18/09/2012

«Mariages républicains»

Dans une lettre ouverte, parue dans le journal Libération du 18 septembre, trois associations qui défendent la cause des homosexuels en France, et leur droit à l’union conjugale, ont commis une sacrée bourde langagière.

Trouvant probablement l’expression «mariage gay» trop catégorisante, elles lui substituent celle, moins ségrégationniste à leur goût, de «mariage républicain».

Autant j’y salue une volonté nouvelle de ne plus plaider une différence, mais une indifférence - une solubilité de l’homophilie dans le tissu social. Autant je reproche, à ces militantes et militants d’outre-Jura, si courageux, une méconnaissance déplorable de l’histoire de leur propre pays. Une ignorance grave du passé des mots qui l’ont tissée.

«Mariage républicain», qui semble sonner si noblement à leurs jeunes oreilles, a été un immonde slogan sous la Terreur, lorsque le vent de liberté de la Révolution de 1789 vira en ouragan cruel. En été 1793, le sans-culotte Jean-Baptiste Carrier, que la Convention avait félicité pour des exploits guerriers contre les Vendéens, s’empara, tel un potentat de la ville de Nantes. Il y implanta un tribunal révolutionnaire, où l’on jugeait à l’instinct, sans procès, sans plaidoiries. Il avait sous ses ordres une légion de mercenaires importés comme du bétail de la colonie de Saint-Domingue. Des «désespérés trop dépaysés; des assoiffés de sang». En moins d’un trimestre, Carrier fit fusiller, sans jugement, plus de 2500 prisonniers nantais. Mais c’est aux religieuses et aux religieux insermentés – des naïves et naïfs qui, le plus souvent, ne pigeaient rien à la Constitution civile du clergé – qu’il réserva son supplice préféré: une noyade spectaculaire dans la Loire. Il fit embarquer, sur des bateaux aménagés de trappes insoupçonnées, plus de 4000 de ces réfractaires, attachés nus par des cordes, deux par deux, et que le fleuve devait engloutir. «Pour en nourrir grassement les saumons.» Cette dernière phrase, qu’aurait dite Jean-Baptiste Carrier, ne me revient que de mémoire. En revanche, je suis certain qu’il qualifia lui-même, avec fierté, ses sinistres noyades de «mariages républicains»

 

Commentaires

Il suffit en effet de taper "mariage républicain" sur Google pour trouver les noyades de Nantes. Et si l'on continue sur la carrière de Carrier, sans jeu de mot, on tombe sur Gracchus Babeuf, un des premiers journalistes, qui reçoit de Fouché, massacreur des Lyonnais, la tâche de salir Carrier pour cacher Fouché.
Le premier journaliste, fondateur de l'idée du communisme, était déjà un tricheur sur le plan du journalisme et préfigurait toutes les vilenies cachées du communisme.
Le monde est petit...

Écrit par : Géo | 19/09/2012

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