histoire est fort jolie, mais également l’illustration du terme qu’elle tente de nous expliquer : « cucul la praline »


L’histoire de « cucul la praline » est une "bêtise" (de Cambrai), qui se retrouve dans les "choux" (à la crème) dès qu’un "éclair" (au chocolat) de bon sens nous traverse le "cerneau" (de noix). Voici une autre histoire du même acabit:

"MacAron" (aux amandes), une vieille "ganache" écossaise de pure souche, "diplomate" pour le compte du "Croissant" Rouge, en était resté "baba" (au rhum), la première fois qu’il a entendu l'histoire du petit marmiton. Pour s’en remettre, il a "sablé" le Champagne seul. Après avoir enlevé le "bouchon" (vaudois) au sabre, il s'en est systématiquement rempli la "brioche" (aux raisins de Corinthe).
Malheureusement, lorsqu’il boit, il est d’une "jalousie" (aux mirabelles) maladive. Il est persuadé qu’il a des "cornes" (de gazelles).Il "crêpe" (à la confiture) alors le chignon de son épouse "Charlotte" (aux pommes), issue d'une bonne famille "génoise" dont le grand-père est "Florentin". Méchamment, il commence par des "croquignoles" (de Reims), puis il lui envoie des "marrons" (glacés) et lui jette des "bûches" (de Noël) et même des "pavés" (d’Halloween). Elle prend tellement de "tartes" (Tatin) qu’elle en a le visage tout "marbré" (chocolat et crème anglaise).

On comprend qu’elle n’attende qu’un Prince "merveilleux" (gâteau de Pâques) qui aie de la "galette" (des Rois) et qui la sauve de ce vilain rustre. Elle espère que son Chevalier mettra la "truffe" (au Kirsch) dans la "crotte" (au chocolat) de ce mauvais mari.
Elle rêve que ce sauveur arrivera de "Forêt Noire" (avec des cerises), qu'il soit un vrai papa "gâteau" (aux noisettes), une bonne "pâte" (à choux), avec un bon "carac"- tère. Elle l’imagine poète, un poète lui envoyant "mille feuilles" (crème vanille) couvertes de haïkus, petits poèmes "japonais" qui parlent de souvenirs, un peu comme le fait la "madeleine" de Proust. Elle a également pensé à un "Ardéchois" (à la crème de marrons) ou même un "Chinois" (à la crème pâtissière). Quelqu’un, en tout cas, qui ne lui marche pas sur les "nougats" (de Montélimar) et dont le "cœur" (de France) "concorde" (pâtisserie de Gaston Lenôtre) avec le sien. Elle voudrait aussi qu’il joue d’un instrument, même si ce n’est que du "mirliton" (de Rouen).
Si cet homme providentiel se faisait par trop attendre, elle se fera "religieuse" et chantera des "Alléluias" (de Castelnaudary) à la gloire de "Saint Honoré". Sa décision est sans appel, elle ne veut pas prêter le "flan" (caramel) aux ragots. Ragots qui courent entre "Paris-Brest" et "Pithiviers" en passant par "Moka" au Yémen.

Écrit par : Bla-Blo-gueur | 06/12/2007

Vraiment intéressant, ce que racontent Olivier et Bla-Blo-gueur au sujet des pralines et du reste qui mettent l'eau à la bouche!
Chez nous au Jura, on jetait des "nailles" aux enfants lors du baptême d'un bébé!

En Italie dans la région de Vérone, récemment, à l'occasion d'un mariage dans la chapelle du couvent des Petites soeurs de la sainte famille, un plateau débordant de pralines était posé à l'entrée de la chapelle.
En arrivant pour célébrer le mariage, le révérend Padre en a pris un et hop, dans la bouche! Personne n'a osé l'imiter, mais à la sortie, à la suite des heureux mariés (ils étaient déjà en famille depuis 15 ans et leurs deux enfants étaient "témoins") nous avons pu savourer ces pralines à volonté! J'en rêve encore!

Écrit par : cmj | 06/12/2007

Vraiment intéressant, ce que racontent Olivier et Bla-Blo-gueur au sujet des pralines et du reste qui mettent l'eau à la bouche!
Chez nous au Jura, on jetait des "nailles" aux enfants lors du baptême d'un bébé!

En Italie dans la région de Vérone, récemment, à l'occasion d'un mariage dans la chapelle du couvent des Petites soeurs de la sainte famille, un plateau débordant de pralines était posé à l'entrée de la chapelle.
En arrivant pour célébrer le mariage, le révérend Padre en a pris un et hop, dans la bouche! Personne n'a osé l'imiter, mais à la sortie, à la suite des heureux mariés (ils étaient déjà en famille depuis 15 ans et leurs deux enfants étaient "témoins") nous avons pu savourer ces pralines à volonté! J'en rêve encore!

Écrit par : cmj | 06/12/2007

Que BBG fasse une hyperglycémie avec ce qu'il vient d'avaler, je n'en doute pas. Mais à côté de ça, je demanderais tout de même un test anti-dopage pour éloigner tout risque de bad trip en descente.

Écrit par : Rabbit | 07/12/2007

Faison Cin-Cin aussi à la Nati avec "Allez les Rouges",chanson !

Faison cin-cin
à la victoire
de l'Equipe Suisse.
Goal
Chanson à écouter sur: http://gerberito.bleublog.ch

Écrit par : Carlo Gheller | 30/12/2007

Bonjour
Merci pour cette charmante petite histoire sur l origine de l'expression cucul la praline .

Écrit par : GARCIA gerard marc | 09/11/2009

Ceci pourrait être une belle histoire :
- si les Seychelles n'avaient été occupées par les Français qu'à partir de 1756,
- s'il y avait eu des indigènes sur l'archipel,
- si l'île de Praslin n'avait été nommée ainsi qu'en 1768 en hommage à César Gabriel de Choiseul, duc de Praslin.

Écrit par : Fawebril | 08/03/2011

Amusant, mais complètement faux.
L'expression n'est attestée qu'à la fin du XIXe siècle au plus tôt, et l'origine en est plutôt incertaine (http://www.expressio.fr/expressions/cucul-la-praline.php).

Écrit par : Albert Hezina | 13/11/2012

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