22/11/2010

Charles Morgan, flegme anglais et minutie suisse

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Le Vaudois est-il vraiment un balourd? Le fait qu’il le proclame lui-même en émulsionnant davantage son accent légendaire, prouve que non. Son autodérision matoise l’allège. Elle avait déjà surpris les Anglais du XIXe siècle dans la région de Montreux où ils contribuèrent à l’essor d’un tourisme local qui avait pour épicentre Chillon et le souvenir de leur poète Byron. Au flegme d’endive du Britannique répondrait, tout aussi caricaturalement la couperose joviale du vigneron de Chardonne, or un humour laconique les rapproche. Quand, en 1964, l’adolescent londonien Charles Morgan s’est établi avec ses parents à Blonay, il s’est reconnu d’emblée en terre familière. A l’école, sa bouille de «rosbif» fit florès, son rituel sacré de l’afternoon tea amusa les camarades, et son intonation diphtonguée de la banlieue de Romford acheva de le rendre populaire. 46 plus tard, son accent s’est mâtiné d’inflexions vaudoises, comme on en entend à Vevey, à Corseaux.

Depuis, la Riviera lémanique l’estime comme un des siens et se flatte du succès de ses hilarantes sculptures mobiles goupillées à partir de scories: chaînes de vélo, déchets de ferblanterie, fragments de frigo, jouets cassés. L’une d’elles, haute de cinq mètres et pertinemment baptisée «Recyclium», trône depuis 1997 au Musée de la Découverte de Singapour. Deux ans après, Morgan assembla une horloge chromatique plus grande, mue par cinq balanciers, qui décore une paroi de 17 mètres du centre commercial Métropole 2000, à Lausanne, vers Chauderon. S’étant initié tôt aux métiers disparates de mécanicien, électricien, électronicien et joaillier, notre dandy de Romford s’est aussi, très helvétiquement, rompu à la précision tatillonne de nos horlogers. A cette passion pour l’infiniment petit, où les microscopes se prennent pour des télescopes. Ses constructions sophistiquées ressortiraient désormais à l’”art cinétique moderne». Dieu merci, Charles Morgan se considère encore comme un amuseur! Il le reprouve dans une expo, cette fois à Morges, du 24 novembre jusqu’au 21 décembre»*.

 

 

 

Hostellerie du Petit Manoir, Promenade Paderewski 8,

http://www.morgan-art.ch

 

Commentaires

"se flatte du succès de ses hilarantes sculptures mobiles goupillées à partir de scories: chaînes de vélo, déchets de ferblanterie, fragments de frigo, jouets cassés. L’une d’elles, haute de cinq mètres et pertinemment baptisée «Recyclium», trône depuis 1997 au Musée de la Découverte de Singapour."

Oui euh ahem. Mais qui a réalisé ce genre de chose dans le hall d'entrée de avenue de la Gare 33 ? Encore un autre Anglais à l'accent vaudois ? Et av. gare 33, c'est qui ?

Écrit par : Géo | 23/11/2010

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