20/04/2008

Ferré, Baudelaire et les hirondelles

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Ce dimanche, nos frères paysans qui ne se sont pas laissés happer par les tintouins et le vin fou du prétendu Carnaval de Lausanne, se sont levés à l’aube pour épandre du fumier sain et repiquer leurs choux, poireaux et côtes de bette. Les plus sensibles se sont émus du retour de l’hirondelle de fenêtre dans les nichoirs artificiels qu’ils ont incrustés à son intention dans leurs avant-toits. Et c’est une fête pour toute la famille.

Sa cousine, l’hirondelle rustique, a moins de chance cette année, au retour de ses vacances africaines: elle qui niche de préférence dans nos granges et nos étables – à cause des moucherons qui foisonnent dans le lisier –, elle n’en trouve plus. Elle se heurte le bec contre des clôtures magnétiques de parkings privés, ou sur la porte en chêne vernissée d’une habitation dont les locataires, souvent d’origine citadine, n’aiment pas le caca d’oiseaux sur leurs moquettes. D’ailleurs chez ces nouveaux résidents au nez délicat, il n’y aurait plus de coins d’ombre pour fabriquer un nid; l’odeur prédominante serait celle de l’insecticide - les moucherons y sont encore moins autorisés que les passériformes…

Car de plus en plus d’agriculteurs se conforment à la «modernité» et à une certaine notion de la prospérité, ils s’enrichissent en transformant leurs communs traditionnels en «appartements rustiques-tout-confort». En se fichant du mitage scandaleux de leur environnement naturel, ancestral.

Quant à la pauvre hirondelle rustique, elle peut aller faire voir son retour du printemps ailleurs.

LE NOUVEAU DISQUE DU DUO BLOK-FRANCIOLI

Ce CD qui paraît demain 21 avril a été enregistré en public le 31 décembre 2007 au Théâtre 2-21 à Lausanne, en une seule prise et sans modifications au mixage. Il s’intitule La Grande eau, tout comme le spectacle musical de Stéphane Blok et Léon Francioli que j’avais présenté ici même en son temps. Blok, qui est aussi écrivain et poète, nous en dépeint le premier tableau:

«Thématique régionale autant qu’universelle, La grande eau est le lac Léman. Cette immense et immuable étendue d’eau met parfaitement en relief l’homme petit et éphémère qui habite ses rives. Le duo Blok-Francioli aborde l’arc lémanique dans sa réalité actuelle, terre d’accueil des multinationales et refuge des grandes fortunes. Ainsi, loin d’une carte postale romantique, l’eau se trouble et se mélange à l’argent. Une population rêveuse déambule à la surface du lac, un avion tombe dans les eaux avec légèreté, une jeune fille étendue sur les galets imagine une libellule entre ses cuisses. Mais de manière récurrente, l’argent remonte à la surface…»

Stéphane Blok

Plus d’informations sur: www.blok.ch

   

291995860.jpgLE DEVOIR DE MEMOIRE DE MATHIEU,

FILS DE LEO

Mon ami le dessinateur Gilles Poulou vient de m’envoyer ce beau portrait de Charles Baudelaire en redingote et lavallière, et en arrière-plan du front vaste et montagneux d’un autre solaire: Léo Ferré. Ce n’est pas la première fois qu’il dessine, un peu comme en rêve, le regard terrible et le visage anguleux du chanteur-musicien qui sut le mieux interpréter les plus grands poètes de la littérature française. Naguère, Poulou l’avait mis en compagnie de Verlaine, Rimbaud et Monsieur Satan. Cette fois, ce fut pour m’annoncer la parution d’une nouvelle série de 21 enregistrements inédits que l’auteur de Paname et C’est extra - mort en 1993 à Castellina in Chianti - avait consacrés aux Fleurs du Mal. Il y travaillait depuis 1976, mais le projet resta en plan, pour des raisons de suractivité.

Dans ce troisième album regroupant des poèmes baudelairiens interprétés et mis en musique par Ferré, on ne trouvera que des brouillons musicaux, des «mises à plat», mais l’émotion de l’écoute n’en est que plus grande: surprendre un créateur à vif dans son atelier, aux prises avec la combustion d’un projet qui lui tient à cœur. On y redécouvrira ainsi - un peu réinventées – La fontaine de sang, L’horloge, L’âme du vin, La cloche fêlée. Et puis Une nuit que j’étais…, Madrigal triste, Le vampire, le parfum…

Le grand mérite de cette exhumation d’archives personnelles revient à Mathieu Ferré, le fils, qui se défend avec noblesse et amour filial d’avoir voulu «faire n’importe quoi pour gagner du fric»… Dans une lettre à quelques détracteurs malveillants, qu’on lira dans le petit cahier du CD, il proclame: «Je suis convaincu que pour appréhender l’œuvre de Léo Ferré, il faut le lire et l’écouter dans son ensemble.»

A propos des Fleurs du Mal, celui-ci disait:

- Il y a des gens qui reçoivent d'abord la musique, d'autres qui reçoivent d'abord les paroles. Ce qui fait que j'ai pu faire connaître Baudelaire à des gens qui ne savaient pas qui était Baudelaire.

Pour commander cet album, et déjà en écouter des extraits, on peut passer par le site officiel du maestro:

www.leo-ferre.com/pagebaudelaire

Et pour contacter Gilles Poulou - un artiste français talentueux auquel on doit aussi d’excellents portraits de personnalités romandes, dont Michel Bühler, Raymond Burki:

ugpoulou@sunrise.ch

son site :  http://poulou.chansonrebelle.com

ETRANGETE D’UNE CITATION HORS CONTEXTE:

 

Elle est du grand Nietzsche. Elle est même extraite de son chef-d’œuvre le plus connu Ainsi parlait Zarathoustra. Elle a inspiré – et inspirera encore – de moins grands hommes:

- «Vous devez aimer la paix comme un moyen de guerres nouvelles, et la courte paix plus que la longue.»

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SCHOLL: UN JULES CESAR A VOIX D’ANGE

Depuis vendredi soir et jusqu’au 25 avril, les Lausannois ont la chance d’accueillir un très grand chanteur allemand: Andreas Scholl, qui interprète au Métropole le rôle alambiqué, quintessencié, de Jules César, dans un opéra somptueux de Haendel.

Il a l’originalité, le mérite avant tout, d’être un ténor qui exploite sa voix de tête jusque dans son registre le plus élevé. C’est un contre-ténor, le détenteur d’un timbre masculin assez proche de celui des grands castrats napolitains du XVIIIe siècle, et que l’on confond (paraît-il à tort) avec celui des hautes-contre.

En fait, le mot «contre-ténor» vient de l’anglo-saxon countertenor, «qui dépasse d’environ une tierce la tessiture du ténor.» Il désigne une voix presque féminine, angélique, mais qui ne dévirilise pas pour autant son détenteur. Les plus grands compositeurs de la cour d’Angleterre – Haendel, mais avant lui Henry Purcell, devancé par les dramaturges élisabéthains - s’ingénièrent à lui tisser les meilleures lettres de noblesse. Et c’est avec intérêt que j’apprends par Andreas Scholl lui-même, dans une interview qu’il a accordée à mes bien-aimés confrères du Courrier, que 80% des opéras ont été composés avant 1800… Et qu’un contre-ténor «pourrait consacrer toute sa carrière au répertoire élisabéthain accompagné par le luth sans redite, et sans en épuiser l’immense variété.»

Jusqu’au 25 avril. www.opera-lausanne.ch

Commentaires

Grand merci à toi Gilbert de parler du Ferré/Baudelaire en ces temps où la chanson est devenue une industrie plutôt qu'un art. Ces "Fleurs du mal" sont de toute beauté."La technique laminée par l'émotion" m'écrit mon ami François André. (Les copains d'la neuille).

Écrit par : Gilles Poulou | 20/04/2008

Oubli...
La phrase exacte est :"La technique laminée par le talent et l'émotion".

Écrit par : Gilles Poulou | 20/04/2008

il est très agréable de se faire appeler "frère paysan" par Maître Gilbert!

J'habite la "capitale" (sans grand C, il ne faut pas exagérer!)et, malgré tout, je fais partie des "Paysans" qui ne se sont pas laissés happer par les tintouins et le vin fou du prétendu Carnaval de Lausanne.
Bien qu'il ne doit pas être suffisant de "refuser cette "mascarade grotesque" pour être un vrai "paysan", un agriculteur, un jardinier du paysage, un cultivateur, un vigneron ou un éleveur!... Et pourtant, être "associé" à leur "statut" est un grand honneur!... Même si certains "Hommes de la terre" par nostalgie PAI se fourvoient à l'UDC ! "Paysans", vous mériteriez bien mieux que cela !

Signé: Un rat des Villes alias Père Siffleur.

Écrit par : Père Siffleur | 20/04/2008

Ferré-Baudelaire: on s'en réjouit. Dans la nouvelle série trouve-t-on aussi L'Héautontimorouménos? Je crois que Léo Ferré avait aussi mis en musique et interprété L'Etranger, qui ne fait pas partie des Fleurs du Mal, mais du Spleen de Paris..?.

Écrit par : Xénius | 20/04/2008

Observation juste sur la difficulté qu'on les hirondelles de fenêtre à pouvoir nicher dans des granges, puisqu'il y en a de moins en moins (lire aussi terre et nature de jeudi passé). Mais il faut rappeler que les conditions climatiques de ce printemps n'ont pas facilité leur période de nédification: chutes de neige, air polaire, nuits gelées...

Écrit par : Morandini | 20/04/2008

Le grand Henry Purcell avait lui aussi été un cintre-ténor. En 1692 il chanta une Ode à Sainte-Cécile: "Tis natures Voice"...

Écrit par : Renée | 20/04/2008

Il y a les haute-contre, les contre-ténors, les mezzos-sopranos mâles, les castrats, mais aussi les falsessistes: des voix de fausset travaillées comme telles. Exemples: Charles Brett, Jeffrey Gall.

Écrit par : Suren | 20/04/2008

à Xénius ,
Oui ,il y a L'Héautontimorouménos (piano/voix) parmi les textes mis en musique.
L'étranger -qui ne fait pas partie des Fleurs du Mal, effectivement- est sur le Léo chante Baudelaire de 67.(disque Barclay, aujourd'hui dévoré par "Univers sale".Mais disponible, c'est l'essentiel.)

Écrit par : Gilles Poulou | 20/04/2008

La phrase de Nietzsche n'est pas si étrange que ça quand on connaît son attachement aux écoles présocratiques (VIe-Ve s. av. J.C.) qui, chose étonnante, sont assez proches, dans l'esprit et dans le temps, de l'émergence du Taoïsme en tant qu'école philosophique.

"Le différent doit concorder avec lui-même et la contradiction habiter toute chose. Comprendre les choses, c'est comprendre le désaccord de l'Un et l'unité des contradictions." (Les Ecoles présocratiques / Folio essais / J.-P. Dumont). Dans le Taoïsme, l'emploi des paradoxes a pour but d'oublier la pensée conventionnelle, de renoncer à la logique et de se détacher du sens des mots.

Selon Nietzsche toujours, la philosophie s'est beaucoup trop compromise avec la raison entre Socrate et Kant.

Écrit par : Pierre-André Rosset | 21/04/2008

Les plus sensibles, faut voir.
En fumant un cigare à la fenêtre de ma cuisine, j'ai observé plusieurs choses intéressantes: d'abord une chauve-souris faire un looping, puis une belette inspecter les voitures stationnées dans le rue. Ensuite, dimanche à midi, le passage d'une escadrille de ce qui m'a paru être des martinets plutôt que des hirondelles.
Géo va encore insinuer que ce n'était pas un cigare.

Écrit par : Pierre-André Rosset | 22/04/2008

Je ne vois pas d'hirondelles, mais de grandes corneilles, des pies, des merles et des moineaux, parce qu'il y a un grand arbre à côté de mon balcon qui sert de nichoir à tout ce monde. Parmi les mammifères qui traînent dans le quartier il y a les renards que je vois de temps en temps, mais seulement le soir, ils sont craintifs.

Écrit par : Inma Abbet | 22/04/2008

Il y a peu, vous ignoriez qu'il y avait des renards à Lausanne.
La moquette de vos cigares est de meilleure qualité...

Écrit par : Géo | 22/04/2008

Cher Rabbit Rosset, vous qui êtes sinolologue: quels sont les véritables ingrédients du potage au nid d'hirondelles? Et l'origine de l'expression. Merci,
Laurette Pahonny

Écrit par : Laurette | 22/04/2008

Tant qu'on y est: et les oeufs de mille ans?...

Écrit par : Xénius | 22/04/2008

Tout est là: 燕=hirondelle + 窝=nid (à ne pas confondre avec 蜗=escargot, qui se prononce presque la même chose).

Les nids d'hirondelles traditionnels sont de vrais nids fabriqués avec de la vraie salive par de vraies hirondelles. C'est très rare en Chine et ça coûte la peau des fesses (d'hirondelle). Donc ceux qu'on peut trouver en Europe doivent être des ersatz fabriqués à l'aide d'un sous-produit pétrolier.

Écrit par : Pierre-André Rosset | 22/04/2008

Les renards (狐) glapissent dans les jardins qui cernent mon terrier en faisant un bruit horrible. Je comprends que les Anglais les chassent à courre.
Un oeuf (蛋) de mille ans, c'est tout simplement un oeuf que 洪武 transmis à 建文 qui l'a transmis à 永乐 qui l'a tranmis à

Écrit par : Pierre-André Rosset | 22/04/2008

Il parait que vous êtes sinolologue ? Cela ne m'étonne pas de vous. J'ai vu vos martinets sur St-F cet après-midi, ainsi qu'un de vos amis journalistes grand connaisseur de restaurants chinois, en face de chez Payot. Payot, probablement un des endroits au monde avec la plus forte densité de jolies femmes (pour la plupart des intellos psycho-rigides, mais bon...). Père Siffleur a du sentir de mauvaises vibrations, je suis passé à côté de son repaire du Flon.
Il parait qu'il y a un film demain au musée de géologie sur Zermatt, la zone ophiolitique dont je vous entretenais il y a peu...
C'était ma sortie annuelle à Lausanne...

Écrit par : Géo | 22/04/2008

Pour Géo:

Effectivement, je les ai senties, ces mauvaises vibrations ! Mais avant de vous lire, j'étais absolument persuadé qu'il s'agissait de celles des machines de chantier! Machines qui "bousillent" le Flon et en font un endroit "branchouille" de très mauvais aloi! Endroit où tout est remplacé par le fric et le paraître mis sous la surveillance des caméras.

Il n'y a que "mon" repaire qui résiste vaillamment à ce prédateur Légèrement Obtus (LO).

Écrit par : Père Siffleur | 22/04/2008

J'ai fréquenté quotidiennement les Entrepôts (pardon, le Flon) entre 1965 et 1969. Il y avait un train de marchandises qui arrivait de Sébeillon et un étrange engin sur rail qui distribuait son contenu alentour.

J'aimais bien ce quartier qui aurait pu se situer au bout du monde avec son architecture exotique. Et avant d'avoir enfin pu y aller, il me donnait le support nécessaire pour en rêver. Les intellectuelles ne sont pas forcément rigides partout et le psychisme est une étape à surmonter avant de découvrir leur Moi profond.

En face de Payot se trouve le café des Philosophes (哲人咖啡). Si vous y avez vu des Chinois, ce n'est pas étonnant car ils sont maintenant partout. Le Maire de Paris veut faire le malin avec eux ? Demain il y en aura un million à défiler entre l'Etoile et la Nation; je leur enseigne toutes les coutumes occidentales et ça les amuse beaucoup (surtout avec l'effet du nombre).

Avant d'être sinologue, j'étais néerlandologue (et non pas neanderthalien, comme vous le pensez). Ce n'était pas médiatique et personne n'en a jamais fait des boutons. Au demeurant, personne n'est parfait non plus dans ce blog: vous sombrez dans l'ophiolitisme et le Père Siffleur s'abandonne aux vibrations de machines obtuses.

Je n'ai pas d'ami journaliste; d'ailleurs, je n'ai plus d'ami du tout sous ces latitudes (ils ont tendance à fuir le pays). Vous comprenez ça comment ?

Écrit par : Pierre-André Rosset | 23/04/2008

Sire PAR,
Vous dites "En face de Payot se trouve le café des Philosophes"... Petite rectification, "... se trouvait ...", parce que, maintenant c'est un "truc" plus ou moins mexicain. Il ne reste que le nom sur un mur, un peu comme sur une vieille tombe, pour nous rappeler ce Café!

Écrit par : Père Siffleur | 23/04/2008

J'ai aussi connu le Flon comme aide-déménageur il y a ...assez longtemps. C'est vrai qu'une fois de plus, la transformation de ce quartier est peu plaisante.
Chez nous les rats des champs, c'est tout aussi affligeant. Nos bleds sont envahis de villas toutes différentes les unes des autres, ce qui donne à l'ensemble de ces zones des allures tout-à-fait grotesques.
En plus, certaines sont construites dans des endroits complétement aberrants. Sur la fameuse colline couverte de pins de la Glaivaz, autrefois promise à la CEDRA, plusieurs incendies ont eu lieu. Le dernier a suffisamment déstabilisé le terrain pour qu'une coulée de boues se soit produite il y a quelques années, à droite de la niche d'arrachement qui couvre presque toute la colline. De plus, la falaise que les automobilistes aperçoivent à leur gauche en montant à Villars n'est pas une falaise simple. Il s'agit d'un sérac dans l'éboulement primitif. Derrière, il y a une autre falaise, encore plus importante. Et juste devant, presque dans l'axe du dernier éboulement, une nouvelle villa.
Il faut croire très fort en son ange gardien pour demeurer là...et pour accorder des permis de construire dans ce genre de situation aussi.

Écrit par : Géo | 23/04/2008

Je me souviens d'avoir été tout aussi étonnée de voir des chalets en Valais dans des endroits que les gens du cru considèrent comme des zones à avalanches, et je me demande quel est le point de vue des compagnies d'assurances là-dessus.

Écrit par : Inma Abbet | 23/04/2008

Pour ce qui est des villes, je les classe par rapport à la possibilité de joindre les endroits intéressants à pied. Une ville où je ne peux pas marcher est une ville hostile, inconfortable. Ainsi Londres, Madrid ou Paris font partie des villes inconfortables, tandis que Milan, Valencia, Berlin ou Lausanne appartiennent à la catégorie des villes confortables. C'est subjectif, bien sûr, mais je me demande si l'on peut atteindre la même qualité de vie dans les grandes et dans les petites villes.

Écrit par : Inma Abbet | 23/04/2008

"A une passante" mis en musique, chanté, par qui ?

Écrit par : Anne | 24/04/2008

Inma: si une marche de 10 km ne vous effraie pas, on peut faire aussi beaucoup de chemin à pieds dans Rome. Amsterdam est plus compacte. Ce qui est plutôt fatiguant en ville, ce sont les musées et le shopping. Il existe un esprit des villes et aucune ne ressemble à une autre. Mais une grande ville sera toujours l'endroit idéal pour cultiver la solitude.

Anne: en résumé, la passante exprime l'idéal baudelairien selon lequel "le beau est toujours bizarre" (cf. Wiki, il y en a une tartine).

Géo: c'est donc que le Chamossaire n'a pas fini de vous tomber sur la tête; la vie à Kaédi était nettement plus rassurante.

Écrit par : Pierre-André Rosset | 24/04/2008

"A une passante" mis en musique, chanté, par qui ?



Ferré chante Baudelaire de 67 (voir plus haut).

Écrit par : Gilles Poulou | 24/04/2008

"Je me souviens d'avoir été tout aussi étonnée de voir des chalets en Valais dans des endroits que les gens du cru considèrent comme des zones à avalanches"
Lorsque je préparais mon diplôme sur la digitation de la partie inférieure de la nappe des Diablerets, j'avais cherché un endroit pour la visualiser au mieux. De l'autre côté de la vallée, sur le lieu-dit "le Châtelet". Mon attitude avec des jumelles a attiré la visite du garde-chasse, précisèment en visite avec deux collègues, dont l'un du Valais.
Et la discussion est partie sur les zones à risques, etc...
Le garde-chasse valaisan nous a raconté qu'à Zermatt, il avait fait remarquer à des bourgeois locaux que certains chalets récemment construits se trouvaient manifestement en zone menacée par les avalanches. Réponse : ce n'est pas grave, on les a vendus à des non-Suisses (en haut-valaisan dans le texte).
Vous n'êtes pas obligés de me croire, le garde-chasse est mort depuis longtemps. Et Marthe Keller a secoué un peu le cocotier de la racaille immobilière valaisanne...

Écrit par : Géo | 24/04/2008

"A une passante", qu'il ne faut pas bien sûr confondre avec "Les belles passantes" que chante Brassens sur les paroles d'un poète anonyme.

Écrit par : KIM | 24/04/2008

Pas si anonyme que ça. Le texte des "Belles passantes" est d'Antoine Pol, et Brassens l'indique dans ses albums. C'était un auteur méconnu, qui je crois avait fait la Première Guerre et écrit aussi des romans.

Écrit par : Cyberprince | 24/04/2008

Les dames de Payot, ces "intellos psycho-rigides" comme vous les appelez Géo, sont des professionnelles qui aiment avant tout le livre, et m^^eme plus que leur employeur. Si un livre est épuisé, elles vous recommandent tel ou tel bouquiniste, qu'elles appellent elles-mêmes pour vous rendre service. je les trouve plus pro que celles de la FNAC

Écrit par : Aline | 24/04/2008

Pour l'anecdote:
Brassens avait trouvé le texte d'Antoine Pol "Les passantes" ,par hasard, chez un bouquiniste. Il demanda à Gibraltar (Son ami et intendant) de rechercher l'auteur pour lui demander l'autorisation de mettre le poème en musique, mais celui-ci mourut juste avant leur rencontre.
Dans la version de Brasssens ,il manque un couplet, que Leforestier a rétabli:
"A la fine et souple valseuse
Qui vous sembla triste et nerveuse
Par une nuit de carnaval
Qui voulut rester inconnue
Et qui n'est jamais revenue
Tournoyer dans un autre bal."

Il existe également une superbe chanson de Ferré (Amour-Anarchie 70) qui s'intitule "Les passantes" :

"Et tous ces inconnus qui mettent à la voile
Sur de longs autobus aux voyages hachés
Laissent de leur limon intime à des étoiles
Qui brillent tristement au coin des rue barrées"

Écrit par : Gilles Poulou | 24/04/2008

Aline@ Oh hé oh, je n'ai jamais parlé des vendeuses de chez Payot, bien sûr. Pour le reste, je retire tout ce que j'ai dit sur Payot, si cela vous fait plaisir: il n'y a pas de jolies femmes là-bas et s'il y en a, elles ne sont ni intellos ni psycho-rigides. D'ailleurs tout le monde s'en fout.
Je n'y ai trouvé aucun livre intéressant pour moi. Mais ce n'est pas une surprise.

Écrit par : Géo | 24/04/2008

Antoine Pol 1888-1971

capitaine d'artillerie durant 14-18


Auteur d'Emotions poétiques, du Livre de Maman, de destins, de Plaisirs d'amour, de croquis et de Cocktails.


Merci Wikipedia

Écrit par : Xénius | 25/04/2008

Moi non plus: je cherchais un bouquin de Ludwig Feuerbach et personne ne savait qui c'était (pourtant il a inspiré Marx...). Sur Amazon on trouve absolument tout: j'avais commandé un livre sur le site français et il est venu de Nouvelle-Zélande. Et les CDs peuvent surgir de Californie ou de Corée. C'est le génie de la mondialisation.

Quand on se trouve à Solalex et qu'on examine le versant opposé au Miroir d'Argentine, on peut en effet trouver que cet empilement de cailloux n'inspire pas une grand confiance. Soit on bétonne, soit on laisse faire la nature. Raser n'est pas rationnel sur le plan économique.

Écrit par : Pierre-André Rosset | 25/04/2008

J'attends le Père Siffleur pour faire le lien avec Pol Pot.

Écrit par : Pierre-André Rosset | 25/04/2008

"qu'on examine le versant opposé au Miroir d'Argentine, on peut en effet trouver que cet empilement de cailloux n'inspire pas une grand confiance"
Et que pensez-vous alors du Cheval Blanc, dernier reste de l'éboulement qui a créé le Miroir, (et bouché la vallée pour créer un lac dont les varves sont visibles dans les talus de l'Avançon) ?

Écrit par : Géo | 25/04/2008

Aha ?
Je vais donc me procurer votre thèse, retourner sur les lieux pour examiner chaque mètre carré de terrain et je publierai mes observations. Mais ça risque de manquer de rigueur scientifique et ressembler plutôt à un roman policier mythologique.
Au fait, j'emmenais souvent mes hôtes hollandais à Solalex: ils étaient régulièrement impressionnés par le chaos géologique environnant (j'ai même réussi à faire marcher mon fils jusqu'à Anzeindaz, mais il est arrivé plus frais que moi).

Écrit par : Pierre-André Rosset | 25/04/2008

P.-S.: Inma a disparu. Une révolution de palais ?

Écrit par : Pierre-André Rosset | 25/04/2008

Oui, vous avez raison. Où sont passés Inma et les Mérovingiens ? Le Grand Manipulateur nous a à nouveau remis avec les damnés bloody genevois. Ce qui fait disparaître les sites de qualité...

Écrit par : Géo | 25/04/2008

Inma est toujours là, atteignable par le chemin :
http://inma.blog.24heures.ch

Écrit par : Inma Abbet | 25/04/2008

@Pierre-André Rosset. Les oeuvres de Feuerbach se trouvent chez Gallica

Écrit par : Inma Abbet | 26/04/2008

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