06/07/2010

Un poème d'Anna de Noailles

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Pour saluer la torpeur estivale et trouver du charme à la canicule, voici un poème retrouvé de la comtesse Anna de Noailles (1876-1933), née à Paris d’un prince d’origine roumaine, amie de Proust, Cocteau et Colette, et qui avait passé sa jeunesse sur les rives du Léman. Il s’intitule «Chaleur».

 

Tout luit, tout bleuit, tout bruit,

Le jour est brûlant comme un fruit

Que le soleil fendille et cuit.

Chaque petite feuille est chaude

Et miroite dans l'air où rôde

Comme un parfum de reine-claude.

Du soleil comme de l'eau pleut

Sur tout le pays jaune et bleu

Qui grésille et oscille un peu.

Un infini plaisir de vivre

S'élance de la forêt ivre,

Des blés roses comme du cuivre.

 

                                                   

                                                            

                                                      Anna de Noailles

 

 

 

 

13:30 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (2)

Commentaires

Superbe, merci de nous faire découvrir une saveur d'antan!

Écrit par : NIN.À.MAH | 06/07/2010

Et voici quelques vers de la noble comtesse (qui a longtemps vécu à Evian, ou plus exactement à Amphion) apportant la fraîcheur, consacrés à Annecy:
Annecy, délicate, aimable, humble Venise,
Maisons et quais bâtis sur des canaux étroits,
Ville où Jean-Jacque a vu pour la première fois
Madame de Warens qui sortait de l’église...

Voici, baigné des eaux d’un vert canal qui dort,
Le jardin où vivait, jeune veuve isolée,
Sous un arbre fleuri comme un grand azalée,
La maternelle amante aux baisers sans remords.

Le vent de l’aube fraîche est bleu comme la sauge.
On voit déjà passer un marchand matinal ;
Un gai moulin sur l’eau joyeuse du canal
Fait, en tournant sa roue, un bruit clair qui patauge.

Écrit par : R.M | 08/07/2010

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