25/07/2015

L’instinct guerrier de nos petiots

Si, depuis la nuit des temps, les enfants jouent à la guerre, c’est pour imiter les grands: fausses épées, sabres de bois, pistolets de pacotille ne propulsant que de l’eau des fontaines ou du robinet de la cuisine de maman. Ou, plus original, des kalachnikovs en plastique, vendues à moins de 20 francs via Internet, qui effraient la tante Violette en sa chaise à bascule mais ne tuent personne. Des jouets violents que des parents de la génération issue de Mai 68, voulurent d’abord interdire. Or, au fil du temps, leur opinion s’émousse, notamment sur les réseaux sociaux: «Je ne trouve pas malsain, tchatche un grand-père, de les voir jouer avec des armes, et de les entendre crier «tu es mort». Pour moi c’est une étape normale, c’est un défouloir, un exutoire. Ils ont par ce biais pris goût aux déguisements de chevaliers, de Batman et autres super-héros qui tuent des méchants, ils inventent des histoires qui finissent toujours par une bataille.» Et l’instinct guerrier serait bon pour la santé, car «ça remue les sangs» (ça en fait aussi couler).

 

Bref, l’humain serait né féroce. Pour s’en persuader, étudions les comportements des animaux. Ce ne sont que morsures, éviscérations, engloutissements en plein vol d’un insecte mâle par sa femelle aux ailes diaphanes, et meutes de loups décimant des populations ovines. C’est dire si le petit Rocky Pahud, de Malapalud, qui s’identifie volontiers aux autres créatures que Dieu a faites, a été heureux de recevoir pour ses dix ans une panoplie complète de combattant intergalactique, «comme au cinéma», plus un jeu vidéo du Grand Theft Auto (GTA). On s’y amuse à trucider, pour la bonne cause, le plus possible d’ennemis de la vraie civilisation. Ce n’était bien sûr qu’un jeu, avec ses règles précises, où le joueur finit par incarner le commandant en chef de la croisade.

 

 

C’est en s’inspirant des modalités ludiques de ce même GTA que les propagandistes du djihad de Rakka ont lancé, en septembre 2014, un clip conviant nos ados à changer de camp. A devenir un fondamentaliste cruel et vainqueur, mais cette fois pour de vrai, sans simuler… Si cette perspective ne vous enchante guère, retirez dès que possible ce maudit joujou à votre enfant. Quitte à ce qu’il boude, comme si on lui confisquait une sucette à la framboise.

Commentaires

"Ou, plus original, des kalachnikovs en plastique"
Au moins elles sont en plastique...
A Marseille comme dans beaucoup de pays africains, ce sont d'authentiques kalach avec munition de guerre. Vous avez déjà été arrêté à un check-point par un enfant ivre qui en brandit une ? Moi j'ai trimbalé sur mon pick-up un de ces gamins qui avait un joli trou dans la tête par lequel s'écoulait de la cervelle, il avait visiblement fait une petite erreur de manipulation et la foule voulait que je l'emmène à l'hôpital...
Il y avait eu un Temps présent sur les fracassés de l'humanitaire, ces types qui restent trop longtemps au CICR, un peu drogués au risque...
Vous vous souvenez de cette jeune femme devenue déléguée au Libéria juste après son droit à Genève ? Elle racontait qu'ils avaient mis, ses collègues et elle, trois jours pour parcourir un trajet qui se faisait normalement en deux heures.
A un des check-point, le fil en travers de la route, c'étaient les entrailles du type que les autres gardes étaient en train de manger.
C'est l'Afrique, pat'on...

Écrit par : Géo | 25/07/2015

La prose des dépliants touristiques de Géo colle plus à la réalité réelle que les fables des agences de voyages ou les psaumes des officines métaphysiques genevoises.
La chance pour les Européens de connaître bientôt le grand frisson évoqué par Géo, sans passer 10 heures dans un charter low cost, est déjà inscrite dans la progression géométrique des flux migratoires en provenance du grand sud. Vous en avez toujours rêvé: "chez vous comme là-bas" sera demain votre quotidien !
Alors, changeons de planète. J'ai encore quelques parcelles de terrain sur Kepler 452B, à un prix défiant toute concurrence réservé aux Amis de 24 Heures. Vous savez où me trouver.

Écrit par : rabbit | 25/07/2015

Votre prédécesseur parlait de Sirius...
A propos, je suis monté l'autre jour à Salvan à vélo par l'ancienne route. Vous connaissez ? La descente est tellement aérienne qu'on a l'impression de s'envoler à bicyclette...

Écrit par : Géo | 25/07/2015

Aucune des destinations où conduisent les chemins de la pensée humaine ne m'est inconnue. Mais les raisons qui vous poussent à crapahuter de la sorte sur les sentiers de la gloire, Géo, ne laissent pas de me dérouter.
Une réponse possible se trouve chez John Dewey (*): "Nous ne bougeons pas, c'est le monde qui bouge autour de nous. Dans la répétition des contacts que nous avons avec lui, nous finissons par créer notre place en lui et y habiter".
Par là, vous devez comprendre qu'il est inutile d'accumuler les kilomètres en vélo - avec votre maillot jaune et vos lunettes Oakley -, puisque la planète va beaucoup plus vite que vous et que vous ne la rattraperez jamais.
Plus loin on lit: "Tout comme je n'existe que si quelqu'un est là pour le constater". Ce qui signifie que tant que je vivrai, je serai, moi Rabbit, le témoin de votre présence et qu'il est donc inutile de vous agiter autant.

(*) "L'art comme expérience"

Écrit par : rabbit | 25/07/2015

Je parlais justement de l'addiction au vélo avec mon médecin vendredi. Il faut dire qu'à la lecture de mes analyses de sang, il a cru qu'il y avait erreur sur la personne (il connaît bien ses dossiers...). Et quand il m'a vu, il a admis qu'il y avait bien une autre personne...
Dans l'addiction vélocipédique, il n'y a pas que l'endorphine. Le vélo permet la méditation respiratoire, contrairement à la marche en montagne où vous butez sur le premier caillou dès que votre esprit plane vers les sommets. Le mouvement permet précisément de rentrer en méditation (?) et c'est ce genre d'état que je recherche, à part perdre mes kilos superflus. Je suis très clairement un péripatéticien.
Mais la question reste : la pensée sous endorphine est-elle de la pensée ? Je vous le dirai au retour de la balade que je m'apprête à faire...

Écrit par : Géo | 26/07/2015

Le légiste vient de me faire parvenir le résultat de l'autopsie: sport, amour et chocolat ont un point commun, la Phényléthylamine (PEA). On poursuit l'enquête dès que j'aurai bu mon chocolat?

Écrit par : rabbit | 26/07/2015

«A Marseille comme dans beaucoup de pays africains […]»

Pourquoi pas: «A Marseille comme dans d'autres pays africains…»

… petit détail que la faute géo…graphique, en regard du mot «pays» choisi à la place de «ville», soit: «comme dans beaucoup de villes africaines»

… Faut dire qu'après avoir perdu 25 kg à vélo en faisant de la méditation et en retrouvant un «bon carnet» chez le toubib… on sort gentiment des clous du politiquement incorrect.

Écrit par : petard | 26/07/2015

Je ne savais pas qu'il était politiquement incorrect de crever de trop de cholestérol, hypertension et excès d'acide urique. On apprend tous les jours quelque chose.
Je maintiens "A Marseille comme dans beaucoup de pays africains". A cause de parce que.
Et comme je le disais ailleurs, il y a toujours quelque chose à vélo qui fait penser à autre chose, même s'il ne s'agit que d'un rien. Qu'y a t-il de plus déprimant : des parents qui cèdent aux revendications luckyluckiennes de leur gosse ou des parents qui offrent à leur enfant un jouet "tondeuse à gazon" en plastique (vu sur ma route ce matin) ?

Écrit par : Géo | 26/07/2015

"sport, amour et chocolat ont un point commun, la Phényléthylamine (PEA)"
Le sport et le chocolat, ça va. Et à propos de chocolat, je dois être le seul Suisse à me fournir exclusivement en France. Nestlé, mais Nestlé français, introuvable ici. Et nettement meilleur à mon goût que le chocolat suisse...
Quant à l'amour, si vous vouliez bien nous expliquer quoi t'est-ce ?

Écrit par : Géo | 26/07/2015

愛 est le caractère chinois ancien pour "amour" (prononcer: "ai"). Il se compose d'un coeur (心) placé à l'intérieur du concept "accepter/sentir/percevoir" (受), exprimant ainsi une émotion gracieuse. Par contre, dans la version moderne, le signe "coeur" a disparu. Que faut-il comprendre ?

Écrit par : rabbit | 26/07/2015

Entre Géo et rabbit on plane dans les hautes sphères. J'ose à peine intervenir avec mes façons raisonnables et mon pragmatisme ringard.
Si j'ai bien compris, Géo se dope au sport avec la bonne excuse d'un esprit sain dans un corps sain et rabbit pratique l'art de l'économie.
J'ai opté pour une version intermédiaire. Afin de pouvoir continuer à consommer des poisons et augmenter le champ de mes perceptions je me suis imposé un régime routinier qui consiste à courir deux fois par semaine pendant une heure et nager deux fois 1 km. Je fais une sauna intensive toutes les semaines. Tout ça, par n'importe quel temps, depuis 5 ans, toute l'année.
Ainsi je limite les dégâts. Mon poids s'est stabilisé et je n'ai pas eu besoin d'augmenter les doses pour ressentir le même effet.
Mais je suis déjè un peu accro et je culpabilise lorsque je loupe une séance.

Pour la question des jeux guerriers, j'ai un peu l'impression qu'ils ont toujours existé. Ce qui a changé c'est notre aversion du sang versé. Nous nous fragilisons. Pas seulement en prenant trop d'antibiotiques mais en vivant dans des environnements qui mettent l'accent principalement sur la sécurité. C'est une tendance de nos sociétés occidentales. Mais pour que cela se traduise dans le génome, il faudra encore beaucoup de temps.
C'est plutôt l'inverse qui risque bien de se produire si l'on observe l'explosion des conflits, le potentiel des situations larvées et le besoin toujours plus fort de liberté exprimé par les individus, les petits groupes, les déclinaisons culturelles et religieuses. Au final, nos civilisations angéliques risquent de passer à la trappe. Les jeux guerriers sont peut-être encore la dernière chance de ne pas trop s'endormir en continuant à alimenter notre cerveau reptilien qui participe aux conditions de la survie.

Écrit par : Pierre Jenni | 30/07/2015

"Les jeux guerriers sont peut-être encore la dernière chance de ne pas trop s'endormir" Pas vraiment la dernière, à l'heure où les jolies minettes ont pour loisir de s'envoler du Cervin en wing suit et ses petits camarades s'amusent à faire des loopings à ski en sautant de falaises hallucinantes. Il y a un jeu avec la mort dans la partie de la jeunesse qui ne cultive pas son obésité physique et morale qui n'a fait que s'amplifier avec les années. Pour le côté guerrier stricto sensu: après les brigate rosse, l'Etat islamique. Sans aller jusque là, il faut aussi se souvenir que certains vont jouer dans les bois à se tirer dessus avec des fusils destinés à marquer les moutons...
Pour ce qui est de ma relation au sport, je me vois très bien adopter votre voie intermédiaire. Avec la mauvaise saison...(j'ai mis une demi-heure pour retrouver l'usage de mes mains ce matin, à cause du froid...).

Écrit par : Géo | 30/07/2015

Géo, vous parlez de la recherche de sensations fortes plus que de la guerre.
Je me rappellerai toujours de la joie que j'ai éprouvé lorsque j'ai vaincu ma peur à 10 ans pour plonger les dix mètres. J'ai même encadré la thune que m'avait alors donné un bonhomme qui m'encourageait.
Moins reluisant, je me rappelle les émotions lors d'un "casse" que nous avions fait avec des potes dans un magasin de motos.
Tout est dans la tête. Les brigades rouges défendaient un idéal, comme Daech.
Les jeunes qui partent pour le djihad le font-ils pour les sensations fortes ou pour une cause qui donnerait du sens à leur vie ? Je n'en sais rien, mais je reste persuadé qu'une fois au front ils ne doivent pas en mener large.

Quant au froid de ce matin, je reconnais que c'est un peu frustrant d'envisager déjà des gants. Tiens ça me rappelle le passage du Thorong La à 5400m en Stan Smith. Impossible d'oublier puisque j'ai des greffes et une phalange en moins... A chacun sa limite pour vibrer.

Écrit par : Pierre Jenni | 30/07/2015

"vous parlez de la recherche de sensations fortes plus que de la guerre."
Les deux ensembles ont certainement une grande zone d'intersection. Il faut l'esprit guerrier pour se jeter dans le vide et beaucoup de ceux qui sont revenus vivants de combats ont ressenti le fun de l'adrénaline. Ach, l'odeur du napalm au petit matin...
Allez hop, un petit passage de Céline, dans le "Voyage au bout de la nuit" :
C'était dans l'escadron d'Ortolan que ça venait de se passer-
"Je n'ai rien perdu de l'affaire ! Je n'en étais pas loin ! Un coup de pointe au cou en avant et à droite !... Toc ! le premier tombe !...Une autre pointe en pleine poitrine !...A gauche ! Traversez ! Une véritable parade de concours , messieurs !...Encore bravo, Sainte-Engence ! Deux lanciers ! A un kilomètre d'ici ! Les deux gaillards y sont encore ! En pleins labours ! la guerre est finie pour eux, hein, Sainte-Engence ?...Quel coup double ! Ils ont dû se vider comme des lapins !"
Le lieutenant de Sainte-Engence, dont le cheval avait longuement galopé, accueillait les hommages et compliments des camarades avec modestie. A présent qu'Ortolan s'était porté garant de l'exploit, il était rassuré et prenait du large, il ramenait sa jument au sec en la faisant tourner lentement en cercle autour de l'escadron rassemblé comme s'il se fût agi des suites d'une épreuve de haies."

Vous avez déjà entendu le sifflement des balles à vos oreilles ? (pour le Thorong La et stan smith, j'irai voir sur google...)

Écrit par : Géo | 30/07/2015

Unforgettables, les Stan Smith ! A Saint-Tropez comme à Dharamsala, aux pieds du Dalaï Lama.
Une époque épique s'il en fut: achetées lors d'un séjour en Suisse en 1975, les miennes m'ont suivi (ou précédé dans certains passages glissants) lors d'une descente acrobatique depuis Plaine Morte. Plus tard, c'est aussi en Suisse qu'elles m'ont été volées: soit en raison de ma célébrité naissante, ou (c'est l'opinion la plus fréquemment relevée dans les sondages) parce qu'elles étaient devenues rares, vintage & iconiques.
Pour couper court aux spéculations ontologiques sur cette manie de l'espèce humaine de ne pas vouloir rester tranquille et cultiver son jardin, je pense qu'il nous faut souffrir le fait que certains de nos semblables ont mal lu le scénario de leur propre vie: dans certaines circonstances, ça fait vachement bobo.

Écrit par : rabbit | 30/07/2015

Des stan smith, ce sont des chaussures. Et vous avez perdu une phalange. Les phalanges, c'est à la main. Y a quelque chose qui cloche là-dedans...

Écrit par : Géo | 30/07/2015

"cette manie de l'espèce humaine de ne pas vouloir rester tranquille"
L'ennui, mon bon, l'ennui. L'Ennui, plutôt. Le sexe et l'argent - et les drogues, l'alcool, les jeux de carte, les baffes dans la gueule quand on a tout essayé -, c'est rien qu'à cause de l'Ennui. Un bon shot d'adrénaline par ci, une bonne dose d'endorphine par là...
A propos, PJ - vous permettez que je vous appelle PJ ? -, savez-vous que c'est un privilège que d'avoir des petits pieds pour la varappe ? Me souviens plus du nom de cet alpiniste suisse qui a eu le même problème que vous à l'Himalaya à l'époque où cette montagne n'était pas encore disneylandisée et qui a fait de gros progrès en escalade par la suite...

Écrit par : Géo | 30/07/2015

Et vive google :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Raymond_Lambert_%28alpiniste%29

Écrit par : Géo | 30/07/2015

Ma recette sportive pour tenir sur la durée

C’est pour vous Géo. Prêt pour la ballade ?
Allez ceinture, on y va !

Mes excuses à rabbit pour le squat de sa plateforme, mais il y trouvera bien une lointaine contribution au débat.

Le pas de course

« La course à pied » est une mauvaise traduction pour « jogging ». Le lundi et le jeudi en fin d’après-midi je fais mon « pas de course » d’une petite heure et de 10 km dans une boucle le long du Rhône. J’ai opté pour le sens hard de la boucle le jeudi et m’autorise la version moins raide le lundi. Depuis 5 ans je fais toujours le même trajet, qui n’est en fait jamais le même mais je n’y prends pas trop garde car je suis dans le corps. Je respecte le rythme qu’il m’impose mais à 58 balais c’est une sacrée mobilisation des ressources. L’autre avantage de la routine du parcours réside dans la possibilité offerte au corps d’anticiper les efforts à venir et préparer le cocktail chimique nécessaire.
Il n’est donc pas vraiment question de courir, mais de rebondir souplement sur l’avant du pied comme l’obligent mes « five fingers barefoot running shoes » qui sont des espèces de gants pour les pieds.
Ecouter le corps plutôt que de lui imposer un rythme qui fait mal au lieu de faire jouir. Depuis Benjamen Libet dans les années 80, nous savons maintenant que notre libre arbitre se résume à notre droit de veto infligé aux décisions du corps. Je préfère allez dans le sens du courant et accompagner ce véhicule que j’habite le plus harmonieusement possible.
Je termine par quelques étirements chevilles, mollets et cuisses, puis je passe au coup de fouet.
Le coup de fouet est un incontournable. Il oblige une concentration et une mobilisation totale sur un temps très court. A chaque fois j’appréhende ce moment de violence que je m’inflige, mais le zapper est pire pour le mental. Le coup de fouet après le jogging, c’est de soulever mon poids 5 fois à la barre. Je n’y arrive pas toujours mais j’observe une progression au fil des ans. Je pourrais aujourd’hui me soulever 7 fois, mais je ne le fais que lorsque le corps demande. Et aujourd’hui, je sais l’écouter.


Les longueurs

En tant qu’habitant de la commune de Vernier je profite d’un abonnement annuel à la Piscine du Lignon pour 90.- Je vais donc faire mon kilomètre tous les mardi et vendredi soirs juste avant la fermeture.
Je m’extasie à chaque coup sur la beauté du lieu. Que ce soit dehors où dedans avec une halle totalement vitrée et une structure métallique impressionnante pour tenir le toit sur quatre piliers dans les coins. Je suis souvent seul dans un bassin olympique les soirs de pluie.
Je commence par 30 minutes d’échauffement. Principalement du « gainage » de la ceinture abdominale. Je termine par un premier coup de fouet : 30 appuis faciaux. Je n’augmente pas les doses, sauf si… vous connaissez maintenant le principe. Quelques moulinets des bras, je suis chaud, je transpire. Je prends la douche froide, j’enfile mon casque et je plonge.
Le casque c’est avant tout des lunettes parfaitement étanches et adaptée à mon visage pour que je puisse les oublier. Et un système son transmis par induction sur les tempes libérant les oreilles.
La musique permet de tromper l’ennui des longueurs et surtout de rester dans le corps au lieu de s’échapper dans l’esprit vagabond. Je fais toujours 1 kilomètre. Je n’augmente pas les doses, …
Les 500 premiers mètres en crawl. Je trouve mon rythme de croisière vers 250 mètres. Puis le reste alterné entre brasse et dos. Je termine par un coup de fouet. A chaque fois aussi dur. 50m en papillon. Je n’y arrive pas toujours, mais j’essaie. Il faut comprendre les coups de fouets comme le développement de la volonté et du caractère en se dépassant sur un temps très court mais intense. Le travail se fait plus dans la tête que physiquement.
Si j’ai la pêche je me refais 30 appuis faciaux.


Les extrêmes

Le mercredi soir, c’est sauna. La première condition fut rapidement de me construire mon espace car je ne supporte pas les établissements publics non seulement pour des questions d’hygiène mais aussi en raison du voyeurisme. Il m'est parfaitement impossible d'envisager une sauna en maillot de bain. Je me suis donc construit ma sauna avec, évidemment, le bac d’eau glacée. Enfin… le plus froid qu’on peut obtenir au robinet et c’est parfois pas triste.
Je me fais un traitement de choc d’une heure et demie. Soit 25 minutes à 90 ° dans un taux d’humidité de 80, entrecoupées de 5 minutes dans le bac.
Le coeur passe ainsi de 160/180 à 50 en l’espace d’une ou deux minutes. La sensation est indescriptible. On passe de l’insupportable au totalement jouissif qui se re-transforme en insupportable. Le samsara puissance 10.
Vers la fin des 5 minutes, les dents claquent et la pièce tourne. A la fin des 25, je bénis l’eau glacée.
Ici, plus besoin de coup de fouet. Le traitement en est un du début à la fin, une véritable flagellation. Je vais me coucher après avoir bu beaucoup d’eau.

Tu devrais essayer rabbit.
Non... je rigole.

Écrit par : Pierre Jenni | 30/07/2015

rabbit, ma fille de 14 ans viens de me demander de lui en offrir une paire !!!
C'est bon les références culturelles partagées. Je m'y complairais bien un moment...

Écrit par : Pierre Jenni | 30/07/2015

Encore pour Géo
https://fr.wikipedia.org/wiki/Orteil
cordialement va sans dire.

Écrit par : Pierre Jenni | 30/07/2015

"Je ne savais pas qu'il était politiquement incorrect de crever de trop de cholestérol, hypertension et excès d'acide urique. On apprend tous les jours quelque chose."

Ouais mais on y vient. Personne n'ose trop en parler. J'aime bien l'impertinence de pétard.
http://www.pierrejenni.ch/page/38-couts-de-la-sante-quels-remedes

Écrit par : Pierre Jenni | 30/07/2015

"Mais la question reste : la pensée sous endorphine est-elle de la pensée ? Je vous le dirai au retour de la balade que je m'apprête à faire..."

J'aime cette question. Et comme toute question, la réponse se trouve dans la question.

Je déteste le vélo. A cause de la nuque et du cul. C'est pourquoi j'ai opté pour un vélo couché. Dans un fauteuil. Je viens de m'offrir une bête urbaine pour les situations d'urgence mais je déteste le vélo.

Ceci dit, l'état que l'on atteint lorsqu'on met le corps en mouvement, notamment grâce au développement naturel de certaines substances que vous mentionnez, nous permet d'atteindre des niveaux de compréhension insoupçonnables et potentiellement révélateurs. Reste à savoir ce que nous ferons de ces réalisations...

Écrit par : Pierre Jenni | 30/07/2015

"C'est bon les références culturelles partagées. Je m'y complairais bien un moment..." Bon alors, comme vous dites, en matière culturelle, "A chacun sa limite pour vibrer." Et pour ma part, si je n'ai pas la culture des baskets, je déteste la course à pied et même si je sors de l'eau en ce moment, je déteste la natation. On est fait pour ne pas s'entendre, mais ça on l'avait compris depuis longtemps. Comme c'est la raison pour laquelle rabbit et moi communiquons, bienvenue au club.
A propos, nous ne sommes pas sur la plateforme de rabbit. Ce détail pourrait avoir son importance, même si le maître de céans n'est pas trop susceptible...

Écrit par : Géo | 30/07/2015

Oups...
mais alors, le maître de céans c'est un voyeur ?

Écrit par : Pierre Jenni | 30/07/2015

C'est une façon malveillante de dire les choses. Maître Salem nous laisse la place de nous exprimer; autant lui en être simplement reconnaissant. Il communique par ses billets. Par exemple, si un de ses prochains se moque des vieux qui font du sport, on aura une petite idée de ce qui l'a inspiré...

Écrit par : Géo | 30/07/2015

Et reprenant à notre compte la formule de Hume à propos de Berkeley, citée par Borges dans le récit "Tlön Uqbar Orbis Tertius", Géo et moi ajouterons que si les arguments de Pierre Jenni n'admettent pas la moindre réplique, ils n'entraînent toutefois pas la moindre conviction.

Écrit par : rabbit | 30/07/2015

Je réalise soudain que M. Salem est journaliste. Donc forcément voyeur et exhibitionniste. Pour notre plus grand bonheur.
J'aime pourtant bien ceux qui transgressent la règle tacite d'une neutralité forcément fictive et qui assument la discussion sur la bombe qu'ils lancent en se bouchant à peine les oreilles.

Écrit par : Pierre Jenni | 30/07/2015

Comme cal tombe bien ! Je suis évidemment de l'avis inverse. Et je me répète : on assiste souvent à une réponse indirecte. Allez voir le blog de Décaillet, lisez mon dernier commentaire et regardez la suite.

Écrit par : Géo | 30/07/2015

"Comme cal tombe bien" comme cela tombe bien...

Écrit par : Géo | 30/07/2015

Tout ça, c'est de la poésie pure: l'art de suggérer quelque chose tout en n'évoquant rien de précis.
Nous sommes vraiment très forts dans ce domaine, pas vrai ?

Écrit par : rabbit | 30/07/2015

Très, très forts. Au point que personne ne s'apercevra de notre disparition. Ce qui est très rassurant...

Écrit par : Géo | 31/07/2015

Pour en revenir au sujet, le premier août est la date anniversaire de la création de l'Armée Populaire de Libération (1927). Nous mangerons des 小笼包 pour l'occasion. Et vous ?

Écrit par : rabbit | 31/07/2015

Nous ? On vient d'apprendre que la BNS annonce une perte de 50 milliards de CHF pour le premier semestre 2015. Pour que Bobst gagne un million, il faut que la BNS dépense un milliard. Et il se trouve plein de gens qui veulent que la BNS continue ou reprenne son soutien au franc...
Les Suisses deviennent moins bons en économie, semble-t-il. Et cela n'aiguise pas l'appétit. Longue vie à l'APL...

Écrit par : Géo | 31/07/2015

Etes-vous favorable au rachat de Heidiland par la Chine pour en faire un parc d'attractions ?
….. oui
….. non
….. ne sait pas
….. arrêtez vos clowneries !

Écrit par : rabbit | 31/07/2015

La Suisse est déjà un parc d'attractions pour Chinois. Et Maienfeld est aussi connue pour son vignoble que pour l'oeuvre de J.Spyri. Trink züri, blib derbi !
(Ces idiots de Lausannois sont tout heureux de se ruiner pour des jeux olympiques de la jeunesse. La loi de Murphy guide la politique vaudoise...)

Écrit par : Géo | 31/07/2015

Lausanne, n'est-ce pas cette ville qui compte dans sa population la moitié des personnes sans ressources du canton ?

Écrit par : rabbit | 31/07/2015

Ne comptez pas sur moi pour le vérifier, pas envie de déprimer...
La devise du gouvernement semble être : nous sommes au bord du gouffre, faisons un grand pas en avant !

Écrit par : Géo | 31/07/2015

J'ai récemment lu dans "Pif Gadget", que "la sottise se caractérise plutôt par l'illusion d'un but à atteindre que par l'inintelligence des moyens mis en oeuvre pour atteindre ce but". Adhérez-vous à cette proposition pour ce qui concerne la capitale vaudoise ?

Écrit par : rabbit | 31/07/2015

Dans "Pif gadget" ? Une revue de propagande coco ? On aura tout vu. Relativement à cette proposition, ne pourrait-on pas dire que la sottise est polymorphe ?

Écrit par : Géo | 01/08/2015

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