06/05/2010

Milton, le chat de Haydé, ressuscite

MILETON.jpgIl court, il court, le Milton. Il passe par ici, repassera par là, mais il n’est pas le furet de la chanson des préaux. C’est un chat, un chat vaudois qui fut bien réel, puis star de papier dans de petits albums «à l’italienne» (en largeur) appréciés dans le monde entier. Trois ans après sa mort, son avatar nous revient cette fois en héros d’une BD classique à cases.

Ses traits à l’encre noire sont d’une fidélité saisissante, la dessinatrice Haydé n’a pas dû les forcer: son chat avait effectivement cette drôle de tête conique sous un chanfrein blanc, presque chevalin. Hormis un plastron et des gants eux aussi blancs, son corps était noir de poil et ondoyant. Elle l’avait recueilli chaton; il errait misérablement sous les lierres du Mont-Tendre, à Lausanne. Avec une affection qu’elle aurait refusée à ces créatures cotonneuses à pedigree qui décorent des boîtes de chocolats - qu’on dit persanes comme elle - elle éleva ce jeune voyou du quartier sous-gare en lui inculquant les plus exigeantes aptitudes culinaires et une prestance aristocratique. En dessinant ses vicissitudes ordinaires, parfois foutraques, elle fit de lui l’idole de raminagrophiles d’ici et d’ailleurs. Même les webmasters du site de la Maison-Blanche tombèrent sous son charme: son museau interminable y figura sous Clinton.

 

 

 

Un an avant sa mort de matou vénérable blanchi sous le harnais, sa maîtresse l’avait maladroitement emmené en vacances dans un coin édénique du Midi, où il batifola avec des libellules et s’abreuva à une source au goût souverain. Le retour à Lausanne lui fut insupportable; l’eau des robinets de sa douillette maison lui fut si fade qu’il prit la clé des champs. Affolée, Haydé en alerta la rédaction de 24 heures.  S’ensuivit une battue échevelée à travers les jardins et cimetières de la ville. Le happy end se produisit à la Vallée de la Jeunesse. Sa peur résorbée, notre conteuse se promit de narrer un jour la fugue de son Milton en imaginant tout ce qui lui advint durant trois longues nuits. Dont acte.

 

La Fugue de Milton, Ed. La Joie de lire, 36 p.

 

 

Commentaires

Bonjour!!!
Gilbert, Gilbert!!!
Ce n'ai pas la couverture de Milton ça... je n'ai jamais fait cette image là,
je ne sais même pas d'ou ça sort... n'avez vous pas reçu le livre chez vous...
svp changé cette image, elle est horrible celle là!!! Merci!
Par contre bravo pour ton joli texte sur Milton cher Gilbert!
A bientôt Haydé et Milton

Écrit par : Haydé | 07/05/2010

C'est vrai, on dirait la Panthère Rose qui aurait avalé un Sabot de Vénus.

Écrit par : Rabbit | 07/05/2010

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