12/12/2008

Brigitte Romanens, une flamme civique

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Qu’elle est espiègle et amène, Mme la directrice!Sa fragilité apparente et le velouté riant de ses yeux évoquent la pervenche des sous-bois. Brigitte Romanens-Deville aime se moquer d’elle-même – pour une gesticulation maladroite de gamine dictée par l’enthousiasme, par exemple. Ou en se remémorrant son passé lyonnais, quand elle était assez béjaune pour vivre trop longtemps chez ses parents. Son père coordonnait des travaux de chantier ; sa mère avait été sage-femme. Une famille catholique exemplaire.  En cachette, elle sèche les cours pour chausser des patins à roulettes et aller humer la ferveur insolente du TNP de Villeurbanne, sous le règne de Roger Planchon. A 14 ans, aux Célestins, elle assiste en écolière à une représentation de l’Ecole des femmes de Molière. Exaltée, elle s’insinue dans des ateliers de théâtre où ses aptitudes sont remarquées. On lui propose même de rejoindre l’équipe d’Ariane Mnouchkine, et le Théâtre du Soleil à Paris! « Je n’ai pas accepté, j’avais peur de mes parents. C’est à 19 ans, en rencontrant mon futur mari aux cours de psychologie, à Lyon II, que j’ai découvert la vie artistique et l’envie de m’y lancer. Thierry m’a fait aussi redécouvrir Brassens, et la chanson française.» Le Thierry en question est évidemment le charismatique chanteur romand à la mandoline, et un des plus populaires des dicodeurs. En acceptant, il y a vingt ans, de suivre ce barde alsacien de souche fribourgeoise sur les terres de ses aïeux, Brigitte partait à l’aventure. Une bonne étoile lui réservait là une maternité heureuse et une joli destin culturel. L’automne 2009 sera une date importante pour elle. Pour le Nord vaudois aussi, car L’Echandole, avec ses 32 m2 , ses 120 places et son ambiance intimiste fêtera son trentième anniversaire. On s’apercevra que ce théâtre qui occupe une belle cave du château d’Yverdon-les-Bains et appartient aux citoyens de cette ville, a défié ses modestes dimensions en déployant une activité culturelle, musicale et sociale de plus en plus diversifiée, à l’image de son public. Comédie, one-man-show, chanson francophone, folklore hybride, jazz, tous les genres s’y épanouissent. Brigitte Romanens, qui le dirige depuis huit ans, lui a consacré le meilleur d’elle-même: à savoir cette passion pour les métiers de scène qui lui a été permise tardivement, mais aussi sa volonté de concrétiser son enracinement dans une région qu’elle méconnaissait naguère. Avant de succéder en 2000  à Annedominique Chevalley, elle habitait à Chatel-Saint-Denis, c’est-à-dire «au soleil». Elle s’est vite détrompée de la réputation grisounette que d’aucuns faisaient encore à la capitale du Nord vaudois. A présent elle la trouve solaire, humainement riche, dotée d’un potentiel de jeunes talents qu’elle est ravie de contribuer à mettre en valeur, par le biais des vendredis de l’Impro à la une, en marge des programmes saisonniers. «Certains, tel le chanteur Fabian Tharin,  s’y sont révélés à eux-mêmes, devant un public local de tous âges, puis ils se sont affirmés ailleurs. Quand ils reviennent jouer à l’Echandole, je ressens de la fierté.»

 

«Etre devenue une citoyenne d’Yverdon compte beaucoup pour moi.  Faire partie d’associations locales, nouer des relations au bistrot, aller voter , être fidèle à l’apéro du samedi sur les terrasses de la  place Pestalozzi.» Elle y savoure une cordialité villageoise, quand bien même la deuxième agglomération du canton de Vaud grouille d’une population bigarrée, européenne. «D’un cœur civique, je collabore étroitement avec la commission consultative suisses-immigrés en invitant des artistes étrangers. Et même si ouvrir davantage ma programmation au jazz savant est une de mes priorités, je me réjouis déjà des fanfares de la 5e Fête de la musique de notre ville, le 21 juin prochain. »

 

Brigitte adore les célébrations populaires. Comment oublier celles de son enfance lyonnaise, quand, chaque 8 décembre, elle plaçait un bougeoir à sa fenêtre à l’occasion de l’immémoriale  Fête des Lumières. « La seule fois où mes parents m’autorisaient à sortir le soir dans la rue.» Son théâtre : www.echandole.ch Fête de la musique : www.lafmy.ch

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BIO  

1964

Naît à Villeurbanne. Elle est la deuxième d’une famille très bourgeoise de quatre enfants. Son père est un canut pur sucre, sa mère est originaire d’Ambérieux.

1986

A l’Université Claude-Bernard, à Lyon, elle obtient un diplôme d’assistante sociale (psychomotricité).

1987

Avec Thierry Romanens, elle s’établit en Romandie. D’abord à Lavey-Village, puis à Gillarens, près d’Oron («où il y avait plus de vaches que d’humains »). Enfin à Châtel-Saint-Denis.

1990

Naissance de leur fille Léa. Deux ans après viendra Marie.

1991

 Joue dans La Tempête de Shakespeare, dans l’île d’Orgoz.

2000.

Devient directrice du Théâtre de l’Echandole.

08:56 Publié dans Portraits | Lien permanent | Commentaires (3)

Commentaires

Joli portrait.
Je suis né à Yverdon, et je suis heureux que des gens comme Brigitte Romanens contribuent à rendre cette ville bigarrée, joyeuse, et même audacieuse!
Cordialement,
Gary.

Écrit par : Gary DREDAM | 13/12/2008

Très belle femme. Pour évident que le "live" et une femme qui peut se fixer des objectifs et les atteindre ....

Écrit par : Robert | 15/12/2008

Gary & Robert@ Slap, slap !!!

Écrit par : Géo | 15/12/2008

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