18/07/2015

Les nouveaux animaux domestiques

Souvent, les journaux de l’été rafraîchissent la torpeur de l’actualité par des informations insolites sur les animaux. On y apprend que les Suisses sont lassés de leurs trop familiers chiens, chats, hamsters, perroquets ou tortues de jardin. Même le python géant de Birmanie, dont les lourds anneaux encombrent la moitié du salon, ne leur paraît plus assez exotique. La venimosité potentielle de leur mygale mexicaine à pattes velues n’impressionne plus guère les enfants du voisin, qui ont vu mieux (donc pire) au cinéma ou à la télé.

 

Du coup, ils apprivoisent à l’envi des bêtes encore moins acclimatées et singulières: par exemple un chameau d’Asie centrale, qu’on installe dans un pré de la campagne bernoise, entre génissons et porcelets, et auquel il faut donner à boire davantage: ce monstre turkmène à deux bosses ingurgite en moins de dix minutes jusqu’à 135 litres d’eau! Mais bon, il n’a jamais encore dévoré personne, et surtout il attire l’attention: son profil de vieille institutrice dédaigneuse est perceptible de toutes les moraines limitrophes du Seeland. Dans le Jura, on peut s’ébaubir de plus près d’un troupeau d’autruches, qu’un Franc-Montagnard élève avec amour. Il les chérit plus que ses vaches, parce qu’elles demandent moins d’entretien, et que leur viande est aussi rouge que la leur. En sus, elles pondent des œufs si gros que chacun peut nourrir douze convives… Sans parler du plumage: une plume d’autruche demeure un panache onéreux, recherché encore par des scénaristes et costumières de music-hall.

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Plus poète que ces impresarios de revue, Gérard de Nerval avait apprivoisé un homard. L’anecdote est pittoresquement dépeinte par Apollinaire: «Un jour, dans le jardin du Palais-Royal, on vit Gérard traînant un homard vivant au bout d’un ruban bleu. L’histoire circula dans Paris et comme ses amis s’étonnaient: En quoi, répondit l’auteur de Sylvie, un homard est-il plus ridicule qu’un chien, qu’un chat, qu’une gazelle, qu’un lion ou toute autre bête dont on se fait suivre? J’ai le goût des homards, qui sont tranquilles, sérieux, savent les secrets de la mer, n’aboient pas…»

 Contrairement aux toutous que des salauds de vacanciers attachent à un arbre sur le bord des routes.

Commentaires

"son profil de vieille institutrice dédaigneuse" Je sens que vous allez vous faire des amies, sur ce coup-là...

Il y a quelques soirs, sur notre chaîne nationale, l'émission "Temps présent" ("Excusez-moi, mes braves, c'est toujours Georges Hardy qui présente "A vos lettres" ?), il était question d'Américains qui collectionnaient les fauves. Les fêlés d'Europe copiant systématiquement les fêlés des States (vous avez vu tous ces vieux schnoques qui se la jouent easy rider sur leur harley davidson ?), je m'attends au pire dans les années qui viennent...

Un jour à Pemba, sur le palier de ma maison dominant la baie, un homard m'attendait, me regardant de ses yeux tristes.

Écrit par : Géo | 18/07/2015

J'ai pensé louer un panda (vous savez qu'on ne peut pas les acheter) pour agrémenter un jardin du Petit-Saconnex), mais ils sentent vraiment trop mauvais.

Écrit par : rabbit | 18/07/2015

Juste une question : vous avez pensé au bambou ?

Écrit par : Géo | 18/07/2015

A part ça, ici, le trend, c'est le lama. Non, pas Delon, merci, et d'ailleurs je n'ai pas soif. Le lama laineux et cracheur. Il y a des petits sur un de mes parcours (en)cyclopèdes. Pas très jolis, l'air un peu andouille. Leur présence calme les névropathes, selon un reportage de nos aimables fumistes du boulevard Carl-Vogt...
Ah oui, sur une autre route, une pancarte indique "massage métamorphique". On vit une époque formidable.

Écrit par : Géo | 18/07/2015

Je travaille justement sur la théorie des champs morphiques pour créer de l'argent en ne faisant rien du tout. Comme vous le savez, un champ morphique est un champ hypothétique qui contiendrait de l'énergie et/ou de l'information sans être constitué de matière (atome, électrons, etc.). Il est possible d'obtenir le même résultat avec l'alchimie, mais je suis trop paresseux.

Écrit par : rabbit | 18/07/2015

Les champs morphiques ! J'avais lu un truc là-dessus dans "Actuel" il doit y avoir 40 ans ! Sauf qu'ils parlaient de "morphogénétiques". Le meilleur exemple en était la cristallisation de molécules à la même époque dans des laboratoires d'un bout à l'autre de la planète alors qu'on attendait ça depuis des années...

Mais la grande question reste : comment en faire l'argent...J'ai toujours été tenter par de nombreux projets. Et quand j'étudie leur rentabilité, je comprends qu'il vaut mieux s'abstenir...

Ou alors faire comme les gens de gauche, demander des subventions. l'Etat y pourvoira...

Écrit par : Géo | 18/07/2015

C'est bien ce qu'on lit dans la Harvard Business Review: si vous voulez faire du blé, créez une secte ou une ONG. Vous vous souvenez de la rubrique "Nouveau et intéressant" d'Actuel ? Du journalisme comme on n'en fait plus.

Écrit par : rabbit | 18/07/2015

Je crois vous l'avoir déjà conté : suite à une panne, j'avais confié mon ordi à une officine spécialisée dans une capitale africaine. Il m'avait installé un autre disque dur et sur ce dernier, il restait les statuts d'une ONG locale en voie de création. Il y avait trois membres. Un président, un directeur et un trésorier. C'était vraiment drôle, totalement ubuesque et si je les ai conservés, c'est sûrement sur un floppy disk, et donc illisibles aujourd'hui pour moi. A l'époque, à Cotonou, lors d'une visite exploratoire, on avait découvert qu'il y avait plus de 600 ONG et on était dans les années 90. Le filon est déjà bien exploité, voyez-vous. Il n'y a bientôt plus un village vaudois qui n'a pas son ONG pour creuser un puits quelque part sur le continent noir (et reluquer au passage tous ces beaux mâles, parce que ces ONG sont le fait de dames sur le retour...). Il y a un passage dans "Half a life" de V.S Naipaul sur ce sujet, mais j'ai la flemme de vous le rechercher...
Vous avez lu "On the bend of the river" que je vous recommandais il y a quelques années ?

Écrit par : Géo | 19/07/2015

Je l'ai lu à sa sortie en version française (1982). Mon fils n'était pas encore né, mais je peux réunir d'autres témoins pour le prouver, si vous insistez.
Les ONG piquent des sous aux pigeons, ce qui n'est pas si grave. Leur fonds de commerce, c'est "notre remords et l'angélisme mou de nos consciences" comme écrit l'hérésiarque Jean Raspail. Par contre, ceux qui piquent des sous à l'Etat sous prétexte de faire son travail, vont carrément puiser dans les poches de tout le monde, pigeons ou pas.
Rappelez-moi, est-ce bien de Rony Brauman, cette sortie sur les ONG comme refuge des communistes au chômage depuis la chute du Mur de Berlin ? Ou alors Xavier Emmanuelli ?

Écrit par : rabbit | 19/07/2015

A propos de chien, Ambre, vous avez réussi à chasser le noir ?

Écrit par : Géo | 20/07/2015

@ Géo : (0_0) quel chien noir? Pardonnez-moi j'ai la comprenette un peu lente.

Écrit par : Ambre | 20/07/2015

Churchill, black dog,
"Retour
au quotidien.
Chagrin.

Pfff!(=_=)

Écrit par : Ambre | 14/07/2015"

Écrit par : Géo | 20/07/2015

Etes-vous d'accord avec Ludwig Wittgenstein qu'il est impossible de concevoir un contenu exprimé différant en quoi que ce soit du langage qui l'exprime ? Pour changer, ce soir sur Gulli on peut voir "Abner le chien invisible" dont voici le synopsis: "Un jeune garçon très brillant en science, fête son treizième anniversaire. Quelle n'est pas sa surprise lorsqu'il découvre que son chien Abner est devenu invisible et qu'il est de plus doté de la parole. Deux potions chimiques, tombées par hasard entre les mains de Chad, sont à l'origine de ce phénomène. Il doit maintenant cacher aux yeux de ses parents l'invisibilité de son chien et déjouer les plans de dangereux criminels qui veulent récupérer les potions et Abner". Il en faut pour tous les goûts.

Écrit par : rabbit | 20/07/2015

@Géo : OK! Oui il aurait fallu que je pense à Churchill nous en avions parlé...
Mais là je débarque et après trois semaines de mise au repos des neurones, le démarrage est sur la pédale douce. (Je cherche un argument de défense mais c'est idiot car même quand mes neurones sont censées être au top, elles restent d'un niveau euh... vous m'avez compris(e))
Et puis franchement, "A propos de chien, Ambre, vous avez réussi à chasser le noir ?", vous exagérez un peu. Je ne suis pas Rabbit qui a de la mémoire et réponse à tout;-)
Rabbit, vous regardez les programmes de Gulli (0_0)? Hi!

Écrit par : Ambre | 20/07/2015

Comment faites-vous pour mettre au repos vos neurones ? Cure de sommeil ? Trois semaines de télé ?
rabbit@ "il est impossible de concevoir un contenu exprimé différant en quoi que ce soit du langage qui l'exprime" Au premier degré, oui. Après, merci de nous expliquer ce que cela peut impliquer plus loin...

Écrit par : Géo | 20/07/2015

Plus loin, nous parlerons de la faculté qui est la nôtre de voir ce qui est invisible, d'entendre ce qui est inaudible, de réaliser l'exploit qui consiste à ne penser à rien et de parler pour ne rien dire.

Écrit par : rabbit | 20/07/2015

Parler pour ne rien dire, je crois que je n'ai rien à apprendre de quiconque...
Mais penser à rien, c'est diablement plus dur. D'abord, c'est bien connu, rien, ce n'est pas rien. Un peu comme jamais, si jamais vous l'eussiez oublié. Il m'arrive ce que je prévoyais. Je suis complétement pété aux endorphines à force d'avaler des kilomètres à la montée dans la région. Mais sur mon vélo, impossible de ne penser à rien. Si j'arrivais à faire le vide en moi, il y a toujours qqch à l'extérieur pour me faire chauffer les neurones...
La pensée sous endorphine est-elle encore de la pensée ?

Écrit par : Géo | 21/07/2015

Je suis trop paresseux pour vous répondre autrement que par une citation.

"Pour que le caractère d'un être humain dévoile des qualités vraiment exceptionnelles, il faut avoir la bonne fortune de pouvoir observer son action pendant de longues années. Si cette action est dépouillée de tout égoïsme, si l'idée qui la dirige est d'une générosité sans exemple, s'il est absolument certain qu'elle n'a cherché de récompense nulle part et qu'au surplus elle ait laissé sur le monde des marques visibles, on est alors, sans risque d'erreurs, devant un caractère inoubliable".
(Jean Giono, "L'homme qui plantait des arbres")

Vous n'en êtes pas loin Géo, foi de Rabbit; mais vous êtes trop Yang. Je vous conseille vivement la méditation pour vous équilibrer le bocal. S'il fait moins chaud demain, vous aurez droit à une tranche de Tao pour vous relaxer un chouïa.

Écrit par : rabbit | 21/07/2015

Il y a trois jours, 24 Heures mettait en garde la population sur les dangers que représentent le chevreuils en rut. Supposons qu'un de ces cervidés un brin myope prenne Géo, filant sur la route de Plambuit avec sa bécane, pour un rival en quête de chevrette sur son terrain...

Écrit par : rabbit | 24/07/2015

Et aujourd'hui "Le Temps" met en garde sur les dangers de la canicule chez les anxieux (0_0) : "La canicule, incubateur d'angoisse".
Apparemment la chaleur que vous subissez vous fait fantasmer Rabbit; c'est donc que vous n'êtes pas trop anéanti.
Vous avez dansé sous la pluie mercredi soir?
Je vous invite sur ma terrasse, il fait 20 petits degrés.

Écrit par : Ambre | 24/07/2015

Je me suis fait aboyé dessus par un chevreuil dans la région il y a quelques temps et si l'effet est surprenant, je ne pense pas que cela soit dangereux.
https://www.youtube.com/watch?v=dGDQ9VwO2BE
Peut-être que 24 heures a assez parlé des effets de la canicule ?

Écrit par : Géo | 24/07/2015

La canicule m'incite à retourner en Afrique: il ne fait que 12° à Swakopmund.

Écrit par : rabbit | 24/07/2015

Peut-être, mais là-bas ils sont en hiver...
A Huambo, 1500 m, il y avait parfois du gel au petit matin...
Je me disais justement que je n'aurais plus envie de me confronter aux chaleurs africaines. Et comme personne ne me le demande...
De retour d'une implantation de forage par géophysique, on s'était trouvé un troquet façon avec bière Sobibra ou Brakina rafraîchies dans un canari avec mes ouvriers (les types qui plantaient les barres à mine qui servaient d'électrodes).
Et je m'étais plaint de la chaleur africaine. Le plus âgé m'avait interpellé : "Eh pat'on, tu c'ois qu'on est content d'êt'e né en Af'ique ?"
Cela explique mieux que la pauvreté le flux de migrants sud-nord...

Écrit par : Géo | 24/07/2015

@ Géo : ce chevreuil n'avait pas un chat dans la gorge.. mais un chien (0_0). Étrange cet aboiement.

"Et comme personne ne me le demande" ;-) :
Une montre suisse en or, gratuite, ça vous dit?
Ben, mettez-vous au golf et faites deux eagles dans un tournoi dans la même journée! Il n'a pas l'air d'avoir eu trop chaud à Crans...
https://youtu.be/KorUJ2k2EcM

Écrit par : Ambre | 24/07/2015

"Étrange cet aboiement." Surtout en forêt quand on ne voit pas d'où 4a vient et qui produit ce cri. La première fois, cela surprend vraiment.
Me mettre au golf ? Très peu pour moi. Dans les jeux d'adresse, je préfère fendre du bois au merlin...

Écrit par : Géo | 24/07/2015

Alors ça, je suis soufflé ! Un canari dans la bière, c'est à la fois spectaculaire et baroque. Au Mexique, ils préfèrent y plonger un quartier de citron: ça a la même couleur, mais on évite l'étranglement avec les plumes. Et au Mexique, ce sont les serpents qui ont des plumes.

Les électrodes dans la terre, c'est pour la pêche ? Pour faire remonter les vers ? Ou chatouiller les serpents déplumés ? Question "Impressions d'Afrique", je préfère les vôtres à celles de Raymond Roussel, un peu trop déjantées. Oui, l'Afrique en a déjanté plus d'un, je vous parle d'expérience.

Au Sénégal, il y avait la bière Storck, adaptée au climat. On en était content. Elle suffisait à notre bonheur. Alors que chez Sibra, à Fribourg, on voyait grand comme la basilique de Yamoussoukro: une méga-brasserie fut érigée en Afrique de l'Ouest, pour convertir les autochtones au marketing helvétique. Le flop était prévisible et il se produisit: prix de vente inadapté au revenu des consommateurs locaux.

Mais stop ! Je refuse de poursuivre sur la voie des médisances et d'aborder le sujet de marketeurs helvétiques en Chine, comme vous me le demandez avec insistance. Je vous rends donc l'antenne: à vous les studios.

Écrit par : rabbit | 24/07/2015

@ Géo : pour votre préférence dans les jeux d'adresse je vous comprends, mais qu'est-ce donc que le merlin?

Écrit par : Ambre | 24/07/2015

Parenthèse : Je viens de lire le billet de Maître Gilbert : "Nervosités du campeur sédentaire" que je n'avais pas lu, honte à moi, alors que j'y ai commenté. J'étais en vacances et la connexion wifi dans le bistrot où je devais prendre un café pour en bénéficier était d'une lenteur inouïe, j'ai donc zappé la chronique. Quelle erreur! Ce billet est magnifique de réalisme et les mots de Gilbert sont vraiment très savoureux.

Écrit par : Ambre | 24/07/2015

Rabbit@ canari:
https://yesfoodcansolutions.wordpress.com/2014/10/09/canari-frigo-les-frigidaires-du-desert/
Ambre : http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/merlin/50654?q=merlin#50545
Mais en Suisse, le merlin a un côté tranchant pour fendre le bois quand la hache ne suffit plus...

Écrit par : Géo | 24/07/2015

Rabbit@ A propos d'impressions d'Afrique, avez-vous lu la saga de la recherche des sources du Nil, la conquête spatiale de l'époque, "The white Nile" de Allan Moorehead ? Passionnant.

Écrit par : Géo | 24/07/2015

Pas encore, ô Géo, mais je m'y mets incessamment (en version numérique). D'autant plus que mes collègues chinois viennent de terminer un barrage dans la région: j'ai préféré aller en Namibie, coin plus calme que le Sud Soudan. Aventurier, certes, mais faut pas pousser...

Écrit par : rabbit | 24/07/2015

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