19/02/2012

Necker, le Genevois de Louis XVI

1775. Onze mois après la mort de Louis XV, le règne de son petit-fils est pour la première fois troublé par des émeutes inquiétantes: la politique économique de Turgot, auquel le jeune souverain a confié le contrôle général des finances, se fourvoie dans ce qu’on appelle la «guerre des farines»: hausse des prix des céréales en raison de mauvaises récoltes, donc hausse de celui du pain. Dans ce contexte paraît à Paris un «Essai sur la législation et le commerce des grains», qui rend le libéralisme de Turgot responsable de cette déconfiture, car «contraire à une économie morale.» Ce brûlot, qui bat tous les records de vente est l’œuvre d’un homme de 43 ans, Jacques Necker. Un Genevois, ambassadeur de sa République à Versailles et qui fut, jusqu’en 1772, un banquier parisien de haut vol et même un syndic de la Compagnie des Indes, dont il ne put empêcher la dissolution. Il avait débarqué à Paris à 15 ans pour travailler à la banque Vernet puis dans la maison Thélusson, où devint riche à millions. Homme de chiffres, homme de lettres aussi, Necker avait déjà fait florès, deux ans auparavant, en publiant un «Eloge de Colbert», couronné par l’Académie française, où il dressait le portrait d’un argentier idéal pour la France. Une préfiguration en filigrane de celui qu’il allait devenir à trois reprises, entre 1776 et 1790. La grande Histoire relatera ses tribulations en cette période, la plus tourmentée du royaume: nommé directeur les finances, il s’attire la haine des nobles, du clergé (d’autant plus qu’il entend rester protestant) et des parlementaires en créant des assemblées provinciales, en dénonçant les rentes exorbitantes versées aux courtisans, et en recourant à l’emprunt. Des mesures audacieuses qui lui valent la sympathie du petit peuple et des roturiers, dont il agrandira la représentation lors d’une fameuse convocation des Etats généraux, en 1789.

Il va sans dire que cette chronique politique d’outre-Jura est suivie avec attention par les Genevois: Jacques Necker est un des leurs, sinon par son origine – son père, Karl-Friedrich était Brandebourgeois – en tout cas par sa naissance. Les familles patriciennes du Pays de Vaud, encore sous joug bernois ont l’œil rivé sur son épouse n’est autre que Suzanne Curchod, la fille du pasteur de Crassier. Une Vaudoise avenante, spirituelle, qui s’était distinguée naguère dans les réunions mondaines les plus huppées de la rue de Bourg. En tombant amoureuse éperdument, jusqu’à convoler officiellement, de ce généreux Crésus aux yeux doux, sensible comme elle aux arts et à la littérature, elle devient à Paris une «salonnarde», dans le sillage d’une Mme du Deffand ou de Mlle de Lespinasse. Elle accueillera un Marmontel, voire un Diderot. Son mari, très accaparé par le service de Sa Majesté, n’y passe qu’en météore, car trop poursuivi par des solliciteurs qui le savent «en grâce royale». Or celle-ci tombera désastreusement, par trois fois. De même que la populace à bonnet rouge finira par le renier: pour avoir perdu la maîtrise des finances, puis renoué avec les méthodes libérales de son vieil ennemi Turgot, il la décevra aussi. Enfin, son troisième et dernier rappel par Louis XVI, après la prise de la Bastille, ne lui est aucunement propice: éclipsé par Mirabeau et étourdi par les événements précipités de la Révolution, il retourne à Genève en 1790, pour finir ses jours dans sa propriété de Coppet, dans le Pays de Vaud, avec sa femme et sa fille, la future Mme de Staël. Sa chère Suzanne expirera en 1794 à Lausanne, dans le castel de Beaulieu, en surplomb de la ville, racheté dix ans auparavant. Mais c’est dans le parc de leur château de Coppet, au fond d’un bosquet de hêtres qu’il l’inhumera dans une espèce de cuve de marbre noire emplie d’esprit-de-vin conservateur. Il la rejoindra en 1804. Lorsque, treize ans après, leur fille, la grande Germaine de Staël, sera ensevelie à leurs côtés, l’étrange mausolée familial sera muré, devenant à jamais inaccessible au regard des mortels.

Un banquier voltairien

Jacques Necker est un admirateur des philosophes des Lumières. De Rousseau son compatriote, il va sans dire. Mais aussi de Voltaire, qui mourra le 30 mai 1778 et avait un jour écrit: «Si vous voyez un banquier suisse sauter par la fenêtre, sautez avec lui, il y a sûrement de l’argent à gagner.» Ce personnage, qui sera un protagoniste considérable de l’histoire de France, y a des détracteurs à langue affilée. D’aucuns prétendent qu’il méconnaît celle-ci ainsi que les particularités de son système monarchique. D’autres le daubent pour sa taille de flandrin, sa démarche balourde, son menton trop proéminent, ses mauvaises dents. Et ses joues molles que les émotions rentrées peuvent marbrer de rougeurs. Sa perruque à haut toupet, bordée de deux cadenettes «frisées à neige», lui confère une prestance très contestée par ses ennemis versaillais mais qui fait son effet au bord du Léman: à chacun de ses séjours genevois ou dans le Pays de Vaud, on la trouve «du meilleur chic».

Jean-Denis Bredin: Une singulière famille. Jacques Necker, Suzanne Necker et Germaine de Staël. Ed. Fayard, 460 p.

 

 

 

 

 

 

 

 

15:43 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (25)

Commentaires

Si l'on connaît les détails de ce qui se tramait lors la "guerre des farines", entre avril et mai 1775, on peut comprendre ce qui a provoqué les "événements de la Place Tiananmen", d'avril à juin 1989.

Écrit par : Rabbit | 21/02/2012

"la «guerre des farines»: hausse des prix des céréales en raison de mauvaises récoltes, donc hausse de celui du pain."
Je ne pense pas que c'est ce que vous voulez dire, Rabbit. Donc vous en avez ou trop dit ou pas assez...

Écrit par : Géo | 21/02/2012

Lisez tout ce qui concerne l'affaire des farines sur Wiki, et vous verrez alors apparaître en filigrane le déroulement du drame chinois: hausse volontaire du prix du riz et des denrées alimentaires pour améliorer les revenus de la classe paysanne, spéculation, corruption, et enfin réaction inappropriée du gouvernement de l'époque au mécontentement populaire. Quoi qu'en disent vos amis de la presse de gauche (il n'y en a plus d'autre) au sujet d'un hypothétique "Printemps de Pékin". Si ces troubles éclatent au printemps, ce n'est pas pour correspondre au modèle narcissique des jésuites parisiens, c'est qu'ils sont liés à la production agricole.

Écrit par : Rabbit | 21/02/2012

"Quoi qu'en disent vos amis de la presse de gauche"
Vous savez, Rabbit, ce n'est plus nécessaire de taper sur les journalistes, ils sont complétement discrédités dans le public et finalement, ils peuvent braire tout ce qu'ils peuvent, cela n'a aucune importance...
Par contre, savez-vous que les deux individus d'une vingtaine d'années qui ont torturé une septuagénaire à Chêne-Bourg ont déjà pris une vingtaine de condamnations ? Probablement quelques jours-amende à quat'sous...
On parie que dans 15 jours, ces charmants individus, avec toutes les protections qu'ils ont dans la justice de gauche, il n'y en a pas d'autre, se baladeront librement à Genève ?

Écrit par : Géo | 21/02/2012

Ah, Géo ! vous qui avez la chance de couler une retraite paisible dans une charmante bourgade de province, qui ignorez les tensions sociales des sociétés au bord de l'effondrement, remerciez le ciel et jouissez sans entraves (comme ils disent).
Mais avant tout, restez à bonne distance du Calmireyland: le Mozambique, l'Angola ou le Bronx sont des mondes féériques en comparaison.

Écrit par : Rabbit | 22/02/2012

A propos de retraite paisible, les deux dernières offres sur lesquelles j'ai postulé concernent le Guatemala, qui commence à être sérieusement gangrené par le chancre mexicain, et l'Algérie dont tous les journaux ont titré sur les trois millions d'euros qu'a payé Calmy-Rey pour l'avocat zurichois, donc Suisse, qui faisait du tourisme au coeur des bases Aqmi...
Le Mozambique, mon ex y restée. Son voisin hollandais (au N de Maputo, tout près de chez Henning Mankell) s'est fait agresser par une bande à l'entrée de sa maison. Comme il était aussi armé, il a répliqué et mis en fuite ses agresseurs. Mais il a pris une balle...
En Angola, que j'ai quitté quelque peu précipitamment après les élections de 92, j'ai assisté depuis l'hôtel à l'explosion à 1h du matin d'un dépôt de munitions proche de l'aéroport, voulue et provoquée par l'UNITA.
Mon ex a vécu la même chose à Maputo il y a quelques années : ses vitres ont été cassées par l'explosion d'un dépôt de munition proche de l'aéroport, distant de 12 km (selon elle...). Il y a un peu plus d'une année, une bande de jeunes a déboulé dans le quartier, armés de machettes. Ils se sont attaqué à quelques gardes et volé quelques chantiers, mais pas chez elle...

Heureusement, peu de gens des RH pensent à engager des types dans mon genre, qui ont vingt ans de plus qu'eux...
Donc oui, mieux vaut peinard et pas riche que gagner son salaire dans une tente surchauffée dans le désert à côté d'un type armé d'une Kalach chargé de vous tuer si la cavalerie arrivait pour vous libérer.

Conclusion, prenez un compteur Geiger mais ne vous méfiez pas que des vieux dépôts radio-actifs : les vieux dépôts de munition finissent aussi un jour par sauter...

Écrit par : Géo | 22/02/2012

Je vous remercie de toutes ces recommandations.
En ce qui me concerne, les dangers qui me guettent restent du domaine urbain et non liées aux dommages collatéraux d'opérations militaires réalisées par des apprentis. Ma lecture quotidienne du Shanghai Daily, m'apprend que les dangers potentiels sont limités au trafic routier. Et si les "incivilités" et "les atteintes aux biens et aux personnes" (comme on dit dans la presse genevoise) sont en augmentation en ville, elles sont commises par des individus qui n'ont rien de la carrure des gangsters des films de Hong Kong. A part ça, la Chine c'est cool.

Écrit par : Rabbit | 22/02/2012

Ca date de deux mille huit, Albert le Vert.
Un an après je parcourais la région, sans être contaminé par autre chose que l'envie d'y retourner.
Cela dit, vous croquez de l'Express maintenant, après toutes ces bonnes paroles sur la partialité de la presse ? Pourquoi pas sortir les pages de Libé sur ce guignol de Ai Weiwei, qui se remplit les poches aux dépens des gogos qui se prennent à son jeu ? Les autorités chinoises se contrefichent de ses exhibitions anti-chinoises, tant qu'il paie des impôts sur sa fortune considérable (trop considérable peut-être pour un pur esprit chargé de dynamiter les idoles de la société contemporaine).

Écrit par : Rabbit | 22/02/2012

Albert le vert ! C'est une chaussette, non ? Se faire traiter de chaussette par une vieille ganache, cela ne manque pas d'intérêt sémantique.
Ecoutez, je crois avoir bien compris à vous lire qu'il se passe à propos de la Chine ce qui se passe ici et partout. Mais c'est valable dans tous les sens.
Par exemple, lorsque je préparais mon diplôme sur la digitation de la nappe inférieure des Diablerets, j'essayais de dessiner la dite nappe juste dans l'axe de son plissement, au lieu dit le Châtelet, en dessus de la Benjamine (vous qui connaissez Solalex (sous-la-lué), vous devez voir l'endroit ?). Tout à mon labeur, couché dans l'herbette avec le soleil comme témoin, je n'entendis pas venir le garde-chasse, que je connaissais bien, avec deux collègues auxquels il montrait sa région. La discussion est naturellement partie sur la géologie et ses effets immédiats, les glissements de terrain et toutes ces choses. C'était l'époque où Marthe Keller avait gagné son procès contre les promoteurs de Verbier qui lui avaient vendu un chalet en pleine zone avalancheuse. Celui des garde-chasses qui s'occupait de la zone de Zermatt nous a alors raconté qu'il avait demandé à des vieux de la commune pourquoi ils avaient autorisé la construction de chalets dans ce même genre de zone : "oh, c'est pas grave, on les a vendus à des nüt-Schwiitzer..."
Bien sûr, les Chinois ne sont pas aussi fourbes que les vieux de Zermatt mais méfiez-vous tout de même. C'est un vieux nüt-gauchiste qui vous le dit...

Écrit par : Géo | 22/02/2012

Je ne connais que "The nutcracker", ballet en deux actes; à ne pas traduire trop hâtivement par "casse-c....". Mais à propos des riverains du Yangtsé, toute comparaison est inutile: les Chinois sont sur une autre planète. Vous avez déjà tenté de comprendre leur écriture ? Par contre, ils ont des pouvoirs que nous n'avons pas. Au Sénégal, j'ai observé que si un Africain jetait un objet à la décharge, c'est que celui-ci était définitivement irrécupérable. A nos yeux. Car, il y a deux ans, j'ai appris que des entrepreneurs chinois rachetaient le contenu des décharges africaines pour le recycler et en tirer un bénéfice. Ils sont forts, non ? S'il leur prenait l'idée de racheter tout ce qu'avale quotidiennement Tridel, ils en tireraient des milliards (de yuan); mais pas pour renflouer les caisses de la commune...

Écrit par : Rabbit | 23/02/2012

Il y a tellement à dire sur les déchets, particulièrement en Afrique...
Vous savez comme tout le monde que c'est là qu'atterrissent toutes les vieilles Pigeot de France et de Navarre, amenées là-bas par des cohortes de glandeurs amateurs de joints et de petites filles africaines. Et qui vous proclament bruyamment leur amour de l'Afrique et des Africains en rotant leurs bières dans les maquis crapoteux des abords de Bamako (vous connaissez "le Duc de Berry" ?) ou d'Abidjan ou Dakar. Passons. Vous savez aussi ce qui s'est passé en Angola, au Mozambique et un partout en Afrique australe, entre les armées cubaines et sud-africaines (d'avant Mandela...): cela a provoqué la prolifération d'épaves de blindés d'origine soviétique, environ une épave tous les cent mètres sur les routes d'Angola.
Alors, ceux qui nous parlent du génie de la récupération des Africains en contemplant d'un air attendri leur petite mallette recouverte de canettes de bière achetée dans les capitales citées ci-dessus feraient mieux d'investir dans la récupération des ferrailles qui traînent partout là-bas. Toutes les chances que ce soit plus rentable que l'or, les diamants et le coltan réunis...
J'ai vécu d'ailleurs cela en direct, à la mine d'or de Kalana, autrefois exploitée à l'ancienne par les Soviétiques, lors d'une mission d'évaluation par une grande compagnie d'origine sud-af pour savoir s'il serait rentable d'en faire une mine à ciel ouvert. Les Soviets y ont abandonné tellement de matériel en fer que j'ai suggéré aux Sud-Afs d'en faire une mine de fer si les teneurs en Au étaient insuffisantes. Je ne me souviens plus s'ils ont compris mon humour...douteux, à leurs yeux en tous cas.
La récupération des métaux sur les décharges (de scories) a commencé chez nous aussi, Rabbit. Je le sais, il y en a une à 2000 m de chez moi à vol d'oiseau.

Écrit par : Géo | 23/02/2012

Pigeot, c'est la voiture de l'Afrique, là dis donc. Mais c'est un Scout International III que j'ai racheté, don de la coopération US et repeint en orange pour masquer les signes trop évidents. Bamako, je ne suis pas sorti de l'aéroport: j'ai donc manqué la tournée des grands ducs, présentement.

Écrit par : Rabbit | 23/02/2012

C'est pas vrai ? Incroyable, j'ai oublié de parler des Scout international de USAID auxquels il manquait un ou deux boulons et que notre ami chef du garage de l'école de mécanique agricole subsidiée par Helvetas réparait et renvoyait en Europe. Aussi des jeeps type débarquement 44. Un nom d'origine italienne, mais Français. C'est bien lui qui vous a vendu le Scout ?

Écrit par : Géo | 23/02/2012

Suis-je stupide : "Bamako, je ne suis pas sorti de l'aéroport", pas très crédible. Et je vous avais parlé des Scout il y a quelques années. Je me suis rendu compte de l'erreur en cliquant "envoyer"...

Écrit par : Géo | 23/02/2012

Que nenni !
Cette Scout m'a été vendue par un Luxembourgeois qui trempait dans toutes sortes de trafics, à part travailler pour la Société Sénégalaise de Terrassement. Sous la peinture orange, on distinguait encore le sigle "aux mains serrées". Voiture, entre autre anecdote, qui m'a donné de grosses frayeurs sur les pistes en latérite à cause de sa masse, un fois livrée à elle-même. Elle a toujours conservé sa plaque de véhicule gouvernemental, même si l'unique gendarme du coin me demandait parfois si j'allais en changer. Oui patron ! Une aventure qui m'a tout de même coûté 200'000 CFA de l'époque, juste pour quelques virées à l'Hôtel de la Poste à Saint-Louis. Maintenant ça ne représente plus rien.
Effectivement, en revenant d'Abidjan, l'avion d'Air Afrique a fait escale à Bamako, et Kiki et moi sommes restés dans l'aéroport. C'était en 1983. Ca vous dérange ? Vous êtes en pleine crise parano, ou bien quoi...
Fichtre !

Écrit par : Rabbit | 23/02/2012

"Ca vous dérange ? Vous êtes en pleine crise parano, ou bien quoi..."
Non, non. J'ai juste eu l'impression que vous vous foutiez de ma g...
Bref. Il existe en Afrique des parcs entiers de machines de chantier valant des millions et des millions de dollars immobilisées sur des parcs auxquelles il manque deux ou trois boulons, mais personne ne s'en soucie. Les crétins des NU et des ONG ou de l'Europe ne vont pas tarder avec des projets pharaoniques financés par les braves citoyens de l'Europe. Dans le genre du document auquel je devais répondre il y a quelques semaines :

PN-AEPA : Programme National d'Approvisionnement en Eau Potable et d'Assainissement
1.1.2. Résultats attendus
Dans le document du PN-AEPA, les résultats attendus sont:
En milieu rural:
•la fourniture d'un accès adéquat à l'eau potable à 4 millions de personnes, qui fera progresser le taux d'accès à l'eau potable de 60 % en 2005 à 80 % en 2015.
•la fourniture d'un accès adéquat à l'assainissement à 5,7 millions de personnes, qui fera progresser le taux d'accès à l'assainissement de 10 % en 2005 à 54 % en 2015.
En milieu urbain:
•la fourniture d'un accès adéquat à l'eau potable à 1,8 millions de personnes, qui fera progresser le taux d'accès à l'eau potable de 74 % en 2005 à 87 % en 2015.
•la fourniture d'un accès adéquat à l'assainissement à 2,1 millions de personnes, qui fera progresser le taux d'accès à l'assainissement de 14 % en 2005 à 57 % en 2015.
1.1.3. Activités
Les activités du PN-AEPA en milieu rural comprennent trois composantes :
•une composante "Infrastructures eau potable"
•une composante "Infrastructures assainissement"
•une composante "Cadre Unifié d'Intervention" regroupant l'ensemble des procédures de mise en oeuvre et mesures de renforcement des capacités pour (i) une gestion efficace du secteur AEPA en milieu rural, (ii) la mise en place d'un environnement favorable au développement soutenu des infrastructures d'eau potable et d'assainissement et (iii) un service d'eau durable.
Les activités du PN-AEPA en milieu urbain comprennent deux composantes :
•une composante "Infrastructures eau potable"
•une composante "Infrastructures assainissement"
1.1.4. Coût du PN-AEPA 2015
Le coût prévisionnel indiqué dans le document du PN-AEPA en milieu rural et en milieu urbain sur la période 2007-2015 est estimé respectivement à 406 milliards FCFA HTT (environ 619 millions d'euros) et 137,8 milliards FCFA HTT (environ 210 millions d'euros) y inclus projets et programmes acquis et en cours.


Financement européen + danois + suédois.
619 millions + 210 millions = 829 millions d'euros. Qui parle de "crise" ?

Écrit par : Géo | 23/02/2012

Oh, j'ai oublié. C'est un projet pour le Burkina-faso, le pays aux 1000 ONGs...
Donnez vos petits sous, braves gens.

Écrit par : Géo | 23/02/2012

C'est normal, le Burkina-faso est "le pays des hommes intègres".
J'ai rencontré à Dakar des Français de Bobo-Dioulasso: on ne s'amusait pas beaucoup là-bas, paraît-il, nettement moins qu'à Zouérat ou Akjoujt, ou pourtant une certaine rigueur morale est de mise.
Mais une chose m'interpelle: plus les gens ont accès à l'eau potable et plus la population s'accroît, non ? Si ya plus d'eau, ya plus personne et ont fait des économies ?
Là, je sens que je dépasse votre seuil de tolérance....

Écrit par : Rabbit | 23/02/2012

"Là, je sens que je dépasse votre seuil de tolérance...."
Comme je l'ai déjà écrit ailleurs, cela fait six ans qu'on s'engueule dans ces blogs et il me semble que vous devriez commencer à connaître mon point de vue. Donc non, c'est d'ailleurs pourquoi je balance ce programme à 800 millions d'euros. Cela dit, j'ai déjà écrit au moins deux cent fois que les Africains de l'Ouest ne produisent pas la nourriture qu'ils consomment, eux et les huit enfants en moyenne qu'ils font à leurs femmes. En conséquence de quoi, ils s'appuient sur les surplus de maïs produit principalement aux USA, maïs destiné principalement aux porcs américains. Il faut que quelqu'un dise cela à ces bons Musulmans...
L'eau devrait rester le facteur limitant pour les troupeaux, sinon il y a sur-pâture. Mais je crains que ce genre de réflexion n'effleure même plus le petit pois qui sert de cerveau aux responsables actuels du développement...

Vous comprenez mieux mon goût pour la retraite tranquille peinard ?

Écrit par : Géo | 23/02/2012

Y a un truc marrant, Rabbit. Il y a 6 ans, quand je m'emm... comme un rat mort à Kaédi, nous monopolisions vous et moi les blogs lausanno-lausannois et surtout celui-ci, de l'honorable et très estimé Gilbert Salem, que je n'ai pas osé saluer en le croisant au café Romand, lors qu'il était encore sous le règne de dame Péclard. Aujourd'hui, entre les déconnades de robots qui créent des blogs et des commentaires et d'autres qui s'inventent des interlocutrices cristallines et gagnantes, on en arrive bientôt à la même situation. Curieux. Je n'apporte aucun crédit aux rencontres sur le Net, mais même si nous avons fini par nous fâcher de telle manière que je n'ai jamais eu l'occasion de goûter à votre fameuse blanquette à l'ancienne, recette de votre grand'mère, je vous invite très volontiers à nous rencontrer chez moi avant votre départ pour la Chine. Notez que je comprendrais très bien que cela ne vous fasse pas du tout envie et que vous refusiez. Si cela vous intéresse, vous savez comment me joindre...

Écrit par : Géo | 23/02/2012

Merci de l'invitation mais, avant mon départ, je suis aussi débordé qu'une fourmi sous amphétamine. Hélas, la blanquette, c'est fini: je suis cerné par les cartons et les meubles vont disparaître bientôt. J'ai tout vendu, tabula rasa comprise.

Par contre, j'ai déjà un appart à Shanghai: il fait le double de la surface de celui de Lausanne, pour le tiers du prix. Et depuis le 11e étage, on distingue, côté est, les côtes de Californie par temps clair. Il n'y a vraiment pas plus peinard comme retraite.

Je vous invite cordialement à venir y traîner vos rangers quelque temps, histoire de changer d'atmosphère et de ne plus déprimer devant votre Rochebin quotidien. Il y a 30'000 restaurants à Shanghai, et on devrait bien arriver à se faire servir un blanquette de panda. 24 Heures vous doit bien ce voyage comme bonus, après avoir assumé l'animation de ses blogs pendant toutes ces années: demandez à Gilbert de vous pistonner.

A bientôt.

Écrit par : Rabbit | 24/02/2012

C'était bien sûr chez moi, Old Rabbit. Mais je connais assez ces ambiances de départ pour savoir quelles sont vos préoccupations premières. De toute façon, vous continuerez à communiquer avec nous...
Que les Esprits qui veillent sur ceux qui vont vivre ailleurs que dans la terre de leurs Ancêtres soient avec vous. S'ils existent...

Écrit par : Géo | 24/02/2012

"histoire de changer d'atmosphère et de ne plus déprimer devant votre Rochebin quotidien."
J'ai bien aimé écouter Comte-Sponville ce matin, sur l'amour. Vous savez : agapè, philia, eros. Il conclut avec le refrain d'une chanson reprise par Patriiick :
"sans l'amour on n'est plus rien". C'est gentil pour moi, que dois-je faire ? Vivre avec une pétasse insupportable ou me suicider ?
Je suis un petit peu (!)cynique, mais franchement, comment peut-on se prétendre intelligent, philosophe et ne pas voir que 99% des gens d'un certain âge sont soit mal accompagnés soit seul ? Bravo pour le 1% restant, mais un jour ou l'autre, cela va changer.
Il faut arrêter de vouloir jouer aux djeunes jusqu'au bout. Vivre autre chose, vivre ce qui correspond à votre phase de vie. Si vous vous inquiétez de mon statut de célibataire ici, qu'aurait-on pu dire de ce statut à Kaédi en 2006 ? J'étais entouré de belles Africaines qui voulaient absolument m'épouser. Et moi je n'avais pas envie de faire le pigeon. Ici, les couples qui vieillissent ensemble ressemblent pour la plupart à des paires d'alcolos qui marchent en s'appuyant l'un sur l'autre à 45°. Aucun des deux ne sait pourquoi ils vivent, ils disent les deux que c'est l'autre qui sait...
Et moi cela m'intéresse beaucoup de chercher tout seul, même si je sais que je ne trouverai jamais rien, je sais que seul compte la quête. Et allez, puisque l'époque est au mauvais goût : pas la quéquette.

Écrit par : Géo | 24/02/2012

Un petit coup de Nietzsche pour vous remonter le moral ?

"Qui est parvenu, ne serait-ce que dans une certaine mesure, à la liberté de la raison ne peut rien se sentir d'autre sur terre que voyageur - pour un voyage, toutefois, qui ne tend pas vers un but dernier: car il n'y en a pas. Mais enfin, il regardera, les yeux ouverts à tout ce qui se passe en vérité dans le monde; aussi ne devra-t-il pas attacher trop fortement son coeur à rien de particulier; il faut qu'il y ait aussi en lui une part vagabonde, dont le plaisir est dans le changement et le passage." (Humain, trop humain !)

Écrit par : Rabbit | 24/02/2012

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