28/12/2013

Emballages d’étrennes, déballages familiaux

 

Noël est derrière nous et sa fièvre sur le point de tomber. Les ampoules à LED multicolores illuminent encore les platanes de la ville, ses vitrines embarbouillées de neige synthétique, mais leur éclat s’est terni. Elles aussi ont mal au foie et tendance à pécloter. Elles resteront pourtant allumées jusqu’au lundi 8 janvier, le surlendemain de l’Epiphanie. Elles impressionneront moins le badaud que les bennes à ordures ménagères sur les trottoirs: nos vertueux sacs-poubelle blanc et vert s’y empilent jusqu’au ciel – piètre hommage à Notre Seigneur après son anniversaire! Quoi que vus de loin, si l’on cligne les yeux, on imaginerait des cornets de glace vanille-pistache. Ou des clochers russes à bulbes de Novgorod.

 

Plus monstrueux sont les conteneurs que la voirie destine au recyclage du papier. J’avise celui de voisins à l’avenue des Alpes: il y érige en colonne un agglomérat de cartons laminés ou ondulés, ou bouillis, ou contrecollés. Une sculpture-épouvantail - comme des émirs en achètent à l’encan chez Christie’s ou Sotheby’s. Elle s’entrelarde de papier sulfurisé, de papier de soie faufilé de ruban vermillon, de papier kraft, de papier à motifs étoilés. Que sais-je? de cartes de vœux musicales qui ne carillonnent plus, de cheveux d’ange tombés du sapin, de boules phosphorescentes brisées en raison d’infidélités conjugales («ta nouvelle secrétaire, vieux salopard, je l’écraserai de mes talons comme ça!»).

 

Sans vouloir m’ingérer dans l’intimité du ménage Ganguilloux, dont les cris nocturnes retentissent dans tout un quartier, je l’invite à réveillonner la prochaine fois avec plus de douceur. Avec de la pitié surtout pour des ornements qui étaient censés réenchanter l’atmosphère familiale. Ce qui me navre davantage est de savoir en miettes tout le savoir-faire méticuleux auquel s’étaient vouées, avec doigté et expérience, des demoiselles de librairie, ou de confiserie, préposées à l’emballage des cadeaux.

 

Ma conscience écologique me rappelle enfin que ces éléments décoratifs sont fabriqués à partir de polystyrène, de polytéréphtalate, de PVC, d’acryliques, de revêtements d’aluminium, etc.

 

Autant de poisons qui déshonorent mère Nature, et ne font pas sentir bon les lendemains de Noël.

 

Commentaires

les conteneurs que la voirie destine au recyclage du papier...Elle s’entrelarde de papier sulfurisé, de papier de soie faufilé de ruban vermillon, de papier kraft, de papier à motifs étoilés. Que sais-je? de cartes de vœux musicales qui ne carillonnent plus, de cheveux d’ange tombés du sapin, de boules phosphorescentes brisées.

Les Lausannois n'ont pas l'air d'avoir compris la notion de triage des ordures. Plus facile de donner des leçons sur les loups des montagnes ou les maquereaux des cimes, pas vrai ?

Écrit par : Géo | 29/12/2013

Merci! La paille et le "goût" étaient plus sains pour la santé du nouveau-né. Aujourd'hui, c'est dans ce type d'abris empoisonnés que Jésus continue de "naître".

Écrit par : cmj | 29/12/2013

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