12/06/2010

Aimé Roch, inspecteur général des milices

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On s’attendait à un matamore ventru et un uniforme du XIXe siècle chevronné de passementeries. Or c’est un grand athlète chenu à belle gueule hollywoodienne qui est arrivé au rendez-vous, en costard-cravate sobre et du meilleur aloi: Aimé Roch, qui vient d’avoir 68 ans, a certes un accent vaudois - qui trahit de belles appartenances rolloises. Et son attachement aux traditions militaires anciennes de son canton a quelque chose de suranné, de folklorique. Mais l’inspecteur général des Milices vaudoises a la jeunesse intellectuelle de ne pas en disconvenir. A l’heure où l’on s’apprête à célébrer le 25e anniversaire de cette garde d’honneur*, il démissionne de son mandat après douze ans de service volontaire, et nous en parle sans componction.

A l’instar des Vieux-Grenadiers de Genève, du Cadre noir et blanc de Fribourg, des Dragons bernois, voire des Horse-guards de Sa Gracieuse Majesté, à Londres, cette petite armée supplétive n’a été instituée que pour la parade. Pour la perpétuation d’un savoir militaire vaudois et pour l’éclat de la cavalerie en uniforme. Autant de solennités dont les foules raffolent à chaque fois comme d’un remake historique. De loin en loin, ses artilleurs font tirer leur batterie. «Sur personne évidemment… ça ne tire que pour faire du bruit et de la fumée.» L’œil bleu prussien d’Aimé Roch s’allume alors de matoiserie.

Les Milices vaudoises ont toutefois une mission officielle: escorter le Conseil d’Etat vaudois dans les cérémonies solennelles. Pérennisant un esprit de discipline qui, dans le Pays de Vaud, a servi divers suzerains depuis le Moyen Age, elles ont été créées en 1985, trois ans après l’abolition par Berne de la cavalerie fédérale - afin de satisfaire de nombreux nostalgiques de l’art équestre aux armées. «On est la seule troupe d’honneur en Suisse regroupant trois corps, structurés comme dans un régime militaire: un corps de chasseurs à cheval, un contingent de mousquetaires à pied, et une batterie d’artillerie.» En tout 180 miliciens qui répondront présent ce samedi à Yverdon à la prise d’armes annuelle. Il y aura des cortèges, des carrousels équestres, des quadrilles et des discours. Au colonel Aimé Roch succédera officiellement un nouvel inspecteur des milices: on nous annonce que lieutenant-colonel Cédric Barde, de Sugnens, a lui aussi des qualités humaines et de l’humour. Et c’est tant mieux: dans le patriotisme comme ailleurs, trop de sérieux tue le sérieux.

 

Ce n’est qu’à 49 ans qu’Aimé Roch est enrôlé dans les milices, cédant à l’instance d’amis qui en sont. Il ne souhaite y être que soldat: devenu trop rapidement à son goût colonel dans l’armée fédérale - où il a rempli 1600 jours de service - l’expérience d’un grade inférieur l’intéresse. D’abord on le met dans le génie, donc aux infrastructures et aux transports, cela en raison de sa formation et son parcours confirmé d’architecte ETS. Puis, à son corps défendant cette fois, il doit remplacer un supérieur limogé, devenir adjoint de l’inspecteur général, et enfin inspecteur lui-même.

Nul doute que sa haute prestance et son autorité naturelle ont été déterminantes dans cette nouvelle ascension. Il n’a pas assez de fausse modestie pour s’en plaindre, mais cette réputation de chef l’a un peu desservi quand, à quarante ans, il est élu syndic de Perroy: «Certains de mes administrés redoutaient l’arrivée d’un colonel, mais ils reconnurent que je n’étais pas un dictateur, et un assez bon gestionnaire.»

 

Architecte, bourgmestre de talent, Aimé Roch a aussi un cœur de cavalier, à l’exemple des pères fondateurs des Milices vaudoises. Le bouquet piquant du crottin, le chœur des hennissements dans les écuries sont sa petite madeleine à lui: «Dans les années vingt, mon père agriculteur avait été trompette dans une fanfare montée de l’armée suisse. Et on a toujours eu des chevaux à la ferme. Des paysans y venaient ferrer les leurs. Pourtant, ce n’est qu’à vingt-cinq ans que je me suis initié à l’équitation. Depuis j’en fais tous les jours. C’est mon sport préféré, mon seul sport.»

Sa respiration de vigoureux retraité.

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BIO

 

 

1942

 

Naît sur la Côte vaudoise. Dans la ferme viticole de son père, il y a toujours des chevaux.

 

1961

 

Après des écoles primaire et secondaire à Rolle, et celle d’ingénieurs à Genève, obtient un diplôme d’architecte ETS. Durant 8 ans, il est chef de projets à la Direction des constructions fédérales.

 

1970

Epouse Christine Aubert. Leur fille Géraldine voit le jour  en 1972, François, en 1979. Leur petite-fille Silla il y a quatre ans.

 

 

1973

 

A l’Union de banque suisse, dirige le service immobilier romand, puis les unités logistiques de Genève et Lausanne. Enfin, et jusqu’à sa retraite en 2004, un Département des opérations pour la Romandie.

 

 

1982

 

Municipal depuis 4 ans à Perroy, en devient le syndic jusqu’en 1994.

 

1991

 

Entre aux Milices Vaudoises. En sera l’inspecteur général sept ans plus tard.

 

11:16 Publié dans Portraits | Lien permanent | Commentaires (5)

Commentaires

Cette note m'apprend de nouveau des choses de mon pays que je connais si peu. Merci. La photo d'abord, vus de derrière ces chevaux font envie de voir leur visages encore plus beaux! Quelle belles fesses musclées, brossées, et quelles élégantes queues shampouinées, lissées, noires ébènes, comme la jolie chevelure de la speakerine du TJ qui d'un petit coup de tête la jette en arrière pour dégager son œil. Mais est-ce que le cheval se glorifie de sa beauté? Il est intelligent apprécie son cavalier qui, lui, fait des bouquets piquants du crottin et crée un chœur hennissant à capella, trompettes à l'appui, pour l'armée suisse, comme les vuvuzelas moins rythmés, moins mélodieux "qui lancent au monde un message à décrypter d'urgence. C'est quoi?
Vraiment je ne savais pas qu'un dimanche matin, je prendrais plaisir à réfléchir sur le sens du cheval et de son cavalier dans le beau canton de Vaud. En regardant par derrière ce qui est devant!

Écrit par : cmj | 13/06/2010

La photo serait-elle une "oeuvre" du Doisneau des croupes chevalines, "Maître" Pierre Keller?

Écrit par : Baptiste Kaff | 14/06/2010

Milice vaudoise: Vichy-fraise ?

Écrit par : Rabbit | 14/06/2010

Tq mère la pt lidanenes=((e))
er ton Père coucouroucoucou?!
merci gilBBBBBBBBAAAARRRRRR

Écrit par : le boudin | 17/06/2010

Tiens, voilà du boudin, voilà du boudin, voilà du boudin
Pour les Alsaciens, les Suisses et les Lorrains,
Pour les Belges, y en a plus,
Pour les Belges y en a plus,
Ce sont des tireurs au cul.
Pour les Belges, y en a plus,
Pour les Belges y en a plus,
Ce sont des tireurs au cul.

Écrit par : Rabbit | 17/06/2010

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