06/04/2008

Propos sur la vache, Twain, Brel et Brassens

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Dans cette chronique, il m’arrive souvent de rendre hommage à la vache, et par toute saison. Pour ma part, je n’y éprouve aucune impression de rengaine. Elle est un sujet inépuisable (elle est même irréfutable, comme disait Alexandre Vialatte de l’éléphant). Elle est éminemment universelle, mère de la création pour les hindous et nos ancêtres les Romains. Et, sous un jour moderne, elle est redevenue incontestablement helvétique depuis que nos designers du tourisme l’apprêtent comme un emblème publicitaire, et que nos artistes la peignent en bleu, en vert pomme, en framboise écrasée, pour l’exporter jusqu’à la place de l’Opéra, à Paris. Sous une version sculptée, s’entend. Mais on en vit en chair et cornes, qui ont mugi de volupté, Porte de Versailles, sous les caresses de M. Sarkozy. Mais c’était avant qu’il ne devienne président de la République…

Il y a deux ans, les vaches suisses jouissaient de plus de considération dans la Ville-Lumière: du 25 avril au 16 juin 2006, il y en eut plus de cent qui figurèrent en carton-pâte dans plusieurs arrondissements. Ce fut celle créée par Chantal Thomass qui y fut saluée comme la plus fashionable par les descendants de Saint-Louis, Mistinguett et Prévert. A cause de ses résilles pigalliennes.

Deux ans après l’expo itinérante de Vach’Art, la vache a rejoint ses paisibles alpages et prés naturels de la Gruyère ou de la vallée de Joux. Hormis d’accidentelles escapades en ville, elle ne tient plus à se coltiner d’aventure urbaine. Ce serait d’ailleurs mauvais pour son lait. Or la revoilà quand même, et jusqu’au 22 juin, dans les salles vétustes du Musée des beaux-arts de la Riponne, entourée d’autres archétypes animaliers - cochons, ours et chats – mais considérée cette fois en métaphore humaine. La manifestation s’intitule Comme des bêtes. Cela aurait pu être Comme des hommes. Du moins, c’est à cette aune-là que j’ai voulu la regarder, en me ressouvenant de maximes anciennes et méconnues qui glorifient la vache, et en quelque sorte, l’humanisent (pauvre bête!):

 

 

- Il (ou elle) est comme vache au printemps. Ou quand le rut fait tourner en rond, taper du pied par terre…

 

- Viendra le temps où la vache aura besoin de sa queue. En d’autres termes, il n’y a jamais rien d’inutile.

 

- C’est quand la foire est finie qu’on compte les bouses. Proverbe politique…

 

- Malheur à la maison où la vache cogne le bœuf! Proverbe polonais, sexiste évidemment.

 

 

 

 

 

Le concert de la semaine

 

 

Le Festival de musique contemporaine Archipel ne se déroule plus comme on sait dans la Maison communale de Plainpalais. Mais du 4 au 13 avril, il essaimera aux quatre coins du centre-ville. J’en retiens le plus charmant à mon goût – à cause aussi de souvenirs personnels de jeunesse: les Halles de l’Ile. On y admirera l’installation électroacoustique de l’Italien Andrea Agostini, pour sa Musica per chiostro: une sonorisation d’une durée de 30 minutes, diffusée par une galaxie de 17 haut-parleurs.

Né à Bologne en 1975, Agostini est compositeur, instrumentiste, et technicien en informatique musicale. Il a aussi des talents de coloriste. Il sait pigmenter les notes et les sons.

 

www.archipel.org

 

 

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Quand Mark Twain ne rit plus

 

 

Né en 1835, mort dans le Connecticut en 1910, l’auteur des Aventures de Huckleberry Finn a d’abord été considéré comme un vulgaire humoriste (dixit le Larousse) et un conteur pour enfants, jusqu’au jour où Hemingway le reconnut solennellement comme l'un des plus grands écrivains étasuniens: «Tout ce qui s'est écrit en Amérique vient de lui.» On n’en disconvient pas. Mais qu’y a-t-il de vulgaire, ou peut-être de dégradant, à être humoriste?

 

Mark Twain me faire pleurer de bonheur quand je relis ses anecdotes et historiettes qui traduisent la candeur, la sottise et les sagesses rentrées de son «pays profond».* Ou quand me revient sa réplique aux hygiénistes de son temps:

 

- L’alcool et le tabac ne sont pas nuisibles, et j’en ai la preuve par mes oncles John et Ted, des jumeaux. Le premier s’enivra et s’enfuma épouvantablement durant toute son existence avant de tomber sous les roues d’un char à 80 ans. Ted, qui n’a jamais touché à une cigarette ni bu une gouttelette de bière est mort à six mois.

 

Pourtant, un tout petit livre* de Mark Twain vient de paraître - pour la première fois en français -, qui fait retentir une voix indignée, visionnaire, contre le colonialisme du XIXe siècle, et ses retombées futures. Dans son collimateur, il y a le roi des Belges Léopold II, qui traitait «ses» Congolais comme des sous-hommes. Il y a aussi la firme Kodak, pionnière déjà pour ses images exploratrices et exotiques. Mais dont les reporters matraquaient étourdiment, sans pudeur les populations affligées. Oui, un livre grave, aux accents d’anathème magnifiques.

 

(*) Mark Twain: Contes humoristiques, Mercure de France, collection Milles pages, 1989. Et Le Soliloque du roi Léopold, L’Harmattan, 2008, 60 pages seulement.

 

 

 

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Le cheval et le gorille

 

 

 

Dire qu’après-demain, le mardi 8 avril, Jacques Brel aurait eu 79 ans! Et dire qu’il est mort! Sa voix et sa poésie continuent de bouleverser ses contemporains, elles subjuguent les nouvelles générations, elles ridiculisent tant de chanteurs francophones ou autres qui se croient dans son sillage (les plus grotesques étant ceux qui chantent ses chansons à leur manière, les «revisitent»…). Brel est mort en 1978, et il repose au cimetière d’Atuona, à Hiya Oa, à côté de Paul Gauguin, dans l’archipel des îles Marquises qu’il a si délicatement célébrées dans son disque ultime, sorti un an auparavant.

Trente ans après, six pieds sous terre dans sa tombe, ses os ont dû conserver leur majesté chevaline. Car le génial Bruxellois avait une gueule de cheval, des dents de cheval. Une forme de laideur qu’il assuma si bien, qu’il chanta avec d’humilité féroce, qu’il en fit une beauté.

Or le beau cheval Brel eut pour ami intime un gorille célèbre, Georges Brassens, dont un recueil de réflexions et de douces fadaises vient de paraître en format poche aux Editions du Cherche-Midi*.

Durant quelques années, ils avaient été voisins dans le XIVe arrondissement de Paris, et il leur arrivait de partager une bouteille de vin, des choses à grignoter, et des rêves différents. Brel considérait Brassens un peu «comme une mère», disait-il. «Brassens, c’est l’arbre de Noël!»

Ces déclarations filiales amusaient le grand Georges plus qu’elles ne l’émouvaient. Lui aussi avait l’oreille absolue – la musicale, la philosophique, l’ironique. Il appréciait beaucoup Jacques Brel, mais pas comme un fils, mais un égal étrange, admirable, un peu inquiétant.

Il mourut trois ans après lui, avec autant de souffrances et de ferveur secrète.

 

- «Ma vie privée ne regarde personne, même pas moi», écrivait Georges Brassens.

 

A son copain René Fallet qui lui demandait: «Alors, d’après toi pas moyen d’échapper à la mort?», il répondit «Non, et je le sais de source sûre.»

 

 

(*) Les chemins qui ne mènent pas à Rome. Ed. Le Cherche-Midi, 160 pages.

www.cherche-midi.com

 

Commentaires

Le mardi 8 avril est aussi l'anniversaire de Hans Christian Andersen, le bon conteur du Danemark...

Écrit par : Charlie | 06/04/2008

Twain a toujours été frondeur, même dans ses contes humoristiques. Il y en a un où il se permet de parler familièrement à la reine Victoria elle-même, en lui parlant de droits d'auteurs, et du petit épicier du coin proche du palais royal, comme si elle si rendait elle-même souvent.

Écrit par : Xénius | 06/04/2008

Tant qu'on y est, Charlie, le 8 avril est aussi l'anniversaire de Pascal Lamy, de M. Tartempion mon dentiste, et de l'arrière-cousin de la nièce de mon pharmacien. C'est sympa de évoquer Brel. Mais dans votre photo où il se trouve avec Brassens, il manque peut-être Ferré. L'auriez-vous tronquée, Maître Gilbert?

Écrit par : Cyberprince | 06/04/2008

Non, pas celle-là, cher Castor. Dans celle où Ferré se trouve entre ses deux rivaux "amis" (il les haïssait), le grand Jacques a ses cheveux longs, du temps de la chanson sur Vesoul.

Écrit par : Xénius | 06/04/2008

Je crois que vous avez raison, Pollux. Là, Brel a encore la tronche de l'époque des petits bonbons...

Écrit par : Cyberprince | 06/04/2008

By Jove ! Callux & Postor sont à Gilbert Salem ce que Blimer & Mortake sont à Edgard Félix Pierre Jacobs.

Vous vous êtes déjà penché sur le cheminement de l'image poétique de Brel au cours de sa carrière ? De "Dans son panier Un enfant louche Pour voir la mouche Qui est sur son nez", à "La pendule d'argent Qui ronronne au salon Qui dit oui qui dit non", puis à "Comme deux corps qui prient Infiniment lentement ces deux corps Se séparent et en se séparant Ces deux corps se déchirent Et je vous jure qu'ils crient", enfin à "Et la mer se déchire infiniment brisée Par des rochers qui prirent des prénoms affolés Et puis plus loin des chiens des chants de repentance Et quelques pas de deux et quelques pas de danse".

Quel goût de l'invention ! Et tout ça proposé avec un décor musical inspiré du Nocturne n° 20 de Chopin, qui trouve sa place dans plusieurs chansons: j'y reviens souvent comme on visite un endroit qui fait du bien.

Chez Brassens, c'est la saveur du mot qui l'emporte, l'élégance d'un vocabulaire rattaché au lustre du vieil langage francoys et à la considération respectueuse des "bons maîtres" en écriture. La "Supplique pour être enterré sur une plage de Sète" me trotte dans la tête depuis la fin des années 60. "Les copains d'abord" aussi.

Écrit par : Pierre-André Rosset | 07/04/2008

Les chevaux, impossible de ne pas les aimer, c'est-à-dire, les nôtres, des Franches Montagnes et alentours. Les vaches, comment ne pas les respecter quand on a, comme moi quand j'étais petite, vécu sous le même toit. Quand papa trayait (sans machine) du lait chaud sorti du pis et que je le buvais d'un trait avant de courir à l'école! Tout ça, papa, la vache, le lait, c'était de la tendresse paysanne qui m'habite aujourd'hui encore.

"Garder les vaches" dans les prés,l'automne, et veiller à ce qu'elles ne "gonflent" pas, une belle responsabilité... d'enfant presque trop petit pour l'assumer!
Suivre à pieds, un petit bâton en main, une vache que le grand frère menait "au teaurau" alors qu'elle était en chaleur...attendre sous un arbre, à l'écart, et puis suivre docilement le frère, la vache et la semence sur le chemin du retour et oui, elle faisait "meuh!!!" de volupté là, bien plus naturellement je pense que sous le bout du né de Sarkozy!
(Je n'aime pas voir du cheval ni de la vache dans mon assiette).

...

Et que dire de Brel et Brassens qui m'aident à méditer, prier, louer celui qui me précède, est avec, et me dépasse par exemple:

"Quand on n'a que l'amour
Pour tracer un chemin
Et forcer le destin
A chaque carrefour"...

et Brassens

"Elle est à toi cette chanson
Toi l'étranger qui sans façon
D'un air malheureux m'as souri
Lorsque les gendarmes m'ont pris
Toi qui n'as pas applaudi quand
Les croquantes et les croquants
Tous les gens bien intentionnés
Riaient de me voir emmener "

L'Esprit de Jésus vivant aujourd'hui chante à travers toute cette rude tendresse de notre monde actuel, je crois.

Écrit par : cmj | 07/04/2008

L'esprit de Jésus dans l'oeuvre de Brassens! Fichtre! Dommage que tonton Georges ne soit plus là pour lire ça.Brassens,tel Péguy,poète chrétien!
HUMAIN, tout simplement...et surtout mécréant. Lisez donc le petit livre dont parle plus haut Gilbert (Les chemins qui ne ménent pas à Rome),vous y trouverez quelques reflexions et maximes édifiantes: " J'utilise Dieu dans mes chansons parceque le monde en est imprégné, mais c'est un mot" ,"Les gens qui parlent beaucoup de la foi et de Dieu m'ont toujours paru suspects" ou encore ce mot fameux de Voltaire:"Quequ'un m'a dit que le premier prophète fut le premier fripon qui rencontra un imbécile".

Écrit par : Gilles Poulou | 07/04/2008

Disons un mécréant profondèment chrétien, en tous cas au sens où l'entend cmj, qui est plutôt gauchiste alors que Brassens était un anar. Ni Dieu ni Maître, mais j'agis dans l'intérêt général en respectant le plus faible.
Suivez mon regard...

Écrit par : Géo | 07/04/2008

à Gilles Poulou, oui il est humain, Brassens, et c'est déjà se rapprocher du divin. Je vais essayer de lire "les chemins qui ne mènent pas à Rome". Merci.

et à Geo, merci de respecter les plus faibles. Brassens, Brel et une foule d'autres font partie de cette communauté-là. En être conscient, quelle force.

Écrit par : cmjkk | 08/04/2008

C'est ce que l'on appelle de l'humour vache!

Je vais tenter de vous adresser une vidéo de Brel et pourquoi pas de Brassens aussi. Mais techniquement... je ne suis pas encore au point!

Écrit par : Fred Oberson | 08/04/2008

Aviez-vous remarqué que Brassens avait mis la même musique sur "La prière" du très chrétien Francis Jammes que sur "Il n'y a pas d'amour heureux" d'Aragon ,qui lui était communiste?
Quant à prendre le parti des "petites gens"-et d'en faire de remarquables portraits- on est d'accord la-dessus. (Bonhomme, Pauvre Martin,La Jeanne etc...)
En ce qui concerne Ferré ,il est faux de dire qu'il détestait Brel et Brassens.
Il avait proposé à Brassens de venir en Toscane,à la fin de sa vie , mais ce dernier avait refusé - Fallet n'aimait pas Léo et avait une forte influence sur Brassens.(Brel, par contre n'aimait pas Ferré et disait autour de lui :"Chez Léon tout est bidon...) Mathieu Ferré, fils de Léo, m'en a parlé, puisque nous avons travaillé ensemble.
Mais ceci n'a pas tant d'importance, le pricipal étant leur legs précieux qui subsistera "longtemps après que les poètes ont disparu..."

Écrit par : Gilles Poulou | 08/04/2008

Puisque ce deux beaux poèmes font partie de ma petite anthologie égoïste, je vous les offre en souvenir de ce Noël blanc d'avril
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La prière (Francis Jammes)

Par le petit garçon qui meurt près de sa mère
Tandis que des enfants s’amusent au parterre
Et par l’oiseau blessé qui ne sait pas comment
Son aile tout à coup s’ensanglante et descend
Par la soif et la faim et le délire ardent
Je vous salue, Marie.

Par les gosses battus, par l’ivrogne qui rentre
Par l’âne qui reçoit des coups de pied au ventre
Et par l’humiliation de l’innocent châtié
Par la vierge vendue qu’on a déshabillée
Par le fils dont la mère a été insultée
Je vous salue, Marie.

Par le vieille qui, trébuchant sous trop de poids
S’écrie : « Mon Dieu ! ». Par le malheureux dont les bras
Ne purent s’appuyer sur une amour humaine
Comme la Croix du Fils sur Simon de Cyrène
Par le cheval tombé sous le chariot qu’il traîne
Je vous salue, Marie.

Par les quatre horizons qui crucifient le monde
Par tous ceux dont la chair se déchire ou succombe
Par ceux qui sont sans pieds, par ceux qui sont sans mains
Par le malade que l’on opère et qui geint
Et par le juste mis au rang des assassins
Je vous salue, Marie.

Par la mère apprenant que son fils est guéri
Par l’oiseau rappelant l’oiseau tombé du nid
Par l’herbe qui a soif et recueille l’ondée
Par le baiser perdu par l’amour redonné
Et par le mendiant retrouvant sa monnaie
Je vous salue, Marie.
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Il n’y a pas d’amour heureux (Louis Aragon)

Rien n’est jamais acquis à l’homme. Ni sa force
Ni sa faiblesse ni son cœur. Et quand il croit
Ouvrir ses bras son ombre est celle d’une croix
Et quand il croit serrer son bonheur il le broie
Sa vie est un étrange et douloureux divorce
Il n’y a pas d’amour heureux

Sa vie elle ressemble à ces soldats sans armes
Qu’on avait habillés pour un autre destin
A quoi peut leur servir de se lever matin
Eux qu’on retrouve au soir désoeuvrés incertains
Dites ces mots ma vie et retenez vos larmes
Il n’y a pas d’amour heureux

Mon bel amour mon cher amour ma déchirure
Je te porte en moi comme un oiseau blessé
Et ceux-là sans savoir nous regardent passer
Répétant après moi les mots que j’ai tressés
Et qui pour tes grands yeux tout aussitôt moururent
Il n’y a pas d’amour heureux

Le temps d’apprendre à vivre il est déjà trop tard
Que pleurent dans la nuit nos cœurs à l’unisson
Ce qu’il faut de malheur pour la moindre chanson
Ce qu’il faut de regrets pour payer un frisson
Ce qu’il faut de sanglots pour un air de guitare
Il n’y a pas d’amour heureux

Il n’y a pas d’amour qui ne soit douleur
Il n’y a pas d’amour dont on ne soit meurtri
Il n’y a pas d’amour dont on ne soit flétri
Et pas plus que toi l’amour de la patrie
Il n’y a pas d’amour qui ne vive de pleurs
Il n’y a pas d’amour heureux
Mais c’est notre amour à tous les deux.

Écrit par : Pierre-André Rosset | 08/04/2008

merci, Pierre-André, c'est tous les jours noël et voyez:
Comme la Croix du Fils sur Simon de Cyrène
Par le cheval tombé sous le chariot qu’il traîne
Je vous salue, Marie

Ce soir, Brassens ajouterait des couplets
et je l'écouterais

Écrit par : cmj | 08/04/2008

hasard ou coïncidence? parler de la vache et de brel. En concert à l'olympia, il modifia les paroles d'un couplet de la valse à mille temps par "au premier temps de la vache".

oui brel et brassens étaient de vrais amis. brel disait qu'ils chantaient les même histoires, mais que, comme george venait du sud un rose lui suffisait, tandis que lui, venant du nord, il lui fallait une montagne.

Écrit par : le pape | 09/04/2008

Je dirais plutôt Jean Poiret dans "La Vache à mille Francs".
Avec l'accord du Jacquot, soit, sinon ça n'aurait pas été possible.
Nous sommes assez vieux pour l'avoir entendu à la TSF ou sur un poste à galène.
N'est-ce pas Géo ?
Comment ?
Mais oui, l'année du putsch d'Alger...

Écrit par : Pierre-André Rosset | 09/04/2008

Oh c'est encore pire pour moi : mon premier contact avec les chansons de Brel s'est fait à travers une soirée des Jeunesses paroissiales. Ses premières chansons étaient assez bondieusardes...

Écrit par : Géo | 09/04/2008

Brassens le surnommait d'ailleurs "L'abbé Brel".

Écrit par : Gilles Poulou | 09/04/2008

Ca me permet d'en glisser une sur les biographies, et en particulier celles où l'auteur n'est pas en harmonie avec le sujet. J'en ai donc lu une de Brel, où tout est grisaille et ratages. Déprimant. Alors que quand j'écoute ma propre sélection de 12 chansons préférées, c'est le bonheur. Paradoxe.

Même chose pour Brassens, mais sans bio. Si on ne connaît que ce qu'il a produit depuis le début des années 70, c'est plus la même inspiration: il verse dans le compromis avec les facilités de l'époque.

Écrit par : Pierre-André Rosset | 10/04/2008

Mais puisque, entre ces deux magnifiques génies de la chanson, vous avez évoqué le sulfureux L-F. Céline, je vous rappelle qu'il a aussi chané. Oh pas sur scène, ni sur du microsillon, mais pour un enregistrement radiophonique où on entend son accordéon et sa voix de crécelle entonner: "C'est Katinka la putain..., etc."

Écrit par : Georgina | 12/04/2008

Un petit cadeau tiré du journal de René Fallet:
9/3/68
Brassens me passe cette lettre, à lui adressée:

"Monsieur,
je ne voudrais pas que vous croyiez à une plaisanterie. Voudriez-vous avoir la bonté de me faire connaître à M. Charles Trenet pour le bon motif. Je pourrais de mon côté vous faire connaître ma soeur. Je ne pense pas me tromper.
Avec mon admiration,etc.,etc.
Mlle Marcelle Ducroux, hôpital de Saint-Laurent-du-Pont."

George me dit: "Si je lui répondais, je lui écrirais ceci: Mademoiselle, M. Charles Trenet aimerait mieux connaître votre frère. Envoyez-moi toujours votre soeur: Quant à vous, amusez-vous toute seule."

Georges Brassens par René Fallet, éd. Denoël 2005

Écrit par : le pape | 15/04/2008

Oh merci, le Pape!

Écrit par : gilbert | 15/04/2008

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