29/11/2014

Clartés contrastées de décembre

De plantureuses astrologues télégéniques qui se fardent à la diable, nous disent que décembre fait entrer le soleil dans la constellation du Capricorne. Un cataclysme paisible, si l’on permet cet oxymore: les dernières feuilles des marronniers lausannois tomberont sans fracas sur les trottoirs de l’avenue de Rumine. Et si le soleil devient enfin hivernal - plus blanc que blond - ce sera pour aveugler le randonneur endurci des dimanches. L’obliger à river ses yeux sur le bout fangeux de ses chaussures. Pour avoir désastreusement pataugé dans les sentiers détrempés du bois de la Dame, au départ de Thierrens, elles ont piètre allure dès qu’elles foulent le gravillon immaculé du cimetière de Neyruz-sur-Moudon. Un enclos modeste, mais où l’alignement géométrique des stèles funéraires fait rayonner une austérité délicieusement protestante. Le poète de Carrouge Gustave Roud aimait s’y asseoir sur un banc noir pour ne scruter que le ciel. Le ciel joratois, dont son œil juste déblayait les brumes en y repérant un bleu pur ancien. Le bleu marial de Nicolas Poussin, son peintre favori.

D’autres promeneurs sont moins délicats, se mouchent bruyamment jusqu’à faire s’envoler de la futaie les oiseaux de décembre. Par dépit le choucas lui renvoie des cris plus rauques encore.

Telles sont les joies grippales du dernier mois de l’an. En ville, elles sont moins élégiaques: les façades de magasins huppés tentent une énième fois de réinventer la magie de Noël, et rajeunir le calendrier de l’Avent que ma grand-maman trouvait déjà désuet dans les années soixante: «Ces petites fenêtres en carton sont ridicules, elles n’annoncent aucunement la naissance de Notre Seigneur.» Elle évoquait des lucarnes s’ouvrant sur des oursons en peluche, des angelots piètrement imités de Raphaël. Un demi-siècle plus tard, ces calendriers clignotent en panneaux géants sur les murs des cités. Ceux qu’on épingle à la cuisine sont plus miroitants encore et plus «trash»: ils ne révèlent que des tablettes électroniques, des muffins américains immangeables. Ou des figures légendaires non plus issues de l’Evangile mais de quelque guerre des étoiles. Le bon mage Melchior s’y est fait remplacer par un moins souriant Dark Vador.

 

 

 

 

Commentaires

"Un cataclysme paisible, si l’on permet cet oxymore", "austérité délicieusement protestante", "les joies grippales du dernier mois de l’an"...

Ach, se shooter à l'oxymore devant un bon feu de cheminée, une bonne pipe avec le tabac du haut de la rue de Bourg et un grog mettant en valeur les joies du rhum agricole marié à la lime après avoir labouré les grasses sentes du Gros-de-Vaud.
Une image archétypique du lettreux qui devrait figurer dans un calendrier de l'Avent à la place de Dark Vador...

Il parait que je suis originaire de Montanaire, depuis mon passage à la voie du chariot; ça fait un choc, d'autant que je pense toujours à mon ex-femme bruxelloise qui se retrouvait originaire de Thierrens qu'elle prononçait à la flamande (pour rigoler).

Écrit par : Géo | 30/11/2014

Ce billet est merveilleux, ça devient un pléonasme de le dire quand on vous lit.
J'aime ce mélange de la tradition et du modernisme dans vos textes. J'aime que vous "sembliez" l'accepter et, même, ce modernisme vous inspire toujours un vocabulaire riche et harmonieux. Vivre avec son temps n'implique pas le rejet de temps plus anciens et vice-versa. C'est un bon exemple de "ne pas devenir un vieux c..";-)
J'aimerais tellement avoir cette élégance dans l'écriture, parfois, j'essaie et... le naturel revient au galop.

Écrit par : Ambre | 30/11/2014

A propos de précaution oratoire :
"Le pléonasme est une figure de style où l'expression d'une idée est soit renforcée soit précisée par l'ajout d'un ou plusieurs mots choisis qui ne sont pas nécessaires au sens grammatical de la phrase"
http://fr.wikipedia.org/wiki/Pl%C3%A9onasme
Votre première phrase ne colle pas mais je ne trouve pas le mot pour remplacer "pléonasme" dans ce contexte. "Évidence" ?

Écrit par : Géo | 30/11/2014

Le naturel est quelque chose de répétitif. Toute la littérature, depuis les poèmes médiévaux au roman réaliste, en passant par le théâtre classique est faite d'arrangement et d'artifice, c'est-à-dire, de lutte contre le naturel.

"Évidence" me paraît correct.

Écrit par : Inma Abbet | 01/12/2014

Aha ? Pourquoi ne pas laisser la pragmatique de l'action prendre le pas sur la sémantique de la règle...

Écrit par : rabbit | 01/12/2014

"laisser la pragmatique de l'action prendre le pas sur la sémantique de la règle..."
Pourquoi pas, en effet :
http://voxinox.ch/podcasts/bouillon/p.php?file=bouillon9.mp3

Écrit par : Géo | 01/12/2014

Merci Géo de ce témoignage bouleversifiant. J'ai certainement échappé à quelque chose, mais je préfère ne pas savoir quoi.

On va demander à Luc Boltanski, ce qu'il en pense: "Les personnes ordinaires ont appris au cours des siècles à vivre dans la duplicité, c'est à dire à faire la part des choses entre la reconnaissance d'une égalité formelle en temps que citoyen de l'Etat-nation, et le caractère effectif des différences statutaires qui placent chacune d'elles dans une position dont elle sait qu'elle ne pourra plus y échapper".

Pour m'en remettre, je vais aller manger de la tarte aux fraises sur la terrasse de la Schweizer Haus de Swakopmund. Sous le Tropique du Capricorne, cette fin de Printemps est magnifique (ce qu'évoque aussi Gilbert dans son billet, pour ceux qui comprennent l'usage du monde lorsqu'on va d'en-haut tout en bas).

Écrit par : rabbit | 02/12/2014

Allons, allons, vous n'êtes pas si ordinaire que ça...

Écrit par : Géo | 02/12/2014

Allons, allons ! je me sens aussi plat que la peau de tigre du Bengale devant la cheminée du salon-fumoir du Raffles à Singapour, aussi irréel que le quatuor à cordes du high noon tea au Four Seasons de Bangkok.

On a des nouvelles de Rabbit ?

Écrit par : rabbit | 02/12/2014

"On a des nouvelles de Rabbit ?" Lequel ? C'est un peu comme les Rochat à la Vallée...
Vous connaissez celle du type qui débarque à la laiterie des Charbonnières, avec un grand manteau en zibeline et une chapka en astrakan ? On est dans les années Khrouchtchev, nom que l'on sait à nouveau orthographier grâce à l'obligeance du sieur Poutine et du rapatriement de la Crimée (mais j'ai quand même eu besoin du correcteur...). Le type est grand, et d'une voix caverneuse façon Ivan Rebroff, il demande à la laitière si elle sait où habite Rochat ?
- Quel Rochat ? Il n'y a presque que ça, ici.
- Da, da. Mais si moi dis, "on entend hululer la cigogne le soir sur Brenet lacustre", cela vous dire quelque chose ?
- Ahhh, Rochat l'espion ! Oui, il habite la 2ème ferme à gauche sur la route du Solliat...
(spécial PS : made by Emile Gardaz Stories &Co)

Bon alors quel Rabbit ? L'espion en Namibie ?

Écrit par : Géo | 02/12/2014

A-t-on* des nouvelles de Rabbit** ?
Je viens d'apprendre que Rabbit r'habite le Raffles de Singapour. Je l'ai même entrevu non pas dans le fumoir, mais accoudé au bar. Là ou la hauteur (plusieurs centimètres) des déchets de cacahuètes jonchant le sol détermine facilement l'importance du chiffre d'affaire réalisé durant la soirée... Et le lendemain, après que tout soit redevenu propre, la clientèle reprend le large éparpillement des écales d'arachides.

* Aton: Dieu d'ancienne Égypte
** Rabbit: Dieu moderne du pragmatisme pour certains et de la sémantique pour d'autres.

Écrit par : Père Siffleur | 02/12/2014

"après que tout soit redevenu propre"
http://www.langue-fr.net/spip.php?article175
Les avis sont partagés. Quand j'étais jeune, le subjonctif après "après que" était clairement une faute...

Écrit par : Géo | 02/12/2014

C'est dans le désert que l'absence de Grévisse se fait le plus regretter.
Par contre, le Furetière de 1690 est truffé d'APRES QUE. Et on est en plein Grand Siècle de la langue françoyse. Alors ?
Pour qui sont ces censeurs qui sifflent sur vos têtes?

Écrit par : rabbit | 03/12/2014

Ça sonne bizarrement je trouve, l'indicatif après après que (0_0).
Pas de Grévisse dans le désert, "en revanche" pas de grévistes non plus;-)

"Par contre" ou "en revanche"?

http://www.langue-fr.net/spip.php?article71

Écrit par : Ambre | 03/12/2014

"Ça sonne bizarrement je trouve, l'indicatif après après que (0_0)"
Telle est justement la question.
Et vous en pensez quoi, de ce nouveau rabbit ?

Écrit par : Géo | 03/12/2014

"nouveau rabbit" (0_0)?

Quelque chose a dû m'échapper. Pourtant "la langue françoyse" est très "rabbitienne";-)

Écrit par : Ambre | 03/12/2014

On a des nouvelles de Rabbit ?

Écrit par : rabbit | 02/12/2014

Écrit par : Géo | 03/12/2014

Vous pouvez répéter la question ?

Ah oui ! on peut toujours remplacer le subjonctif par le présent de l'indicatif. C'est égalitaire par rapport à ceux qui seraient incapables de tricoter une phrase avec le plus-que-parfait du subjonctif. Et citoyen parce qu'on coupe la tête à tout ce qui dépasse.

"Les révolutions qui commencent sont en réalité des croyances qui finissent". C'est bon, c'est de Gustave Le Bon, "Psychologie des Foules". Ambre, vous souvenez-vous de ma formule à propos de la tombe des philosophes ?

Écrit par : rabbit | 03/12/2014

"Allons, allons ! je me sens aussi plat que la peau de tigre du Bengale devant la cheminée du salon-fumoir du Raffles à Singapour, aussi irréel que le quatuor à cordes du high noon tea au Four Seasons de Bangkok.

On a des nouvelles de Rabbit ?

Écrit par : rabbit | 02/12/2014"

Humour rabbitien : prendre de ses propres nouvelles (=_=) pour renforcer sa présence.
Ou réponse plus éclairée :

"Une question rhétorique (ou question oratoire) est une figure de style qui consiste à poser une question n'attendant pas de réponse, cette dernière étant connue par celui qui la pose."

Écrit par : Ambre | 03/12/2014

Oui ?

Écrit par : rabbit | 03/12/2014

Il me semble que l'indicatif suivant "après que", laissait entendre que l'action était accomplie, au lieu du subjonctif, suggérant qu'elle "pouvait" être accomplie, mais qui ne l'était pas nécessairement.

Écrit par : Inma Abbet | 03/12/2014

Voir le lien que j'ai mis plus haut :

"La syntaxe traditionnelle impose d’employer l’indicatif avec la locution conjonctive après que. Pourtant, dans l’usage courant, le subjonctif est de plus en plus employé, malgré la régression générale dont ce mode semble victime.

Ajoutons que, même pour les puristes, l’emploi du conditionnel est licite dans certains cas (valeur de futur dans le passé) : Il avait dit qu’il repartirait après qu’il aurait dormi un peu."

Écrit par : Géo | 03/12/2014

Magnifiques puristes!

Bravo! Notre langue se doit d'être défendue à n'importe quel prix!

Malgré tout, une chose m'étonne: c'est que pour "après que" il soit fait de telles "histoires" et que, dans le même temps, certains journalistes ou présentateurs radiophoniques et télévisuels nous servent à longueur de temps des "main'ant" et des "kilomèt'es". Et que, sur le Léman, une vedette officielle se pavane en jets d'écume avec "Border Guards" collé sur les flancs... Et malgré tout, après que chacun l'AIT entendu et vu, personne (ou presque) ne s'insurge ou n'en fait même la remarque... Et je ne parle pas des liaisons "mal t'à propos" qui émaillent les discours de ses fabuleux pros du verbe.

Écrit par : Père Siffleur | 03/12/2014

"La déliquescence des cultures précède la disparition des sociétés", voir votre blog du 20 mars 2008. Le temps (80 mois ½) et l'espace (12'000 km) n'altèrent en rien l'efficacité des espions namibiens (Géo dixit).

Border Guards ? J'aurais plutôt opté pour "Customs & Border Patrol", c'est plus chic. Et si personne ne s'insurge, c'est normal: d'ici un an ou deux ce sera écrit comme ça 海关边界线巡队. C'est le side effect de la globalisation. Right ?

Écrit par : rabbit | 03/12/2014

@ Rabbit : un de vos commentaires m'avait échappé et donc je réponds tardivement :
"Ambre, vous souvenez-vous de ma formule à propos de la tombe des philosophes ?"

Rabbit, siouplaît, arrêtez de me rappeler mon Alzheimer. Ouin. Non, je ne m'en souviens pas.

Écrit par : Ambre | 03/12/2014

Le main'nant, je le connais, assez agaçant, j'en conviens, mais j'avoue n'avoir jamais entendu le malt à propos, ni à tort, d'ailleurs :-))))

Écrit par : Inma Abbet | 03/12/2014

Ambre: si vous perdez la mémoire, qui va écrire ma nécrologie ? Géo a refusé d'écrire un thèse sur moi et le Père Siffleur vient de dynamiter ma statue à Pyongyang (il s'est trompé de cible, c'est l'Autre qu'il voulait…).

Écrit par : rabbit | 04/12/2014

Votre nécrologie?
Rabbit nous a laissé tomber. Encore une de ses pirouettes! Il va poursuivre ses pets (euh! pardon, ma langue a fourchée), il va poursuivre ses randonnées de lapin dans l'au-delà où il va retrouver ses maîtres-lapins-taoïstes. Pour eux le temps et l'espace n'existent pas. Il restera donc immortel et nous continuerons de le voir courir dans un "jardin extraordinaire"... Rabbit au pays des merveilles.
(Ce n'est pas terrible, ça manque de... pep's. Bof! de toute façon je serai morte avant vous, faudra trouver un autre nécrologue).

C'est un jardin extraordinaire
Il y a des canards qui parlent anglais
Je leur donne du pain ils remuent leur derrière
En m'disant " Thank you very much Monsieur Rabbit "
On y voit aussi des statues
Qui se tiennent tranquilles tout le jour dit-on
Mais moi je sais que dès la nuit venue
Elles s'en vont danser sur le gazon

Pour votre épitaphe, c'est à vous de la trouver. Celle-ci vous irait bien :
"Tirez le rideau, la farce est terminée" (Rabelais)

Celle-ci est belle, ceux qui peuvent le dire ont beaucoup de chance :
"Dites-leur que j'ai eu une vie merveilleuse" (Wittgenstein)

Écrit par : Ambre | 04/12/2014

Ach ! Ludwig ! Il a écrit le bouquin le plus difficile à lire. Voilà 40 ans que j'essaie de trouver le coupable (l'auteur ou le lecteur...).

Écrit par : rabbit | 04/12/2014

Je n'ai lu que Le Neveu de Wittgenstein de Thomas Bernhard, pas difficile à lire celui-là, un regard magnifique sur l'amitié.

Écrit par : Ambre | 04/12/2014

"L'amitié est préférable au tout." Hésiode, Les travaux et les Jours, VIIIe s. av. J.-C.

Écrit par : rabbit | 05/12/2014

Manque pas d'humour, Hésiode; Les travaux et les Jours :

"Mais Jupiter nous déroba ce secret, furieux dans son âme d'avoir été trompé par l'astucieux Prométhée (7). Voilà pourquoi il condamna les hommes aux soucis et aux tourments. Il leur avait caché le feu ; mais le noble fils de Japet, par un adroit larcin, le leur apporta dans la tige d'une férule, après l'avoir enlevé au prudent Jupiter qui aime à lancer la foudre. Ce dieu qui rassemble les nuages lui dit en son courroux :
"Fils de Japet, ô le plus habile de tous les mortels ! tu te réjouis d'avoir dérobé le feu divin et trompé ma sagesse, mais ton vol te sera fatal à toi et aux hommes à venir. Pour me venger de ce larcin, je leur enverrai un funeste présent dont ils seront tous charmés au fond de leur âme, chérissant eux-mêmes leur propre fléau."

Pandore

En achevant ces mots, le père des dieux et des hommes sourit et commanda à l'illustre Vulcain de composer sans délais un corps, en mélangeant de la terre avec l'eau, de lui communiquer la force et la voix humaine, d'en former une vierge douée d'une beauté ravissante et semblable aux déesses immortelles ; il ordonna à Minerve de lui apprendre les travaux des femmes et l'art de façonner un merveilleux tissu, à Vénus à la parure d'or de répandre sur sa tête la grâce enchanteresse, de lui inspirer les violents désirs et les soucis dévorants, à Mercure, messager des dieux et meurtrier d'Argus, de remplir son esprit d'impudence et de perfidie. Tels furent les ordres de Jupiter, et les dieux obéirent à ce roi, fils de Saturne. Aussitôt l'illustre Vulcain, soumis à ses volontés, façonna avec de la terre une image semblable à une chaste vierge ; la déesse aux yeux bleus, Minerve, l'orna d'une ceinture et de riches vêtements ; les divines Grâces et l'auguste Persuasion lui attachèrent des colliers d'or, et les Heures à la belle chevelure la couronnèrent des fleurs du printemps. Minerve entoura tout son corps d'une magnifique parure. Enfin le meurtrier d'Argus, docile au maître du tonnerre, lui inspira l'art du mensonge, les discours séduisants et le caractère perfide. Ce héraut des dieux lui donna un nom et l'appela Pandore, parce que chacun des habitants de l'Olympe lui avait fait un présent pour la rendre funeste aux hommes industrieux.

Mariage d'Épiméthée et de Pandore

Après avoir achevé cette attrayante et pernicieuse merveille, Jupiter ordonna à l'illustre meurtrier d'Argus, au rapide messager des dieux, de la conduire vers Épiméthée. Épiméthée ne se rappela point que Prométhée lui avait recommandé de ne rien recevoir de Jupiter, roi d'Olympe, mais de lui renvoyer tous ses dons de peur qu'ils ne devinssent un fléau terrible aux mortels. Il accepta le présent fatal et reconnut bientôt son imprudence.
Auparavant, les tribus des hommes vivaient sur la terre, exemptes des tristes souffrances, du pénible travail et de ces cruelles maladies qui amènent la vieillesse, car les hommes qui souffrent vieillissent promptement.
Pandore, tenant dans ses mains un grand vase, en souleva le couvercle, et les maux terribles qu'il renfermait se répandirent au loin. L'Espérance seule resta. Arrêtée sur les bords du vase, elle ne s'envola point, Pandore ayant remis le couvercle, par l'ordre de Jupiter qui porte l'égide et rassemble les nuages. Depuis ce jour, mille calamités entourent les hommes de toutes parts : la terre est remplie de maux, la mer en est remplie, les maladies se plaisent à tourmenter les mortels nuit et jour et leur apportent en silence toutes les douleurs, car le prudent Jupiter les a privées de la voix. Nul ne peut donc échapper à la volonté de Jupiter.
Si tu le veux, je te ferai un autre récit plein de sagesse et d'utilité ; toi, recueille-le au fond de ta mémoire.

Écrit par : Géo | 05/12/2014

@ Géo : siouplaît, vous ne pourriez pas résumer (0_0) en trois mots;-)

Écrit par : Ambre | 05/12/2014

Pour se venger de Prométhée qui lui a volé la Raison, Zeus envoie l'Espérance aux hommes sous forme d'une vierge hyper sexy.
"Depuis ce jour, mille calamités entourent les hommes de toutes parts..."
Avant, les hommes se la coulaient douce et fumaient des joints en buvant de la Gueuze...
Si c'est trop compliqué, n'hésitez pas à le faire savoir...

Écrit par : Géo | 05/12/2014

Oh merci Géo : c'est parfait!
Bon pour la "vierge hyper sexy", hein, je peux aller me rhabiller. Ce devrait être mon année érotique mais je crains de "ne plus l'faire". Hum! Mais je peux encore, avec une burqa, faire mon effet, j'ai des yeux toujours pétillants;-)et derrière un grillage ils peuvent envoyer des éclairs.

Écrit par : Ambre | 05/12/2014

Oui mais merci, tout va bien. On a déjà les mille calamités...

Écrit par : Géo | 05/12/2014

Au VIIIe s. av. J.-C. les Grecs avaient encore quelque intérêt pour les vierges hyper sexy ? Ensuite l'intérêt a baissé au vu de l'abondance de l'offre sur le marché. C'est ça, non ?

Si vous le voulez bien, passons maintenant à Ciceron: "Si vous possédez une bibliothèque et un jardin, vous avez tout ce qu'il vous faut". Sacré Marcus ! What else ? Le droit romain est le modèle de nos institution juridiques et Ciceron, le mentor des lettreux jardiniers.

Écrit par : rabbit | 06/12/2014

1° Vous aussi, vous n'avez pas lu l'extrait complet de l'histoire de Pandore et vous vous êtes contenté du résumé ?
2° vierges hyper-sexy, ce n'est pas un oxymore ? En tout cas relativement à l'abondance...
3° Ciceron a dit ça le jour même où il épousait une gamine de 14 ans alors qu'il en avait 59 (de mémoire...). Bon, il est vrai que les potiches font partie des jardins...

Écrit par : Géo | 06/12/2014

Primo
C'est de la lecture rapide, en diagonale, pour prendre connaissance des mails pléthoriques qui font le quotidien d'un retraité actif. Seul le résumé permet de prendre position: les détails ouvrent sur des discussions sans fin.

Secundo
"C'est à la noirceur qu'on reconnaît qu'il est temps de les cueillir", Encyclopédique Méthodique, 1789.

Tertio
Merci pour le vaillant sexagénaire qui crapahute dans le désert (vaste jardin abandonné ?).

Écrit par : rabbit | 06/12/2014

Lise Ballat, correspondante parlementaire, 24 heures aujourd'hui : "Difficile de prôner pour une occupation du territoire..."
Pire que le PS et sa "confondation"...

Écrit par : Géo | 06/12/2014

"Bon, il est vrai que les potiches font partie des jardins..."
... les nains AUSSI!

Puisque nous travaillons ici de plus en plus sur la langue
http://www.naturailes.org/p561-langue-de-chat-600x400.jpg ;-)
, je note :

"1° Vous aussi, vous n'avez pas lu".

J'aurais écrit : "Vous non plus, vous n'avez pas lu"
ou "Vous aussi, vous avez lu..."

AUSSI OU NON PLUS :

http://www.francaisfacile.com/exercices/exercice-francais-2/exercice-francais-32968.php

Je viens de faire l'exercice et j'ai eu 18/20 (*_*). La seule faute que j'aie faite c'est à la réponse n°2, pensant que le "Et vous" était un vouvoiement s'adressant à une personne et j'ai répondu : "moi non plus" au lieu de "nous non plus".

Sinon : "C'est à la noirceur qu'on reconnaît qu'il est temps de les cueillir",
Cétydequoiqueçacause? Hum!

Écrit par : Ambre | 06/12/2014

"1° Vous aussi, vous n'avez pas lu".
Oui mais chez moi, c'est dû à un effet oratoire et donc je peux. Tu quoque, etc...

"Bon, il est vrai que les potiches font partie des jardins..."
... les nains AUSSI!
Chacun ses goûts...

Écrit par : Géo | 06/12/2014

"un effet oratoire"? (0_0). Bon, yes you can ALSO "quoquer" (00_00). Du moment que je n'y comprends rien, c'est bon.

Je préfère encore les potiches dans un jardin que les nains.

Cela dit, je crois que nous ne lisons pas les commentaires - vous et moi en particulier - avec la même ton, le même son, voire le même humour, et encore moins la même sensibilité, d'où nos multiples divergences et incompréhensions.

Écrit par : Ambre | 06/12/2014

"lE même ton"

Écrit par : Ambre | 06/12/2014

Vous aviez déjà écrit cela il y a quelques lustres...Et alors ?

Écrit par : Géo | 06/12/2014

Dans le film, c'est le moment où Jules, agonisant, s'adresse à son gamin illégitime qui lui a mis une valda dans le buffet. Un bien beau film et un sale gamin.

Comme nous étions partis en V.O., j'aurais préféré que Géo nous fasse la cicéronnade bien connue: "Quousque tandem, Catilina, abutere patientait nostra ? ». Encore un sujet sur la Mafia italienne. Que des malfaisants partout !

Écrit par : rabbit | 06/12/2014

Vous auriez dû nous donner la suite pour le même prix. Toujours à propos du vieillard cacochyme et quelque peu branlotant de la cafetière:
"Quam diu etiam furor iste tuus nos eludet?" Combien de temps encore serons-nous le jouet de ta fureur?

Écrit par : Géo | 06/12/2014

Mais, selon Plutarque, il aurait épousé la jeunette uniquement pour capter son héritage.

Écrit par : rabbit | 07/12/2014

Régressez, régressez, vous finirez bien par rajeunir...

Écrit par : Géo | 07/12/2014

Vous tomber à pic.
Il y a plus de XX années de cela, j'ai lu un excellent bouquin de science-fiction (Nouvelles de l'Anti-Monde, éd. Robert Laffont, 1962, rééd. Marabout « Géant », no 252, 1966), contenant une histoire de George Langelaan dont le titre était "La mort est une régression".
De la SF comme on n'en fait plus et introuvable de nos jours.

Écrit par : rabbit | 08/12/2014

Tout cela est bel et bon, mais qu'avez-vous à dire sur les dindes de Noël (ou les dindes en général...)?

Écrit par : Géo | 08/12/2014

Je sais seulement que c'est le met officiel de Thanksgiving, mais je n'aime pas le goût.
Est-ce qu'on trouve des dindes en Suisse ? Je ne sais pas, je n'en ai jamais vu.
Par contre, il y a des flamants roses, des pélicans et des autruches en Namibie.
Est-ce qu'on peut les manger ? Je ne sais pas, je suis assez difficile sur la nourriture.
Et pour rester sur ce sujet zoologique & gastronomique:
Est-ce que vous avez déjà tiré sur une bête à plumes en vol ? C'est pas facile, il faut anticiper.

Écrit par : rabbit | 08/12/2014

Et à la question: "Quand allez-vous repasser par la Suisse ?", la réponse est: "Vers le 15 janvier 2015, quand toutes les dindes auront été mangées".

Écrit par : rabbit | 08/12/2014

Il paraît qu'il y a des recettes de "dinde au miel".
Je n'aime pas la dinde, surtout, je la trouve affreuse dans un four (0_0).
Mais j'aime le miel et là, je vais me régaler car je viens de recevoir "Le miel du lac":

"Je tournai mon visage rond et pâle vers le crépuscule qui apparaissait derrière les fenêtres et affectai d'être saisi par des questions d'ordre supérieur. Je ressemblai au pape Innocent X de Bacon - oeil effaré qui voit passer la mort, crispation défiante de l'animal qui n'aime pas être dérangé quand il mange. Quelques clients du Café de l'Arche me toisèrent et conclurent de ma mine, et du petit carnet de moleskine dans lequel je griffonnais, que le métier de journaliste requiert autant d'inspiration que le métier de poète. [...]
[...]
En fait, ce jour-là, mon esprit n'était pas accaparé par des problèmes journalistiques, mais par ceux qu'inflige à l'homme émotif, affectivement mal dégrossi que j'étais à trente-six ans, la mise au point de ce qu'on appelait jadis une déclaration d'amour."

(Extrait de la seconde page. Pas de précipitation. Ce Miel-là semble savoureux).

Écrit par : Ambre | 08/12/2014

"Est-ce qu'on trouve des dindes en Suisse ? Je ne sais pas, je n'en ai jamais vu."
Une suggestion : lisez le dernier billet de notre hôte...
"Est-ce que vous avez déjà tiré sur une bête à plumes en vol ? C'est pas facile, il faut anticiper."
Non, jamais. Il faut vous mettre au tir au pigeon en argile pour vous entraîner. Je me souviens d'une outarde en vol vers Tombouctou qu'un militaire avait raté. Je crois que l'association du nom "outarde" et de la vue de ce volatile plutôt appétissant m'avait sérieusement mis l'eau à la bouche. Je ne suis pas près de devenir vegan...

Écrit par : Géo | 08/12/2014

Notre hôte a beaucoup d'imagination, certes, mais on le voit plus souvent déambuler entre la place Saint-François et Ouchy qu'arpenter les grands boulevards de Thierrens. Il aurait tout aussi bien pu décrire une dinde de la même façon que Wang Fu (78-163) l'a fait pour le dragon chinois: une tête de chameau, des yeux de démon, des oreilles de bovidé, les bois d’un cervidé, un cou de serpent, des pattes de tigre se terminant par des serres d’aigle, un ventre de mollusque et le reste de son corps couvert de 117 écailles de carpe, dont 81 sont mâles (yang) et 36 femelles (yin). Et J'aurais trouvé ça parfaitement normal.

Écrit par : rabbit | 09/12/2014

Vous êtes donc devenu très chinois. Cela n'étonnera personne. Mais notre hôte se targue de parcourir le Jorat régulièrement à la poursuite des fantômes de Ropraz et c'est l'objet de ce billet-ci. Je ne l'ai jamais croisé dans le Chablais, soit dit entre nous. Cela doit monter trop fort...

Écrit par : Géo | 09/12/2014

Selon Ambroise de Milan :" When in Rome, do as the Romans do" (je ne sais pas pourquoi cette citation est toujours en anglais, c'est agaçant). Par contre, ça paie plus de faire le Lausannois en Chine, qu'en restant à Lausanne. C'est un truisme, comme dirait pétard.

Écrit par : rabbit | 09/12/2014

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