24/10/2015

De l’avantage d’être laid…

Cousine Elodie, que vous n’avez point revue depuis qu’elle s’est établie à Genève, en est revenue très transformée pour le baptême du petit Kenzo, à Moudon. Elle en est la marraine et vous le parrain. Entre-temps, elle s’est refait le nez, arrondi les pommettes, épilé les sourcils. Elle a troqué ses cheveux lisses et cendrés contre une espèce de chicorée rouge. Comme vous ne l’avez pas reconnue d’emblée dans la pénombre de l’église Saint-Etienne, elle vous déteste à vie…

A votre décharge, les relookages étaient moins drastiques quand tous deux aviez 20 ans de moins. Ils étaient rarement chirurgicaux: un changement de paire de lunettes, un coup de peigne différent y suffisaient. Le regard restait le même, car on y lisait un même sourire. On n’était pas encore tyrannisé par des modes éphémères, ou des critères standardisés de ce que d’aucuns définissent comme la beauté. Non! les «visagistes» des Eaux-Vives ne sont pas nos nouveaux Praxitèle ni des Michel-Ange. Par la faute de ces charcutiers, cousine Elodie ne ressemble plus à ce qu’elle a été, mais à des milliers de femmes qui, elles aussi, ont perdu ce qui fut leur charme individuel.

C’est quoi, un charme individuel? Je cite Victor Hugo: «Le beau n’a qu’un type, la laideur en a mille.» Dans le sillage de l’inventeur génial de Quasimodo, une jeune Etasunienne, Grentchen Henderson, vient de publier une apologie de la mocheté: Ugliness, a cultural history. Soit une «Histoire culturelle de la laideur» – pas encore traduite en français. Selon elle, il y aurait plus d’intérêt à considérer les gens affligés de disgrâce que ceux que la beauté a favorisés. Celle-ci étant toujours identique à elle-même, close, étanche au reste du monde. «Alors que la laideur est infinie, et qu’elle partout, comme Dieu.»

Pourtant, le même Dieu sait à quel point la hideur faciale reste un sujet de souffrance, même à l’heure des selfies. Et pour des messieurs autant que pour des dames. Or celui qui s’en affranchit apprendrait à enfin s’aimer, défiant ce maudit miroir qui lui renvoie chaque matin un visage qu’il trouve grumeleux comme une pâte à gâteau «immangeable».

Il y prendrait de l’autorité jusque dans les conversations. Et sa laideur deviendrait séduisante. Voire comestible.

.

 

 

*The Chicago of Press Books, 224 p.

Commentaires

Encore et toujours la question des limites. Cela a fait beaucoup jaser ces temps à propos de "races", qui devrait rester une question de taxonomie et non de politique, comme le souligne fort justement l'épistémologue André Pichot. Soit dit en passant, on vient d'entendre sur la radio nationale dans une énième émission d'éducation politique un psychanalyste spécialiste de la haine -si, si - nous expliquer que nous avons tous du néanderthal en nous. Eh ben, c'est faux. les Africains n'en ont pas. Voilà en tout cas une différence génétique qu'elle est claire, même pour le plus obtus des tenants de la "race humaine"...
Nous disions donc, les limites. Poser une limite est l'acte premier de tout acte de connaissance (scientifique, si vous préférez...). Et la plus difficile à tracer se trouve entre l'inné et l'acquis, provoquant cette distinction assez universelle entre humains de "gauche" ou de "droite". L'histoire des sciences montre que dans la plupart des controverses, les tenants des deux théories ont raison et que la vérité se forge à partir des deux théories. Je citerai pour ma part les déchirements sanglants que connurent les géologues sur l'origine des granites, sédimentaire ou plutonique. Les deux sont vraies, mais il a fallu pas mal de temps pour le reconnaître.
Alors, la beauté, la laideur ? Serge Gainsbourg est-il laid ? Qui peut honnêtement soutenir que quelqu'un qui a séduit Brigitte Bardot ou Jane Birkin est laid ? Il devait avoir une haleine de chacal qui vient de manger une charogne de vache fumeuse de havanes, mais ça, c'est une autre question...
Et cela renforce l'idée qu'il devait avoir beaucoup, beaucoup de charme pour compenser la dite haleine...

Les filles belles selon les critères des magazines n'ont aucun caractère donc aucun charme. C'est en ce sens que l'on peut prétendre que la beauté est "unique", lorsqu'elle se comprend comme correspondant à des canons bien précis.
Et quand elles ne correspondent pas parfaitement, on fait des retouches sur les photos grâce à Photoshop...

La question devient : quels sont nos critères d'appréciation de la beauté ? Autre exemple archi-connu: Serge Reggiani. (Je prends des exemples masculins, la plupart des actrices de cinéma me paraissant toutes très belles de toute façon, ce qui me semble relever de l'inclination sexuelle plutôt que de jugement esthétique...). Acteur toujours relégué au second rôle à cause de son physique. A certains moments, il paraît beau et parfois, plutôt laid. Un peu comme tout le monde, en quelque sorte, et c'est là ce que je voulais dire. Le corpus des gens ni vraiment beaux ni vraiment laids me paraît beaucoup plus grand que les quelques pourcents de la population que l'on qualifiera de "beaux" ou de "laids". Si l'on superpose les photos de dix mille visages, on obtient une image, qui sera exactement pareille à celle obtenue par la superposition de dix mille autres visages. (NpR.C'était une illustration des champs morphogénétiques dans cet article de Actuel.NpR = note pour rabbit...)
Cette superposition répond à ceux qui pensent qu'il n'y a pas de races humaines. Il n'y a pas de beaux ni de laids non plus...

Écrit par : Géo | 24/10/2015

L'exemple de Gainsbourg est imparable, en effet.
Qu'avait-il, mais qu'avait-il donc? Comment de belles femmes sont-elles parfois attirés par des hommes que je verrai mieux dans une vigne avant la vendange pour éloigner les étourneaux? Cela reste un grand mystère.

Mais relativisons. La disgrâce esthétique n'est pas automatiquement porteuse de charme ou d'autorité. Il y a des moches sans intérêt, quel que soit leur numéro dans la liste des milliers de types suggérés par Hugo. Il faut savoir passer au-dessus pour ne pas se laisser toujours faire allégeance à la séduction de la beauté. Mais n'empêche que je vois bien quels hommes les femmes en majorité trouvent beaux, et comment leurs yeux brillent alors. Alain Delon a fasciné des générations de femmes. Plus que Gainsbourg.

Dans l'autre sens, les femmes dites belles sont celles où je vois une foule de prétendants en compétition. C'est le test de la terrasse de café. Vous savez qu'une femme est belle quand imperceptiblement ou explicitement les regards des hommes vont dans le même sens. Il y a quand-même quelque chose qui se passe là, bien que la beauté ne soit qu'une. Si elle est vraiment une, elle l'est avec une intensité parfois remarquable.

La disgrâce peut avoir du charme mais le plus souvent elle offre, derrière les trais moins attractifs, le possible bonheur d'une personnalité que l'on découvre sans intention amoureuse. Le charme n'étant qu'une fascination aussi tendancieuse que la beauté.

Mais les canons restent les canons. Au cinéma ou au théâtre, Juliette a toujours des traits ressemblant à la beauté, et une grâce. Ne me dites pas que je suis formaté: je le suis, mais pas par les canons des magazines (je trouve Nicole Garcia toujours belle avec son visage flétri), mais par quelque chose qui habite en moi bien avant un formatage, qui est une sorte de "sens". On peut attribuer des chiffres à la beauté: proportions du visage, angle du menton, etc, quoi que je n'y retrouve pas le sensible qui pour moi donne la touche réelle à la beauté (Angelina est paraît-il jolie, mais elle ne m'éveille aucune émotion). Mais ces chiffres ne sont pris en référence que parce qu'avant cela nous avons connu une émotion nommée beauté. C'est la beauté, si subjective et si semblable, qui fait les chiffres, les canons et les magazines, pas l'inverse, à mon avis.

Par contre, le botox de Nicole Kidman me fait fuir. Je n'ai pas envie de toucher du cadavre... (J'exagère, mais quand-même). Les lèvres tirées comme un élastique distendu après opération, ou les gros boudins informes siliconés, ne sont pas non plus ma tasse de thé. Les joues tirées au point où l'on dirait Michael Jackson vingt ans après s'il avait vécu, non.

Mais la grâce, la grâce...


A part cela j'ai cherché la photo de l'auteur du livre mentionné. Sans être une beauté canon elle n'est pas moche. Ce doit être plus facile d'en parler et pour passer à la télé. Et elle est dans la phase d'affirmative attitude, qui lui rapporte de l'argent. Après, on verra. Quoi qu'il en soit nous devons nous accepter comme nous sommes, la chirurgie ne pouvant et de loin pas tout. Et puis c'est plus confortable moralement de s'assumer.

Écrit par : hommelibre | 24/10/2015

"les femmes dites belles sont celles où je vois une foule de prétendants en compétition. C'est le test de la terrasse de café." Prétendants ? Tous les hommes qui admirent une belle femme sont des prétendants ? Vous entrez complétement dans le jeu que vous vous évertuez à dénoncer à longueur de billets dans votre blog...
J'avais émis cette théorie que les hommes avaient inventé l'art pour exorciser le charme ou la grâce ou la beauté des femmes. Ce à quoi Calendula avait répondu que les grottes de Chauvet, Lascaux, Altamira, etc ne contiennent que des représentations d'animaux. Ayant moi-même quelques capacités en casuistique jésuitique (innées...), j'aurais pu rétorquer qu'il ne s'agissait pas là d'art. Vous savez certainement que cet argument a maintes fois été évoqué à propos de l'art africain. Barbier-Mueller parle d'art ethnique, par exemple.
Il y a une part d'exorcisme dans la création artistique, quoi qu'il en soit. Que l'on soit touché par la grâce des femmes ou celles des gazelles. Ou des culs de chevaux, comme Pierre Keller. Autrement dit, il y a la libido freudienne, sexuelle, et la libido jungienne, force vitale en général. La plupart des hommes qui admirent une belle femme n'ont pas la prétention d'être prétendant. Vous me suivez ?

Écrit par : Géo | 24/10/2015

"nous accepter comme nous sommes" : quand nous vieillissons c'est plus facile de l'accepter si nous n'avons jamais été une beauté. Pourquoi toutes ces actrices tentent (souvent sans réussite mais parfois avec) de palier aux outrages de l'âge en faisant de la chirurgie "(in)esthétique". Parce qu'elles furent belles pour nombre d'entre elles (je parle de celles qui ont passé la soixantaine même si elles n'attendent même plus ce cap pour le lifting). N'avoir jamais été belle est peut-être un avantage pour bien vieillir?
Sans chirurgie, il faut s'accepter, accepter ces rides autour des lèvres, des yeux, ces joues qui se creusent, et je ne parle pas du reste. On ne peut plus parler de beauté, tout devient moche. Donc si l'on était moche c'est plus "acceptable";-)
Avec chirurgie, c'est pas jojo non plus et pire, non seulement on ne retrouve pas la beauté de sa jeunesse mais on perd en plus ce qui a fait le charme de la personnalité. Ce charme (qui n'est vraiment plus de la "grâce" de toute façon) que l'on garde, parfois, avec ses rides et, surtout, son sourire, son rire, ses yeux, son regard, même si celui-ci, aussi, devient moins vif avec l'âge.
Il faut y aller légèrement avec le maquillage en vieillissant...
C'est un calvaire j'en suis sûre pour nombre de femmes de se voir vieillir physiquement. J'ai souvent envie de briser tous mes miroirs. Ne plus s'aimer c'est aussi la preuve que vous n'êtes plus aimable.
Bon, je parle là de la femme de xx ans, le mien, dans un mois! Encore un cap, j'aimerais que ce soit le dernier, je le dis sincèrement.
John, j'aime bien que vous aimiez Nicole Garcia telle qu'elle est maintenant. Elle s'est fait un peu "ravaler" mais pas trop, c'est imperceptible et pas mal, elle a gardé dans son visage "la richesse de sa vie". Je viens de la voir dans Belles Familles (très déçue par le film de Rappeneau malgré de bons acteurs).

Bref, pour bien vieillir il faut faire fi de son physique, ne plus vouloir séduire... autrement que par les mots. Facile à dire.

Un beau livre sur la laideur, de Richard Millet : Le goût des femmes laides. En exergue de son livre :

"Or tout comme ceux qui ont lu beaucoup de livres sont très curieux de lire les nouveaux, fussent-ils mauvais, il arrive qu'un homme, qui a aimé beaucoup de femmes toutes belles, parvienne enfin à être curieux des laides lorsqu'il les trouve neuves." (Casanova, Histoire de ma vie).

et (excellent;-)):

"Ce que j’abhorre, ce n'est pas une femme très laide; c'est une demi-laideur aspirant à la beauté." (Stendhal, Journal).

Écrit par : Ambre | 24/10/2015

Non, Géo, nous n'oserions vous contredire sur ce point, ne serait-ce que pour passer un week end à l'écart des bombes larguées par les Su-24 et Su-25M de votre ami Vladimir Vladimirevitch (il doit avoir le même âge que vous). Par contre, nous ne tarirons pas d'éloges sur les évêques de Lausanne avant 1536 (cf. église Saint-Etienne).

Pour le reste, vous parliez des femmes, n'est-il pas ? A mon avis le seul sujet qui en vaille la peine sur cette boule en folie lâchée à travers l'espace infini, et le meilleur souvenir que j'emmènerai dans la tombe. Elle valent toutes la peine d'être connues, quelle que soit la couleur de leur peau, la forme de leurs yeux ou leur niveau intellectuel. Tout à prendre, rien à jeter. A quel numéro ou album d'Actuel faites-vous allusion, il me faut aller spéléologuer dans les caves genevoises ? Au surplus, j'ai toujours prétendu que l'homo pekinensis était à plus de 80% "Made in China".

Écrit par : rabbit | 24/10/2015

Géo, prétendants, ce n'était qu'une image destinée à illustrer un mouvement de tête ou des yeux, et à sourire. Ce test est d'ailleurs en général confirmé par les femmes, qui tournent elles aussi la tête, d'abord vers la beauté présente, ensuite vers leur homme s'il est là.

Les humains ne cherchent pas à conclure à chaque fois, quoi qu'il puisse y avoir un atavisme dans ce sens. Leur culture leur épargne de suivre leur simple animalité, ce qui serait assez compliqué. Faut-il vraiment choisir entre Freud et Jung? Peut-être que Freud préside à l'érection, et Jung gère l'après-coït...

Mais au fond, je pense qu'il reste un résidu de possible désir dans le regard de beaucoup d'humains. Les hommes (certains mariés) ne vont pas voir un spectacle de strip, les femmes (certaines mariées) ne vont pas voir les Chippendales, comme ils et elles vont à une expo d'art ethnique. La curiosité du mâle sur une terrasse, même d'un mâle civilisé, peut être légèrement teintée de résonances. Je ne pense pas que les être humains sautent sur les occasions par principe ou par pulsion irrépressible, mais je n'exclus pas qu'il y ait un peu plus que l'oeil du philatéliste. Je ne trouve pas cela bien grave et la culture est là aussi pour nous cadrer.

J'aurais pu dire "admirateurs" plutôt que "prétendants". Ou mateurs stoïques. Le fait est que certaines personnes particulièrement esthétiques (pas seulement en beauté plastique mais aussi en sex appeal) sont plus attractives que d'autres. Et un peu de sincérité ne nuit pas: on peut se reconnaître intéressé, et plus si nous étions dans des circonstances qui le permettent, sans proposer un plan cul dans les 5 minutes qui suivent.

Tout dépend ensuite, en deuxième temps, de ce que nous cherchons personnellement et de la représentation que nous avons de la beauté. L'art ethnique, personnellement, je n'aime pas. Je ne comprends d'ailleurs pas ce qu'il veut représenter. Les formes humaines sont approximatives et les détails sont passés sous silence. Je me demande parfois si l'artiste a représenté ce qu'il voulait, ou seulement ce qu'il pouvait techniquement. N'ayant pas de connaissance dans ce domaine, je regarde de manière très basique.

Écrit par : hommelibre | 24/10/2015

Effectivement, Claudius Galenus prétend que tous les animaux ressentent une dysphorie post-coïtale, sauf la femelle humaine et le coq. A vous de confirmer pour le coq, si vous savez quelque chose.
Notre ami Spinoza développe ce phénomène sous un aspect plus scientifique que Galenus. Bien qu'on puisse se demander s'il a été jusqu'à l'expérimenter, puisqu'il n'a jamais été marié. Mais nous savons tous que la vie en Amsterdam a toujours été rock'n'roll (n'est pas Max ?).

Écrit par : rabbit | 24/10/2015

Mais qui va donc voir les Chippendales ou un spectacle de strip ? Et d'abord, est-ce que cela existe encore, des trucs pareils ? Personne ne se déplace pour des spectacles aussi nunuches - qui donc va s'intéresser à des mecs ou des nanas à poil sur scène ? - mais on se retrouve là parce que complétement bourrés, quelqu'un a glissé "au point où on en est, pourquoi ne pas rester pour ce spectacle de nuls ?" en oubliant que sa maman lui avait bien dit que l'alcool n'était pas bon pour la santé. Bon, il est vrai que certains de nos contemporains trouvent les films pornos excitants. Il est vrai aussi qu'il faut de tout pour faire un monde. Dommage qu'il manque sérieusement de gens simplement un peu équilibrés...

"Je me demande parfois si l'artiste a représenté ce qu'il voulait, ou seulement ce qu'il pouvait techniquement. N'ayant pas de connaissance dans ce domaine, je regarde de manière très basique."
Vous devez adorer l'art moderne...

rabbit@ Que se cache-t-il donc derrière ces évêques lausannois, forcément d'avant 1536 parce qu'après, y a pus ?
Quel n° d'Actuel ? Celui qui parlait des champs morphogénétiques que vous nommiez il y a quelques semaines morphogéniques.
Mais qui est donc ce monsieur Alzheimer, son nom me dit vaguement quelque chose...

Écrit par : Géo | 24/10/2015

Je pensais à Benoît de Montferrand, un pote de la famille (mafieuse) des Rabbit, qui a favorisé leur installation dans le coin avant que les barbares venus du nord-est (comme la bise) ne viennent gâcher le jeu. Comprenez alors mon animosité rétroactive.
Alors là, Monsieur Géo, je ne sais plus comment j'ai pu vous proposer un cocktail champagne et
morphine. Normalement, on présente quelques fraises en accompagnement. Etait-ce en liaison avec le réalisme modal et les mondes parallèles ? Je devrais rester concentré sur des choses simples, croyez pas ?

Écrit par : Rabbit | 24/10/2015

Je trouve que se demander si l'art ethnique est dû au hasard des techniques ou à l'usure du courant d'eau, c'est faire preuve d'équilibre. Parce que dans les grottes, on peu comprendre: ils manquaient de lumière. Mais en plein air, au soleil d'Afrique... Peut-être qu'ils étaient myopes.

L'art moderne, j'aime. L'abstrait visuel j'aime assez. Mais pas Koons ou Murakami. L'accomplissement de leurs oeuvres serait de les lancer à la mer sur la plage d'Acapulco (citron).

Écrit par : hommelibre | 24/10/2015

À lire: Et on tuera tous les affreux, de Vernon Sullivan, alias Boris Vian. Ses personnages vont sur une île où il n'y a que des beautés ravageuses. Résultat: ils ne sont plus attirés que par des thons (l'origine de cette expression??? Pourquoi une laideron est-elle un thon?)

Alors est-ce que ce serait le cas? Sommes nous attirés par ce qui est rare?

Écrit par : Arnica | 24/10/2015

Merci de faire remonter le cher Boris aux meilleures places de notre mémoire si ingrate.
Avec d'autres musiciens d'obédience armstrongienne, il est des rares germanopratins tolérés par Géo. Michel Onfray ayant réglé définitivement le problème du couple Jean-Sol Partre et sa dulcinée nécessaire et contingente, il y a désormais des places libres au panthéon Géodésique.
Revenons à la zizique, comme disait Boris, pour préciser que si vous faites écouter un opus d'Ornette Coleman à Géo, cela va provoquer chez lui une colère à déchausser les Dents de Morcles. En fait, c'est au Club de Jazz, animé par Georges Plomb dans le galetas du Café de l'Evêché, que j'avais rencontré notre Géo.
Je devais le croiser plus tard à Nanterre, où il faisait du grabuge en compagnie de Daniel Cohn-Bendit. Comme j'espionnais pour le compte du groupuscule Occident, Géo en profita pour demander si mes commanditaires pouvaient le débarrasser du petit Danny qui lui faisait de l'ombre. Compte tenu de leur différence de taille, j'y vis plus un paradoxe qu'une contradiction, mais promis néanmoins de passer la commission. Pourtant deux jours après, alors que j'étais en train de manger des huîtres à la Coupole, le petit Danny vint me faire la même requête au sujet de Géo.
Sur ces entrefaites, la menace d'une fermeture totale des stations services en raison d'un rationnement de l'essence, m'engagea à partir plus tôt que prévu pour Saint-Tropez. Si bien que je sais pas qui, de Géo ou de Danny, a gagné cette Révolution. Attendons la prochaine...

Écrit par : rabbit | 25/10/2015

Rabbit!!! Vous deviez écrire des romans; dans la veine de votre commentaire, il serait possible que je l'achète;-). Vous me faites rire...

Écrit par : Ambre | 25/10/2015

Soyons honnête, Ambronette, ma vie est un roman. Le plus difficile est dans la mise en scène.

Écrit par : rabbit | 25/10/2015

Vous vous mettez le doigt dans l'oeil profond, rabbit. Et tout le champ et tout le LSD n'y changeront rien. J'étais un révolutionnaire plutôt raté. Toujours ce côté incroyant, hérétique...

PS. Et si c'était un autre rabbit qui parlait de champs morphogéniques ?

"Parce que dans les grottes, on peu comprendre: ils manquaient de lumière."
Un soir qu'un père de famille français dont j'ai oublié le nom voulait raconter une histoire à son fils avant de dormir, il a remarqué que la lumière de la lampe de chevet projetait sur le mur la silhouette de la petite statuette de dinosaure posée sur la table à côté de la lampe.
Et du coup, il a compris comment les artistes de Chauvet ou autres ont pu dessiner avec une telle justesse leurs animaux malgré les reliefs de la roche...

"Pourquoi une laideron est-elle un thon?" Vous avez déjà vu un thon ?

Écrit par : Géo | 25/10/2015

Les révolutionnaires ratés deviennent des politiciens médiocres, vous les connaissez aussi bien que moi. La géologie était donc le meilleur choix et votre esprit citoyen fait honneur à ce blog.
Ecoutez voir, pour en revenir aux champs-machins, je pense avoir trouvé ce concept flou en faisant un recherche sur la zététique. Quoi qu'il en soit, je doute qu'il survive au passage du rasoir d'Ockham.
Pour ce qui concerne le thon rouge, on en pêche plus de 300'000 tonnes par année en Namibie. Ils servent probablement à nourrir les meerkats, je n'en ai jamais eu dans mon assiette.

Écrit par : Rabbit | 25/10/2015

"Les révolutionnaires ratés deviennent des politiciens médiocres" Les révolutionnaires qui réussissent aussi, mais par contre en général de très bons tueurs de masse...
"Ils servent probablement à nourrir les meerkats" C'est le nouveau nickname des japs ?

Écrit par : Géo | 25/10/2015

Blast it ! J'avais oublié… Depuis que je vis avec des Chinois, je n'ai plus le droit de manger des sushis.

Écrit par : rabbit | 26/10/2015

Pour dessiner un dinosaure ou un rhinocéros avec cette technique il faudrait au moins un projecteur. On aurait dû retrouver le groupe électrogène. Et surtout, faire en sorte que le rhino ou les lions ne bougent pas pendant toute la durée du dessin. Les rhinos prennent souvent la pose. Avant de charger...

Pour dire que je ne vois pas la pertinence de l'explication.

Écrit par : hommelibre | 26/10/2015

De toute façon, ces dessins n'ont pas été fait sans éclairage. De deux, on a retrouvé les statuettes-modèle. De trois, il est pratiquement impossible de pratiquer autrement pour un tel résultat.
Mais cette histoire a un côté intéressant, surtout pour vous. On a beau répéter et répéter des explications valables et qui tiennent la route, comme par exemple la construction des pyramides par l'intérieur, ces théories ne sont pas admises ou diffusées parce qu'elles n'ont pas le sceau des pontes officiels. Vous pouvez écrire ce que vous voulez à propos de races ou de réchauffement, pour tous les médias les races n'existent pas chez les humains et la place des gens qui nient le réchauffement est à l'asile de fous...

Écrit par : Géo | 26/10/2015

J'ignorais pour les statuettes-modèle. Je comprends mieux.

Pour revenir au lien avec la beauté, je continue à me demander si leur manière de représenter le monde est limité par leur technique ou leur culture, ou si c'est un choix de type artistique.

Écrit par : hommelibre | 26/10/2015

Géo a raison, les meerkats n'en voient pas l'ombre d'une nageoire, et la plupart (des thons) finissent en sushi et sashimi, dans le monde entier, sauf peut-être en Chine.
Pour revenir à la beauté, il n'y a pas, à mon avis, des modèles absolus, sans oublier que la perception peut changer avec l'attitude qu'on observe chez la personne. Il y a une journaliste française que je trouve laide et vulgaire. Si je coupe le son quand elle parle, je la trouve plutôt jolie (la même chose pourrait être perçue s'il s'agissait d'un homme)... Mais tout le monde sait aujourd'hui qu'il existe une confusion délibérée entre la fonction décorative et la fonction prescriptive. Le problème de l'attitude est également visible dans le monde de la mode. On peut trouver laides les jeunes femmes qui défilent non pas parce qu'elles sont maigres, mais parce qu'elles ont l'air triste et ennuyé. Cela dit, certains grands séducteurs étaient considérés, à leur époque, laids, mais ils avaient d'autres charmes. Le cas Gainsbourg évoqué précédemment, mais aussi, par exemple, Mme de Staël.

Écrit par : Inma Abbet | 26/10/2015

C'est bon de vous lire. Je me sens bercé. Les mots sont doux, le propos fin sans la prétention de l'être. Merci.

Écrit par : Pierre Jenni | 26/10/2015

Ambre, je vous aime. Votre commentaire après rabbit est celui que je voulais poser.
Et rabbit !!??? Comment ? vous n'écrivez pas ? Mais c'est un crime ! Comme Ambre, je veux. Donnez-nous le nom de votre éditeur. Et si vous n'en avez pas, alors je m'inscris et m'improvise au poste.

Écrit par : Pierre Jenni | 26/10/2015

Pierre, moi non plus;-)
Mais quel délice à mon oreille (même sans le son je l'entends ce "je vous aime").
Il y a si longtemps que je ne l'avais lu ou entendu et qu'il me fut adressé.
Gardons notre lucidité (rires) et il est bien que vous ne me voyiez pas, vous ne m'aimeriez plus. Ouin!
(Savez-vous que j'adore les hommes roux? Hi!, je ne blague pas).
Bon, mon âge me permet de plaisanter et de rire.

Rabbit est en ce moment en grande forme et il déteint même sur Inma. Quand j'ai lu le commentaire de Inma (par mail) je n'avais pas lu la signature en lisant ceci :
"Géo a raison, les meerkats n'en voient pas l'ombre d'une nageoire, et la plupart (des thons) finissent en sushi et sashimi, dans le monde entier, sauf peut-être en Chine."
J'ai éclaté de rire en me disant : Rabbit est en très très grande forme. Car j'ai cru que c'était lui qui avait écrit ce commentaire. Et non! c'était Inma (excellent Inma). Rabbit!!!! sortez du corps (euh! de la tête) de Inma!

Écrit par : Ambre | 26/10/2015

M. Jenni,
Avant d'écrire un livre de nos jours, il convient de faire une étude marketing très fouillée sur les besoins des lecteurs, si l'on veut que le retour sur investissement soit suffisamment intéressant pour en commencer un deuxième et lâcher un travail barbant. Et bien, voilà le genre de bouquin que je devrais écrire, non ?

M. HL,
Représenter le monde n'est pas l'expliquer, les peintures rupestres sont peut-être l'iconographie au service d'une forme de religion animiste. Le verbe précède l'image à l'époque préhistorique, de nos jours c'est souvent le contraire: pourquoi ?

Grosses bises aux dames.

Écrit par : Rabbit | 26/10/2015

M. Jenni,
Avant d'écrire un livre de nos jours, il convient de faire une étude marketing très fouillée sur les besoins des lecteurs, si l'on veut que le retour sur investissement soit suffisamment intéressant pour en commencer un deuxième et lâcher un travail barbant. Et bien, voilà le genre de bouquin que je devrais écrire, non ?

M. HL,
Représenter le monde n'est pas l'expliquer, les peintures rupestres sont peut-être l'iconographie au service d'une forme de religion animiste. Le verbe précède l'image à l'époque préhistorique, de nos jours c'est souvent le contraire: pourquoi ?

Grosses bises aux dames.

Écrit par : rabbit | 26/10/2015

M. Jenni,
Avant d'écrire un livre de nos jours, il convient de faire une étude marketing très fouillée sur les besoins des lecteurs, si l'on veut que le retour sur investissement soit suffisamment intéressant pour en commencer un deuxième et lâcher un travail barbant. Et bien, voilà le genre de bouquin que je devrais écrire, non ?

M. HL,
Représenter le monde n'est pas l'expliquer, les peintures rupestres sont peut-être l'iconographie au service d'une forme de religion animiste. Le verbe précède l'image à l'époque préhistorique, de nos jours c'est souvent le contraire: pourquoi ?

Grosses bises aux dames.

Écrit par : rabbit | 26/10/2015

Vous avez-vu ça, Ambroisie ! Trois d'un coup sans respirer, rabbit tient vraiment la grande forme, hein ?

Écrit par : Rabbit | 26/10/2015

Farceur de rabbit. Comme si le retour sur investissement vous intéressait vraiment...
D'ailleurs, de nos jours, il est possible d'être publié pour des montants ridicules auprès de maisons qui fabriquent uniquement à la demande. La Société des écrivains et sa maison de publication Publibook, à Paris, signe tout de suite votre contrat et vous serez visible sur les catalogues de la FNAC, d'Amazon, Payot et j'en passe et des meilleurs.
http://www.publibook.com/librairie/livre.php?isbn=9782748384161

Celui qui veut devenir écrivain risque effectivement de galérer. Et celui qui tente l'aventure en se préoccupant des lois de l'offre et la demande va assurément s'en prendre plein la gueule. Et c'est tant mieux. La "mission" de tout artiste qui se respecte est d'ouvrir des pistes, pas d'avancer en terrain balisé.

L'idée n'est pas de lâcher un boulot, mais de faire ce qu'on fait bien sans se préoccuper du résultat. De toute façon, vous ne pouvez vous retenir. Et vos perles sur ce blog pourraient être rassemblées autour d'autant d'ouvrages qui raviront le monde.

Mais c'est ce dernier commentaire qui nous a particulièrement séduit, Ambre et moi. Il y a un flux narratif qui donne envie. Et du coup on s'est dit que vous aviez vraiment la fibre. En fait, je suis sidéré de vérifier que vous n'avez encore pas envisagé de partager votre talent avec le plus grand nombre.
L'humilité c'est bien, mais galvauder le talent mérite fessée.

Écrit par : Pierre Jenni | 26/10/2015

Mmm! Je soupçonne le dernier Rabbit d'avoir usurpé l'identité du vrai 野兔
(^_^)
Mais si vraiment Rabbit est rabbit, je le soufflette d'avoir osé m'appeler Ambroisie (0_0), je "cramoise" d'ire.

Écrit par : Ambre | 26/10/2015

Je me suis aussi posé la question. Décidément Ambre, à nous deux nous confirmons les lois de la physique quantique et formons l'espace d'un instant un couple indissociable de particules soumises aux même lois à distance par un don d'ubiquité qui me séduit.

Écrit par : Pierre Jenni | 26/10/2015

Hommelibre, je compatis et traduis ton message entre les lignes. A force de te lire, je décode mieux et pense comprendre un bout de ce qui motive tes contributions.
Tu es beau, contrairement à ceux dont parle ce billet. Ta réalité est donc en relation. Tu es attiré par le beau, mais tu t'es brûlé et la blessure n'est pas guérie.
C'est peut-être pour ça que tu soignes les autres.
Enfin, je dis ça, je ne sais pas trop pourquoi. Un feeling que je n'avais encore pas éprouvé auparavant.
Merci d'être présent ailleurs que chez toi.

Écrit par : Pierre Jenni | 26/10/2015

Moi, ce qui me turlupine - et je pèse mes mots -, c'est que des trois messages répétés, un est signé Rabbit, les autres rabbit.

"à nous deux nous confirmons les lois de la physique quantique et formons l'espace d'un instant un couple indissociable de particules soumises aux même lois à distance par un don d'ubiquité qui me séduit."

Nous voilà bien...

Mais c'est un peu votre faute, rabbit ou Rabbit. A force de name dropping de quelques concepts fumeux, zététique, rasoir d'Ockham et autres du genre, vous nous attirez de drôles de gens qui vous prennent pour guru. Cela vous va bien, tiens. J'espère que le RB ne manque pas ces pitreries, il doit bicher...

Écrit par : Géo | 26/10/2015

oui Géo, c'est troublant. On a vraiment le sentiment que ce sont deux personnes distinctes ce qui semble ici impossible dans la répétition du même message.
Mais pourquoi diable prendrait-il le temps de signer différemment et par quel empressement se sent-il obligé de relancer son commentaire à trois reprise.
Voilà qui ne ressemble pas à mon guru préféré.

Écrit par : Pierre Jenni | 26/10/2015

J'étais en train de m'assoupir devant la télévision (je hais les changements d'horaires été/hiver dans les deux sens) et je reviens ici. Ça secoue, ça réveille bien!
Oui Géo, RB s'il passe par là doit tenir le manche (de son DR1) en tremblant de rire.
Pierre Jenni, cela se sent, est un nouveau parmi nous, oserai-je même dire, un bleu (0_0) (sauf votre respect Pierre;-)), mais sympathique (*_*). Mais méfiez-vous Pierre, tout nouveau tout beau, faut pas toujours se fier à la première impression.
Ici on passe parfois de l'amusement à l'agacement (et le mot est faible). Mais alors, encore parfois, qu'est-ce qu'on rit :
""à nous deux nous confirmons les lois de la physique quantique et formons l'espace d'un instant un couple indissociable de particules soumises aux même lois à distance par un don d'ubiquité qui me séduit."

Nous voilà bien..."

Hopalà! Pas question pour moi de former un couple avec quiconque. Non non non! Solitude... mon amour (=_=).
Eh oui! il n'y a que rabbit qui pourrait nous dire s'il y a un intrus et, il ne nous le dira pas . Tralala lalère.
Hé rabbit, vous voilà devenu guru? De quelle secte? Boudiou!

"Hommelibre, je compatis et traduis ton message entre les lignes."
Mmmm!

Pardonnez-moi, j'avais envie d'en rajouter un peu... pour rire.
C'est de bon aloi.

Pierre : vous me rappelez, moi, quand j'ai découvert la "bande" d'ici. Je n'avais pas encore de carapace, je prenais tout au premier degré; maintenant je mets mon gilet pare-balles quand je passe par là. Je ne crains plus rien. Alors, ça fait tout drôle d'avoir un gentil qui se pointe.

Grosses bises aux messieurs (^_^)

Écrit par : Ambre | 26/10/2015

Houlala Pierre, tu veux sonder mon âme et tracer mon histoire. Non, je ne laisse pas faire. Sauf par ceux et celles dûment autorisés et auxquels et quelles j'aurais donné préalablement mon accord. Mes blessures m'appartiennent et nul ne peut y avoir accès sans mon autorisation. Je dirai seulement qu'elle font partie de mon paysage, et que même la pire d'entre elles est devenue une part de mon expérience.

Mais au fait tu compatis à quoi? Et quel est ton besoin? Pour ma part je soigne depuis un âge où j'avais encore peu de cicatrices, sauf celle initiale d'exister et d'appeler à l'existence. Soigner ne me soigne pas en profondeur, cela procure le sentiment parfois d'être utile à plus que soi. C'est déjà beaucoup et cela me sera compté pour triple dans mon bilan final. J'ai soigné par vocation et non par compensation – mais l'on peut invoquer l'inconscient pour dire le contraire. J'ai soigné parce que que je ne savais pas quoi faire d'autre. Et j'y ai eu un certain talent. Mais le talent ne soigne pas. Qui pourrait guérir de la nostalgie de l'océan primitif? Le reste, les blessures, n'est que péripéties. Mer calme, mer démontée, on ne meurt que si l'on se noie. Si l'on ne s'est pas noyé le chemin continue.

J'ai abandonné depuis un certain temps l'idée que le feeling est une bonne cartographie de l'autre. Le feeling est groovy mais ne lui demandons pas en plus de faire des médiums et des guides Michelin. Le feeling est un ronronnement de chat. Certaines personnes voient parfois avec pertinences certaines choses de soi. Je les tiens à distance de sécurité car l'intrusion est pire que la noyade. Je milite parfois pour considérer la distance ignorante comme une fraîcheur illuminante. La liberté est parfois au prix de cette ignorance, qui écarte tout soupçon d'intrusion non souhaitée. J'aurais en face de moi tous les psy de toutes les écoles, disant la même chose de moi, si je leur dis que non, c'est que non.

Suis-je beau? Je plais parfois. Est-ce suffisant? Cela m'a donné la chance de connaître, bibliquement et autrement, des femmes que je trouvais très belles. Cela m'a fait du bien. Me suis-je brûlé? Mais je ne fais que me brûler! What else? Contrairement à beaucoup qui doivent apprendre l'ouverture, j'apprends peu à peu la distance et la pudeur du voile.

Inma m'avais un jour fait une remarque forte contre la transparence – alors que j'y souscrivais. Elle ne le sait pas et j'en profite pour lui dire ici qu'elle m'a fait beaucoup questionner et en partie modifier certaines de mes croyances. Inma est incroyable. En peu de mot elle va droit au but.


Ce qui motive mes contributions n'est souvent rien d'autre que ce que j'y mets.
Bon, je te dis cela parce que c'est toi et que l'on ne nous entend pas.

PS: il n'y a pas beaucoup d'endroits où je sors – je veux dire d'autres blogs. J'ai mes raisons.

Bien à toi, cher Pierre que j'ai soutenu avec conviction dans ta candidature au CE.


@ Rabbit: oui, je peux prendre. Je n'en dis pas plus car l'étendue de la discussion sur "représentation" et "explication" me donne le vertige.
:-)

Écrit par : hommelibre | 26/10/2015

EST-CE QUE QUELQU'UN A DEJA VU RABBIT ?

Écrit par : 兔子 | 26/10/2015

Oublié hier, à propos d'incitations à écrire un roman :

http://culturebox.francetvinfo.fr/rentree-litteraire/

Je me souviens d'un dessin de Chapatte : deux libraires épuisés par les piles de livres à manipuler à la rentrée. Commentaire : les gens ne lisent plus, ils écrivent.

Sur ces 589 livres de cette année, combien présentent ne serait-ce qu'une once d'intérêt ?

Écrit par : Géo | 27/10/2015

RB, rabbit ? ça pourrait, non ?

Écrit par : Pierre Jenni | 27/10/2015

"Suis-je beau? Je plais parfois" Merci de nous donner l'occasion de ricaner. Elles sont si rares...
RB, redbaron, andouille.

Écrit par : Géo | 27/10/2015

Vous voyez déjà des lapins partout? Attention! Les autres sont gravement contaminés.
Rappelez-vous le clip de Michael Jackson avec les zombies. Ou ce film avec Will Smith, tiré de l'excellent roman de Richard Matheson intitulé "Je suis une légende".
RB est une créature cauchemardesque créée par un bédéaste déjanté à partir des restes encore fumants de Manfred freiherr von Richthofen.
Il y a de l'Halloween dans l'air, le smoking de travers, ne suivez pas Géo dans cette galère....

Écrit par : rabbit | 27/10/2015

Merci cher Géo.

Votre ricanement laisse entrevoir l'étendue de votre jalousie et votre incapacité à appréhender l'humain. Mais nous le savions déjà un peu, n'est-ce pas? La fréquentation des vieilles pierres ne vous a pas rendu particulièrement fin du point de vue psychologique. Par exemple traiter d'andouille PJ parce qu'il ne connaît pas RB est franchement détestable – non, je ne crois pas que cela soit une marque bourrue d'affection. PJ est nouveau ici et il ne connaît probablement pas RB, qui se fait plus rare qu'à une époque.

Vous savez si bien vous faire détester Géo, cela confine à de l'art. De l'art primitif, bien entendu.

Bon, le ricanement de la hyène au loin dans les montagnes est un attribut intéressant du paysage.

Écrit par : hommelibre | 27/10/2015

« Mais y connaît pas Raoul ce mec ! Y va avoir un réveil pénible... J'ai voulu être diplomate à cause de vous tous, éviter qu'le sang coule... Mais maintenant c'est fini... je vais le travailler en férocité... le faire marcher à coups de latte... À ma pogne je veux le voir... Et je vous promets qu'il demandera pardon !... Et au garde-à-vous ! » (Raoul Volfoni, in "Les Tontons Flingueurs", 1963)

Écrit par : Rabbit | 27/10/2015

Comme on le dit chez Catherine Thobelen :
"Lorsqu'on débute et qu'on est toute jeunette et immigrée en plus, on fait profil bas.."

"Votre ricanement laisse entrevoir l'étendue de votre jalousie et votre incapacité à appréhender l'humain"
Merci encore pour cette nouvelle occasion, monsieur l'Apollon surdoué...

Écrit par : Géo | 27/10/2015

Personnellement, je ne suis pas quelqu'un dont la sociabilité enjouée et l'empathie balsamique sont un réconfort pour la communauté des affligés. Mais à côté de Géo et son clavier atrabilaire, je peux encore passer pour l'ami du genre humain. Donc, j'en profite: bonne nuit Nicolas, bonne nuit Pimprenelle, bonne nuit Nounours...

Écrit par : Rabbit | 27/10/2015

Géo n'a jamais eu l'intention d'être aimable. Il semble même tenir une pareille idée pour hérétique ou pour le moins étrange. Géo est ici pour faire usage de sa liberté d'expression, qui rétrécit toujours davantage quand on ne s'en sert pas. Rabbit est un poète avec tout ce que cette notion comprend de brillant et d'éphémère. Je lirais bien ce qu'il voudrait bien publier. Mais après tout, il écrit, et c'est cela le plus important.

Écrit par : Inma Abbet | 27/10/2015

Ce n'est pas la liberté d'expression qui est en jeu ici à mon avis. C'est ce qu'on y met et les mécanismes qui nous gouvernent. La liberté d'expression n'empêche pas un minimum de respect de l'autre. C'est de cela qu'il s'agit. L'expression sans la communication, sans l'écoute, sans les questions, sans le temps de la réflexion, ne m'intéresse pas. Entendre Géo péter son lard ne m'intéresse pas.

Rien ne m'oblige cependant à subir les éructations ou la pulsion dénigrante de Géo quand je dis quelque chose qui ne lui plaît pas ou qui entr'ouvre son habituelle opacité. Je n'aurais jamais sa morgue, j'en suis incapable. Il a gagné son escarmouche. J'ai d'autres munitions mais pour quoi en faire? Et pour quel gain? Non, pas de gain intéressant.

Je tire donc ma révérence.

Merci Gilbert pour votre accueil et les moments passés sous votre toit.
Salut Rabbit. Inma et Ambre nous nous croiserons ailleurs.

Écrit par : hommelibre | 28/10/2015

« Merci sergent, je vais prévenir le capitaine de Boïeldieu » (Jean Renoir, "La grande illusion", 1937)

Écrit par : rabbit | 28/10/2015

A ceci :
"Suis-je beau? Je plais parfois" Merci de nous donner l'occasion de ricaner. Elles sont si rares...

HL répond :
"Votre ricanement laisse entrevoir l'étendue de votre jalousie et votre incapacité à appréhender l'humain."

Ou encore :

"Entendre Géo péter son lard ne m'intéresse pas."

Il n'y a même pas besoin de réfléchir longtemps pour savoir qui est atrabilaire...

Et résumons, parce que cela ne laisse pas d'être intéressant : le sujet du billet est la laideur ou la beauté. Divers commentaires sur ce sujet puis une sorte d'analyse en trois lignes sur le cas personnel d'un des commentateurs :
"Tu es beau, contrairement à ceux dont parle ce billet."
Le beau en question répond donc cette phrase d'anthologie :
"Suis-je beau? Je plais parfois"

Je pose la question : quel être humain normal n'aurait pas envie de ricaner quelque peu ?

Toutes ces choses fort passionnantes étant dites, passons aux choses sérieuses :
vous avez acheté des actions VW, rabbit ?

Écrit par : Géo | 28/10/2015

Non, Géo unique & préféré, je suis en train de plancher sur le concours boursier de TTC. Mais les choses ne sont pas aussi faciles qu'en 1999-2000, temps béni où l'on pouvait faire 30% par an sans se fatiguer à cliquer tous les jours. Par contre, il va falloir que je réexamine la théorie des produits dérivés et des options pour booster mon compte virtuel. Vous vous souviendrez certainement que nos amis Taleb et Mandelbrot ont prouvé que cette cochonnerie de modèle Black-Scholes, à la base desdits produits, est la cause de nos dernières catastrophes boursières (entre autres…). Il est aussi question que je retourne en Chine pour six mois au moins, mais je deviens de plus en plus paresseux: suis-je vraiment au volant de ma propre existence ?

Écrit par : Rabbit | 28/10/2015

Merci John j adhere totalement à vos dernieres interventions.
Pas la force d en dire plus.

Écrit par : Ambre | 28/10/2015

Je comprends mieux le travail barbant de rabbit. Mais l'énigme sur le bonhomme s'épaissit. Franchement ! la Bourse ? ou la vie...

Écrit par : Pierre Jenni | 28/10/2015

Même si rabbit trouve l'existence barbante, il ne travaille pas vraiment au sens où on l'entend communément: il va et vient sur le globe terrestre, s'occupe de choses et d'autres; ses intérêts sont multiples et l'on dit ses compétences étendues. Même Géo a de l'estime pour lui, c'est dire si ses références morales sont solides. D'ailleurs, Ambre en a perdu tous ses apostrophes.

Écrit par : Rabbit | 28/10/2015

Pudique troisième personne. Mmmmhh... le mystère s'étend. L'espace d'une apostrophe.

Écrit par : Pierre Jenni | 28/10/2015

Pour revenir à lui et à sa doctrine, rabbit (traduit par "兔子" dans Le Quotidien du Peuple) s'est longtemps cru le dernier des grands dilettantes, jusqu'à ce qu'il rencontre Géo.

Écrit par : Rabbit | 28/10/2015

Je pense qu'il y a un Rabbit, le personnage réel et un rabbit, double idéal du premier. Par analogie avec le Géo fantasmé décrit par l'auteur de ces personnages. Non pas que Rabbit/rabbit ne soit pas celui qui réside en Chine ou en Namibie ou en Suisse romande, mais qui aurait un double se projetant en Chine quand il est en Suisse, en Namibie quand il est en Chine, etc...
Un Rabbit réel et un rabbit poétique, dirait peut-être Inma...

Écrit par : Géo | 28/10/2015

Splendide ! Vous venez de faire avancer le cogito humain d'un pas de géant. Notre présence sur ce blog montre toute l'envergure de nos possibilités. Mais je ne sais où Michel Onfray va pouvoir nous classer.

Écrit par : rabbit | 28/10/2015

Quand Inma parle d'un rabbit poétique, cela ne peut concerner que celui des deux qui a le langage le plus métaphorique, pour respecter la définition d'Umberto Eco.

Écrit par : Rabbit | 28/10/2015

Plus prosaïquement, façon Géo, on remarquera qu'il y a un Rabbit spécialiste de la finance et un rabbit fin lettré et poète à ses heures. Cela donnerait à tout le monde l'envie d'exorciser un tel fossé par un artefact quelconque...

Écrit par : Géo | 29/10/2015

Dans votre esprit, cela voudrait dire: en éliminer un ? Vous souhaitez encore recourir à ces méthodes "africaines" ? Il est minuit, Docteur Géo ! Non, imaginez plutôt un RABBIT ambivalent à souhait, fort de tous ses paradoxes et contradictions. Un super-rabbit, en quelque sorte...
Ou, un spécialiste en questions générales, pour rester dans la trivialité de notre époque. N'oubliez pas que Voltaire avait fait des investissements fructueux auprès des frères Pâris, sur le conseil du Prieur de Vendôme. Il avait aussi su retirer ses économies à temps, avant le désastre de leur l'établissement bancaire. D'où croyez-vous que vient l'argent de sa datcha de Ferney ? De son oeuvre littéraire et philosophique ? Just forget it !

Écrit par : rabbit | 29/10/2015

"Dans votre esprit, cela voudrait dire: en éliminer un ?" Cessez donc de vous laisser influencer par la bienpensance genevoise qui déborde parfois sur nos rivages de village de pêcheurs certes, mais gaulois résistant aussi. Je ne sais où vous êtes allés chercher que j'étais atrabilaire. C'est le monde qui est noir, pas ma bile, mon bon monsieur. Donc continuez à cultiver tous les aspects d vos personnalités mais souvenez-vous tout de même que c'est vous qui avez choisi de signer tantôt avec une minuscule, tantôt avec une majuscule. Et même un texte semblable, comme ci-dessus. Il faut bien que nous essayions de comprendre.
Allez, tout de bon, super-rabbit...

Écrit par : Géo | 29/10/2015

Geo, le monde n'a pas d'existence propre, il n'est que le résultat de vos projections. Et je suis obligé de rejoindre rabbit et d'autres sur cette appréciation. On sent que vous l'avez saumâtre. Quelque chose a du rester coincé dans la gorge.

Écrit par : Pierre Jenni | 29/10/2015

信言不美美言不信
(Les paroles sincères ne sont pas élégantes; les paroles élégantes ne sont pas sincères)
Daodejing II.81

Écrit par : 兔子 | 29/10/2015

Pierre Jenni @ Vous paraissez aimer psychanalyser les autres. Si on applique cette méthode à vous-même et à John Goetelen, vous m'avez tout l'air d'une belle paire d'égomanes narcissiques à renvoi d'ascenseur contre coups de brosse à reluire. Je me suis fait comprendre ?

Écrit par : Géo | 29/10/2015

Oui Géo, c'est très clair. Et ça confirme des traits qui ne nécessitent pas des talents particuliers pour les décoder.
Mais j'ai toujours grand plaisir à vous lire. Si vous n'étiez pas là, il faudrait vous inventer.

Écrit par : Pierre Jenni | 29/10/2015

Comment l'inventer si l'on ne connaît pas les classiques du genre ? Je ne précise pas lesquels, la littérature est trop vaste pour faire un choix définitif et les bases scientifiques sont encore sujettes à caution. Le Blog de Gilbert Salem reste donc le meilleur champ d'investigation: un laboratoire social, en quelque sorte.

Écrit par : Rabbit | 29/10/2015

Pierre Jenni@ Pas mal, votre réaction. Même carrément bien. Cela couronne une journée plutôt agréable. L'automne est une saison absolument merveilleuse.

"Le Blog de Gilbert Salem reste donc le meilleur champ d'investigation" Ne pas oublier qu'il a un frère psychiatre qui voulait devenir lettreux. Cela donne des idées. Cela fait pas mal de temps que je nous vois comme des fourmis enfermées dans un bocal...

Écrit par : Géo | 30/10/2015

Ou des rats dans un labyrinthe ? C'est exactement comme ça que je conçois les rapports humains. Cette hypothèse ne me dérange en aucune façon. Rassurez-vous, je manipule l'observateur, ce qui fausse les résultats...

Écrit par : rabbit | 30/10/2015

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