01/04/2010

La salamandre, bohémienne des alchimistes

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Elle est une des créatures les plus timides de notre patrimoine zoologique, ne quittant ses antres moussus que la nuit. Sinon aux premières aurores du printemps, ou quand le soleil de l’après-midi s’attiédit: la lumière de midi l’effarouche. A fin mars, la salamandre tachetée du vallon de Nant sur Bex, ou du vallon du Flon, (où elle s’abrite dans des canalisations) – est de sortie. Pour aller déposer ses embryons dans quelque grosse flaque de pluie; ou dans une fontaine peu profonde. Elle aurait préféré un ruisseau forestier, là où le courant est trop faible pour attirer des poissons prédateurs de larves, mais à son échelle (elle mesure entre 17 et 31 cm), l’environnement naturel s’est tellement transformé qu’elle ne peut plus y accéder. Sa démarche pataude est découragée par des mèches de drainage, des muretins de béton, et des océans de bitume autoroutier où la pauvre parturiente se fait écraser à mi-parcours. Elle y perd la vie, et sa dignité maternelle.

 

On l’appelle aussi salamandre de feu: des bandes jaune soufre ou orangées gansent sa cambrure de satin noir. Leur motif répété évoque les ornements jugendstil des peintures dorées de Klimt. Elle sécrète une neurotoxine qui irrite les doigts de qui la recueillerait sans ménagement. Elle brûle, voilà pourquoi depuis Pline l’Ancien et Paracelse elle passe pour un symbole du feu, élément essentiel à la transmutation du plomb en or. Elle danserait dans les flammes comme une gitane, sans souffrances. Cette symbolique plut au roi François Ier qui en tira un emblème personnel, sculpté sur les frontons de Chambord avec la devise «Nutrisco et extingo» - je nourris le bon feu et éteins les mauvaises passions. (Image d’en haut)

Cinq siècles plus tard, en 1983, un Aubonniard de onze ans caressa tendrement une petite salamandre dont les tachetures d’or ne blessèrent pas ses phalangettes. Julien Perrot, lui, n’en fit point un blason, mais la mascotte et le titre d’un beau magazine pour enfants amoureux comme lui de la nature*. On y découvre le feu sacré de la science.

 

www.petitesalamandre.net

 

 

Commentaires

C’est toujours avec grand plaisir de découvrir quelques anecdotes historiques et retrouver des souvenirs d’enfance (mais avec une petite réticence personnelle à l’égard de cet amphibien).
Merci de la découverte: petitesalamandre.net, je ne connaissais pas. Comme le dit la publicité : « ce n’est pas que pour les enfants », en tous cas je leur emprunte sans vergogne.

Écrit par : elfine | 01/04/2010

C'est merveilleux de retrouver la Nature, la Salamandre, un peu d'esprit frais et pur avec ce qui est petit et infiniment grand dans la nature, et, Elfine, vous verrez, il y a aussi http://www.salamandre.net/, une richesse incroyable de vie!

Écrit par : cmj | 01/04/2010

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