01/08/2015

Pourquoi le chat déteste l’eau

 

Si l’on croit les astronomes, il faudrait qu’il y ait de l’eau sur une exoplanète pour que l’être humain y survive un jour. Avec ses animaux préférés: le cochon, sans lequel il ne se régalerait plus chaque octobre d’une fricassée de cayon à Sullens. Le poisson: renoncer aux filets de perches serait une privation atroce, même à des millions d’années-lumière de sa terrasse favorite de Préverenges. Voilà deux espèces qui, comme lui, ne peuvent se passer d’eau. L’une s’y rafraîchit la graisse et les soies, l’autre y trouve sa respiration naturelle. Seul Caramel, le gros matou rouquin de votre quartier, ne désapprouverait pas un transfert vers un astre dépourvu d’H2o, le symbole chimique d’un élément dont il a horreur. Certes, de l’eau, il en lape quand il a soif. Selon les écrivains anglais, il préférerait le lait, le «chemin de la crèmerie». Une expression qui court souvent sous leur plume. Moi, je n’ai eu pour petits compagnons qu’un gouttière ou des siamois au goût plus affirmé pour les reliefs d’un osso-buco. Voire pour une entrecôte de bœuf maladroitement laissée tiédir au balcon.

 

De l’eau, ils en buvaient sans chipoter, et de leur petite langue râpeuse, rosâtre comme un pétale de pâquerette. Ils n’en restaient pas moins intrigués par un robinet qui coule, ou la vidange tournoyante d’un évier de cuisine. Les évolutions natatoires d’un cyprin doré en son bocal les fascinaient au point qu’ils y risquaient une patte, mais sans succès. «Le chat aime le poisson, pas le pêcher», dit un proverbe français. Pourquoi cette répulsion? Ses ancêtres étaient des félins du désert qui ignoraient la soif, et que l’eau fraîche des forêts septentrionales aurait effrayés…

 

Pourtant, l’angora, originaire du lac arménien de Van en Arménie, serait un excellent nageur. Tout comme un certain «chat de Lausanne», repêché au haut Moyen Age dans le Léman par un Veveysan, et qui devint un monstre légendaire, semant la terreur dans les Alpes. Mon confrère Justin Favrod, le rédacteur en chef du beau mensuel Passé simple, nous précise sur Facebook que la mise à mort du fauve, par le roi celte Arthur en personne, est représentée sur un pavement mosaïqué de la cathédrale d’Otrante, dans les Pouilles.

 

 

 

 

Commentaires

Aux temps heureux où le monde suait l'opulence, Max (mon fils à moi) passait ses vacances en Suisse. Bien que partagée, Max est ma seule création digne de figurer au patrimoine de l'humanité. Ma mère venait superviser les contingences et nécessités du ménage et elle était accompagnée de Figaro, le chat ayant abusé de sa générosité pendant vingt ans. Une sale bête à la voix cassée et au sourire tordu ("He's got a broken voice and a twisted smile", Norah Jones).
Max, depuis son bain, a longtemps réclamé que je lui amène Figaro pour faire trempette avec lui. Sur le plan scientifique, il aurait été en effet intéressant d'observer si un chat n'ayant jamais appris à nager, pouvait se débrouiller dans une piscine à sa taille (la vieille histoire de l'inné et de l'acquis). Mais, après avoir vécu aussi longtemps en couple, Figaro avait acquis un pouvoir télépathique sur ma mère, et il lui lançait une alerte dès que je faisais mine de m'emparer de lui.
Figaro et ma mère sont morts l'un après l'autre à un âge canonique. Max a maintenant 26 ans et j'ai hâte de le voir créer une descendance, pour tenter à nouveau l'expérience du chat aquatique avec mes petits-enfants.

Écrit par : rabbit | 01/08/2015

Ah, les vieux chats et les dames d'un certain âge...J'en connaissais un qui avait l'habitude d'aller dormir sur le radiateur. C'était drôle parce qu'on avait l'impression qu'il en avait épousé la forme ondulée. Un jour la dame a fermé la vanne et le chat s'est éteint...

Dites, je vous l'ai déjà racontée, cette charmante bluette ?

Cela se passe dans un asile de fous. A la mode actuelle, les fous sont assez libres. Ils sont quelques-uns autour d'une table lorsque passe un chat, le chat de l'asile, idée d'une psycho-machin ou peut-être était-ce une socio-truc...
- Ouah le chat, dit l'assassin. J'aimerais bien le tuer...
- Ah ouais, mais je voudrais d'abord le sodomiser avant, dit le sadique.
- Ouais chouette, on le sodomise, on le tue et on y met le feu, ajoute le pyromane.
- Ouais, ouais, ouais, dit le nécrophile. On le sodomise, on le tue, on y met le feu et on l'encule encore une fois...
Un ange passe, comme l'écrivait de Villiers, et il se demande bien ce qu'il fait là. Les regards se tournent vers celui qui n'a encore rien dit.
- Miaou..., fait le masochiste.

Écrit par : Géo | 01/08/2015

L'expression "dead cat" a du succès dans le vocabulaire urbain américain, elle est utilisée dans plusieurs contextes. Ce qui doit horrifier les Britanniques, qui préfèrent les petits meurtres entre amis. Dans le domaine financier, un "dead cat bounce" est le sursaut d'un titre à l'agonie. Raconter de telles histoires le William Tell Day n'est pas convenable. Right ?

Écrit par : rabbit | 01/08/2015

Cela fait longtemps que je ne conviens plus et vous m'en voyez fort aise. Et dans un pays qui est tout fier de perdre 50 milliards stupidement, la Fête nationale...

Écrit par : Géo | 01/08/2015

"Ils n’en restaient pas moins intrigués par un robinet qui coule"
Le dernier chat (elle en eut toute sa vie)de ma tante Suzon sautait dans l'évier de la cuisine et attendait qu'on lui ouvre le robinet pour en boire l'eau. Il était très amusant.
Ma soeur "à moi" (que j'appelle mon Bézo (à_à) vous saurez tout)a eu un siamois qui attendait patiemment qu'on lui laisse l'os de l'épaule d'agneau avec quelques savoureux morceaux de viande que nous mêmes n'avions pas réussi à dévorer... et pourtant, nous nous en léchions aussi les babines.

Et, j'adore les chats, je suis une vieille dame et je n'en ai jamais eus.

Écrit par : Ambre | 01/08/2015

Depuis Schrödinger, il est désormais possible de voir le même chat mort ou vivant, suivant l'univers dans lequel on se trouve. C'est plus politiquement correct que de le faire nager dans une baignoire, en même temps que fictionnellement scientifique.

Écrit par : rabbit | 01/08/2015

"je suis une vieille dame et je n'en ai jamais eus." J'en ai eu en Afrique, au Mozambique. D'abord un vieux qui a fini ses jours avec nous. Il est allé mourir dans le four à pain (inutile) que mon amie avait fait construire. J'ai fini par m'apercevoir de sa disparition mais il était rigide quand je l'ai retrouvé. Je me souviens avoir dû un peu le casser pour l'enterrer, parce que la queue était alignée droite avec la colonne vertébrale. Bref. Puis on a eu Mimi. Le plus beau chat toutes catégories mondiales. Sauf que Mimi aimait trop la castagne et rentrait au petit matin avec la gueule dans un état effroyable. Je ne sais quel genre d'adversaire il se choisissait, mais à mon avis il visait la femelle du guépard de la brousse d'à côté. Un peu mégalo, le Mimi. J'ai appris par la suite que mon ex lui a fait couper les choses, pour son bien...
Les chats s'attaquent aux serpents. C'est ainsi qu'on a découvert que bitis bitis fréquentait notre jardin...

Écrit par : Géo | 01/08/2015

C'est joli, bitis bitis. Et cela fait beaucoup de bruit quand cela souffle.
https://www.google.ch/search?q=bitis+bitis&tbm=isch&tbo=u&source=univ&sa=X&ved=0CEkQsARqFQoTCP-tuujCiMcCFUhyFAodq3UHaQ&biw=1280&bih=641

Écrit par : Géo | 01/08/2015

Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ?

Écrit par : rabbit | 01/08/2015

Pas siffle, souffle. Ce gros machin boudiné aux crochets de 4 cm (les plus longs toutes catégories) fait un bruit de locomotive à vapeur qui rejette de la pression...
Je me souviens de quelqu'un de sexe féminin qui s'était mise à l'écart pour faire pipi lors d'une campagne de géophysique et qui est revenue en courant en nous expliquant qu'elle avait entendu un gros soufflement. Je n'ai pas osé lui décrire le machin qui faisait généralement ce bruit.
Remarquez, c'est plutôt sympa de sa part de faire un bruit pareil. Avec la tête qu'elle a, personne n'a envie de l'embêter très longtemps. J'ai croisé une dame hier en promenade qui avait les mêmes défenses préventives...

Écrit par : Géo | 02/08/2015

Justement, à propos des festivités d'hier, une réflexion uchronique s'impose: pensez-vous que cela a été vraiment bénéfique de faire toutes ces gamineries aux Habsbourg ? Personnellement, je n'ai toujours pas digéré la bataille de Morat.

Écrit par : rabbit | 02/08/2015

Ne m'en parlez pas; de plus, ma gouille préférée est envahie par le sang des Bourguignons...

Écrit par : Géo | 02/08/2015

S'il fallait donner dans l'uchronie, je referais plutôt 1862 et j'annexerais la Savoie. Cela aurait le gros avantage de réduire le volume sonore de nos voisins du bout du lac qui nous les brisent menu assez souvent...
Et cela contrebalancerait le poids de ces gens qui parlent une langue faite rien que pour eux. Ce ne serait pas négligeable non plus. Et bon, je suis Vaudois et donc principalement savoyard, même si un peu bourguignon et bernois...(cf.le langage des Vaudois de Henri Perrochon, éd. FAL, on est entre nous...).

Écrit par : Géo | 02/08/2015

Avez-vous quelque chose à ajouter pour votre défense ?

Écrit par : rabbit | 03/08/2015

Si. Ramenez-nous un demi de calamin, mademoiselle...

Écrit par : Géo | 04/08/2015

Lisez ça, Géo, vous allez adorer:
www.politique-autrement.org/IMG/pdf/LeDebat-LeGoff.pdf
Santé, conservation !

Écrit par : rabbit | 04/08/2015

Oui ? En tout cas, en me souvenant de l'instituteur sadique qui battait mes camarades en première primaire, j'aurais voulu écrire ça :
"Ce n’est pas l’événement historique «mai 68» qui est ici en question:
cet événement historique comme tel n’appartient à personne, il appartient à notre histoire, comme à celle de l’Europe et à de nombreux pays dans le monde. Cet événement iconoclaste à plusieurs facettes peut être globalement analysé
comme un moment de basculement vers le nouveau monde dans lequel nous vivons aujourd’hui, que nous le voulions ou non. En ce sens, l’idée selon laquelle il faudrait «liquider mai 68» est absurde."
A partir de là, on peut commencer à discuter. A la différence des "Observateurs" qui luttent pour un retour à la suprématie catholique et donc à une nouvelle St-Barthélémy...

Écrit par : Géo | 04/08/2015

Si la référence à cet article vient de Michel Onfray (observateur digne de confiance), l'auteur est un ancien anarchiste passé au maoïsme, pour trouver sur le tard une forme de rédemption comme sociologue au CNRS. Ce qui, selon mon observation du milieu concerné (ainsi qu'aux analyses et conclusions également dignes de confiance qui en découlent), est un parcours typique dans le jésuitisme parisien.

Écrit par : rabbit | 04/08/2015

Il y a un domaine qui mériterait une attention plus soutenue...(Après tout, si je suis un ancien mao, je ne recherche pas d'autre rédemption que d'écrire dans ce blog):
art 2 des statuts d'Helvetas :
"En Suisse et à l’étranger, HELVETAS Swiss Intercooperation vise à éliminer les causes des inégalités et encourage la solidarité internationale de la population suisse"
A partir du moment où on met le doigt dans l'engrenage de la lutte contre les inégalités, le tout est de savoir où on s'arrête. De même pour l'importation de toutes les misères du monde. Les temps qui viennent en Europe risquent d'être historiquement intéressants. Seront-ils décrits en arabe, en chinois ou en dioula ou en swahili ? Restera-t-il quelques locuteurs de cette langue perdue, le français, dans une centaine d'années ?
J'ai même des amis proches qui parlent comme les cadres du gauchisme universel : on ne peut empêcher les migrants de venir, c'est impossible. Ce discours se répand de plus en plus, me semble-t-il. Et rien qu'en Afrique, ils sont cent millions à vouloir débarquer maintenant, aujourd'hui.

J'ai un peu l'impression de faire partie d'un troupeau de lemmings qui se jette de la falaise. Pas vous ?

Écrit par : Géo | 04/08/2015

L'image n'est pas celle qui convient présentement à la situation (comme on dit au Burkina-Fasso). Si les lemmings s'évadent ou si les rats quittent le navire, c'est tant mieux question Lebensraum.
Mais, faites passer la bobine à l'envers et regardez les lemmings reprendre pieds (arrières) par milliers sur la falaise: c'est beaucoup plus flippant.
Pour répondre à votre honorable question, je vous rappelle que mon domicile officiel est dans le Jiangxi et que, dès que mon problème administratif sino-chinois sera résolu, je m'y envole à tire d'ailes (flop, flop, flop). Dans l'hypothèse d'un destin résolument contrarié (comme on dit à Renens), je vais ailleurs: Californie, Syrie, Tunisie, etc.

Écrit par : rabbit | 04/08/2015

J'ai une certaine tendance à préférer les pays où je peux le cas échéant avoir une certaine emprise. Ou alors, où je connais les sentiers de fuite...
Je vous vois assez mal en Syrie ou en Tunisie, allez savoir pourquoi.

Écrit par : Géo | 05/08/2015

http://om.ciheam.org/om/pdf/a17/92605158.pdf

Hi!

Écrit par : Ambre | 05/08/2015

Ambronette, AmbroNETTE ! Vous trouvez toujours des choses stupéfiantes dans votre boule de cristal numérique.
En effet, les Tunisiens ne sont pas de manches, ils ont décrypté le message secret concernant les lapins dans la suite de Fibonacci: à savoir, qu'il est moins onéreux de multiplier les lapins que les pains. Mais ce qui n'est pas inclus dans la formule, c'est l'indice de mortalité chez ces bestioles. Si elles s'adaptent au climat, tout en échappant aux phacochères, aux lycaons et aux terroristes, elles vont se répandre sur l'Afrique à un taux de progression à deux chiffres.
Une fois que les lapins auront dominé l'Afrique, ils traverseront l'Atlantique. La leçon du 11 septembre a servi: le Pentagone stocke des milliers de tonnes de carottes dans ses bases secrètes des Rocheuses en prévision de l'invasion.

Écrit par : rabbit | 05/08/2015

Rabbit, je constate que vous êtes en grande forme!

Sans blague, faudrait revoir vos choix de destination si, "destin contrarié". Et la Hollande? Niet?

Écrit par : Ambre | 05/08/2015

Helemaal niets, helaas ! c'est un enfer fiscal, comme tout le reste de l'UE. Les riches s'en vont, c'est mauvais signe: ils savent que l'Armageddon est proche. A part le Vawrinkastan, il y aurait encore l'Ouzbekistan, le Kirghizistan et le Kazakhstan. Le Chinois y construisent des autoroutes et des voies ferrées, c'est plus pratique que le chameau pour les déplacements. Et puis, les MacDo et les Starbucks devraient suivre: que demander de plus ?

Écrit par : rabbit | 05/08/2015

"le Pentagone stocke des milliers de tonnes de carottes dans ses bases secrètes des Rocheuses en prévision de l'invasion."
A mon avis, les lapins vont gagner, à moins que Trump soit élu.
Ils feraient mieux d'imiter les Australiens...

Écrit par : Géo | 06/08/2015

C'est un drame contemporain, Monsieur Géo. Rien ne change. Ni les décors, ni les comédiens, ni même l'action. Mais le scénario est illisible.
Etes-vous déjà entré dans la Trump Tower, sur la 5e Avenue ? C'est fantastique. La première fois que je voyais une cascade alpestre couler dans le hall d'un immeuble. A quelque distance de là, en dessous de Washington Square où naît la 5e Avenue, des clochards répugnants squattent tout un quartier en ruines. Pour ne pas lâcher le film, il faut chercher des explications chez les Chicago Boys. Ceux de l'école de sociologie, pas ceux qui ont remonté les finances du Chili.
Laissez faire, c'est libéral. Donald Trump ou Omer Simpson, quelle importance? Les Chinois sont là pour veiller au grain.

Écrit par : rabbit | 06/08/2015

Dites donc, ça a l'air efficace, l'acide lysergique diéthylamide. Vous en avez trouvé une réserve du temps de votre jeunesse ? Je viens de lire un livre de Philip Kerr qui tourne autour de l'assassinat de JFK, "Impact". On y parle aussi des débuts de l'utilisation de ce produit par la CIA...
Nota bene : on pense que les gens de Salem ont été intoxiqués par l'ergot de seigle. Je dis ça, je dis rien...

Écrit par : Géo | 06/08/2015

Bien que d'un naturel casanier, j'ai tout de même été
5 x à New York
2 x à Los Angeles
2 x à Boston
1 x à San Francisco, San Diego, Las Vegas et Orlando.
S'agissant d'évoquer les States, vous pouvez m'accorder un certain crédit et oublier les stigmates de la pharmacopée. Et comme je lis Emerson, Thoreau, Dewey, Becker, Friedman et Stiglitz dans le texte (plus facile que Shakespeare), je peux communiquer avec les indigènes ou ne pas m'endormir en suivant le Discours sur l'Etat de l'Union, sur CNN.
De quoi allez-vous encore m'accuser, si la canicule devait se prolonger ? D'avoir vendu mon âme au diable ?

Écrit par : rabbit | 06/08/2015

Rien du tout. Mais vous n'êtes visiblement pas redescendu. Quel enthousiasme !
Ou s'agit-il de surcapacités internes ? Vendre votre âme au diable ? Mais à quel prix ? Ce serait trop cher pour lui, non ?

Écrit par : Géo | 06/08/2015

Ce n'est pas aujourd'hui que nous apprendrons pourquoi le chat déteste l'eau.

Écrit par : rabbit | 06/08/2015

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