14/11/2015

La concierge n’est plus dans l’escalier

Mme Décosterd portait un même chignon en brioche que Mme Pirotte, la concierge du professeur Halambique des aventures de Tintin – relire Le sceptre d’Ottokar, planche une. Au début des années 60, c’était la nôtre, dans le quartier Montchoisi de Lausanne, et sa voix de soprano coloratur s’élevait jusqu’aux derniers étages de l’immeuble quand elle trouvait une boulette de chewing-gum (de «gomme à mastiquer», qu’elle disait) sur une marche de l’escalier. L’escalier, et sa cage aux appliques jaunes, était son milieu naturel. Elle y évoluait en vestale, avec une artillerie de balais-brosse, d’aspirateurs ventrus à l’ancienne, plus une cireuse à hélice qui exhalait une odeur douce-amère que j’associais à la myrrhe des Rois mages.

Son sourire était rare, au point que les enfants mâcheurs de Bazooka qu’elle gourmandait la surnommèrent l’Ogresse. Jusqu’au jour où elle en secourut un qui s’était éraflé le genou, en l’absence de ses parents. Elle essuya la plaie, en étancha le sang avec du coton imbibé de mercurochrome, consola l’étourdi en lui faisant boire du lait-grenadine et en lui posant un bécot sur le front!

Mais foin de nostalgie, le monde a raison d’aller où il va, et il s’est, depuis, écoulé tant d’années que le terme même de concierge n’est plus en usage. Sauf à Helsinki où, déjà avant la fin des années 90, on lisait à l’entrée des maisons locatives que la portinvartija, son équivalent en finnois, était sur Internet! En France on lui préfère ceux de gardienne d’immeuble, de «technicienne de surface», qui écorchent l’oreille mais sont en rupture avec des synonymes dépréciatifs: commère, cancanière, pipelette… La voici donc condamnée à balayer les feuilles d’automne, déblayer les congères de neige, mais désormais dépourvue de son légendaire babil. Dommage, car il fut souvent la source première de beaux récits littéraires.

En Suisse, non seulement les concierges sont privées de cancan, mais elles n’existent presque plus. Aux oubliettes, les vociférations de Mme Décosterd dans la cage d’escalier. Leur fonction séculaire de nettoyage et de surveillance technique est plus souvent assurée par des entreprises extérieures. Par des gens diplômés, mais n’habitent pas la maison. Qui ne morigènent ni ne consolent les petits garnements.

Commentaires

@Monsieur Salem merci pour ce récit qui nous fait remonter dans le temps
Hélas tout fout le camp ,les concierges aussi ! c'est système D ,débrouillez vous tout seul/e
La solidarité est un leurre ni plus ni moins excepté avant les vacances ou tout le monde va partir ,un ptit coup de service rendu pour faire bien dans le paysage et au retour les bonnes habitudes sont remisées dans le carton des oublis ou s'entassent les manques de respect et de savoir vivre
Et pourtant c'est ce qui avait fait la force des anciennes générations
Et c'est normal on ne peut pianoter à la journée sur une fesse de bouc ou autre sans perdre de vue ce qui est essentiel à sa propre survie et on en connait beaucoup qui seront surpris par le destin qui n'épargne personne y compris ceux qui n'ont jamais le temps
Et là ils ne pourront pas dire,c'est à cause du concierge !
Très belle journée pour Vous Monsieur

Écrit par : lovejoie | 14/11/2015

Ah ! les aventures de Bazooka Joe, pliées en 6 sur le rectangle rose et odoriférant. Ou encerclant le bâtonnet à 5 doses, en forme de bambou semi-circulaire. Je vous parle aussi des Carambar et des colle-aux-dents ?

Écrit par : rabbit | 14/11/2015

"commère, cancanière, pipelette…"
L'expression favorite de mes "chers" voisins parisiens (pourtant "bien nés";-)) pour parler de notre concierge était : la bignole (0_0).

Écrit par : Ambre | 14/11/2015

Amusant (?) de vous voir faire les pipelettes quand tout le monde ne parle plus que d'une chose...
Quatre heures d'attente pour passer la frontière à Bardonnex. On va attendre l'année prochaine avant de retourner dans le beau pays de France...

Écrit par : Géo | 14/11/2015

C'est une réflexion de concierge néo-structuraliste, Géo.
Dans l'agglomération genevoise, il y a tellement de possibilités de se retrouver en France sans l'avoir cherché, que Bardonnex est plus le résultat d'un choix que le produit du hasard.
Dans le sens nord-sud, fin des années 50, ça coinçait déjà dans les rues sardes et étroites de Carouge. C'est pour dire… (n'importe quoi).

Écrit par : Rabbit | 14/11/2015

@ Géo : je ne suis pas "tout le monde"! Nous ne sommes pas tout le monde.

Je me souviens du jour où j'ai pris le train avec ma tante, en catastrophe. Nous allions à l'enterrement de mon père. Nous sommes allées prendre un café au wagon-bar. Voyant mon désarroi elle m'a raconté une histoire, et j'ai éclaté de rire. J'avais honte. Elle m'a dit : mais non ma chérie, tu as encore le droit de rire. J'avais 23 ans.
Quand à son tour ma tante est morte, c'est étrange mais après son enterrement, avec ma "petite soeur", nous avons eu une crise de fous-rires pour un détail inénarrable. C'est souvent dans les moments de tristesse intense que ça arrive...
"Le rire et les larmes sont une façon de se réparer devant les chocs que l'on a subis".

Sur ma tante, ces quelques mots notés comme ça, après sa mort en 2009 :

"Quand tu m'hébergeais.
Je n'avais pas besoin de réveil pour savoir qu'il était temps que je me lève.
J'ai encore cette musique, ce tintamarre dans les oreilles. Dès potron-minet je devais subir RTL sur ton petit transistor au son grésillant, les infos, les pubs, "les grosses têtes", "la valise", les pronostics des courses. Ah oui, les courses de chevaux c'était ton dada! Dès 7 heures du matin, tu étais clope au bec, l'oreille collée à ton transistor, tes petites cartes pour le PMU et tu cochais avec ta pointeuse (?) les chevaux de ton tiercé. Je reconnais que tu avais du flair et que tes outsiders étaient souvent à l'arrivée. Tu étais fière de tes gains : machine à laver, nouveau téléviseur, manteau d'astrakan et j'en passe. Je n'oublie pas que pour mes vingt ans tu m'as offert Jacques Brel à l'Olympia...
Le nez dans mon bol de thé, j'aurais tout envoyé valdinguer mais pendant ce temps-là nous nous taisions, c'était çà de gagné. Au réveil j'aspirais au silence du tête à tête ou à de la musique douce en solo.
A 7 h 30 tu étais déjà prête pour aller bosser ma courageuse. Ton mari, mon oncle, t'avait abandonnée pour une jeunette, moche, mais elle aimait la grande musique comme tu disais. Toi, la parigote tu aimais les guinguettes, les cibiches, les courses hippiques, les tarots, les apéros, la vie quoi.
Un jour il t'a dit : j'ai fait une mésalliance. Et j'étais là. Je t'ai vu blanchir et pleurer pour la première fois. Tes jolis yeux de Mongole bigoudène parisienne ne riaient plus et là, j'aurais voulu mettre RTL à fond.
J'étais prête à écouter "la valise", "les grosses têtes", les pronostics en te prenant dans mes bras.
Tu m'as tant donné."

Cela dit, je n'ai pas vraiment le coeur à rire, tout est trop grave et, si je suis ici c'est aussi pour occulter ces horreurs.

Sur ce je retourne vers ce qui me console, parfois,... la solitude. (Vous entendez les violons j'espère).

Écrit par : Ambre | 14/11/2015

OK. Reprenons toute l'affaire au berceau. Mais pour comprendre le rôle décisif de Madame Décosterd dans la disparition d'un roi mage à Helsinki, il nous faut savoir si l'auteur fait référence à Nestor ou à Alfred Halambique. Le distinguo est d'importance, puisque l'un des deux est un espion Bordure.

Écrit par : rabbit | 15/11/2015

Très vrai, ce parallèle entre le rire et les larmes, Ambre. Qui prend de drôles de proportions quand on se confronte à d'autres cultures...
J'ai eu le privilège d'aller au cinéma dans une petite ville de province au Burkina, où j'ai habité deux ans. A part le fait qu'il est arrivé que la lune se lève droit derrière l'écran au moment du duel au pistolet dans la rue entre les deux héros, le bon et le méchant (les architectes étaient nettement moins bons que ceux de Stonehenge...), les réactions du public à contre-temps de ce qu'auraient été celles d'un public normal (européen...)ne laissaient de surprendre. Mais il n'y avait pas que les ambiguïtés entre rire et larmes, il me semble qu'il est arrivé que cela se situe carrément entre bon et méchant...

Sur ce je retourne vers ce qui me console, parfois,... la bicyclette. Ou l'endorphine qu'elle procure ?

rabbit@ Votre scénario me paraît par trop halambiqué...

Écrit par : Géo | 15/11/2015

A propos de mésalliance, on pourrait répondre comme les philosophes l'on fait depuis Socrate, qu'il vaut mieux se marier avec soi-même avant que de se risquer à le faire avec autrui.
L'alter ego n'existe qu'en rêve: il n'y a qu'ipséité, altérité et diversité parmi les humains.

Écrit par : Rabbit | 15/11/2015

"qu'il vaut mieux se marier avec soi-même avant que de se risquer à le faire avec autrui."
Je peux me tromper, comme disait un masturbé ambidextre (elle est de San-A...), mais pour la procréation, il vaut mieux être deux et de sexe différent...

Écrit par : Géo | 15/11/2015

Hohoho !?!?
Vous sautez directement à la fin du bouquin, pour dévoiler le mystère qui occupe l'humanité depuis des millénaire ? Ce n'est pas gentil pour vos petits camarades. Leur révéler que le Schmilblick ne sert qu'à perpétuer l'espèce, risque de mettre fin à quelques grandes espérances. Et vous savez que c'est encore grâce à ça que l'on peut gagner de l'argent. Alors Géo, veillez à doser propagande et édification des masses.

Écrit par : rabbit | 15/11/2015

Vous jouez au Grand Timonier ? c'est assez plaisant à propos de sexualité. Les timoniers, grands ou petits, ont intérêt à se méfier du priapisme...

Écrit par : Géo | 15/11/2015

Gardons Priape pour une cérémonie tropézienne future. Je suis domicilié dans l'ex-République Soviétique Chinoise du Jiangxi (1931-1937) et là, on ne rigole pas avec la morale: nous risquons la rééducation avec vos évocations salaces !

Écrit par : Rabbit | 15/11/2015

C'est vrai que ces staliniens étaient pires que nos pasteurs darbistes ou autres fadas à fadaises...mais à ce que l'on sait des princes rouges et de leur descendance, les tropéziens n'ont qu'à bien se tenir (si j'ose dire...).

Écrit par : Géo | 15/11/2015

Affirmatif !
Vous vous souvenez certainement de la jetée devant la plage de Tahiti, où les canots des yachts des oligarques russes viennent débarquer leurs passagers à l'heure du Kir royal. Ce n'est pas encore la situation tragique connue à Lesbos et à Lampedusa ces derniers mois, mais on entend de plus en plus parler en cyrillique du côté de Pampelonne.
Vous pouvez donc le dire.

Écrit par : rabbit | 15/11/2015

Les Russes, c'est plutôt Charm El Cheikh ou Chypre, non ? Enfin, ça a peut-être un peu changé...

Écrit par : Géo | 15/11/2015

Il y a ceux qui voyagent en charter et ceux qui louent des yachts à 100'000 € la semaine. Certains font partie de la néo-nomenklatura, les autres pas. Vous croyez à l'égalité des chances ?

Écrit par : Rabbit | 15/11/2015

"l'égalité des chances ?" Non, mais le prix d'achat de la Kalachnikov reste très bas. On parle souvent de ce photographe cubain, M.Costas, qui a offert la photo du Che à Feltrinelli mais on néglige le cas de ce monsieur Kalachnikov qui a produit un des objets les plus répandus sur la planète sans en retirer le moindre avantage financier. Vous pensez que c'était par philanthropie ?

Écrit par : Géo | 16/11/2015

La Kalachnikov est, je crois, l'unique succès commercial mondial à mettre au crédit de l'Union des Républiques Socialistes Soviétiques. Au plan régional, c'est la courbe à fonction décroissante de la population, qui retient l'attention des statisticiens. Compensée par la diffusion à l'étranger d'oeuvres littéraires et culturelles majeures, ainsi que la création de parcs de loisirs en Sibérie.

Écrit par : rabbit | 16/11/2015

Oui mais bon, quand je parlais de princes rouges, je parlais de la nomenklatura chinoise. Il est vrai que c'est peut-être encore plus difficile d'aborder le sujet pour vous que d'évoquer ce qui peut, chez certains individus, se passer en dessous de la ceinture, dans l'ex-République Soviétique Chinoise du Jiangxi (1931-1937) ou partout ailleurs...

Écrit par : Géo | 16/11/2015

Nous constatons chaque jour dans les médias chinois, les progrès du nettoyage anti-corruption auprès de cette nomenclature-là, qui semble vous préoccuper en priorité. Rassurez-vous, le chantier est maintenant proche des familles de ceux qui ont dirigé le pays il n'y a guère plus d'une dizaine d'années: «Et les dollars se ramassent à la pelle, les souvenirs et les regrets aussi. Et le vent du nord les emporte dans la nuit froide de l'oubli…» (Prévert & Kosma).

Écrit par : Rabbit | 16/11/2015

Pour en revenir au sujet : parlez-nous de votre concierge dans votre immeuble de l'ex-République Soviétique Chinoise du Jiangxi (1931-1937)...

Écrit par : Géo | 16/11/2015

A Shanghai, il n'y pas de concierge, mais des gardiens à chaque porte du lotissement entouré de grilles, et à l'entrée de chacun des immeubles le composant. Ils ont des cabanes où ils passent le temps à bavarder, écouter la radio, boire du thé et fumer, tout en surveillant les passants par les vitres. Ils lèvent la barrière pour les voitures des habitants du lieu; mais si le conducteur est inconnu, ça risque de tourner au vinaigre. A Shanghai, le lotissement où j'habitais comptait 18 bâtiments, de 15 à 18 étages, l'accès se faisant par les quatre points cardinaux situés: Yuntai Lu, Yunlian Lu, Qihe Lu et Changli Dong Lu.
(A suivre)

Écrit par : rabbit | 17/11/2015

Et sur les balcons il y avait des poules et des poulets? (=_=)

Écrit par : Ambre | 17/11/2015

@ Rabbit : vous ne voulez pas aller dérober cette statue et me l'expédier? Je vous paierai les frais de transports (=_=)!

http://latenium.ch/wp-content/uploads/2015/10/1.Mudac_.expo_Lat+%C2%AEnium.2015.DGM_.-4-693x1024.jpeg

Ce n'est qu'à une heure de train de chez vous (je vous rembourserai aussi vos billets (^_^) :
http://latenium.ch/

Je-dis-ça-je-dis-rien.

Écrit par : Ambre | 17/11/2015

Pas de problème, Ambre. On vous échange cette statue contre ce tableau de de Vinci au Louvre...Vous voyez lequel, celui d'une dame au sourire énigmatique ?

Écrit par : Géo | 17/11/2015

Ravissante, en effet. La Chine, c'est plus loin, mais vous pouvez y acquérir des milliers de semblables légalement. Vous êtes devant un choix difficile, sujet de l'économie comportementale: c'est passionnant ! Comment allez-vous réagir ?
En attendant, je peux vous proposer autre chose, c'est plus périlleux, mais la valeur n'en est que plus élevée. C'est ça: https://fr.wikipedia.org/wiki/Chasseurs_dans_la_neige. Mon tableau préféré.
J'ai déjà réservé l'emplacement chez moi, en face de la Joconde, la vraie.
Géo et moi avons déjà passé une semaine à Munich pour étudier le terrain. Ce qui nous manque, c'est l'intuition féminine: nous risquerions de tout casser et de faire des victimes. Excès de testostérone, même à notre âge. Alors, si vous acceptez de participer à l'opération, je vous fais livrer un container de statuettes comme la vôtre.
Vous savez comment me joindre, mais utilisez un langage codé a cause de vigipirate.

Écrit par : Rabbit | 17/11/2015

Il règne comme un malaise sur l'hyper-texte: chercher "chasseurs dans la neige".

Écrit par : rabbit | 17/11/2015

Géo :Je vous donne sans problème la Joconde contre la statuette chinoise (l'original évidemment et pas des reproductions chinoises à la chaîne).

Quand aux chasseurs dans la neige : il est où ce tableau préféré Rabbit.

https://www.google.fr/search?q=chercheur+dans+la+neige&tbm=isch&tbo=u&source=univ&sa=X&ved=0CCAQsARqFQoTCJL4iqC2l8kCFcK6GgodFpIPvw&biw=1366&bih=657#tbm=isch&q=chercheurs+dans+la+neige
En attendant vous pouvez regarder la 5. Là, trop mignon.

Écrit par : Ambre | 17/11/2015

Bon sang de bonsoir, Ambre !
La pinacothèque de Munich n'a rien de commun avec la piccata milanaise… Géo dirait que nous somme face à un différentiel de Zeitgeist. Pour en revenir à Munich, nous y étions pendant l'Oktoberfest, de façon à nous noyer dans la foule. Noyer est bien le terme adéquat, puisque nous n'avons jamais su comment l'expédition s'est terminée. Je me souviens vaguement que nous avons fait la connaissance d'une fausse blonde qui parlait polonais. Langue dans laquelle Géo excelle, c'est pourquoi il s'est occupé de la logistique. Mais, deux jours après, nous nous somme réveillés à Salzbourg, devant la maison natale de Mozart, et il n'y avait pas de tableau dans le coffre de la Bentley. En fait, nous ne savons même pas si le tableau est jamais sorti du musée….
Voilà pourquoi votre aide nous serait précieuse, ô Ambre, pour éviter quelques pièges redoutables.

Écrit par : Rabbit | 17/11/2015

"La pinacothèque de Munich n'a rien de commun avec la piccata milanaise…"
J'adore ce mot "pinacothèque" qui sonne bien avec piccata qui lui même rimerait bien avec toccata! J'entends Gould... Toccata qui rimerait aussi avec toqué. Et toc!
(Hum! Je retourne à ma lecture, beaucoup moins rigolote).

Écrit par : Ambre | 17/11/2015

Vous avez repris la lecture du « Chemin de Perfection », de sainte Thérèse ?

Écrit par : rabbit | 17/11/2015

Pour ma part, c'est Virgile. " O fortunatos nimium, sua si bona norint, agricolas".
Pour avoir passé l'après-midi à préparer mes plate-bandes pour l'an prochain et donc beaucoup désherbé, je peux vous certifier que le père Virgile n'a jamais touché une bêche de sa vie.
C'est ce qu'on appelle de l'archéologie philologique...

PS. Si je voulais faire écrire ma biographie, je ne pense pas que je m'adresserais à Rabbit...
Vous êtes sûr que vous n'êtes pas un peu resté croché sur les drôles de petits buvards qu'on trouvait autrefois au Barbare, dans les temps qui étaient les bons (puisque de notre jeunesse...)?

Écrit par : Géo | 17/11/2015

O fortunate senex, ma réthorique et ma ligne de vie sont hyperboliques. Plus les ans s'accumulent et plus j'effectue des retours dans les temps que vous évoquez. Sur Youtube, j'ai trouvé des disques de groupes tels que "Magic Mushroom" ou "Sweet Smoke". Imaginez une sorte de flipper spatio-temporel, propre à vous réexpédier dans la période 1967-69. Avec mon casque, c'est l'électrochoc.
Le jour où je serai surpris dans la rue à manifester contre la guerre au Viet-Nâm, il sera temps de me ranger en EMS. Par contre en Chine, je pense que je devrais recevoir plus de considération. Je dois sérieusement penser à mon avenir...

Écrit par : Rabbit | 17/11/2015

En effet, pensons à notre avenir. Portugal or not Portugal, that's the question. Ce salaud de petard me boude depuis que je me suis mis au régime, donc je ne sais pas si lui est déjà parti. En Europe européenne, les temps sont devenus glauques, et je ne parle pas de verdure. Dans les marges, ibériques par exemple, la stupidité européo-social-démocrate-xénophile tarée ne me semble pas sévir de façon très conséquente et quand les amis débarquent pour vous rendre visite, ce n'est pas par hasard. Comme au Mozambique, par exemple. Why not, porqué não ou pourquoi pas ?
Ce ne serait pas plutôt "rhétorique" que "réthorique" ? Sans vouloir vous vexer...

Écrit par : Géo | 17/11/2015

« Le jugement est l’action intellectuelle qui décide du choix de l’action motrice, qui met fin à la stase de la pensée et qui conduit de la pensée à l’action ». Sigmund Freud, « La Négation », traduit de l’allemand par Henri Hoesli, in Revue Française de Psychanalyse, Septième année, T. VII, n° 2, Éd. Denoël et Steele, 1934, pp. 174-177.
Attention, c'est un piège ! En fait, ce texte essaie de nous dire que l'on révèle rarement le fond de sa pensée et que l'on cherche le plus longtemps possible à masquer ses intentions sous-jacentes. Je ne sais pas si cela a un rapport avec votre commentaire, mais compte tenu de l'heure tardive, je propose de reporter ma réponse à la première heure demain matin (soit vers 11 heures 30).
Vexer ? Ambre m'a fait le même type de remarque orthographique dans le passé. Alors, je l'ai menacée d'une rencontre du troisième type avec des agents Nord-Coréens et depuis, il n'y a pas un seul jour où elle n'essaie de me supprimer...

Écrit par : rabbit | 17/11/2015

@Géo

Mais non... je ne boude pas. Maintenant que je ne fout plus rien, j'explore des endroits où il n'y a physiquement «padamalgam» possible...
Il pleuvote ici un peu à Ponta Delgada. Mais pour le reste... (randonnées, nature, etc.) yapaphoto !
Et puis l'armada US n'est pas loin. Donc...

PS: ici c'est: 107 hab km2....
Ça ressemble un peu à la NZ, ou à la Tasmanie... en moins loin et moins cher. Merde, j'en ai trop dit!

Écrit par : petard | 17/11/2015

Peut-on parler de non-dit révélateur ? Comme dit Freud : « Le climat de Ponta Delgada est un climat tempéré océanique. L'Océan Atlantique et le Gulf Stream exercent un effet modérateur sur les températures. Les précipitations se répartissent d'une manière à peu près régulière sur toute l'année, bien qu'elles soient plus abondantes en hiver ».

Écrit par : Rabbit | 18/11/2015

Il semble que la RTS a produit ou produit une émission du genre «était-ce mieux ou moins bien avant avant…», histoire de formater nos jeunes têtes blondes, qu’avant c’était le caca et qu’aujourd’hui c’est «trop mieux» comme disent ces ces jeunes cons. Ouais, ouais, c’est trop mieux, bandes d’enfoirés !
Suaf qu’avant, quand j’allais à la boulangerie, j’avais du vrai pain des chez pain. Et maintenant qu’est-ce qu’il y a ? partout que de la vraie merde industrielle.

Ben, vous savez quoi ? à Ponte Delgada, pas besoin de faire le tour de l’archipel, on trouve du vrai pain partout, et pour quelques dizaines de centimes d’euros seulement (ça c’est un autre sujet).

Écrit par : petard | 18/11/2015

Mais, comment y va-t-on : en avion ou en bateau ? J'ai vu à la télé qu'il y a, dans ces îles fortunées, une race de chiens très spéciaux. Pour vous suivre sur la RTS: le patrimoine local et le folklore, c'est bien lorsqu'on revient de loin; mais si vous voulez être informé sur ce qui se passe dans le monde réel, il vaut mieux commuter sur CNN ou la BBC. Et pour le pain, j'ai arrêté d'en manger pour les raisons que vous évoquez. Avez-vous des nouvelles de Géo ?

Écrit par : rabbit | 19/11/2015

Pas encore parti...mais sur la voie. On finira peut-être tous dans un no rogue's land quelconque. Lorsque j'étais en Angola, on s'était donné rdv pour l'an 2000 au point 0° lat/ 0° long avec des amis cap-verdiens. Malheureusement, ils ont tous été tués par l'UNITA, ce mouvement du serial killer psychopathe Savimbi, le chouchou de certains Lausannois particulièrement naïfs...
En attendant, on profite des derniers souffles de l'été indien, ma bicyclette et moi.

Écrit par : Géo | 19/11/2015

Abusez de la petite reine tant que vous êtes en république, ô Géo.
Quoi qu'il en soit, il faudra bientôt mettre les peaux de phoque pour accéder au col de la Croix. Et sur un vélo c'est compliqué.
Avez-vous déjà rencontré des Lausannois qui ne fussent point naïfs ? Cette ville, qui fut la Perle de l'Occident pendant une cinquantaine d'année, persiste à valser sur un volcan. Je ne regrette rien, il était temps d'en pâtir. Oui pat'on.
En Namibie, j'ai rencontré des Angolais venus travailler pour les Chinois. Et sous ces latitudes, on rencontre des gens dont la boussole ethnique n'est pas franchement bloquée sur le Nord ou le Sud (peut-on dire que c'est propre aux anciennes colonies?). Comme ancien Lausannois, j'ai demandé naïvement s'ils étaient Portugais: je n'ai pas eu droit à une réponse formelle, mais à une grande considération et à une indéfectible amitié.
Ainsi soit l'usage du monde selon Rabbit.

Écrit par : Rabbit | 19/11/2015

"j'ai demandé naïvement s'ils étaient Portugais: je n'ai pas eu droit à une réponse formelle, mais à une grande considération et à une indéfectible amitié."
Cela aurait pu être mal pris : Lisboa est le seul endroit au monde où j'ai vu un petit blanc cirer les pompes d'un grand nègre. J'écris nègre parce que précisément je ne suis pas raciste et qu'il ne faut pas mettre l'apparence avant l'essence. Jusqu'à preuve du contraire, nègre vient du latin niger qui signifie noir. Et que la bienpensance superficielle aille se faire foutre.
Mais ce n'est évidemment qu'une boutade. Ce petit peuple a conquis la moitié du monde alors que le bassin de sa population avoisinait le million d'habitants. Ils ont conquis le Brasil avec une centaine d'hommes et gagné des batailles contre les Zulus à 10 contre 10'000...
Et donc ils sont depuis assez respectés en Afrique. Savez-vous que Huambo s'appelait Nova Lisboa et que Salazar voulait VRAIMENT en faire la capitale d'un nouveau Portugal ?

Écrit par : Géo | 19/11/2015

"Abusez de la petite reine tant que vous êtes en république, ô Géo."
Cela m'embête de parodier votre groupie attitrée, Rabbit, mais c'est excellent...

"il faudra bientôt mettre les peaux de phoque pour accéder au col de la Croix. Et sur un vélo c'est compliqué."
Cela tombe bien, j'ai des skis. Et même une paire pour les accompagnatrices féminines prêtes à souffrir...

Écrit par : Géo | 19/11/2015

Sur cette planète, peut-on trouver un pays où il n'y a aucune trace des anciens propriétaires ou envahisseurs ? Parce que je trouve que ça fait désordre, ces interférences entre mondes parallèles...

Écrit par : rabbit | 19/11/2015

"peut-on trouver un pays où il n'y a aucune trace des anciens propriétaires ou envahisseurs ?"
L'Antarctique. Moins 50°C et venteux. Mais vous pouvez vous inscrire pour un aller simple pour Mars, si vous aimez recevoir une bonne dose de radiations en plus, pour voir la vie en rose...

Écrit par : Géo | 19/11/2015

Vous ne savez pas tout: dans son roman intitulé «Les montagnes hallucinées», H.P. Lovercraft raconte la découverte de cités vieilles de plusieurs millions d'années en Antarctique, avec ses tombes de Grand Anciens, les restes de créatures inconnues sur Terre et la menace des horribles Shoggoths. Mais tout cela figurait déjà dans le "Necronomicon", de l'Arabe fou Abdul al-Hazred...

Écrit par : Rabbit | 19/11/2015

Y a un bonhomme sur la plateforme TdG qui tient un blog de ce genre, un pied dans la critique de cinéma et l'autre dans les délires science-fictifs. Avec une propension certaine pour les théories les plus débiles, genre guerre nucléaire sur Mars ou photos de pierres carrées ou triangulaires signes d'une ancienne civilisation sur cette planète...
Le fait que les atomes qui composent mon corps ont été créés lors du big bang il y a plus de 13 milliards d'années suffit largement pour m'impressionner...

Écrit par : Géo | 19/11/2015

Ce que vous essayez de me dire là, subrepticement, c'est que la matière à été créée une fois pour toutes ? Je n'arrive au même total que vous pour les années, vous êtes sûr de ne pas en compter certaines à double ?

Écrit par : rabbit | 19/11/2015

"la matière à été créée une fois pour toutes ?"
La matière de notre système solaire, oui en ce qui concerne les atomes lourds (le soleil transforme de l'H en He...). Dans les confins de notre galaxie ou dans les autres, le processus est continu. Mais là, je suis aux limites de mes connaissances sans recherches wikipedia. Je crois que pour créer l'ensemble du tableau de Mendeleiev, il faut l'énergie dégagée par le big bang...

Écrit par : Géo | 20/11/2015

Elémentaire, mon cher Géo. Nous sommes des philosophes amateurs et ce qui nous fait le plus grimper aux rideaux, c'est de connaître le "pourquoi" avant toute autre chose. Le "comment" n'est qu'une option facultative. En plus, on découvre (ou crée, le distinguo n'est pas clair) toujours plus de matière pour satisfaire l'appétit des physiciens, qui dépensent des sommes colossales dans des activités obscures. Alors que la philosophie ne vous coûte pas plus que le prix de votre café quotidien. Au siècle dernier, nous avions 103 éléments sur le tableau accroché dans la salle des Sciences: il y en a maintenant 118 sur votre écran. C'est comme les espèces animales, tiens: il y a des sectes où l'on se flagelle en mémoire des espèces disparues, alors que les scientifiques en trouvent chaque année de nouvelles, inconnues jusque-là. Sur ce, je vous laisse, je vais aller moudre mon café.

Écrit par : Rabbit | 20/11/2015

Je vois qu'avec l'âge qui avance vous y pensez quand-même à l'après et au pourquoi du comment.
C'est pourtant très simple: l'après, c'est comme l'avant de votre existence, dont vous ne vous rappelez pas, dont vous ne mesurez même pas que cet avant ait existé.

C'est dire que vous avez déjà été plus longtemps morts (ou inexistants) que vivants. Vous n'avez pas eu mal, n'avez rien senti, pas de diable ni de dieu barbu à l'horizon.

C'est quand-même un peu con ce vide, parce qu'il y en a quand-même certains qui mériteraient de tourner sur la broche du grand rôtisseur.

Écrit par : petard | 20/11/2015

Tout ça n'a rien à voir avec l'âge. Voilà bien une trentaine d'années que je me suis attaqué aux questions du Temps et de la Réalité, dont je sais maintenant que l'un n'existe pas et que l'autre est impénétrable. Le reste du temps, je blague sur ce blog avec Géo, dont je pourrais douter de la réalité puisque je ne l'ai jamais vu.
Ce même Géo, qui vous répondrait que la question de savoir si l'essence précède l'existence (Kant vs Descartes) n'est rien en comparaison du mystère autour des 10 (puissance) -43 secondes suivant le moment zéro. Chacun a sa technique pour regarder Dieu en face.
Quant au chien dont je vous parlais plus tôt, c'est le «fila de São Miguel», une bête impressionnante.

Écrit par : rabbit | 20/11/2015

"C'est quand-même un peu con ce vide, parce qu'il y en a quand-même certains qui mériteraient de tourner sur la broche du grand rôtisseur."
A condition d'être bien sûr de ne pas faire partie de la brochette...
Personnellement, je dois avoir fait quelques excès de vitesse susceptibles de m'envoyer brûler en Enfer. En tout cas, à en croire certains...
PS. Mister petard, si on ne boude pas on pourrait reprendre contact ?

Écrit par : Géo | 20/11/2015

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Écrit par : Rabbit | 20/11/2015

«A condition d'être bien sûr de ne pas faire partie de la brochette.»

Ah oui, on entre ici dans l'aire du jugement et de la morale. Qui punir ?
Et les non-nomminés à la punition, qu'est-ce qu'on fait avec ?

Voilà, on retombe dans le machin de la religion: enfer, purgatoire, paradis... jeunes vierges pour les martyrs boutonneux du djihad... et autres spécialités à géométrie variable selon les croyances.

Alors, vive le vide absolu. Se farcir ces crétins comme voisins d'enfer, de purgatoire ou de patouze chez les vierges, non merci ! Parce que, c'est même pas sûr que ces abrutis s'intégreraient au purgatoire ou en enfer... même sur un tourne-broche.

Écrit par : petard | 21/11/2015

"Alors, vive le vide absolu" Ce n'est même plus une question depuis longtemps. Mourir, cela n'est rien, mais vieillir...
Le vide plus ou moins absolu, c'est ce que l'on ressent quand on est vivant et que quelqu'un de proche est mort.

Écrit par : Géo | 21/11/2015

Je suis dans l'escalier au cas où. N'hésitez pas à me consulter.

Écrit par : rabbit | 21/11/2015

Vous avez vu ? Le dernier Fox&Croa/Spirou/Tintin/Pilote/billet de G.Salem
(soulignez ce qui convient) vient d'arriver...

Écrit par : Géo | 21/11/2015

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