15/02/2009

Barbons, barbus, barbichus et pogonologues

barbe-noire-pastel-4g.jpg

 

 

Selon les promoteurs américains d'une nouvelle mythologie judéo-chrétienne, le Dieu d'Abraham et de Moïse, celui de Jésus, des apôtres, de François d'Assise et de Michel-Ange, serait un dieu imberbe! Tous les partisans de l'imagerie traditionnelle - dont je suis - en sont profondément indignés. Surtout en cette période de l'année où les arbres sont nus.

Diable! me dis-je, si une tuile me tombe sur la tête demain et si je meurs, comment pourrais-je grimper jusqu'au ciel tant que le Bon Dieu ne m'offre pas sa luxuriante échelle mentonnière, qu'on disait garnie de frondaisons entrelacées et de lianes tropicales? Car l'homme tient peu ou prou de Tarzan, surtout s'il croit à l' élévation de l' âme et aspire à des virevoltes célestes.

Non, il m'est impossible d'adresser mes prières à un créateur à joues lisses et inaccessibles d'adolescent. La barbe est un attribut important de la divinité. Les musulmans ne jurent d'ailleurs que par celle de leur prophète, le Bouddha des Chinois a un faciès de bébé, mais leur Confucius était doté majestueusement d'une longue impériale, cela plus de 2150 ans avant Louis XIII et Richelieu, et plus longtemps encore avant l'apparition d'Auguste Forel sur nos anciens billets de mille francs.

Comme il était un pionnier de la science limnologique, autrement dit l' étude des eaux stagnantes, des lacs et des nappes phréatiques, on imaginerait sa barbe festonnée d'algues d'eau douce et d' écrevisses mauves, de vengerons gris dorés immangeables, plus d'autres animaux méconnus du tréfonds lémanique. Bref, la barbe savante du Forel, est une barbe fortement trempée d'eau souillée; elle sent un peu la vase.

Vers la fin du XVIIIe siècle qui fut celui des Lumières, on vit toutes sortes de savants se réclamer de n'importe quoi pour faire triompher la raison, donc le savoir, sur l'intuition et la foi. Sur ce qu'on appelait alors la superstition. Parmi eux, il y eut les pogonologues - du grec pôgôn, «barbe». Un des plus farouches, nommé J.-A. Dulaure, écrivit en 1786 cette observation exaltante: «Il ne semble pas que la barbe ait été donnée à l'homme pour garantir son visage du froid. Autrement dit, la nature aurait fait tort aux femmes, qui ont le visage plus délicat que les hommes.»

Je me permettrai de renvoyer ce monsieur Dulaure à 124 ans avant lui, et avant sa maxime inoubliable: dans l'Ecole des femmes, Molière avait fait s'exclamer son Arnolphe en ces termes: «Votre sexe n'est là que pour la dépendance, du côté de la barbe est la toute-puissance». La petite Agnès ingénue qui les recueillit en fit l'usage qu'on sait...

Mais depuis que les femmes n'aiment plus les hommes à barbe, même à peine rasés comme Gainsbourg - «leurs joues et bajoues piquent de travers, trop sournoisement; elles sont trop obscènes pour nous», clament-elles en choeur -, les barbus de très longue date ont la conscience meurtrie. «Je porte la barbe depuis si longtemps, dit l'un, que j'avais oublié que j'en avais une.»

Les deux seuls êtres qui furent barbus dès leur naissance s'appelèrent Merlin l'Enchanteur, qui fut trop poilu à l'instant où il vagit la première fois en son berceau de chaume tressé. Et Robert le Diable qui ignorait qu'il allait devenir un saint. Malgré sa barbe enroulée en feuilles d'acanthe, malgré ses favoris longs et serpentins qui pendaient tels des glycines d'avril, depuis le sommet de ses tempes.

Mon ami Jean Rüf, un des meilleurs écrivains publics de Suisse romande, m'a susurré un jour à l'oreille, après qu'il eut rasé sa sienne de barbe: «Depuis que je ne l'ai plus, je ne reconnais pas les gens que je croise dans les corridors.»

Avant de vous quitter, je vous rappellerai que les barbus forment une large famille hétéroclite: certains évoquent le capitaine Haddock, par une barbe noire qu'il ne sait comment placer: sous la couverture ou par-dessus elle (Coke en stoke). Sans lui ressembler directement, il y a aussi celle de Karl Marx qui fut à l'origine de quelque révolution, celle itou de Landru qui apprit aux journalistes, puis au monde entier, que l’être humain n’est pas né tout à fait bon.

Certaines barbes évoquent le porc-épic, le lichen couleur émeraude qui s'accroche au tronc des plus vieux chênes. Les plus élégantes, les mieux peignées reproduisent le profil du roi Léopold II, de Belgique, qui acheta le Congo tout entier, l’exploita éhontément puis le céda généreusement à son pays.

Il y a aussi la barbe rousse de Frédéric Ier de Hohenstaufen, celle de deux pirates turcs qui ont fondé Alger au XVIe siècle, celle du Barbe-Bleue des contes de Perrault, du Barbe-Noire de Raoul Walsh (image), celle aussi d’une bête à cornes malodorante que vénèrent les membres d’un célèbre parti d’Europe centrale.

Celle enfin, ma préférée, du gypaète. On dirait un postiche de poils qui risque de se décoller au moindre coup de vent, mais elle tient bon.

 

Commentaires

Merci Gilbert, pour ce petit récapitulatif,en ces temps où le poil est banni!
Je n'aurais pas pensé au gypaète!
Un barbu solidaire.

Écrit par : Gilles | 15/02/2009

En n'oublions pas la barbe á papa, source inépuisable du bonheur des enfants.

Écrit par : Calu Schwab | 15/02/2009

le poloil masculin est divin ou philosophique d'on sde le dise.pas un dieu grec'sauf apollon)ou un phisosophe ne serait montré sans son attribut viril qui montrait auzssi sa cacacité(croyazit on)génésique.en plus les dieux védiques et les philosophes comme confucius s'honpraient de la barbe.PAR CONTRE LE POIL FEMININ5POURTANT DE MËME MANURE°EST MAL mal vue.de l'antiquité jusqu'au XXE siecle ou on tondait les femmes fautives(aux chix espagnoles republicaines,francaises ayant eu des enfants avec desc allemands,et même on proposa de raser les barbus pendant le port du voile'pas laiquze)en france,acec des répercussions jusqu'a canadada,c'est dire.le poil indique l'état physiologogique certesz,maiqs rien n'explique le chauve(qui peut)en depit que le poil peut amener le salut par sa régénération(recherche en cours)le poil n'est donc pas judéo chrétien,ni islamique,ni indo européen,et meme les mandarins se voulaient avec un filet de barbe,vu que les castrats(choisis et opérées par milliers)avait des pouvpoir mais pas celui de se rreproduire.par ailleur l'europe qui interdisit la musiquev religieuse aux femmes se mit a faure des xastrat(lire la biograpgie de la castafiore bien connue des tintinophiles)reste que le poil reste un mystere symbolique et scientifique et que certains peiplezs sont eu pileux. Donc le poil n'est pas judéo chrétie"n mais bien plus a&ncien!quand à sa& symbolique il résume toute l'histoire des invasions et de l'empire iraniens qui préférait les poétes aux guerriers(ce qui change)il faut étudier le poil masculin car on humiliiait le chevalier medioéval en le rasant et Louis XIV(a cause de la fronde et des finances)fit des cosmétiques un grand usage pour eloigner les femmmes de la politique et remplir ses caisses toujours vides(a cause de ses guerre) à noter que le lévitique distoque le "chauve" du mazmade incurable!le poil reste un mustére sur lequel on brode beaucoup pour le profit des cosmétiques qui en ces temps de crise font encore des profits..quand à la vente des cheveux indiens pour les postiches europeennes,c'est un pillage et un détournement qui masque une réalité plus complexe....quand àn savoir qui du cheveux ou de la barbe l emportera?en tous cas le dernier poster(I)des "die"ux du stade" montre des sportifs imberbes!féminismes ou retour auxd temps ou l'on s"epililait à olympie avant les jeux du stade...actuellement la& victoire reste "à un poil pres" en mini seconde..le polil serait il un frein "divin" pour que les dieux du stade se souviennent qu'ils ne sont que des hommes(et des femmes)en dépit de tous les efforts de la science?un aviqs theologique compléterait le décorsqUAND 0 L ICONOGRAPHIE?EN EUROPE?LE POIL5OU SON ABSENCEP°SURABONDE

Écrit par : gpradet | 19/02/2009

La barbe il y a de nombreuses choses à écrire sur ce qui reste un attribut sexuel disctinctif. Sexuel par ce qu'à quelques exceptions près, sans doute hormonales, elles distinguent les hommes des femmes.. La barbe est un attribut naturel pour un homme sinon il ne serait pas contraint de se raser chaque jour. D'ailleurs il est assez curieux de voir que même si le cheveu tombe, la barbe même si elle devient grise puis blanche pousse toujours. Après il y a les analyses religieuses, on parle certes des musulmans mais ils ne faudrait pas oublié les israélites, les sikhs et aussi les catholiques pour qui Dieu ne pourrait être représenté par une homme imberbe. La barbe, un vrai sujet sociologique et ce qui m'étonne c'est la facilité avec laquelle nous êtres humains trouvons laids ce qui est naturel....
Les femmes n'aiment pas les barbus dit-on ??? Je n'en suis pas si sûr que cela soit si vrai. En fait femme et homme sont victimes du dictat de nos sociétés contre le poil.

Écrit par : Shan | 26/02/2009

Les commentaires sont fermés.