13/11/2010

Les chats et la musique

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Ophélie Cosandey, ma voisine septuagénaire du dessus - dont j’apprécie l’élégance pianistique même à cinq heures du matin – voue à la gent féline une vénération à la fois viscérale et encyclopédique: elle vous décline par cœur, et par ordre alphabétique (quelquefois même en latin) toutes les races possibles de chat.

 

Cela va de l’abyssin au York chocolat, en passant par le Maine coon, l’oriental Shorthair et le ténébreux Manx aux yeux tristes et à vibrisses électrifiées de l’île de Man, en mer d’Irlande.

 

La très exigeante et démocrate pianiste du 6e étage avoue préférer à tous ces noblaillons exotiques le sien de chat. Un bâtard rouquin à museau refardé au Nutella, qui préfère les sucreries aux queues de souris et répond en notre cage d’escalier au nom un peu banal de «Caramel».

Il caresserait plus affectueusement les mollets de Mlle Ophélie quand elle joue Mozart ou du Schubert. Les Gymnopédies de Satie le rendraient neurasthénique et les concertos de Rachmaninov franchement nerveux, plus griffu et feulant que jamais. «Et quand il feule, il fait peur ; on jurerait un petit tigre.»

 

Il arrive bien sûr à «Caramel» de, moins dangereusement, miauler. Ce n’est pas exactement un timbre de soprano coloratur, ni une voix chaude d’alto. «Mais son oreille, dit sa maîtresse, est si musicale qu’il devient jaloux et tout penaud quand je lui fais entendre le fameux duo de chats de Rossini, ou celui de Ravel en son Enfant et les sortilèges.»

 

Créé en 1925 sur un texte de la très raminagrophile Colette, ce grand moment de bonheur musical serait plutôt une conversation miaulée qu’un duo.

Le matou y a une voix autoritaire de basse. La minette un babil minaudant et enjôleur de soprano.

 

Commentaires

J'ai eu dans mon enfance un chat du même nom et de même aspect si ce n'est que mon Caramel à moi était complètement édenté, portait nombre de blessures de guerre ainsi qu'une grosse boule sur le flanc droit, résultat de sa témérité à traverser les routes sans jamais se soucier de regarder à droite ou à gauche.
Un jour, il est parti.
L'on m a dit qu'on l'avait aperçu en Abyssinie, faisant quelque trafic d'armes...
C'était un poète mon Caramel

Écrit par : le pape | 15/11/2010

Dans le domaine félin, ma préférence va aux Ecailles-de-tortue, enfin aux chats dont le pélage compose des dessins noirs, roux et blancs. Ces chats-là (presque toujours des femelles -y a-t-il une raison-?) possèdent très souvent de beaux yeux verts paillettés d'or.

Raminagrophile a plusieurs synonymes, comme félinophile, ailurophile ou simplement catophile.

Écrit par : Inma Abbet | 15/11/2010

J'adore le simple mot "catophile", chère Inma, merci.

Au "Pape": Tous les matous guerrilleros, roux, amochés par l'aventure et fugitifs deviennent forcément rimbaldiens,

Écrit par : gilbert | 15/11/2010

Pour ma part, j'aime tous les chats, avec ou sans pedigree, du persan au chat de gouttière, en passant par le "soriano", chat typique de Venise. Tous sont d'adorables petites créatures.

Écrit par : Kissa | 15/11/2010

lachement je détourne mon regard si j'en rencontre un qui a un air malheureux, car ma fablesse envers eux n'a pas de limite. Je me raisonne pour ne pas tous les adopter.

Écrit par : elfine | 17/11/2010

"Le Bon Dieu, il a créé le chat, pour que l'enfant puisse s'amuser avec un tigre." De plus, le duo des chats de Rossini fait frisonner de tendresse ma consœur et moi.merci.
claire-marie

Écrit par : cmj | 19/11/2010

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