29/06/2009

Audrey Hepburn aurait eu 80 ans

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1969. Le 18 janvier de cette année-là, elle n’a que 40ans. Rue Saint-Louis, à Morges, une foule s’aligne avec une discipline exemplaire à la porte en ogive du bâtiment de l’état civil. En jaillit enfin l’efflorescente Audrey Hepburn, qui vient de se remarier. Oui, c’est bien la princesse nigaude de Vacances romaines, la Natacha de Guerre et paix, la Holly qui miaule si joliment les accords de Moon River dans Diamants sur canapé. Elle est au bras d’un psychiatre italien, le Dr Dotti, qui sera le père de son deuxième fils, Luca, né à la maternité de Lausanne. Le premier, Sean, gardera le patronyme d’un conjoint précédent, l’acteur Mel Ferrer, auprès duquel elle avait vécu à Lucerne. C’est pour panser la douleur de leur divorce qu’elle vient de racheter, à Tolochenaz, une maison de maître du XVIIIe siècle, La Paisible, et qu’elle y installe sa famille recomposée. Elle ne quittera plus cette demeure, sauf pour quelques tournages en Amérique.

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Durant près de trente ans, Audrey Hepburn taille elle-même ses rosiers, promène ses chiens dans le village en répondant au salut des Tolochinois, qui ont la sagesse de ne pas être envahissants. Ils la croisent poliment à la pharmacie, voire au supermarché. A l’exemple de toutes les mamans vaudoises, elle vient chaque jour recueillir son cadet à l’école de Lully. Elle l’accompagne même une fois, avec d’autres familles, jusqu’au Creux-du-Van. L’éducation et le bonheur de ses enfants sont devenus des priorités. Elle leur transmet sa passion adolescente pour les arbres, les chats, les chevreuils et les lapins; des êtres furtifs et, comme elle, vulnérables.

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Née à Bruxelles en 1929, elle avait découvert ce goût pour la nature en Hollande, la patrie de sa mère, une descendante d’aristocrates, mais elle y connut aussi la maladie et la pénurie alimentaire imposée par l’occupant nazi. A la Libération, ce fut grâce aux ravitaillements de l’UNRRA, un ancêtre de l’Unicef, qu’elle put retrouver des forces, se rendre à Londres pour y devenir d’abord ballerine, puis comédienne, avec les triomphes internationaux qui s’ensuivirent.

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«Un animal vulnérable», c’est ainsi que les cinéastes américains définissaient la plus atypique des actrices-étoiles des années 1950, la plupart des autres s’affirmant alors par des formes plus charnues… «Audrey, elle, charmait la caméra sans s’en rendre compte.» «Audrey ne se regardait jamais dans les miroirs.» «Elle ne jouait pas la star, mais tout le monde était amoureux d’elle.»

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Une biche effrayée? Non, une biche apprivoisable et affable, pourvu qu’on l’apprécie de loin, dans sa liberté un rien sauvage. Un tact que les habitants de Tolochenaz surent observer jusqu’au décès de leur discrète voisine, le 20 janvier 1993. En larmes, ils allumèrent une cinquantaine de bougies à la porte de La Paisible. Les obsèques eurent lieu dans l’église, puis au cimetière du village: couronnes de fleurs à profusion, caméras de médias accourus de tous les continents, de nombreuses personnalités prestigieuses, dont Roger Moore, Hubert de Givenchy, Alain Delon, l’Aga Khan, l’ex-mari de la défunte, Mel Ferrer.

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Mais aussi des représentants de l’Unicef, venus rendre hommage à une de leurs plus actives ambassadrices: durant l’ultime décennie de son existence, Audrey Hepburn défia son cancer en s’impliquant dans des missions en Somalie, en attirant l’attention du monde sur des enfants souffrant de la faim. D’émouvantes images la montrent au milieu de ses protégés, presque aussi amaigrie qu’eux, les consolant, leur souriant avec ses yeux en papillons.

La dénutrition était une tragédie qu’elle avait elle-même éprouvée quand elle était ado, aux Pays-Bas, sous les bannières à croix gammée.

09:12 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

Une des meilleures actrices qu'on ait jamais eue ! Sa classe et sa discrétion forçaient le respect et c'est pour cela peut-être qu'on n'osait pas lui dire que nous l'aimions et que nous aimions ce qu'elle faisait!!
par la suite , elle s'est impliquée tellement dans l'humanitaire , sans chercher le devant de la scène !
Chapeau ! Madame ! Vous nous manquez ! C'est toujours un rare plaisir de revoir vos films ... qu'attend la TV pour nous les retransmettre ???

Écrit par : Zizany | 29/06/2009

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