23/08/2010

Humeurs de rentrée et retour des acariens

AKARIENS.jpg

Qu’un regain tardif de température estivale ne nous abuse pas: les jours ont pris des saveurs de rentrée, c’est-à-dire de mine de crayon scolaire et de gomme gélatineuse à la phtaléine. Bientôt, les villes vaudoises sentiront les marrons chauds et la ménagerie du Cirque Knie. La perforeuse tonitruante d’un voisin de palier vous signale qu’il est revenu de ses parties de ping-pong à Palavas-les-Flots. Son épouse, que vous avez croisée dans l’ascenseur, a tellement rétréci et bronzé sur les plages qu’elle s’apparente (de profil) à l’hippocampe de son aquarium. Quant à la marchande de journaux, elle a conservé son teint d’endive: ses vacances aux Diablerets ont été plus gorgées de stratocumulus que de soleil et elle se plaint de n’avoir été piquée par aucune bête: «Et vous appelez ça un été!» Un été sans frelons et sans taons serait comme un bon fromage sans vin. Une partie de chasse sans léopard ni faisan.

Que la dame du kiosque se console: d’autres insectes sont d’ores et déjà fidèles au rendez-vous de la fin août, et en ville, chez elle… Ceux-là ne volent pas, ne bourdonnent pas, ne piquent pas, ne vous mangent pas. Pire: ils vous démangent, tout en vous débarrassant de vos peaux mortes. Je parle des acariens. Invisibles à l’œil nu, c’est surtout à l’orée de septembre (donc maintenant!) que ces monstres microscopiques prolifèrent dans nos couettes et moquettes, et jusque dans la peluche du grand lapin «Doudou» de bébé. Un seul gramme de poussière domestique en contiendrait jusqu’à 1500…

 

A quoi ressemblent ces acariens, dont la taille varie entre 350 et 650 micromètres? Des opticiens de génie sont parvenus à grossir leur apparence un million de fois. Elle n’est pas exagérément avenante: une patte griffue et velue, comme on en dessinait à Satan dans l’iconographie médiévale. On a beau chercher, la bestiole n’a point d’yeux. Même pas un soupçon de regard. Résumons: l’acarien est un minus luciférien mais aveugle. Il se repaît de vous aveuglément, donc goulûment.

Et sa prédilection va aux kiosquières.

 

 

Commentaires

Comment vont Dieulefit, Cyberprince, Xenius et Tante Gladys ?

Écrit par : Rabbit | 23/08/2010

Ces fantômes ont bien vieilli, mais vous transmettent le bonjour, cher Rabbit.

Écrit par : Gilbert | 23/08/2010

Plus scientifiquement, la bactérie A. borkumensis joue le même rôle sur une nappe de pétrole qu'un acarien sur l'homo sapiens. Voir l'article du Scientific American: http://www.scientificamerican.com/slideshow.cfm?id=gulf-oil-eating-microbes-slide-show

Écrit par : Rabbit | 23/08/2010

Voilà que notre Narcisse se met à la pédanterie scientifique. Restez dans le domaine de la stupidité lettreuse, cher rabbit. Cela vous sied si parfaitement...

Écrit par : Géo | 26/08/2010

Merci à l'éternel suiveur - au Poulidor de la blogosphère - de permettre à notre hôte de clore la séance à 5 commentaires + 1. Compte tenu de la liquidité du marché de l'édition numérique, c'est un résultat propre à consolider sa valeur à la bourse littéraire.

Écrit par : Rabbit | 27/08/2010

Les commentaires sont fermés.