08/07/2011

Un Américain étrille la commission Bergier

 

 

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Au printemps de 1942, le lieutenant pilote Bruno Capol écoutait avec d’autres soldats de sa troupe la radio de la Wehrmacht, dont la propagande était diffusée jusque dans les combes les plus encaissées des Grisons. Ce n’étaient que crissements de bottes sur du gravier, chants militaires menaçant l’Angleterre ou, pour lamento, l’air fameux de Lili Marlene. «Je me souviens d’une chanson de soldats allemands qui se terminait par ce refrain: et la Suisse, ce hérisson, nous la prendrons au retour! Les nazis nommaient la Suisse le hérisson, car notre frontière était partout protégée par du barbelé». Et l’officier Capol – alors un des plus jeunes de notre armée – d’avouer: «Nous n’avons jamais pensé gagner, mais il s’agissait de vendre notre peau le plus chèrement possible. Nous connaissions notre terrain, nous étions paysans, nous connaissions chaque arbre.» Ce témoignage-là, comme ceux de plusieurs autres mobilisés suisses durant la Dernière Guerre, a été recueilli par Stephen P. Halbrook, un juriste et historien de l’Etat de Virginie caparaçonné de diplômes universitaires américains et au profil de bon patriote. Un «Ricain» bon teint, donc, mais qui, dès son enfance, s’est passionné pour le destin de notre Confédération, sa démocratie ancienne, sa robustesse économique et ses principes intransigeants pour garantir la liberté, la sienne et celle des individualités.

 

 

Il est l’auteur d’un essai historico-politique paru en français à Genève en l’an 2000 sous le titre La Suisse encerclée, qui loue la politique de nos autorités fédérales et de notre armée au cœur d’un continent à feu et à sang. En 2006, Halbrook remit ça, en écrivant The Swiss and the Nazis, un brûlot historique qui fut d’abord traduit en allemand avant de paraître récemment en français chez Cabédita, sous le titre La Suisse contre les nazis *. Il y fustige sans ambages le rapport de la Commission Bergier, instituée par le Conseil fédéral en 1999 pour éclaircir la crise des fonds juifs en déshérence, dont la mission fut accomplie en décembre 2001. Ce rapport, en 25 volumes, notre Helvétophile de Virginie l’aurait lu et disséqué intégralement, en y prélevant quelques erreurs. Plus grave, selon lui, fut le refus systématique de la Commission Bergier de consulter des citoyens suisses encore vivants, dont les témoignages sur leurs conditions de vie cruelles durant le conflit sont d’une importance historique inestimable mais qui ont été ignorés, voire méprisés. Si la tâche que s’était assignée la commission se limitait à établir ou rétablir des faits et des chiffres, l’œuvre de Halbrook a été de récolter le plus grand nombre possible de souvenirs colorés auprès des survivants. Il en restait encore plusieurs à la fin des années nonante qui fournirent aussi à l’historien américain des documents et des récits concernant leurs aînés. Il en résulte une saisissante mosaïque tissée d’angoisses sur fond de restriction alimentaire, d’esprit solidaire aussi. La plupart des personnes interrogées étaient alémaniques, mais toutes vouaient au général en chef Henri Guisan un respect indéfectible.

Aveux d'un nazi

La menace d’une invasion nazie était bien réelle. Ancien mobilisé, Hans Köfer, un Argovien de Mellingen, rencontra en 1966 dans un bar de Stuttgart le feld-maréchal allemand Gerd von Rundsted, qui avait commandé les armées en Russie et dans les Ardennes. Le grand officier de la Wehrmacht lui fit cette troublante confession: «J’ai toujours respecté la Suisse. Au printemps 1943 nous avons reçu l’ordre de nous préparer à l’attaquer. Nous avons eu besoin de trois semaines pour élaborer un plan pour Hitler. Moi-même et mon état-major recommandâmes de ne pas l’exécuter. Dans une telle attaque nous aurions perdu entre 300 000 et 400 000 hommes. Nous savions que tous les ponts étaient minés et qu’ils auraient tous sauté. Cela ne valait pas le prix que nous aurions dû payer et nous avions besoin de chaque homme pour combattre en Russie. Nous savions, nous les Allemands, que chaque Suisse possédait un fusil.» Pour retarder l’occasion d’une invasion, les autorités fédérales et nos diplomates «jouaient aux imbéciles», écrit Halbrook. «Ils répondaient ou ne répondaient pas, faisaient traîner les choses ou se dérobaient et finalement se montrèrent des négociateurs habiles et tenaces.»

D’autres témoignages démontrent que les Suisses surent faire front contre la guerre des mots et des nerfs. La propagande qui émaillait les tableaux d’affichage les invitait à la discrétion; Berne exerçait une certaine censure pour ménager la chèvre et le chou, mais cela n’a pas retenu les caricaturistes du Nebelspalter de dauber le Führer et sa garde prétorienne, ni les humoristes du cabaret Cornichon de prendre au mot cette déclaration du Conseil fédéral: «Si la défense militaire et économique du pays, sa préparation et son organisation concernent l’Etat, nous aimerions laisser au citoyen l’initiative de la défense spirituelle.» Et on sait combien les lazzis du cabaret zurichois (tout comme la délicieuse gouaille de Jean Villard-Gilles à Lausanne) irritèrent Joseph Goebbels: «La Suisse, ce petit Etat puant…»

Cet esprit de résistance force l’admiration de Stephen P. Halbrook, mais «si Hitler avait eu l’occasion d’attaquer cette nation, écrit-il, elle aurait certainement succombé au prix de pertes énormes. Le fait que la guerre déferla autour d’elle mais ne la balaya pas plaide suffisamment en faveur de la plus vieille démocratie d’Europe et «république sœur» des Etats-Unis.»

 

La Suisse face aux nazis, Ed. Cabédita, traduction de Jean-Jacques Langendorf, 340 p.

 

 

 

 

 

 

Les Suissesses dans la tourmente

 

Le nouveau livre de Stephen P. Halbrook invite intelligemment à la controverse sur des sujets délicats, tels le J du tampon juif ou les échanges économiques entre la Suisse et l’Allemagne. Il recueille surtout d’émouvants témoignages sur le rôle des Suissesses durant toute la durée du conflit. Les «soldates» assermentées du Service complémentaire féminin étaient alors en vêtement civil avec simplement un brassard rouge à croix blanche. Elles étaient préposées au ravitaillement des internés militaires, pour la plupart russes et polonais. Plus actives furent les épouses dites «au foyer» et les mères: «Les femmes constituaient la colonne vertébrale de la production économique et remplaçaient les hommes qui se trouvaient à l’armée.»

Et Halbrook de relater cette anecdote vraie, et significative, tirée de la chronique du général Guisan: Une femme se rendit lui et lui dit:

-     Il faut me les rendre.

Le chef des armées, qui avait souvent entendu la même chose, répondit:

-     Je sais, vous voulez récupérer votre mari et votre fils.

-     C’est mes deux chevaux que je veux! (sic)

«Les chevaux étaient indispensables pour le labourage et la récolte (…), mais ils étaient également utilisés dans l’armée pour tirer les pièces d’artillerie et pour amener l’approvisionnement dans des régions montagneuses difficiles.»

 

Le site de l’auteur: http://www.stephenhalbrook.com/index.html

 

 

 (IMAGE DU DESSUS: des mobilisés suisses décryptant un ordre de marche. Document rédactionnel emprunté au site de la TSR )

 

 

 

 

 

 

 

 

Commentaires

Tout cela n'apporte rien de nouveau et ne contredit pas vraiment le rapport Bergier. Le jeu du Conseil Fédéral a consisté durant toute la guerre a lâcher assez de lest - soit à fournir à l'Allemagne ce qui pouvait lui être utile - tout en renforçant les défenses pour que l'Allemagne préfère le statu quo à l'attaque. Ce qu'Hitler a effectivement renoncé à faire tant qu'il était occupé ailleurs.
Du lest il en fut lâché passablement, tout en aidant aussi les alliés, discrètement.
Mais ce jeu habile n'aurait pas été bien compris du peuple, à qui l'on a fait croire, pendant la Mob et après, au mythe de l'invincibilité de la Suisse. Sans lui parler des compromissions, des usines Hispano Suiza à Genève, qui fournissaient des mitrailleuses, de Castelain, à Lausanne, qui fournissait le Reich en produits de soudure, pour ne parler que de la Romandie...
Surtout, à Lausanne, à l'Expo nationale de 64, une succession d'affiches expliquait (sur la "Voie Suisse" je crois, j'avais 10 ans à l'époque) qu'Hitler n'avait pas attaqué la Suisse car il avait eu peur, et que le réduit national était imprenable...
Mon père - pilote de reconnaissance - avait travaillé en Allemagne pour le 2ème bureau de l'air, sous couverture de la croix rouge française, dans le cadre des accords d'armistice, de fin 40 jusqu'à son arrestation début 44. Il avait sillonné tout le Reich pour officiellement contrôler les conditions faites aux prisonniers français et volontaires du STO. Durant toute cette époque, il avait une adresse de repli à Genève, fourni par ses supérieurs, pour le cas où les choses auraient mal tourné.
Les affiches de l'Expo l'avaient vraiment mis en colère: "Qu'auraient pu faire les soldats, enterrés dans leurs montagnes si les nazis avaient commencé à s'occuper des femmes et des enfants sur le plateau ? La vérité c'est qu'Hitler avait tout intérêt à conserver les usines suisses intactes, puisqu'elles lui fournissaient le matériel de pointe qu'il avait le plus grand mal à faire produire en Allemagne, entre les sabotages des ouvriers requis et les bombardements alliés".
Les Suisses n'ont pas refusé de se battre. Ils ne se sont pas battus non plus. Ils ont évité d'avoir à le faire. C'est la vérité que le rapport Bergier a rétabli. La vérité des jeux diplomatiques de coulisses, qui n'est pas forcément celle de M. tout le monde, mobilisé dans le Jura...

Écrit par : Philippe Souaille | 09/07/2011

La Suisse n'aurait pas été imprenable. Tout au plus elle aurait résisté plus longtemps que la Belgique ou les Pays bas par son terrain très accidenté et ses Alpes. Combien de temps aurait duré le siège du réduit national? Personne ne peut le dire. Mais l'armée suisse n'était pas très bien équipées en armes lourdes. C'était son gros point faible.

D.J

Écrit par : D.J | 09/07/2011

PS@ "Mais ce jeu habile n'aurait pas été bien compris du peuple, à qui l'on a fait croire, pendant la Mob et après, au mythe de l'invincibilité de la Suisse"
Encore un de vos vieux réflexes du temps de vos années de plomb trotsk. Il n'existe pas en Suisse de ministère de l'agit-prop chargé de penser à comment manipuler le peuple, il existe des idéologies dominantes. Celle de la Suisse à l'époque était de résister à Hitler, et en cela le rapport Bergier a faussé complétement cette image et causé un tort considérable à notre pays. Je peux citer Jacques-Simon Eggli (qui tient un blog sur TdG...) qui à la mort de Bergier a cité un entretien qu'il avait eu avec lui : au reproche que JSE lui faisait de ne témoigner qu'à charge contre la Suisse, Bergier lui aurait répondu que tout le monde savait le bien qu'avait fait la Suisse à cette époque. Or, c'est faux. Aujourd'hui, à en croire de nombreux éditorialistes, la seule responsable de la 2ème Guerre Mondiale et de la Shoah, c'est la Suisse. Et les premiers à le dire, c'est comme par hasard les Allemands (Hitler ? Connais pas...).
Donc merci et bravo à vous, Gilbert Salem, d'oser sortir ce billet à l'encontre de toute la doxa actuelle.

Écrit par : Géo | 10/07/2011

Rien de nouveau. Nous savions aussi qu'Hitler, une fois qu'il se serait bien servi des "services" de la Suisse, l'aurait envahie!

Une tempête dans un verre d'eau!

Écrit par : Patoucha | 10/07/2011

Géo, votre naïveté patriotique est touchante. Et comment vous appelez la DIPRA, ce merveilleux service regroupant les spécialistes des médias sous les drapeaux ? Et comment qualifieriez-vous la réécriture de l'histoire, racontée par le père Chevallaz dans les années 30, expliquant aux petits romands que la Suisse avait vaincu la Bourgogne à Morat? En oubliant de leur préciser, que c'étaient eux, les "bourguignons" qui s'étaient fait massacrer et qu'en fait de suisses, il n'y avait que des alémaniques, aidés d'alsaciens et de lorrains, soutenus par l'Autriche et la France...
Bâtir quoi que ce soit sur des mythes me semble dangereux. Parce que les mythes ont une fâcheuse tendance à s'effondrer.

Écrit par : Philippe Souaille | 12/07/2011

Vous ne savez pas lire, Philippe Souaille. Ou vous êtes aveuglé par votre idéologie. Je vais donc le redire en mots plus simples, s'il est posssible...
Mettre à jour toutes les collaborations qu'il y a eu avec l'Allemagne nazie, c'est bien. Omettre tout ce qui s'est fait dans l'autre sens et la réelle volonté de résistance des Suisses, aussi bien de l'Est que les Welsches, c'est mal. Cela convient-il à votre esprit binaire ?

Écrit par : Géo | 12/07/2011

Merci de retirer cette verrue, GS...

Écrit par : Géo | 13/07/2011

Un résistant hollandais qui sauva entr'autre toute une partie de ma famille et qui se trouva pris par les nazis mais parvint à s'échapper sous les balles... cet homme a un avis aujourd'hui encore très clair. Il prétend avec conviction qu'il est absolument inutile de vouloir écrire ses mémoires, de tenter de faire parler ses souvenirs car tout ce qu'il lit, entend ou tenterait de dire à propos de cette période n'est que mensonge: l'homme a les souvenirs qui lui conviennent.

Les témoignages dont s'est passé la commission Bergier n'ont en somme qu'une valeur sentimentale.

Le Rapport Bergier est une oeuvre de salut, sans doute l'un des plus brillants travail de mémoire qu'une nation a pu produire après et sur la seconde guerre mondiale.

Écrit par : Polo | 13/07/2011

Je n'en doute aucunement, cher Polo! Merci de votre témoignage.
G.

Écrit par : Gilbert | 13/07/2011

Polo,

Votre remarque est très intéressante et suscite la réflexion.

La mémoire est teintée de nos pensées et des regards que l'on porte sur ce dont on témoigne. Mais cela n'enlève pas la valeur que portent les témoignages. Ils ne ne peuvent prétendre représenter la "vérité", pas plus qu'une photo, d'ailleurs. Mais ils sont des ingrédients de la compréhension, ils sont des parts d'émotion qui font partie de l'événement et sont une perspective.

Écrit par : gerardh | 13/07/2011

La ferme est à quelques kilomètres de la France où est née maman du côté de Vernois-Le Fol. Proche aussi, la frontière à Bâle et Mulhouse où une petite cousine travaillait dans une usine d'armes ou quelques comme ça, pour l'Allemagne!
La pauvreté régnait dans cette région. Papa avait été mobilisé durant la guerre de 1914-18. Laissant maman seule avec la gérance de la ferme et des deux premiers petits enfants.
En 1933, j'avais 10 ans. J'écoutais les conversations de nos parents, des nombreuses visites de la région de Vernois, Montélimard, Belfort et l'Alsace chères au cœur de maman.
Ces souvenirs: le peuple allemand avait faim, il avait été humilié. La défaite... Des rumeurs d'un leader qui promettait du travail (Arbeit macht frei) se répandaient. J'entendais des discussions animées. Un "leader" d'origine autrichienne commençait à soulever les "foules", souvent, les plus pauvres. On entendait Heil Hitler! Papa savait. Nous n'avions qu'un journal et la radio, mais nous avions l'actualité vécue et partagée de tout bord. Quand les gens étaient partis et que nos deux parents continuaient leurs réflexions j'ai entendu ces mots de papa: "Quand un peuple a faim, il va suivre n'importe quel chef n'importe où".
En septembre 1939, j'avais 16 ans et nous avons pleuré quand le grand frère (récemment décédé) fut mobilisé et sommé d'emmener avec lui La Bichette, l'aînée de nos juments, à la frontière, on ne savait où. Frontières "closes". L'atmosphère résignée d'une guerre inévitable entre nos voisins. Cela s'élargissait. Je suis encore étonnée de la lucidité politique de nos parents. On priait Nicolas de Flue et on tricotait des chaussettes pour mettre dans les paquets des "nôtres" aux frontières.
La nourriture, le plan Wahlen, Guisan, l'avion abattu sur l'Ajoie, les réfugiés et blessés dans les trains à Saint Ursanne, à Delémont, Porrentruy. Je les ai vus parqués sur des quais de gare. Mais on n'était ni tristes ni révoltés... le traitre de Stuttgart en français, hurlait à la radio des slogans et de haine! On prenait immédiatement conscience du mensonge et de la grossière propagande, des chants militaires de la "Hitler Jugend" et des soldats - que des jeunes consœurs allemandes, ayant été forcées d'y participer, "fredonnait" sans le vouloir dans les années 50 en Afrique du Sud... accompagnées d'une mandoline -
Retour chez nous en 39, 40...la confiance quasi stoïque de nos gens était contagieuse. Mais nous avions un cœur pour le petit peuple allemand. Bien que nous ayons été avertis: "attention à ce que vous dites aux étrangers rencontrés par hasard. On avait peur des espions allemands. Nous en avons rencontrés sans savoir qui était qui.
Et le peuple juif! Je crois qu'on a trop lentement pris conscience de la tragédie de ce peuple, car, au Jura, les commerçants juifs paraissaient riches et payaient peu pour nos têtes de bétail. Mais j'ai pleuré en apprenant par maman le martyre de la Pologne! Et des Juifs. Justement le cadavres d'un polonais juifs fut retrouvé entre les roches et falaises frontalières près du Doubs suisse. Un fuyard, réfugié solitaire, juif, pas un soldat. Il fut enterré au cimetière à Epauvillers dans la même tombe que Grand-père avec le même petit mausolée. On était fiers de ce partage. On priait sur cette tombe le dimanche. Mon cousin germain, garde-frontière suisse m'a raconté comment, la nuit, il avait aidé des juifs à passer outre, et à travers jusque de ce côté-ci. Il n'osait le dire à personne.
Dès 1949, j'ai pu écouter ce que mes consœurs allemandes (belles et jeunes) avaient vécu, elles et leurs familles durant la guerre.

Transférées en Afrique du Sud, elles percevaient l'apartheid, un peu.
Plus tard en Afrique du Sud, nous avons boycotté le film l'Holocauste (Je crois) par solidarité avec les sœurs!
Le rapport Bergier, je ne l'ai pas lu. D'ailleurs à l'époque, en Afrique du Sud, les "Alliés" étaient durs envers les gens d'origine allemande alors que les Boers leurs étaient "sympathiques".
Quel incroyable traumatisme a vécu ce peuple allemand, pendant et après cette "conne de guerre", durant les longues années d'après guerre, sous le regard des condescendant des USA, Anglais et autres européens!

Et Auschwitz et d'autres camps d'extermination, devenaient des musées, des lieux touristiques ou de pèlerinage. De quel droit?
Oui, je crois que, partout, les "citoyens ont pris au sérieux l’initiative de la défense spirituelle". Libératrice dans le sens plénier du terme!

Écrit par : cmj | 14/07/2011

Polo@ Encore une fois, tout le débat est entre l'objectif et le subjectif. Les gens de gauche qui ont fraternisé avec des réfugiés veulent mettre le subjectif avant tout, ainsi que Melgar avec son ami irakien. Le fait qu'il ait trahi la confiance mise en lui pour le laisser filmer des mois durant l'intérieur du centre de Vallorbe ne semble pas compter pour lui. Le genre délégué du CICR, ce n'est pas pour lui. La situation objective, c'est qu'il y a entre 30 et 100 millions de jeunes Africains qui voudraient débarquer cette nuit ici s'ils le pouvaient. Et un jour, les gens de gauche devront bien s'affronter à cette réalité. Et réaliser que cette vague migratoire ne favorise des deux côtés que des mafieux, passeurs ou producteurs de salade esclavagistes en Espagne.
Mais pour la 2ème guerre mondiale, le côté strictement objectif intéresse du coup bien davantage les gens de gauche: une petite usine par-ci par-là aurait livré quelques pièces de mitrailleuses aux Allemands - pendant que Ford fournissait tous les moteurs des avions et des camions allemands, pendant que la Banque américano-allemande à Bâle continuait de fonctionner durant toute la guerre, mais ça, mieux vaut l'ignorer, n'est-ce pas? - alors que le côté subjectif, on préfère l'ignorer.
Toute ressemblance avec la défense du malheureux milliardaire socialiste contre l'ignoble immigrée noire - évidemment une pute, la preuve elle a téléphoné à son ami qui est en prison...- est évidemment fortuite.

Écrit par : Géo | 14/07/2011

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