15/10/2011

Florian Javet, l’iconographe iconoclaste

 

 

 

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A 35 ans, son élasticité est restée juvénile et son regard - que surmonte une glabelle duveteuse de renardeau – est celui de son enfance à Bière, quand il lançait des galets sur les flots du Toleure ou de l’Aubonne. Etait-ce la promiscuité d’une caserne fédérale, avec ses théâtralités disciplinaires, qui lui instilla pour la première fois un tour d’esprit narquois? Florian Javet y a surtout appris, dit-il, à «rire nerveusement» pour des riens. Oui, un «rire saccadé et bête», celui de l’âge bœuf, auquel il ne renoncera jamais, car il est libérateur. Une autre marotte d’ado: flemmarder dans sa chambre et se contempler dans un miroir en grattant une guitare imaginaire. La charmante mascarade continue, mais en privé…

 En public, c’est différent. Florian Javet rit derechef, avec cette fois une souveraine exubérance artistique et des arguments à l’encre de Chine qui sont pris au sérieux. D’abord par l’ECAL, où on le chevronne d’un diplôme d’envergure internationale; puis par des galeristes un chouia alternatifs de la Cité, à Lausanne. Enfin à l’Espace Kodak, dans le XIIe arrondissement, où un critique parisien salue la virtuosité de son trait, sa «mise en question de l’iconographie médiatique», son «processus créatif aux confins de l’illustration, entre art et non-art», etc.

 

A Lausanne, Javet vient d’être le lauréat de la bourse de la Fondation Alice Bailly, une reconnaissance par son pays natal qui le rend tout aussi heureux. Nous vous recommandons de découvrir ses travaux qui sont exposés dans le hall principal du CHUV*: dans la continuité de son malaxage facétieux de l’imagerie «communicationnelle», il donne libre cours aux fantaisies de ses plumes et pinceaux. Sur des feuilles volantes, sur des compositions géantes, ou dans ses carnets de peintre sauvageon, il réinvente une dynamique picturale: ses formes bougent, se déroulent, d’elles-mêmes, je dirais «kaléidoscopiquement», tels des films autonomes. Une fluidité que l’artiste maîtrise mine de rien (preuve de maturité), alors qu’elle est naturelle.

Les métamorphoses qu’elle charrie évoquent peut-être les maelströms des deux rivières confluentes de sa jeunesse biéroise. Pardon, “birolane”.

 

(*) Jusqu’au 24 novembre.

 

 

17:44 Publié dans Portraits | Lien permanent | Commentaires (0)

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