25/03/2009

Tabac à sniffer, tabac à priser

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«J’ai du bon tabac dans ma tabatière, j’ai du bon tabac, tu n’en auras pas… » Cette chanson populaire du XVIIIe siècle – elle est de l’Abbé de L’Attaignant, n’est plus en odeur de sainteté, quand bien même elle ne contreviendrait pas aux mesures d’hygiène imposées dans de plus en plus d’établissements publics.

Il sera bientôt interdit de fumer au bistrot, et le fumeur que je suis crois que c’est une excellente nouvelle. Mais aucune loi n’est encore envisagée pour empêcher les gens de priser, comme au temps des tabatières. Cette vieillotte pratique – qui reviendrait à la mode chez les écoliers scandinaves, sous les noms de sniff, ou snuf… - était alors encouragée par les médecins.  Renifler du tabac sous forme de poudre chassait instantanément les migraines. L’«herbe à Nicot» avait le mérite de faire éternuer leurs patients, les libérant de toutes formes de maladies. De là aussi l’origine des formules de politesse qui leur était adressées, et qui survivent en nos périodes de grippe ou de rhume des foins: «A vos souhaits!», «Santé»!

Dans un premier temps, vos aïeux prisaient du tabac pour se soigner. Peu à peu, la pratique se transforma en convivialité chic de salon: éternuer, à deux ou à trois, ça dégageait les narines et l’esprit, pour instaurait aussitôt un climat de familiarité. On l’appela l’exercice sternutatoire. En vogue surtout sous Louis XV et la Pompadour, il devait conquérir toutes les cours d’Europe, et faire la fortune de milliers d’orfèvres, ébénistes et ivoiriers - la tabatière, souvent ouvragée, devenant un signe extérieur de richesse, sinon de noblesse.

Il contribua aussi à la prospérité de l’artisanat dentellier: après l’avoir si aristocratiquement éclaboussé leur museau de glaires, il fallait bien que, sous les lustres et les moulures à la feuille d’or, ces Bling-blingueurs d’antan les essuyassent avec le linon le plus distingué.

Je suis sûr qu’aujourd’hui, le cérémonial doit être très différent dans les préaux scolaires de Stockholm et Copenhague.

 

 

Commentaires

Papa fumait un cigare par dimanche et nous, les enfants nous aimions cette senteur de cigare de qualité, ça embaumait et ça restait collé à nos habits. Mais papa ne prisait ni ne chiquait. D'autres paysans (et paysannes) du Jura et des régions françaises voisines chiquait et sniffaient. C'était sale. Il fallait leur trouver des vieilles boîtes de conserve pour cracher le résidu de "spit tobacco" dedans!!! Et leurs dents devenaient toutes brunâtres!!!

Mais en Afsud, les hommes et les femmes pauvres sniffent et chiquent pour tromper leur faim. Le problème c'est que c'est du mauvais tabac de cigarettes et pas du tout de cigares! Assis par terre ils mâchaient cela des heures de temps en "pensant". Nos jeunes, eux/elles, sniffaient de la colle (alcoolisée) (snuff). Le chewinggum devrait être moins nocif.

Écrit par : cmj | 25/03/2009

SALUT CA VA
MON MA BELLE MOI JE T3AIME BEQ POUR MA VIE ILAY DE VOTRE MON FERER PARDON ALLER DE E3COLE OK DESOL OK BAY MON BISOU 10

Écrit par : fouad | 09/04/2009

Au temps où les femmes ne fumaient pas, sauf de très rares exceptions, elles prisaient parfois : je me souviens très bien de la tabatière de ma grand-mère , avec son petit anneau sur le dessus !
bien, ou mal ? les mouchoirs étaient plus grands qu'aujourd'hui !

mais, autres temps, autres moeurs : éternuer était du dernier chic ! puis on a inventé à vos souhaits! actuellement, ce n'est que ds l'intimité qu'on le souhaite .Gageons que ce serait mal vu ds les Salons...de l'Elysée ou d'ailleurs ...
Je me suis laissé dire que certaines chansons,"enfantines" à présent, comme :
une souris verte, il pleut bergère, j'ai du bon tabac etc.. auraient été des chansons coquines ? qu'en savez-vous ? il serait amusant d'en avoir une liste pour mesurer le chemin parcouru !!!
Une loi pour interdire le tabac ? ce fût certes une bonne loi de plus ! d'aucun diront aussi qu'une loi est faite pour être transgressée ; je n'irai pas jusque là !
MAIS, Dieu, que la vie devient triste !!!!!! plus aucun risque ?
Que trouverons nous pour remplacer tout ça ? le suicide ? hélas, c'est déjà fait!!!!!!!! Le mieux est parfois l'ennemi du bien ...

Écrit par : Zizany | 16/07/2009

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