06/03/2010

«Voix de garage», un spectacle musical au Flon

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On m’annonce pour la semaine prochaine, sur des tréteaux au dernier goût du quartier du Flon à Lausanne, un spectacle musical qui rassemblera des débutants, des amateurs et des professionnels. Le musicien en chef est le compositeur et pianiste Lee Maddedorf, né en Alaska, débarqué à Lausanne en 1981, et dont le talent est apprécié à New York, en Irlande à Paris, qui l’a nominé, il y a cinq ans aux Molières dans la catégorie meilleur créateur de musique de scène.

Tant d’instrumentistes sur une même scène, lotie en un ancien garage rebaptisé One Year Only* (mais pourquoi nos nouveaux créateurs détestent-ils tellement la langue française ?...) n’auraient pu jouer ensemble sans un metteur en scène qui fût pareillement sensible aux mouvements des corps et à la progression des sons. Le choix porté sur Roland Vouilloz (photo) a été très judicieux. Car voilà un homme de théâtre intuitif, polymorphe et passionné qui sait relever les défis avec tact et intelligence. A la ville, pour l’avoir quelquefois rencontré, je lui ai trouvé des allures de gentleman timide et discret – qualités rares chez les gens de sa profession.

Le spectacle que fomentent Maddedorf et Vouilloz depuis décembre s’intitule «Voix de garage». Il ne sera pas exactement un spectacle, au sens où la Vieille Europe le prend depuis quelques siècles, mais un workshop. Une bizarrerie étasunoïde qui conquiert de plus en plus les intellectuels européens (y compris les anti-américains primaires) et qui pourrait se traduire simplement par le mot ancien atelier, ou par un plus jeune, et plus chantant à l’ouïe: performance.

Adaptés aux désirs et aux compétences des instrumentistes, trois auteurs ont écrit des textes qui nourriront les musiques et les rythmes de substance poétique : Adrien Rachieru, Jean-Daniel Forestier et Baptiste Feltin. Connaissant la prose élégante et le lyrisme sauvageon de ce dernier, nous espérons que le workshop en sera dûment pimenté.


Rue de Genève 60, 1004 Lausanne.

www.oneyearonly.ch

 

15:05 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (2)

Commentaires

Dans le flon, c'est pas si mal !

Écrit par : Sabourjian | 06/03/2010

Oui, c'est la paresse ou la facilité qui nous poussent, parfois sans s'en rendre compte, à dire LA chose en anglais plutôt qu'en français et c'est bien dommage.Il y aurait eu mille manières de baptiser ce "vieux garage"....
C'est pire pour "workshop" alors qu'atelier est approprié à ce qui s'y fait: on y travaille ensemble! Chanter ensemble, créer ensemble, et puis, faire un tout de ce qu'on mis en commun. Mais je suis souvent tentée par cette facilité, mettre le mot anglais dans un texte français, c'est plus vite fait. Sans me fatiguer à réfléchir, sans compter que, parfois, certaines expressions sont difficiles à traduire... on dirait que la traduction ôte un peu de saveur à l'original.
Merci de ce beau regard de Roland Vouilloz.

Écrit par : cmj | 07/03/2010

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