18/10/2012

En 1962, on skie à Lausanne!

 

 

 

A sept ans, les Cœurs vaillants de la paroisse pulliérane de Saint-Maurice vont en «cure d’air» dans les forêts du Chalet-à-Gobet. Avec une jolie cheftaine rousse aux yeux pers, quelques pruneaux secs, et du sucre de raisin. Au printemps, c’est pour apprendre à agencer un feu de bois à partir de cailloux, branches et brindilles. En hiver, pour applaudir les glissades combatives des hockeyeurs du LHC sur l’étang gelé de Sainte-Catherine, en retrait duquel une auberge joufflue arbore des volets chevronnés de rouge et de blanc (elle s’érige, dit-on, sur un ancien couvent de carmes). Et bien sûr pour des batailles cruelles, sans pitié, de boules de neige, mais pour autant qu’il y en ait… Car en ce cap des années soixante, la neige commence à se faire désirer sur les moraines de l’agglomération lausannoise. Y compris au col joratois du Chalet-à-Gobet, dont l’altitude culmine à 872 m au partage des eaux entre les bassins du Rhône et du Rhin. Depuis des décennies, les citadins s’y adonnaient dès la fin décembre aux joies de la luge, du ski de fond, voire du ski de piste.

En 1962, un certain Paul-Henri Jaccard – un grand pionnier du tourisme local - remédie à cette pénurie d’or blanc, en équipant pour la première fois le «domaine skiable» de la capitale vaudoise de canons à neige. Un dispositif qui permet d’en fabriquer artificiellement en projetant un mélange d’air comprimé et d’eau par temps de froidure. Ce miracle technique, qui met au défi les dieux de la météorologie nivale, étant onéreux, c’est un mécène féru de sport et de ce qu’on appelle déjà le sportswear qui financera son installation, rubis sur l’ongle. Charles Schaefer vend des ballons de foot, des raquettes de tennis, des fixations de ski, et des billets d’entrée aux matches. Vingt et un ans plus tôt, en 1941, sa petite enterprise - qui grandira - avait déjà participé à la construction d’une durable patinoire dans le quartier plus en aval de Montchoisi.

 

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