10/09/2014

Nos écoliers ne sont pas des sots

Une modification envisagée de l’enseignement des langues à l’école primaire menacerait rien moins que notre cohésion nationale! En Thurgovie, on supprimera le français au profit de l’anglais. Par retours de ping-pong, de grandes voix romandes lancent une réciproque diamétrale: et si l’on faisait de même, en inculquant à nos marmots francophones la langue de Shakespeare (ou de Wall Street), en renvoyant à des classes plus tardives l’apprentissage de celle de Goethe et Dürrenmatt. Cette polémique a empoisonné un plein été acrimonieux sur un fond de météo lui aussi maussade. Il en flotte encore dans l’air, depuis la rentrée, une malicieuse odeur de poudre guerrière. Dieu merci, elle s’est vite résorbée sans effusion de sang dans les salles de maîtres, ni dans les cours de récréation. Des élèves de la sexagénaire Yolande Michoux ont retrouvé d’anciens petits camarades dans la classe de la jeunette Fanny Gorgerat, aux cheveux d’or et à gambettes en fuseau. Si cette «grande sœur» ne se n’était désastreusement étalée par terre, avec ses dossiers brodés de post-it multicolores, elle ne serait pas devenue en trois jours leur enseignante la plus estimée. «Elle s’est cassé la gueule devant nous, avec une grâce de clownette; nous avons tous ri, elle aussi!» Paradoxalement, c’est par cette pitrerie involontaire que cette novice de Fanny parviendra à faire aimer à ses ouailles les plus récalcitrants, les plus butés, les subtilités sournoises de la grammaire maternelle française. Et jusqu’aux accords du participe passé.

Moins régulier, et moins séduisant avec sa calvitie ronde mangée aux tempes d’un lichen gris-roux, et son accent prussien, le prof d’allemand Max Fuchs, remportera auprès des mêmes moins d’affection et d’écoute. Faudra-t-il un jour congédier ce faux rustre des classes primaires? Ce serait un désastre pédagogique. Ou prétendre que nos plus jeunes écoliers sont des idiots incapables d’enregistrer simultanément, dans leur cervelet encore en évolution, des syntaxes différentes.

Quel mépris envers l’enfance! Une fois adultes, nos mioches se réintéresseront à nos vieux lieux communs pour les décrasser à leur façon!

Ils réinventeront l’intelligence humaine.

 

 

Commentaires

C'est assez cocasse de voir cette attitude effarouchée de ceux qui prônent quotidiennement l'ouverture au monde, l'internationalisme etc. Quoi ? L'anglais menacerait la cohésion nationale ? Ainsi donc, en ne se comprenant ni en allemand, ni en suisse-allemand et ni en français mais en anglais on ajouterait de l'incompréhension. Cela demanderait des explications.
L'anglais est une belle langue, le français aussi mais fichtrement plus compliqué, à moins de s'en tenir au parlé.
Les jeunes ont envie d'apprendre l'anglais et de se comprendre partout, quel mal à ça ?
Après tout si les Alémaniques délaissent le français ils se pénalisent eux-mêmes lors de leurs vacances en France, tandis que les Romands, avec le français et l'anglais, question loisir, c'est assez universel.
Évidemment question boulot ce n'est pas pareil et là on doit rester attentif au fait que dans l'industrie, en Suisse romande, l'allemand est indispensable. Ce n'est pas le cas du français dans les entreprises alémaniques, c'est injuste mais c'est ainsi. Dans beaucoup de cas la plus grosse part de marché des entreprises romandes, se trouve en Suisse allemande, déjà rien que le vin...

Écrit par : Christian Favre | 11/09/2014

"la plus grosse part de marché des entreprises romandes, se trouve en Suisse allemande, déjà rien que le vin..."
"c'est le 11 octobre 1464 qu'eut lieu la première incursion des troupes bernoises jusqu'aux rives du Rhône. Commandés par Nicolas de Scharnachtal, 300 soldats bernois et des mercenaires du Gesseney et des Ormonts, armés d'arbalètes et de couleuvrines occupèrent Bex un beau matin et mirent à sac la maison d'un membre de la célèbre famille des Asperlin, beau-fils des de Rarogne, alliée à la Savoie contre l'évêque de Sion. Cet Asperlin avait contracté des dettes envers Berne qui en exigeait le remboursement. Cette expédition militaire donna lieu, par la suite, à un procès organisé par les autorités savoyardes et il semble bien, à en relire attentivement les pièces que les Bernois rencontrèrent certaines complicités dans la région. Du reste, les vieilles légendes traduisent souvent mieux le sentiment populaire que les pièces officielles des archives et la légende veut justement que les Bernois ont été accompagnés jusqu'à Ollon par des Bellerins soucieux de leur faire apprécier la qualité de leur vin.
Tiré de "Bex, du régime bernois à la révolution vaudoise" René-Albert Houriet.

Trois remarques ou question :
1. Les Bellerins se rendaient déjà compte que le vin d'Ollon est supérieur au leur.(Remarque qui souligne fortement l'utilité d'avoir un pseudo...)
2. Les gens savaient à l'époque comment traiter ceux qui ne remboursent pas leur dette...
3. Et ils correspondaient comment entre eux; en latin ???

Écrit par : Géo | 11/09/2014

1. On ne demande qu'à goûter.
2. Effectivement, comme au Katanga, les mercenaires sont payés pour ça.
3. De Saanen à Gsteig, tout le monde est polyglotte.

Quoi qu'il en soit, le français et l'allemand seront des parlers régionaux à la fin de ce siècle (que Malraux prédisait "spirituel"). Et le Mandarin standard (Putonghua), la langue comptant le plus de locuteurs dans le monde. Le débat allemand-français est donc aussi baroque que la querelle entre les Anciens et les Modernes à la fin du XVIIe siècle.

Écrit par : Rabbit | 11/09/2014

"Le débat allemand-français est donc aussi baroque que la querelle entre les Anciens et les Modernes à la fin du XVIIe siècle."
Ah si vous saviez comme c'est faux ! Mais vous savez que je suis assez bien placé pour savoir à quel point. Depuis tout petit, j'ai été confronté à la véritable haine des "élites" vaudoises contre certains artistes admirés par le peuple vaudois mais profondément détestés par l'aristocratie lausannoise, sous influence de l'ego hypertrophié du pape culturel suédois de ce canton...

Écrit par : Géo | 11/09/2014

Je connais quelques familles d'émigrés suédois de ce canton, ayant fuit le socio-totalitarisme de leur pays. Mais, quant à avoir élu un pape culturel, j'en reste pantois (flabbergasted: retenez ce mot). Voilà deux ans que je trotte autour du globe, et des choses aussi importantes que celles que vous me narrez m'auraient échappées ? A moins qu'il s'agisse d'événements anciens que vous ressassez depuis un demi-siècle à l'ombre de votre clocher. Il vaudrait mieux poser votre sac et reprendre votre bâton. C'est pas sain d'habiter dans un pays aussi étriqué: dès que vous changez de position, vous dérangez quelqu'un.

Écrit par : Rabbit | 11/09/2014

Moi, je le connais :-) Il vient de "Yankee Doodle Dandy"... J'adore l'expression, mais je n'ai jamais eu l'occasion de l'utiliser.

Écrit par : Inma Abbet | 11/09/2014

Bon, alors combien de fois avons-nous par exemple entendu un socialiste évoquer Anker, le peintre de Blocher, avec un rictus de mépris ? Chaque fois qu'un socialiste parle de Anker... Et il n'y aurait plus de querelle des Anciens et des Modernes ! la politique de tous les jours est basée sur cette contradiction, si on veut bien se donner la peine de la traduire en conservateurs vs progressistes. Mais cela continue dans l'Art, vous n'avez qu'à lire les controverses de mon ennemi personnel n°1 face à Gavrard-Perret...

"C'est pas sain d'habiter dans un pays aussi étriqué: dès que vous changez de position, vous dérangez quelqu'un". Ben oui, c'est assez proche de mon analyse, même si j'habite un quartier populaire et sympathique, loin des pelouses des zones villas entourée de thuyas avec sapins bleus. On va attendre le retour de petard pour discuter de la Lusitanie et des avantages comparatifs des vins portugais face aux vins suisses. On vous fera signe et connaissant petard, je suis sûr qu'il sera de mon avis et de celui d'Houriet sur les vins de la région, bien qu'il en tienne plutôt pour Yvorne comme beaucoup de nos concitoyens...

Écrit par : Géo | 11/09/2014

"quant à avoir élu un pape culturel," Jamais entendu parler de l'Encyclopédie vaudoise ?

Écrit par : Géo | 11/09/2014

Il en a probablement entendu parler, mais, du point de vue de Rabbit, la Suisse romande dans son ensemble équivaut à un quartier de Shanghai, alors je ne crois pas qu'il en ait un grand souvenir.

Écrit par : Inma Abbet | 11/09/2014

Cela dit, l'avant-dernier livre de Luc Ferry offre un aperçu très intéressant de l'histoire de l'art moderne et de la notion de rupture, en évoquant tout ce qui se faisait comme art expérimental vers la fin du XIXe siècle, par des artistes qui ne se prenaient pas au sérieux et qui n'étaient pas davantage "engagés". Ce mépris de tout ce qui représente quelque chose, de tout ce qui est classique, reconnaissable ou enraciné dans l'histoire d'un pays, d'une région, vient précisément de cette mauvaise compréhension de la modernité des artistes du XIXe siècle. Pour eux, c'était une plaisanterie, une façon de tourner en dérision des styles et des modes bien établis et intouchables. Aujourd'hui, cette modernité drôle et potache s'est transformé en vacuité nombriliste, prétentieuse et politiquement correcte, qui met en avant un côté "rebelle", en réalité vieux d'un siècle.

Écrit par : Inma Abbet | 11/09/2014

"s'est transformée"

Écrit par : Inma Abbet | 11/09/2014

"Pour eux, c'était une plaisanterie, une façon de tourner en dérision des styles et des modes bien établis et intouchables."
Cela ne s'applique pas vraiment à Anker,Hodler, Burnand ou qui-vous-savez. Il y avait une part d'ethno-artistes chez eux. Les photographes ont repris le genre, mais l'homo contemporain a de la peine à se représenter le rapport à l'image des gens du passé. Il faut être allé en Afrique, dans des villages où les enfants n'ont jamais vu de Blancs et très rarement de voitures, pour observer leur attitude : ils se regroupent devant la carrosserie rutilante, fierté du chauffeur, et se regardent danser, ce qu'ils font pour la première fois de leur vie. Ceci au Mali, au Burkina, en Guinée, en Mauritanie comme en Angola et au Mozambique, pour parler de ce que je connais...
De retour à leur case, pas d'image nulle part. Leur mère possède deux ou trois poteries et un peigne, et cela s'arrête là. Mais nous sommes tous égaux dans ce monde merveilleux, bien sûr. De nos jours, l'art visuel n'existe plus. Plus aucune image ne peut provoquer de véritables émotions sur nos esprits saturés. Celle qui m'a dit qu'elle avait passé une journée devant Guernica au MoMA s'est admirée elle-même admirant Picasso durant une journée et tout le monde peut vérifier que les lames minces de roches en lumière polarisée visibles dans l'atlas des roches magmatiques de Mc Kenzie, Donaldson et Guilford sont d'une beauté qu'aucun artiste humain n'égalera jamais...
"la Suisse romande dans son ensemble équivaut à un quartier de Shanghai" Rabbit doit probablement se souvenir qu'en Suisse romande, il y a le BBL, les Opéra de Genève et de Lausanne, le Montreux Jazz Festival, l'abbaye de Saint-Maurice fondée en 515, la Fête des Vignerons tous les 25 ans et quelques autres trucs que cela m'étonnerait que chaque quartier de Shangaï dispose du même tonneau de culture. Mais bon, vous me connaissez, j'ai l'esprit ouvert, je vous écoute...

Écrit par : Géo | 12/09/2014

" Il y avait une part d'ethno-artistes chez eux. " Oui, les autres étaient à Paris et les monochromes, "ready made" et autres farces étaient leur oeuvre... Il y a eu la photographie et la multiplication/dispersion des images, mais aussi le curieux phénomène de leur vieillissement. On peut dater facilement une carte postale, même en absence de voitures ou de personnes. Question d'éclairage? De couleurs? Quelqu'un de ma famille, qui avait longtemps vécu sur un bateau, avait envoyé à sa mère des tonnes de cartes postales de presque tous les grands ports de la Péninsule Ibérique. Les cartes dataient de la fin des années 1960, et quand cette collection est tombée dans mes mains, trente ans après, j'ai clairement perçu l'anachronisme, même sur des vues de monuments qui existaient toujours. La photographie n'échappe pas aux modes dans les arts visuels.

Écrit par : Inma Abbet | 12/09/2014

J'ignore su Rabbit pense réellement cela :-))) mais il avait écrit un jour quelque chose de semblable par rapport à l'existence de deux chaînes de télévision publiques (!) pour une population aussi réduite.

Écrit par : Inma Abbet | 12/09/2014

Merci de vous souvenir de mon éphémère présence sur cette planète folle.
La population de la Suisse toute entière représente un tiers de celle de Shanghai. Le district de Pudong, où j'ai mes potes et mes pénates, en compte 5 millions. Je laisse Géo calculer le nombre de fois que son quartier populaire (et néanmoins sympathique, je n'en doute pas) devrait être dupliqué pour atteindre ce nombre. Et à propos des chaînes de télévision d'Inma, mon pifomètre indique un ratio de 1 chaîne pour 219'000 habitants. Mais on peut en pirater bien davantage, c'est certain.
Enfin, dans la série des "évents and cultural venues" proposée par Géo, ce qui m'attire le plus c'est l'abbaye. Depuis le temps qu'elle a du succès, on ne peut pas faire de faute de goût.

Écrit par : Rabbit | 13/09/2014

"on ne peut pas faire de faute de goût." Alors là, vous seriez étonné. Les Suisses sont de vrais génies dans ce domaine...
Ils viennent de restaurer l'endroit où se trouve le "trésor" de l'Abbaye. Je ne l'ai pas encore vu, mais je crains le pire, comme chaque fois que quelque chose est rénové. Vous avez déjà vu qqch de plus atroce que Gruyères ou la basse ville de Fribourg ? Ou le Rôtillon à Lausanne ?

Écrit par : Géo | 13/09/2014

Inma@ Pour les cartes postales en Suisse, ce n'est pas très difficile...Vous voyez un charmant village des années 50 ou un ensemble d'immeubles moches et de villas sans charme aujourd'hui, qui occupent quatre fois plus de place, vous savez facilement à quelle époque vous vous trouvez...

Écrit par : Géo | 13/09/2014

Ce serait donc un phénomène propre à une Suisse qui l'est trop?
Shit ! comme dirait Tintin. C'est vrai que Riquewihr et Saint-Paul de Vence ne s'en sortent pas si mal. Peut-être grâce au manque de moyens pour tout bétonner.
A part ces considérations (n)amibiennes, qui aurait assez envié le charme d'un village, dans les années 50, pour aller y vivre? Lausanne faisait aussi dans le rustique ces années-là, avec les barres pour attacher les chevaux du marché à la Riponne.
Vous nous faites une dissolution de la temporalité, il faut réagir! Une croisière jusqu'au Cap de Bonne Espérance est toute indiquée. Et faites escale à Walvis Bay, pour une bouteille d'Yvorne
avec le sussigné.

Écrit par : Rabbit | 13/09/2014

"Soussigné": j'aurais dû anticiper l'enchaînement.

Écrit par : rabbit | 13/09/2014

"Il y avait une part d'ethno-artistes chez eux. " Oui, les autres étaient à Paris". Ils sont tous passés par Paris. Il n'est pas méprisable pour certains de se dire qu'il y a peut-être qqch à faire ailleurs. D'autre part, l'exil a bien profité à pas mal d'entre eux : Courbet, Cézanne...La montagne de Ste-Victoire ne se trouve pas à Ménilmontant, que je sache...

"qui aurait assez envié le charme d'un village, dans les années 50, pour aller y vivre?" Pour qqn qui déclare qu'on peut vivre partout, à condition de n'y pas travailler, vous avez encore du chemin à parcourir pour résoudre vos contradictions...

Écrit par : Géo | 13/09/2014

"qui aurait assez envié le charme d'un village, dans les années 50, pour aller y vivre?" Mais alors, où aller vivre ? A Lausanne ? Quand j'ai fait le gymnase, il n'y avait que deux établissements dans ce canton, la cité et son Père fouettard et le Belvédère et ses nombreuses classes des plus beaux spécimens féminins du canton. Comme j'ai toujours eu de la chance dans la vie, je suis allé au Belvédère et j'ai vécu six ans avec l'une de ces charmantes, par la suite...
Par contre, les Lausannois de sexe mâle étaient pour la plupart ridicules dans leur attitude de mépris "parisien" envers nous, pauvres provinciaux d'Yverdon ou d'Aigle, Vevey, Montreux, etc...
Et c'est vivre parmi ces Lausannois qui se la pétaient un max que vous auriez trouvé intéressant ? Les Parisiens sont déjà passablement ridicules dans leur arrogance, d'autant que si vous y regardez de près, ils ne sont pour la plupart parisiens que depuis quelques mois et viennent en fait de Troudebal-les-Bains-de-pied. Les vrais Parisiens sont à New-York ou à l'ìle Moustique...
Mais alors les Lausannois qui se prennent pour des parisiens de province...

Écrit par : Géo | 13/09/2014

Effectivement, Géo, cela me touche énormément. Mais, il n'y a de contradiction que l'on ne puisse résoudre par un paradoxe. Je travaille moi, Môssieur ! J'ai un visa "Z" d'expert étranger pour la Chine (difficile à obtenir, il faut des preuves en béton) et je vise la Green Card (encore plus difficile, il faut des relations à Beijing). Et si je bouffe du sable en Namibie, ce n'est pas en draguant les meerkats (quoique je ne saurais différencier mâle et femelle).

Ce que vous écrivez sur Lausanne m'a bouleversé. Considérant notre différence d'âge (qui mériterait un ton plus respecteux à mon égard), l'année où vous commenciez à vous déniaiser au Belvédère, j'arrivais au Sénégal (pour travailler, pas pour draguer les fatous). Donc, ce qu'il en est de la situation politique & sociale de Lausanne à cette époque, a autant d'importance pour moi que mon dernier billet d'avion.

La morale de l'histoire, c'est que je n'aurais maintenant plus besoin de travailler pour couvrir mes onéreux besoins. Ce qui fut le cas dans le passé. Et ça, c'est un paradoxe, non une contradiction.

See you.

Écrit par : Rabbit | 14/09/2014

Je ne crois pas qu'il y ait une différence d'âge significative entre nous, Vieux Lapin. En tout cas, relativement à la génération dominante des idiots Y, je suis très vieux. On sent cela au fait que les jeunes et belles femmes évitent de vous regarder et les vieilles moches vous dévisagent avec gourmandise...
Eh oui, la concupiscence s'inverse avec l'âge.
Parenthèse lettreuse : mon prof de français et grec nous demandait avec une certaine gourmandise comment les précieuses ridicules prononçaient " concupiscent", elles qui voulaient éviter les syllabes déshonnêtes...
Perso, j'aimerais bien travailler. C'est les autres qui veulent pas.
1. Ma zone d'intervention recouvre l'aire d'influence de Al Qaeda ou de l'Etat islamique. Je n'ai pas peur de la mort, mais je ne veux pas mourir n'importe comment. Par exemple, je m'interdis de mourir dans un accident de la circulation. Et de crever comme un chien après deux ans de tente surchauffée, pas pour moi. Je veux bien retourner dans ces terres, mais avec une arme pour détruire un maximum de ces nazis islamistes. Sauf que ce n'est plus de mon âge...
2. J'ai postulé pour la SNV pour un poste à Nampula qui ressemblait à 99% à celui que j'avais occupé à Pemba, 120 km plus au N. Ils ne m'ont même pas répondu. Absolument personne au monde ne pouvait être plus qualifié que moi pour ce poste. Que vous dire de plus ?

Écrit par : Géo | 14/09/2014

Faites comme moi, surfez sur la phase n° 2 de la globalisation: celle où la Chine rachète le monde, après avoir été payée pendant 20 ans pour fabriquer n'importe quoi (ce que mon gamin pourrait qualifier de "buyback", ou quelque chose dans ce sens). Les retardataires se bousculent encore pour la phase n° 1, mais c'est trop tard. Et il n'y a plus rien à leur vendre qu'ils n'aient déjà.

C'est bien vous, ça: Al Qaeda et le الدولة الإسلامية ! Toujours l'esprit de Losone. Venez plutôt faire couler de l'eau dans le lit de la Swakop et vous serez considéré comme le Messie (ou quelque chose dans ce sens). Ou, puisque vous êtes trop vieux pour le Rock n' Roll et trop jeune pour la retraite, commandez une unité de mercenaires et allez cultiver vos plates-bandes dans le الدولة الإسلامية.

Ah ! le bon temps de Jean Schramme et Bob Denard fait son retour. Tuez les tous, Dieu reconnaîtra les siens. Pan !

Écrit par : rabbit | 14/09/2014

Si cela ne vous fait rien, je vais continuer de chasser la girolle vers Taveyanne ou Sauxillanges et le bon vin du côté de la Navarre. J'y vais bientôt, vous êtes le bienvenu...
A ce jour, toutes les idées que j'ai pu avoir pour gagner de l'argent dans le monde actuel me coûteraient plus qu'elles ne me rapporteraient. Donc low profile et vie peinarde sont les deux mamelles du planqué. Trouver de l'eau à la Swakop est un jeu d'enfant, mais convaincre les financiers de réaliser votre projet est titanesque...
Me rappelle une histoire pas loin de la Swakop, tiens. Je me suis moi-même personnellement évacué de Huambo après les présidentielles de 92. La tension était si lourde qu'on pouvait nager dedans. J'ai croisé trois officiers de l'UNITA à Huambo qui m'ont dit "vai para casa..." avec un drôle d'air. J'ai dégagé dans le dernier avion des NU, un Learjet pour moi tout seul, dis donc. A Luanda, en attendant un vol pour l'Europe, j'étais au Président. Pas besoin d'avoir lu Hemingway pour aimer les bars des hôtels, surtout quand on n'a rien d'autre à faire... J'y croise un type, un Suédois, qui joue les mystérieux mais qui me cuisine quand je lui dis que je suis hydrogéologue. Il me fait comprendre qu'il y a beaucoup d'argent à se faire dans l'eau en bouteille (c'est le domaine de son père...) et me demande si je serais intéressé à chercher le meilleur endroit en Angola pour ce genre de production. La proposition m'a plu, j'ai appelé le garçon et lui ai demandé où les Portugais avaient une source pour l'eau en bouteille.
- A Catumbela, Senhor.
Fin de l'expertise. Je ne serai jamais un bon consultant. Mais notre société est en train de mourir de leurs sournoiseries, à part ça. Et pas une seule mine d'or en Afrique a été découverte par des géologues : ils se sont contentés d'étudier la zone où les naturels faisaient de l'orpaillage depuis des siècles...

Le Suédois, le lendemain matin, à la réception, il était en grand uniforme avec plein de galons partout. Il m'a avoué en rigolant qu'il était le pilote du jet privé de Dos Santos...

J'ai par la suite contacté deux fois Nestlé Waters pour le coup de l'Angola. La 1ère fois, une espèce d'arabisant très désagréable m'a envoyé péter sans autre forme de procès, la 2ème, c'était un hydrogéologue vaudois qui a pris bien soin de ne jamais me répondre.

Donc vive les chanterelles et le bon vin de Navarre. Et quand j'aurai plus de sous, je vous dirai adieu sans regret, vous me connaissez...

Écrit par : Géo | 14/09/2014

Des sous, il y en a, mais ce n'est pas en Suisse qu'il faut les chercher.
Les gens ont perdu le goût de l'aventure depuis que l'Etat les perfuse et que la SSR bloque leurs neurotransmetteurs. Laissez-les vivre comme ils veulent, c'est leur droit.
On risque bien d'avoir quelques gouttes sur la Swakop aujourd'hui. Pas de quoi remplir un dé à coudre, mais laissons faire la nature.
A-t-on des nouvelles de Calu Schwab?

Écrit par : Rabbit | 16/09/2014

Calu Schwaab plutôt que Schwab a sombré avec le Titanic, ou alors L'Etat islamique le détient en attente d'une future décollation ou alors il n'a plus envie de correspondre avec nous, Géo y en a trop méchant.
Vous savez ce que veut dire "endoréique", Rabbit ? Et Okavango, cela vous dit qqch ? Vous avez un fleuve qui passe sous vos pieds quelque part. Engagez des idiots pour le mettre en évidence, ou simplement lisez ce qui est déjà publié et faites fortune avec cette eau. Vous semblez nettement plus doué que moi pour convaincre les gens qui auraient les moyens de...

Écrit par : Géo | 16/09/2014

D'abord, je veux mettre de l'ordre dans l'écurie chinafricaine (chasse au gaspi), ensuite je détournerai les eaux de l'Okavango (on s'habitue à l'eau de mer, la densité de la population est faible, donc il n'y a pas de demande urgente).
Mais avant de transformer la Swakop en Nil, il faut acheter les terres à leur plus bas prix. Vous suivez ma pensée ? Je vous mets de côté des actions de la future société propriétaire. Ensuite vous pourrez emprunter les chemins de Saint-Jacques en jet privé, c'est plus commode en période d'affluence.

Écrit par : Rabbit | 16/09/2014

"on s'habitue à l'eau de mer" L'Okavango se perd dans les sables, et plusieurs scientifiques ont mis en évidence des canaux souterrains se dirigeant vers l'océan. Il ne s'agit donc pas d'eau de mer, mais d'un fleuve sans embouchure visible. Endoréique = qui coule vers l'intérieur.
Je me trouve bien patient avec vous, Rabbit. Je le serais moins le jour où je serai actionnaire de votre société. Et à propos, j'ai essayé de refiler mes actions pourries et sans valeur de cette station vaudoise qui met des canons à neige tous les 50 mètres au WWF, ils ont refusé. Étonnant, non ?

Écrit par : Géo | 16/09/2014

Eau: certes, mais la flotte avec laquelle je lave mon intimité provient de la mer après dessalement.
WWF: activité très lucrative.
Une bonne parole pour le dessert ?
"Suivant une remarque de Schopenhauer, la vie sociale est la forme la plus énergique du vouloir vivre universel. "L'État", dit quelque part ce philosophe, "est le chef-d'oeuvre de l'égoïsme humain". Le mot est vrai non seulement de l'Etat, mais de toute société. Un groupe social, quel qu'il soit, est férocement attaché à l'existence. II déploie, pour se défendre et s'accroître une avidité, une astuce, une ténacité, une cruauté, une absence de scrupule, absolument inconnues de la psychologie individuelle. Joignez à cela l'exposant d'hypocrisie dont s'affecte tout égoïsme collectif. Comme de la défense d'un Intérêt général qu'on érige en dogme sacré, toutes les fourberies et toutes les immoralités deviendront légitimes au nom de la Raison d'Etat, au nom de l'Impératif vital du groupe."
Georges Palante, "Précis de sociologie".

Écrit par : Rabbit | 18/09/2014

Très fûté, le dessalement. Savez-vous que l'eau qui en sort est trop pure et donc corrosive pour les conduites. Mais je ne sais pas ce qu'ils font là-contre. Cela n'empêche que le jour où on mettra le nez sur ce que deviennent les eaux de l'Okavango, cela va transformer la Namibie...
A propos de Schopenhauer, vous avez lu Irvin Yalom ("la méthode Schopenhauer") ?
Vous avez pris l'oeuvre intégrale de Philip Kerr avec vous ainsi que je vous le recommandais ? Et comment avez-vous trouvé "les Braises" de Sandor Marai ?

Écrit par : Géo | 18/09/2014

Môssieur Géo, je travaille 8 heures par jour et 7 jours par semaine!
J'ai à peine le temps de mettre le nez dans le Financial Times, pour voir où en sont les finances des sociétés à qui je veux vendre des engins proudly made in China. Pour celles qui sont à l'agonie, il faut attendre qu'elles soient rachetées par des fonds chinois. On en sort pas, le soleil se lève à l'Est.
A propos, le soleil est derrière moi quand je me place en direction du sud. On n'est pas habitué à ça quand on a passé une grande partie de sa vie sur les bords du Léman, c'est perturbant.
L'Okavongo s'écoule en direction du Bostwana, à vue de nez. Non? A moins que ce soit le Fleuve Jaune. Je mélange tout, c'est le soleil.

Écrit par : Rabbit | 19/09/2014

"A propos, le soleil est derrière moi quand je me place en direction du sud." Le pire, c'est les saisons. Je me suis évacué d'Angola pour cause de guerre en 92 (octobre) dans le même avion que le chef de délégue de la Quique Raide qui partait à Genève avec dans sa serviette un budget optant pour la version "paix". Il était en T-shirt et j'ai du lui filer un pull à Piogre. Comme quoi, on peut se gourrer sur tous les tableaux...

Écrit par : Géo | 19/09/2014

Je connais le truc: vous lui prêtez un pull dans l'avion, puis vous partez avec sa serviette quand il est en train de vous rendre le pull à l'aéroport. Il faut être rapide. Un truc à ne jamais essayer avec un gangster chinois, par contre.
Il n'y a plus de saisons, je n'ai jamais imaginé que l'on pouvait avoir aussi froid en Afrique en été.
Est-ce qu'il va neiger en décembre ? A Piogre, bien sûr, où je serai pour la distribution des biscômes par le Père Noël.

Écrit par : Rabbit | 19/09/2014

"je n'ai jamais imaginé que l'on pouvait avoir aussi froid en Afrique en été." Peut-être parce que précisément vous êtes en hiver ?

Écrit par : Géo | 19/09/2014

"Un singe en hiver" (1962) avec Jean-Paul Belmondo et Jean Gabin, réalisation d'Henri Verneuil d'après le roman d'Antoine Blondin. Que du beau monde. Ce qui me fait penser que je n'ai plus aperçu les singes qui baguenaudaient dans le lit à sec de la Swakop. Ils sont sans doute partis vers le nord pour avoir plus chaud ? Il n'y a de contradiction que l'on ne peut résoudre par un paradoxe (bis).

Écrit par : Rabbit | 20/09/2014

Swakop river : source Erosberge (Otjozonjati). Faut en parler à DSK, cela devrait lui plaire, à ce vieil obsédé. Imaginez un peu ça, un eros center dans les erosberge patronné par DSK. Tous les tarés amateurs de cornes de rhinocéros afflueraient...et comme ils sont pour la plupart chinois...

Écrit par : Géo | 20/09/2014

Inma@ Je me trouve obligé de retourner ma bibliothèque, et comme tout le monde, un peu comme quand on consulte un dictionnaire, je furète. Et dans l'ouvrage "Le Pays de Vaud vu par les peintres" de Maurice Jean-Petit-Matile, je trouve p.96 sous "Eugène Burnand" :
"Comme Charles Gleyres et Frédéric Rouge, Eugène Burnand a pâti d'une longue désaffection, sinon du public (que l'on se garde de consulter!) du moins des critiques et conservateurs chargés de former, de guider le goût de ce même "public", un peu mythique en fait, puisque les expositions d'art d'avant.garde le font fuir et une rétrospective Bocion l'attire en foule..."

Il n'y a pas par ici que des cuistres culturels aux ordres du petit caporal suédois et son encyclopédie, comme vous pouvez le voir...

Écrit par : Géo | 20/09/2014

Chustement, j'ai lu dans l'Allgemeine Zeitung que plusieurs Chinois sont détenus en Namibie pour avoir tenté de sortir des cornes de rhinocéros du pays. Ils risquent 20 ans de prison. Passer 20 ans dans une prison africaine, ça c'est érotique !

Écrit par : Rabbit | 22/09/2014

Maintenant je vois QUI et QUOI vous mettent dans un pareil état. Vous avez une âme de microbiologiste, décidément !
L'Encyclopédie, j'en ai entendu parler en 1970-71. Un projet surfant sur le succès d'une Expo 64 qui a suscité des ambitions de grandeur dans le microcosme vaudois. Mais il me semble que les choses se sont bien tassées depuis, pas vrai ? La place du "fleuron des entreprises vaudoises" est au musée et l'ouest-lausannois, moteur de l'expansion, une friche industrielle.
Mais Franz Weber est toujours là: si le corps est moribond, l'esprit demeure.
Have a good day.

Écrit par : Rabbit | 22/09/2014

C'est vous qui avez abordé la querelle des Anciens et des Modernes. La perception de l'art contemporain par la plupart de mes justement contemporains ressemble furieusement à la description fort pertinente de ce monsieur Maurice Jean-Petit-Matile.
Et cela devrait, pour ce que je sais de vous, vous intéresser sérieusement. Qu'est-ce que l'art sinon un placement financier qui permet d'échapper assez facilement au fisc vorace des coriaces socialistes européens ? C'est la définition la plus plausible de l'Art que je puisse formuler. Si vous avez mieux...
"Passer 20 ans dans une prison africaine, ça c'est érotique !" C'est parce que l'on ne connaît pas les prisons chinoises que l'on dit ça...
Les prisons africaines, c'est comme l'enfer africain : un jour y en a pas de gasoil, un jour y en a pas d'allumettes : un jour y en a pas vaseline, un autre y en a trop fatigué et pas envie...

Écrit par : Géo | 22/09/2014

"L'Encyclopédie, j'en ai entendu parler en 1970-71" Oui, mais vous tombez dans une époque où tous les beaux esprits lausannois rendent hommage au petit caporal suédois.

Écrit par : Géo | 22/09/2014

Pourtant, Wikipedia me dit qu'il était fan de Me Regamey, lui-même grand Maurassien. On ne peut être proche des Maurassiens et Bonapartiste en même temps (contradiction).
Me Regamey portait des guêtres à cette époque, comme Oncle Picsou dans les BD. Je l'ai souvent vu au Tribunal Cantonal (non, pas Picsou).
Quand vous parlez des beaux esprits lausannois, de qui s'agit-il ? Depuis la disparition de Benjamin Constant, le recrutement est difficile: il faut engager du personnel étranger.
A propos d'art: j'ai été deux fois au Mauritshuis de La Haye, depuis que je suis établi en Chine (paradoxe), pour voir "La Jeune fille à la Perle" et "Vue de Delft". Et à chaque fois il était fermé pour transformation. Je vais y retourner dès que je pourrai échapper au désert namibien (ça c'est de l'obstination ou de la passion, comme on veut).
Il y a moins d'étrangers dans les prisons chinoises que dans les prisons suisses (contradiction ou paradoxe, vous pouvez choisir).

Écrit par : Rabbit | 22/09/2014

"Il y a moins d'étrangers dans les prisons chinoises que dans les prisons suisses (contradiction ou paradoxe, vous pouvez choisir)."
Il y a 70 % d'étrangers dans les prisons suisses. Et dans les chinoises, où ne vont en fin de compte et d'analyse que ceux qui n'ont pas été condamnés à mort ? Et vu le besoin d'organes de l'humanité riche...
De Regamey, je n'ai gardé que l'assertion selon laquelle, il y avait les clitoridiennes, les vaginales et les institutrices vaudoises...

Écrit par : Géo | 22/09/2014

Vous ne confondez pas Me Regamey et le Dr Tissot ? Quant au sort des prisonniers chinois, évitez désormais la lecture des journaux suisses, ça rend sourd.

Écrit par : Rabbit | 23/09/2014

"Vous ne confondez pas Me Regamey et le Dr Tissot ?" Onan soit qui mal y pisse...
Votre sinophilie vous rend aveugle. A défaut de sourd...

Écrit par : Géo | 23/09/2014

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