25/05/2008

Le Louvre est plus qu’un musée: un pays

1515361309.jpg

 

Il est devenu le plus vaste musée du monde après l’avènement de François Mitterrand en 1981, avec son projet du Grand Louvre et la pyramide en verre de Pei. La dernière fois que je l’ai visité, c’était parce qu’il pleuvait à Paris, et qu’avec une amie du IIe arrondissement proche, nous avions envie de deviser en marchant sans nous mouiller… Et nous en avons avalé du kilomètre entre le département des antiquités grecques, étrusques et romaines et le Pavillon des Sessions qui rassemble des trésors d’Afrique et d’Océanie, en passant évidemment par les célébrissimes collections de peintures et de sculptures. Quand nous n’avions plus d’histoires à nous raconter, au lieu de nous regarder dans le blanc des yeux, nous nous asseyions quinze minutes devant une nature morte de Chardin ou le tableau de Pierre-Narcisse Guérin représentant les amours d’Aurore et Céphale.

2023415480.jpgCe dernier sert maintenant de couverture à un délicieux «inventaire visuel et pratique», de la série Baechtold’s Best, des Editions Riverboom. En fait un véritable guide de voyage en images qui nous invite à explorer le Louvre non plus comme un musée, mais un pays. Une nation à part, multiculturelle, avec ses habitants attifés en bourgeois flamands, en shahs de Perse barbus, en madones de la Renaissance, en baigneuses nues. Avec ses nourritures désuètes et pittoresques: la Nature morte aux pêches et à l’ananas de Cornelis van Spaendonck (fin du XVIIIe siècle), la Coupe de crises, prunes et melon de Louise Moillon (XVIIe), fromages hollandais, banquets ottomans, et on en passe.

Lorsqu’il cessa définitivement d’être une demeure royale pour devenir, en 1793, le Muséum central des Arts, le Louvre n’était accessible au public que trois jours par décade révolutionnaire. Les six autres étaient réservés aux copistes et aux peintres. Les artistes vivants y étaient rois eux aussi, enseignaient à leurs élèves les lois de la perspective, ou passaient des heures entières, seuls devant une fresque ou une statue, à peaufiner leurs relevés. Ou simplement à méditer sans être perturbé par le brouhaha du tout-venant.

Le grand photographe viennois Eric Lessing de l’agence Magnum, spécialisé dès 1960 dans la reproduction d’œuvres d’art, y a quasiment «séjourné» durant quatre décennies. Le Louvre est devenu sa seconde patrie. Dans un entretien très savoureux, il confie aux auteurs du Baechtold’s Best ses bonnes adresses:

- Dans les grandes galeries, il y a tellement de monde, c’est comme de traverser une station de métro aux heures de pointe. Ne suivez pas le flux, allez dans les petites galeries! Au deuxième étage, chez les Français, il y a des merveilles et on n’est pas bousculé.

La collection du Baechtold’s Best n’en est qu’à son deuxième album. D’autres explorations de pays par l’image sont annoncées: le Texas, l’Iran, le pôle Nord, la Suisse. Et avant eux Pékin, qui est lui aussi un pays à lui seul. Le premier de la série nous ouvrait les portes mystérieuses de l’Afghanistan. Le graphiste Claude Baechtold, qui lui a laissé son nom, y avait rencontré en 2002 le reporter-photographe Paolo Woods, et notre brillant confrère Serge Michel, Prix Albert-Londres 2001, actuellement correspondant du Monde à Dakar. A Belgrade, puis en Suisse, la troïka a fait la connaissance de l’écrivain-éditorialiste David Laufer, (oui, notre coblogueur à succès), puis le réalisateur-diffuseur Alexandre Tzonis. A cinq, ils ont lancé les Editions Riverboom, et cette conception de guides illustrés inédite et revigorante.

Au pays du Louvre, Baechtold’s Best, Ed Riverboom. Et pour un programme d’interactivité:

www.paysdulouvre.fr

Sachez encore que Serge Michel vient de signer, avec le même Paolo Woods et Michel Beuret, de L’Hebdo, un ouvrage que je n’ai pas encore lu mais dont je trouve le thème passionnant, d’une actualité troublante et brûlante:

La Chinafrique, parue le 20 mai chez Grasset, raconte l’expansion chinoise dans tous les secteurs économiques du continent noir. Les auteurs ont sillonné celui-ci durant deux ans, en traversant une quinzaine de pays.

Les Chinois y seront-ils de meilleurs colons que ne le furent naguère les Portugais, les Arabes, les Anglais, les Français, les Allemands, les Italiens?

Commentaires

Meilleurs colons? Ils en tireront les meilleurs avantages... Pour le reste (ou les restes...) les Noirs africains s'en fichent de la notion même de développement. Autant que les Chinois se méfient de la conception occidentale des droits de l'homme.

Écrit par : Vermont | 25/05/2008

Il y a une semaine, l'Hebdo avait consacré tout un numéro spécial à cette "colonisation de l'Afrique noire" par les économistes chinois. je pense que là où les anciennes nations colonisatrices se sentent pris au piège de leur vieille repentance - mot de Sarko - les Chinois sont à l'aise, car ils se sentent les mains propres.

Écrit par : Jordan | 25/05/2008

Population ordinaire du Louvre: vous oubliez les fantômes. Celui de Belphégor évidemment, mais aussi celui de Jean-Pierre Marielle qui y décède d'une étrange façon dans le navet de Da Vinci Code.

Écrit par : Xénius | 25/05/2008

Le Louvre un Pays ?... Un seul? Vraiment!

Ne pensez-vous pas plutôt que c'est une planète? Comme elle l'était déjà à l'époque: une planète du Roi-Soleil.

Actuellement, c'est notre planète, idéalisée, bien entendu! Mais, une planète des possibles, dans des temps très éloignés, lorsque la pyramide de Pei ne sera qu'une ruine et le Louvre lui-même que poussière.
Quoique l'inverse est aussi possible, le "nouveau" ne devenant pas "vieux" ou le devenant très vite... La construction n'est plus ce qu'elle était et la pyramide de Chéops tiendra encore debout, que celle de Pei ne sera même plus un souvenir...

Écrit par : Père Siffleur | 25/05/2008

Indiana jones, c'est assez con mais cela produit beaucoup de dollars. Pas terrible, mais bon. Mais quand on est très con, qu'on ne rapporte rien et qu'on s'en vante, cela donne donne la prose du Pet-resiffleur...

Écrit par : Géo | 25/05/2008

La Chinafrique: les auteurs de ce livre Serge Michel et Michel Beuret sont justement invités ce soir lundi 26 mai au Théâtre de Vidy pour un grand débat, organisé par Payot et 24 heures...
19h.00 Entrée libre.

Écrit par : Amadou Xian-li | 26/05/2008

Désolé Géo, mais en lisant les deux interventions, le plus con (puisque apparemment c'est la seule question digne d'intérêt que vous inspire ce billet sur le Louvre...) n'est pas difficile à trouver.

Écrit par : Olegna | 26/05/2008

Vous pensez que j'écris des commentaires pour vous faire plaisir, Olegna ? Mmmmh? Votre maman ne vous aimait pas beaucoup, c'est ça le problème ?

Écrit par : Géo | 27/05/2008

Géo,
Pour me faire plaisir? Rassurez-vous, ça ne m'a jamais effleuré...(Vous inquiétez pas, je sais que vous êtes un grand méchant)
Ensuite, le truc de la maman, vous me l'avez déjà servi une fois.
Attention, vos nevroses commencent à devenir évidentes et on va finir par vous prendre en pitié.

Écrit par : Olegna | 27/05/2008

En attendant, vous n'argumentez pas beaucoup, Olegna. C'est ça le problème, voyez-vous.

Écrit par : Géo | 27/05/2008

Mais y a rien à argumenter! Vous voulez que j'argumente sur votre première intervention? Je l'ai trouvée à côté de la plaque, déplacée et désagréable.
Je ne voyais pas le rapport entre le thème de la discussion et votre attaque mesquine et aggressive...voilà, c'est simple.

Écrit par : Olegna | 27/05/2008

Très heureux d'entendre du bien de Serge Michel. Après avoir lu le témoignage d'un autre Serge sur le blog de Lili(http://lilima.blog.24heures.ch/)me suis dit qu'il va falloir que j'évoque le précédent bouquin de Serge Michel sur mon blog.
Les Routes clandestines, l'Afrique des immigrés et des passeurs paru chez Hachette.

Écrit par : blagueur | 27/05/2008

Je me suis mélangé les pinceaux dans mon précédent commentaire. Les Routes clandestines, c'est Serge Daniel (correspondant RFI et AFP en Afrique). Quant au livre de Serge Michel et Michel Beuret, La Chinafrique, c'est en l'achetant que je me suis rendu compte de ma bourde!

Écrit par : blagueur | 28/05/2008

Tiens! C'est ici que Géo, le "proctologue" de service, déverse son fiel! donc, encore une fois:
Passer pour un idiot aux yeux d'un imbécile est une volupté de fin gourmet.
(Courteline).

Écrit par : Père Siffleur | 29/05/2008

On ne vous le fait pas dire, mais vous devenez fortement répétitif. De plus, votre assertion est réversible. Mais qu'avez vous donc avec votre proctologie ? vous vous prenez pour un t..du c... ?

Écrit par : Géo | 29/05/2008

Monsieur le Géophile,

Je ne parle pas de proctologie mais de "proctologues" et les " " sont importants!
Et, si je me répète, c'est uniquement parce que vous avez quelque peine à comprendre. La preuve de vos difficultés: vous me reposez une question à ce sujet... Puis, dans un magnifique élan poétique, vous utilisez des termes qui mettent en valeur le niveau de votre grande cul-ture: Si il y a longtemps que vous êtes à court d'argument, heureusement, cette belle cul-ture vous permet de trouver les mots pour faire vos odes (boudin) !

Écrit par : Père Siffleur | 30/05/2008

Et vive Payot de Chantepoulet! J'ai trouvé votre magnifique bouquin de F. V. là-bas, M. Gilbert. Il n'était pas à la FNAC de la ville française proche où j'habite. Et vive Genève! Moi qui adore les chats! Je n'en suis pas amoureux, j'en suis dingo.
Savez-vous que dans votre belle campagne suisse, près du lac, à Hermence, on peut lire sur un grillage privé: ATTENTION, CHAT GENTIL....????

Écrit par : Chantepoulet | 31/05/2008

bonjour,je suis un artist peintre,sculpter,performater et installation.je suis baser sur tout a l'art de mouvement.et m'a phylosophie et baser sur l'orginenalité,comme exemple:la nuit,la naturalisme decouvre son idantité.

Écrit par : daddy | 02/06/2008

Les commentaires sont fermés.