31/08/2013

Edmond Vullioud, masque et plume

Accusé délicieusement de «trop beau langage» et de prolixité excentrique quand il est à la ville, Edmond Vullioud est unanimement reconnu comme un comédien de haut vol sur les planches romandes et d’ailleurs. Notamment lorsqu’il y vivifie de longues tirades classiques qui, dites par d’autres, pourraient être ennuyeuses. Parallèlement, c’est un fervent lecteur des récits feuilletonesques de Dumas-Père, qui aimait tirer à la ligne avec le bon génie qu’on sait. Or c’est en publiant une douzaine d’histoires courtes que le disert Edmond vient d’affirmer sa propre veine narrative! Des short stories à l’anglaise, peut-être conçues dans le sillage caustique et drolatique d’un de ses auteurs préférés: Saki, alias Hector Hugh Muro (1870-1916). Un maître de l’humour noir qui inventa, entre autres, le personnage fringant de Clovis Sangrail, un expert en facéties auquel notre conteur révélé est en droit de s’identifier.

Qu’un acteur soit tenté par l’écriture, rien de plus naturel. Donner chair et voix à des mots qui ne vous appartiennent pas, mais à des dramaturges qui ont pensé à votre place, pourquoi à la longue ne pas en devenir un? Ce fut la théorie triomphante d’un certain Molière, d’un Roland Dubillard, du Genevois Michel Viala, décédé le 22 août passé. Plus nombreux sont ceux qui, franchi le cap de la célébrité, optent pour la prose autobiographique, très souvent assistée, et qui n’est point littéraire comme la romanesque. L’art du roman est une aventure autrement plus risquée: il réclame de la verve, de l’imagination descriptive et stratégique - pour les rebondissements. Plus difficile encore est la discipline de la nouvelle, à laquelle s’est courageusement, et brillamment, astreint Edmond Vullioud, car sa loi première est bien entendu la concision éloquente. Ou comment, en un seul paragraphe, dire et faire ressentir le plus de choses sans rien résumer. Concision donc,  et ciselure: l’auteur des «Amours étranges» (Jean-Louis Kuffer en a fait un compte rendu précis et lucide dans 24 heures du 3 août) n’est pas orfèvre, pourtant il sait diablement ciseler. Explication: il est né, le 26 novembre 1956, à la vallée de Joux, une patrie d’horlogers.

Edmond Vullioud: Les amours étranges, l’Age d’Homme, 224 p.

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L’auteur lira des extraits de ses nouvelles dans le cadre du Livre sur les quais, le samedi 7 septembre, dès 13h30, à la Librairie, Morges.

 

 

Commentaires

... À ne pas confondre avec Roland Vouilloz, un autre grand acteur romand.

Écrit par : Baptiste Kapp | 31/08/2013

Ah!... On dirait qu'a a à s'exprimer!

Mais qui devrait dégager? S moi? S un autre?

Mon Dieu! Au K où c'est sur moi KK la rage (sur moi qu'a qu'a la rage), j'vais r'cevoir la lettre d'un avoK! Pourvu qu'ce n'soit pas çui du KKK.

Écrit par : Baptiste Kapp | 04/09/2013

En éliminant le commentaire de "a", le mien n'a plus aucun sens!

Il est à éliminer, lui aussi... et cela fait, icelui aussi. Merci!

Écrit par : Baptiste Kapp | 04/09/2013

Kafkaïens ces commentaires! Je n'y comprends rien (0_0).

Le masque et la plume?

Écrit par : Ambre | 05/09/2013

Pour Ambre,

Je comprends que vous ne compreniez pas!

Voici de quoi il retourne:
Après mon premier commentaite où je rends les lecteurs attentifs au fait qu'il existe non seulement un comédien nommé Vuilloud mais un autre qui, lui se nomme Vouilloz, un abruti ayant signé "a" a pondu un commentaire où il disait en termes très choisis qu'il exigeait qu'on lui lâche la grappe et que si ce n'était fait dans les délais les plus brefs, il enverrait ses avocats... D'où mon second commentaire.

La jolie prose de "a" ayant disparu, il me semblait logique que mon second commentaire fasse de même. Mais il est probable que la censure automatisée n'ait pas prévu de tels subtilités, ni la perversité d'un persifleur capable de répondre à des gens tels que "a"... Gens qui ne valent pas un "p" !

Écrit par : Baptiste Kapp | 07/09/2013

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