03/05/2014

Traitement de luxe pour le toutou

Des ordonnances ont été mises en consultation par l’Office fédéral des affaires vétérinaires visant à accorder plus d’espace aux chiens dans les voitures. Quoi de plus pitoyable que le gémissement de Radomir, le dogue que votre cousine Cilette confine sur le siège arrière de sa petite cylindrée pour des escapades pétaradantes dans les préalpes chablaisiennes? Devenu adulte, il reste son «petit babichon», même s’il pèse 100 kilos et mesure 80 cm au garrot. Transbahuté, il est contraint de replier à chaque virage ses pattes oblongues et son encombrante musculature.

 

Si le projet devient loi, Cilette devra aussi agrandir et surélever la niche qu’elle lui a assignée au fond du potager: une maison de poupée en bois peinturlurée avec amour. Mais juste capable d’abriter un king-charles ou un chihuahua de poche. Le géant Radomir pourra enfin s’y tenir debout, ou «couché sur le côté, les pattes tendues».

 

Ces exigences fédérales sont élémentaires. Elles ont pourtant été devancées depuis longtemps par des idolâtres de l’espèce canine: une Lady Astor déshéritant ses enfants au profit d’un sloughi de salon asthmatique mais au collier serti d’émeraudes, et qui leur survivra… Un menu Dog’s delight, conçu par les maîtres-coq du paquebot Le Normandie, sur la ligne New York - Le Havre en 1936, qui se déclinait en un os de côte de bœuf, une portion copieuse de jambon et du veau premier choix.

 

Plus récente, une épicerie berlinoise du quartier résidentiel de Grunewald mijote des plats pour toutous gourmets, à base de dinde, de génisse, de kangourou. Fraîchement coupées au couteau, ces viandes s’accompagnent de brocoli, de baies de canneberge, de patates en purée. Elles sont disposées dans des barquettes qui coûtent 6 euros, une dizaine de nos francs.

 

Le double du sandwich que j’achetai l’autre jour à un confiseur de la rue de Bourg pour tromper une petite faim. Or sans avoir le temps d’y goûter, je l’offris à un SDF accroupi sur le pavé qui visiblement en avait une grande. Le jeune errant l’accepta de bonne grâce, mais pour n’en ronger lui-même que la mie. Il avait lâché la garniture d’œufs et de poulet à un gros corniaud ébouriffé et baveux qui lui servait de Cerbère:

 

-        Mon chien a plus besoin de protéines que moi, Monsieur. Il me protège.

Commentaires

"6 euros, une dizaine de nos francs." Ah l'euro a bien baissé, mon bon monsieur. A moins que ce soit le franc suisse qui monte...
Votre histoire me rappelle ce guide yverdonnois heureux propriétaire d'une Mini (à l'époque où elles l'étaient vraiment...) et d'un gros saint-bernard,assis à l'arrière et qui avait la bonne habitude de poser sa grosse tête sur l'épaule du malheureux auto-stoppeur...

Écrit par : Géo | 03/05/2014

Oui, Fibo et Lièvre sont plus faciles à nourrir, car strictement végétariennes, mais tout aussi fins gourmets que l'était Blanchon : n'aiment pas les carottes, apprécient les pommes de la variété gala et les poires conférence. Sans oublier le trèfle, le foin, les caroubes séchées, les flocons de petits pois et j'en passe... :-)))

Pour l'euro, Géo a raison, 6 euros / 10 francs, c'était il y a 6 ou 7 ans.

Écrit par : Inma Abbet | 03/05/2014

N'y a-t-il pas une loi, à Lausanne, qui interdit de nourrir les SDF pour éviter leur prolifération ? A moins qu'il s'agisse des pigeons... J'ai quitté cette ville il y a longtemps, je dois confondre.

Écrit par : Rabbit | 05/05/2014

Ah les dames pigeon, quel fléau ! Mais on en a la nostalgie quand on pense aux dames mendiants ou Rroms...
On devrait leur fournir des tamagotchis mendiants ?

Écrit par : Géo | 05/05/2014

Vous pensez qu'après les sandwiches de Manuel, il va aussi leur distribuer des macarons Ladurée ?
Certes, Gilbert est altruiste, généreux et secourable, mais une crainte largement répandue en Chine est que sa prodigalité le conduise à la ruine. Pas chez vous ?

Écrit par : Rabbit | 07/05/2014

J'imagine que si un SDF donnait la meilleure partie du sandwich que je lui aurais offert à son chien, je m'abstiendrais de recommencer. J'irais acheter une boîte pour de pâtée pour chien...

Écrit par : Géo | 07/05/2014

D'autant plus qu'un nutritionniste pour chien pourrait s'offusquer de l'équilibre alimentaire du snack et faire un procès au donateur par l'entremise d'une ONG chicanière et cupide. Vous en connaissez ?

Écrit par : Rabbit | 07/05/2014

Si j'en connais ? Toutes les dames-pigeon, mendiants ou Rroms ont leur ONG à elles de nos jours. La grande majorité des ménagères ont leur ONG bien à elles pour aller faire des voyages au Burkina, champion du monde de l'accueil de la ménagère vaudoise et européenne reconvertie dans le voyage humanitaire...

Écrit par : Géo | 08/05/2014

Et qui paie ? Le contribuable, sans doute, puisque ces gens sont à l'Etat ce que le rémora est au requin.

Écrit par : Rabbit | 08/05/2014

Sûrement un peu, mais je reçois régulièrement de jolies brochures qui vont dans le sens de me faire les poches. Mais vous me connaissez, elles ne risquent pas grand chose...
Je peux vous les transmettre, si vous vous sentez une âme d'idiot utile ou de cochon payant.

Écrit par : Géo | 08/05/2014

Merci, j'ai mes pauvres, comme on disait sous la Régence.
Cela dit, ce genre de truc ne marcherait pas en Chine. Car, même si tout le monde cherche à y arnaquer tout le monde, il faut être beaucoup plus subtile pour faire du bénéfice: innover, se démarquer, être créatif. Ils réinventent constamment le marketing mix.

Écrit par : Rabbit | 08/05/2014

LES PRIORITÉS.

Voilà que nos grands gnollus,
Que, bêtement, nous avons élus
se comportent en petits barbares.
Débatteront confort des clébards,
traitement des grands chiens,
Meilleur que celui de certains hommes
Traités tels des bêtes... Pire que chiens.
Pourtant, aussi êtres-humains… Ces hommes!

Écrit par : Père Siffleur | 16/05/2014

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