13/06/2012

Genèse de l'Hôpital de Cery

Jusqu’en 1873, ceux que la société lausannoise qualifiait encore de fous incurables, étaient cantonnés, voire entassés, dans des hospices qui ressemblaient à des prisons. Pourtant, en celui du Champ-de-l’Air, fondé en 1811 en amont de la place de l’Ours - et qui deviendra plus tard une école de médecine – le patient était encadré par des docteurs cantonaux spécialisés dans l’aliénation mentale. Ils lui infligeaient des thérapies à la fois médicales et «morales» que les psychiatres du futur jugeront douteuses: douches glacées, enfermement dans des cellules sans lumière, gilets de force, sustentation forcée à l’aide d’un entonnoir! Mais déjà ils préconisaient, du moins en parallèle, de la douceur et de la bienveillance. Dans le beau domaine campagnard du bois de Cery que le canton a racheté quelques années auparavant, un nouvel Asile des aliénés vient donc d’être achevé sur les plans de l’architecte David Braillard, pour répondre aux exigences modernes de la médecine de l’âme.

Les malades du Champ-de-l’Air y sont transférés sans interruption, du 20 juin au 22 juillet. Cela sous l’égide sourcilleuse et la maussaderie moustachue du docteur Georges Zimmer, une espèce de Charon de la fin du XIXe siècle, passeur des enfers et de démences incomprises. Zimmer est une grande âme qui n’a pas le temps de sourire. Qui se gâche sa propre santé à trop guetter le déménagement de ses bien-aimés «maudits», comme s’il y avait du lait sur le feu. Il doit résorber prioritairement le problème du ravitaillement, devenu plus compliqué depuis que son asile s’est éloigné du centre de la ville. Les provisions élémentaires seront tirées par des animaux de traits… Il faudra de longues années à successeurs pour convaincre la compagnie du train Lausanne-Echallens-Bercher à tout soulager en créant une halte prillérane proche, à l’enseigne de la Fleur-de- Lys.

En 1948, , septante-cinq ans plus tard l’Asile d’aliénés de Cery, deviendra officiellement un hôpital psychiatrique et universitaire.

 

 

 

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