29/01/2010

Quand Sarko malmène le français

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Il y a six jours, devant un panel bien triés de «concitoyens représentatifs», le président de la République française s’est encore distingué par ses solécismes, ces impropriétés langagières qui estropient la langue de Molière. Celle surtout, plus académique, de Madame de Lafayette – dont Nicolas Sarkozy s’était, pour son propre malheur, permis naguère de dauber le chef-d’œuvre romanesque La Princesse de Clèves. (Un classique devenu depuis, et grâce à lui, un best-seller…)

Dans un articulet intitulé «Un cent fautes», Le Canard enchaîné a relevé les pataquès du chef de l’Etat, quand il est condamné à parler en public sans prompteur et sans lire les notes, plutôt correctement rédigées, de son nègre-mentor Henri Guaino:

Si on dit plus qu’est-ce qui va et qu’est-ce qui va pas…

Ce sont nos principals concurrents, nos principals partenaires…

L’apprentissage, elle a plein de vertus…

Nous sommes la dernière génération qui peuvent sauver le monde…

En mars de l’an passé, devant des ouvriers du Doubs et des syndicalistes qui avaient osé critiquer le bouclier fiscal qu’il accordait aux entrepreneurs, Sarkozy s’était déjà laissé emporter, et sa langue fourcha plusieurs fois. Son télescopage syntaxique fut alors relevé par Le Parisien:

Si y en a que ça les démange d'augmenter les impôts…

On se demande c'est à quoi ça leur a servi?

On commence par les infirmières parce qu'ils sont les plus nombreux…

Selon des observateurs linguistes moins cruels, cet héritier de De Gaulle, Mitterrand et Giscard qui s’exprimaient si élégamment, s’évertue, lui, à parler comme l’homme de la rue, alors qu’il est avocat de haut vol, un tribun de premier plan. «Un virtuose du langage».

Il voudrait causer «peuple», mais il ne sait pas très bien ce que c’est, le peuple. Aussi adopte-il le jargon des publicitaires, «qui est fait pour frapper.»

 

 

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