03/11/2012

Remèdes dits de «bonne femme»

 

Revoici novembre, ses champs noirs, ses brumes hugoliennes et ses rituels vaudois: le jour des morts, on allume des lampes-tempêtes sur la tombe du papy Victor. Elles brilleront jusqu’à l’aube, entre chrysanthèmes et bruyère, intriguant les renardes du cimetière de Bois-de-Vaux qui y chassent la musaraigne. Au pied du Jura, on tue le plus gras des cochons avec une solennité toute cérémonielle. L’aubergiste le servira débité en fricassée bien dorée, précédée d’une terrine de sang rôti à l’anis étoilé, et que suivront une tarte au vin cuit et une autre au nillon de noix.

Repu et échauffé par ces interminables agapes à l’ancienne, on aura l’idée maladroite de se ravigoter en grimpant le chemin qui s’élève jusqu’au sommet d’une butte. Peine perdue: la vue du Mont-Blanc est cachée par un brouillard lémanique en filasse d’étoupe; le sentier blanchi par une neige précoce a transi nos pieds mal chaussés. Et la bise noire s’est infiltrée dans nos laines légères jusqu’à nos veines, y enclenchant un phénomène compliqué de vasodilatation. Nous voilà enrhumé, toussaillant comme aux heures les plus godiches de notre enfance. Or, en ce temps-là, il y a plus de 40 ans, on ne se fiait pas qu’au docteur ou qu’au pharmacien. A la maison  débarquait illico Tante Gladys. Nous sachant pris de fièvre après une trempette sauvage dans la Vuachère avec des copains de quartier, cette longue femme aux airs de gendarme et à bec de corneille nous rendait la santé en nous frictionnant violemment d’une pommade camphrée de son invention. Puis elle appliquait sur notre cou un cataplasme à base d’oignon et de clous de girofle. Enfin, elle nous faisait enfiler des chaussettes trempées de vinaigre avant de nous expédier au lit sous une triple-couette. Autant de souvenirs peu agréables, car expéditifs et trop odorants. Mais le lendemain, on était tout à fait guéri. Tante Gladys est morte il y a longtemps, emportant les secrets de sa miraculeuse médication, et ses remèdes de bonne femme. A mes amies féministes, je précise que cette affreuse expression n’est qu’une dérivation gauloise du latin bona fama, soit la “bonne renommée”.

Celle des onguents, prétendus universels, des guérisseurs antiques.

 

 

Commentaires

C'est vrai et Bona Fama est apt. Je viens d'avoir un mauvais refroidisement, et mes quintes de toux énerve les soeurs. Pharmacie, syrop, pilulles et toute la stupide panoplie de médicaments nocifs s'il y en a. J'ai dit: Je vais prendre des onions, les hacher menus et les mettre auprès de moi durant la nuit, les onions absordent tous les microbes. J'ai été m'acheter la pommade camphrée pour me frictionner. Aujourd'hui, je vais mieux et je vais me débarrasser du reste novarticiens, à moins qu ça ne serve à d'autres et à l'économie!
Vive les onions, les ails, le thé de sauge (nous guérissions les "gourdes" de nos précieux chevaux au Jura avec de la vapeur de thé de sauge! Efficase!

Ainsi Jésus n'en a cure du blabla théologique et des harangues du haut d'un podium. Des incantations et des indulgences plénières s'il vous plaît!!!

Jésus prend la petite fille gripée à mort par la main (et quelle main) et dit "talitha cumi" et ordonne aux affligés de lui donner à manger! Remède de Bona fama!

Écrit par : cmj | 05/11/2012

les vrais écologistes étaient nos grands parents.Leur fosse septique servait d'arroseur pour légumes cultivés avec amour et mangés délicieusement en compagnie des autres membres de la famille.Ils avaient l'art et la manière de ne jamais rien jeter.L'écologie actuelle n'est qu'un remède de bonne femme mais qui cache les vraies intentions comme celles de certains qui à une époque pas si lointaine disaient ,l'argent est un mauvais maitre! ah bon est-ce la raison qui voit fleurir autant de bulletins de versements pour en aider d'autres sans doute à mentir par devant caméra avec des termes dont eux-mêmes ignorent pas le sens?

Écrit par : lovsmeralda | 06/11/2012

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