24/09/2009

Redécouvrir le Renoir "tardif"

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Cet automne, une des plus importantes expositions rétrospectives de Paris est consacrée aux trente dernières années d’Auguste Renoir: une centaine de tableaux occupent, jusqu’au 4 janvier 2010*, quinze salles des galeries nationales du Grand Palais. Un Renoir méconnu, car longtemps mal-aimé.

En 1880, trois ans après avoir réalisé son chef-d’œuvre, le Bal du Moulin de la Galette, toile géante achetée par le mécène Gustave Caillebotte, Renoir vit dans la dèche. Les critiques l’éreintent, ses clients se font rares. Il souffre physiquement: ses doigts sont engourdis par la polyarthrite. Et moralement, au souvenir de la guerre: ses fils ont été blessés au front.

Il décide de ne plus travailler avec ses amis impressionnistes et de retourner au Salon officiel pour ne peindre plus que des portraits aux contours soulignés, à couleurs contrastées. Ce style, qui rompt avec sa veine fragmentée et vibrante, plaît à ses contemporains. Il reçoit de nombreuses commandes de portraits officiels. Il entre dès 1887 dans sa période «ingresque» ou aigre, (Les Grandes baigneuses) qui déplaît à l’avant-garde, mais aussi aux chantres de l’académisme.

Alors il optera pour une palette moins typée, mélangeant les méthodes, et réintroduira une belle fluidité dans ses toiles: cohortes de jeunes filles absorbées par la lecture, la broderie, faisant leur toilette ou jouant au piano. Des nus féminins, qui posaient pour lui allongées comme chez Titien. Quelques paysages méditerranéens, réalisés à Cagnes-sur-Mer.

En 1892, l’Etat français achète ses Jeunes filles au piano (exposés notamment au Grand Palais). C’est une consécration.

A 72 ans, c’est-à-dire en 1913, six années avant sa mort, Auguste Renoir dira: «Je commence à savoir peindre…»

 

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13:14 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0)

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