21/11/2015

On descend du poisson par le menton

L’homme ne descend ni d’Eve ni d’Adam, ni du singe, mais du poisson! Ce fut du moins une théorie qu’un prof de sciences naturelles pulliéran nous démontrait il y a déjà 45 ans, en dessinant au tableau la silhouette de notre véritable ancêtre: le placoderme. Le tout premier vertébré marin, qui vécut il y a 400 millions d’années, et possédait déjà un irrécusable appendice hominien, à savoir une mâchoire. Comme Sean Connery, le premier des James Bond, comme les frères Dalton dessinés par Morris. Comme l’enseignant lui-même, qui en avait une si proéminente que ses élèves le surnommaient Averell… C’est donc par une mâchoire que l’homme descendrait du poisson. Or j’ai beau essayer de dévisager mes deux cyprins dorés en leur bocal domestique, et leur circonvolution routinière, je dois convenir qu’ils n’en ont plus.

Les aléas inextricables de l’évolution darwinienne leur ont conféré un menton fuyant, et les font ressembler au brave Frère Norbert, le tourier principal du pensionnat, dont les pupilles rondes et noires, cerclées d’or, évoquaient celles d’une truite de rivière. Il était le plus bienveillant des hommes, mais son regard était absent, vide. Celui d’une belle truite pêchée dans la Venoge et qui, après quelques soubresauts dans votre panier, se met à lorgner le ciel sans plus penser à rien. Dans les secteurs de la poissonnerie de nos supermarchés, on retrouve une même contemplation chez nos arrière-petit-cousins millénaires, qui, sortis de l’eau, découvrent en même temps l’oxygène, la mort et l’éternité sous les néons. Rares sont les poissonniers respectueux du destin de cet aïeul méconnu, et qui éprouvent du remords à l’instant où il faut lui trancher la tête pour satisfaire une cliente aux goûts spéciaux. C’est le cas de Charlie, le héros principal d’un petit roman admirablement tissé de candeurs maîtrisées, paru en octobre dernier*.

L’apprenti doit y décapiter, d’un couteau tremblant, un espadon géant, presque mythologique. Il s’ensuivra entre les deux une espèce de dialogue secret, tout en révolte envers les gaspilleurs de victuailles.

 

L’œil de l’espadon

Arthur Brügger

Zoé, 160 p.

Commentaires

Benizio Cauele (cela signifie chenu en langue umbundu, sachant que chenu signifie "aux cheveux blancs") (j'ai écrit sachant pour faire choli avec chenu...) était le field officer d'une fille qui était déléguée à Huambo et qui habitait la même maison que moi.
Quand je suis retourné en Angola, tout seul comme un grand et donc sans l'aide de personne, je suis tombé sur lui sur la grand place de Huambo. La fille en question l'appréciait beaucoup et j'appréciais beaucoup cette déléguée. J'ai engagé Benizio tout de suite pour le projet que je m'apprêtais à lancer. Après quelques temps, il a été nécessaire de redescendre du Planalto pour régler des affaires à Luanda. Voyage avec Benizio. Pas évident pour un Umbundu de se rendre chez les ennemis séculaires, ceux qui les vendaient comme esclaves aux Blancs, les Kimbundus. Vous pensiez qu'il s'agissait d'affrontement entre USA et URSS ? Pas seulement. Et c'est pour cela que rien ne s'est arrêté malgré le retrait des Cubains.
Etape à Benguela. Poisson au menu. Benizio commence par l'oeil, un vrai délice pour lui. Comme les joues des truites pour nous. C'était à propos de l'oeil de l'espadon et des gaspilleurs de victuailles. Et aussi à propos de ce concept de multiculturalisme...

A part ça, des bactéries jusqu'à nous, les chaînes ADN sont composées des mêmes bases, adénosine-guanine-thymine et je ne sais plus trop quoi. Nous avons donc beaucoup de points communs avec les bactéries...

Écrit par : Géo | 21/11/2015

Pour en revenir à Savimbi, reconnaissez que le bougre présentait un CV en béton: formation politique et militaire en Chine communiste et licence en sciences politiques à l'Université de Lausanne ! De quoi le promouvoir à la tête de n'importe quelle multinationale du crime. Mais était-il vraiment communiste ? Que nibe ! répond Jean Ziegler, alors Conseiller National, qui dépose une Interpellation auprès du Conseil Fédéral en décembre 1993, pour mettre fin aux agissements des fascistes de l'Unita en Suisse. Plus troublant encore est son soutien actif par Dominique de Roux, électron libre issu de milieux monarchistes, qui saluait en lui le compagnon de Che Guevara. «Un chatte n'y retrouverait pas ses petits», comme disait ma mère.
Je voulais aussi vous parler d'un autre Jonas, auteur de la théorie de la responsabilité écologique, métaphysique superfétatoire où la nature aurait une autre finalité que celle proposée par Darwin, et dont l'humain ne fait pas partie. Enfin, vous m'aurez compris à demi-mot, toutes ces balivernes qui vont faire converger le monde entier prochainement à Paris, sous la menace des égorgeurs islamistes. Dieu reconnaîtra les siens.

Écrit par : rabbit | 21/11/2015

Savimbi était un communiste tendance Pol Pot. Comme en Rhodésie, il y avait un affrontement entre pro-chinois et pro-soviétiques. Mugabe contre Joshua N'komo (sauf erreur...), Neto contre Savimbi. Holden Roberto était un nationaliste issu du nord. Et l'aspect tribal est fondamental. Cette opposition entre tribus côtières esclavagistes et tribus de l'intérieur, razziées par les premières en vue de négoce avec les Blancs s'est retrouvée dans presque toute l'Afrique.
En bon disciple de Mao, Savimbi était prêt à s'allier avec le diable, donc avec les Afrikaners qui en fait appréciaient très peu cet "allié".
A force de drogues et d'excès d'alcool, Savimbi est devenu un psychopathe dangereux. Les Américains s'en sont aperçus et ont cherché à le remplacer par son dauphin, Winston dos Santos. Mais cela s'est su, Jamba n'étant pas très grand.
Winston a été envoyé au combat avec l'objectif qu'il n'en revienne pas. Et toute sa famille a été liquidée, des vieillards jusqu'aux nouveaux-nés, devant toute la population de Jamba. On tient cela d'un chef UNITA qui s'est exfiltré et a tout déballé à Luanda. En partant d'Angola en 1992, après le refus du résultat des élections par Savimbi, j'avais compris que le conflit ne s'arrêterait qu'à la mort de ce type et c'est ainsi que cela s'est passé. Il a été tué vers Bailundo, vers la terre de ses ancêtres...

Alors communiste...comme Staline, Mao, Pol Pot: des tyrans sanguinaires, des fascistes rouges. Et à l'insu de ses amis lausannois qui le prenaient pour le chevalier de l'Occident en lutte contre l'impérialisme soviétique...

Qui est l'autre Jonas ?

Écrit par : Géo | 21/11/2015

Hans Jonas: un peu comme celui de la Bible, mais avec des baleines stressées.
Lisez une fois ce mémoire qui n'est pas piqué des hannetons: Fyfle Steve 2009 memoire.pdf et vous comprendrez.
Vous souvenez de cette chanson de Jacques Brel : "C'était au temps où Bruxelles bruxellait…". Dit is te gek, god verdom !

Écrit par : rabbit | 21/11/2015

"Mais était-il vraiment communiste ? Que nibe ! répond Jean Ziegler, alors Conseiller National, qui dépose une Interpellation auprès du Conseil Fédéral en décembre 1993, pour mettre fin aux agissements des fascistes de l'Unita en Suisse."
De retour d'Angola, je lui avais écrit pour précisément dénoncer les velléités de soutien de certains diplomates suisses à l'UNITA, en particulier celui qui a parlé de guerre avec les USA. Sa réponse :

"Cher monsieur,
Je partage votre avis sur l’UNITA, un mouvement tribaliste, une bande de tueurs.
En Suisse, l’UNITA a deux types d’appui : le lobby sud-africain (Crédit suisse, etc) et le professeur Rieben, qui est un homme bien mais aveuglé par Savimbi qui fut son élève.
Amicalement
Jean Ziegler
PS. Je vous souhaite force et courage pour votre important travail en Angola"

(Le sceau de la poste de Plainpalais indique 12.01.1993)

Le professeur Rieben et son acolyte Reto Breiter ont précisément servi de témoins pour l'UNITA aux élections présidentielles de 1992, auxquelles j'ai assisté les 28 et 29 octobre à Huambo. Élections qui se sont déroulées dans un calme et un silence impressionnants. Une atmosphère de cathédrale en recueillement malgré une foule considérable. Les NU ont déclaré ces élections "fair", au contraire des deux témoins suisses. Savimbi, ayant perdu les élections, décida de reprendre la guerre, qui aurait fait 50'000 morts rien qu'à Huambo, dont mes amis cap-verdiens. Et je ne suis jamais retourné en Angola...

Sur les relations entre "communistes" et les autres : durant la guerre entre UNITA et MPLA (pro-soviétique), les soldats cubains protégeaient les exploitations pétrolières de Cabinda en mains de majors américaines, qui versaient au gouvernement de Luanda des royalties servant à acheter des armes aux Soviétiques. Et plus tard aux Français, mais c'est une autre histoire...
Pour renchérir sur vous, la chatte la plus fûtée aurait de la peine à s'y retrouver elle-même...

Petit addendum amusant : j'étais allé trouver les gens de l'Hebdo pour leur parler de cette histoire. L'actuel réd'chef m'a dit en face que cette histoire était sans intérêt. Ben oui, cela impliquait un collègue journaliste...

Écrit par : Géo | 22/11/2015

Quel petchi !
J'étais au Sénégal en 1975 et j'ai entendu dire sur place que l'on recrutait des mercenaires pour Cabinda, par l'intermédiaire de l'ambassade d'Afrique du Sud. Moi, je travaille pour le grand capital et ne fais donc pas dans la politique de terrain, contrairement à ce que prétend la métaphysique zieglerienne…..
En Namibie, la SWAPO est toujours au pouvoir et la région frontière avec l'Angola, le Bostwana, la Zambie et le Zimbabwe est sous contrôle militaire. Il faut une escorte pour aller patauger dans l'Okavango, comme Nicolas Hulot. Et il y a des rues "Neto" et "Mugabe" à Windhoek, mais pas "Savimbi". Voilà comment on écrit l'histoire.

Écrit par : rabbit | 22/11/2015

L'on me câble depuis Windhoek, qu'il existe dans cette ville une Ziegler Street, parallèle à la Nelson Mandela Avenue. Je ne l'ai malheureusement pas remarquée, alors que j'ai arpenté plusieurs fois la très longue Nelson Mandela Avenue à la recherche de l'ambassade de Chine. En effet, pourquoi n'y aurait-il pas une Ziegler Street à Windhoek, puisqu'on trouve une Bismarck Street et une Moltke Street ? Chacun fait selon sa religion.

Écrit par : rabbit | 22/11/2015

"une Ziegler Street à Windhoek" Vous pensez réellement qu'il s'agit d'une rue dédiée à notre agitateur fou du bout du lac ? Ce serait assez drôle...
Ne manque plus qu'une rue Marcel Ospel à Pyong Yang pour son rôle dans le dégommage du capitalisme helvétique ou une rue Calmy-Rey à Téhéran pour son rôle de pionnière dans la dhimmisation de la femme occidentale...

Vous êtes sorti aujourd'hui ? Ach, le bruit de la neiche qui chémit sous les bottes...drès poétik. Aber wo ist passé Manfred ?

Écrit par : Géo | 22/11/2015

Je peux retourner pour vérifier, mais c'est un peu loin. Frankfurt-Windhoek: dix heures trente plus les extras. De quoi friser la phlébite ou l'embolie pulmonaire.
A part ça, on retrouve enfin des normes de température plus proches des standards européens d'autrefois. Le froid va éliminer les nuisibles.
Oui, Manfred, au fait: il ne nous a pas donné de nouvelles de sa nièce, qui suit une formation politique et militaire en Chine.

Écrit par : rabbit | 22/11/2015

L'oeil de l'espadon se lit tout seul. Arthur Brügger est un jeune auteur talentueux qui fait preuve d'une maturité étonnante à vingt-quatre ans.
Mais était-il nécessaire de supprimer les formes négatives pour appuyer l'innocence de Charlie ?

Écrit par : Pierre Jenni | 24/11/2015

Depuis le 7 janvier, chacun proclame "Je suis Charlie" de tous côtés, si bien que l'on ne sait plus qui est qui dans le psychodrame que nous vivons au quotidien.

Écrit par : rabbit | 24/11/2015

Et Charlie est-il innocent ? That's the question...

Écrit par : Géo | 24/11/2015

Innocent de quoi ? Au pénal je suppose. Au civil, le terme est inadéquat.
Trancher la tête des gens était une coutume courante en Chine, avant qu'elle passe dans le camp capitaliste (capital => du latin "caput" => tête). D'un côté on allégorise, on métaphorise, alors que chez les peuples sauvages, on reste prostré dans la brutalité de l'acte. Si nous sommes d'accord là-dessus, nous pouvons décliner toute la gamme des symboles liés à l'espadon, pour avancer dans cette affaire. Je suis overbooké en ce moment.
Avez-vous vu les photos de Pékin sous la neige ? Celles du Palais d'Eté sont magnifiques

Écrit par : rabbit | 24/11/2015

Monsieur Géo,
Je ne sais comment je dois prendre la méfiance que vous opposez à mes conseils boursiers, mais, à cette heure, les actions Volkswagen ont pris 24% depuis que nous avons abordé le sujet. Ce n'est pas Madame Merkel qu'il faut remercier, mais le QE.

Écrit par : rabbit | 25/11/2015

Bouf, ce n'est pas de la méfiance, c'est pire que ça. Mais il est trop tard pour vouloir me changer, je gère ce qui reste de moi et ma matière grise au plus court.
Je me contente de carpere le diem, qui n'est pas l'ancien dictateur du Vietnam du sud et quand cela ne marchera plus, je m'en irai.
Je ne saurais même pas comment faire pour acheter une action VW...

Écrit par : Géo | 25/11/2015

Vous avez raison de préférer Sénèque à Senequier: c'est fatiguant à la fin, cette vie de bâton de chaise. En attendant de retrouver la tranquillité de l'esprit, je voulais vous soumettre ce récit palpitant de l'invasion de Paris par les Sarrasins, tiré du "Roland furieux", de l'Arioste.

«Lorsque le Sarrasin féroce, aux armes étranges, et couvert de la peau écailleuse d’un serpent, apparut tout à coup aux endroits où les vieillards et la population inoffensive se tenaient, prêtant l’oreille aux moindres nouvelles, un cri d’épouvante, une immense clameur, accompagnés de battements de mains désespérés, monta jusqu’aux étoiles. Ceux qui purent fuir s’empressèrent de se réfugier dans les temples et dans les maisons.
Mais le robuste Sarrasin, faisant tournoyer son épée, ne le permet qu’à un petit nombre. Là il coupe une jambe par la moitié, ici il fait voler une tête loin du buste. Il transperce l’un de part en part, il fend l’autre depuis la tête jusqu’aux hanches ; et de tous ceux qu’il tue, qu’il frappe et qu’il chasse en foule devant lui, il n’en voit aucun le regarder en face.
De même que le tigre en présence d’un troupeau sans défense, dans les champs hyrcaniens ou sur les bords du Gange, ou comme le loup qui attaque les chèvres et les agneaux sur la montagne que soulève Typhée, le cruel païen poursuivait, je ne dirai pas des escadrons, je ne dirai pas des phalanges, mais une vile populace digne de mourir avant de naître.
Il n’en trouve pas un, parmi tous ceux qu’il taille, qu’il transperce ou qu’il fauche, dont il puisse voir la figure. Le long de cette rue si populeuse et si garnie qui s’en va droit au pont-Saint-Michel, le féroce et terrible Rodomont court, faisant tournoyer son épée sanglante. Il frappe également le valet et le maître, et n’épargne pas plus le juste que le pécheur.
La religion ne protège pas le prêtre ; l’innocence ne sert de rien au petit enfant ; les femmes et les damoiselles montrent en vain leur regard doux et limpide, leurs joues tendres et vermeilles. Le vieillard lui-même est poursuivi et frappé. Le Sarrasin déploie, en cette occasion, plus de cruauté que de valeur, car il ne considère ni le sexe, ni la condition, ni l’âge.
Mais le sang humain ne suffit plus à assouvir la colère de l’impitoyable roi, du plus impitoyable des mortels. Sa rage se tourne contre les édifices ; il incendie les maisons et les temples profanés. À cette époque, presque toutes les maisons, à ce qu’on rapporte, étaient en bois, et cela peut se croire facilement, puisque aujourd’hui même, à Paris, six sur dix le sont encore.»

Écrit par : rabbit | 26/11/2015

https://youtu.be/aXyIHlFZvHo?t=3m51s

Écrit par : Ambre | 26/11/2015

Fracassant ! Michel Onfray y décèlerait les prémisses d'un hapax existentiel. Vous avez entendu la musique des mots ?

Écrit par : rabbit | 27/11/2015

"ce récit palpitant de l'invasion de Paris par les Sarrasins"
Pour le Bataclan, je voyais plutôt une réminiscence des brillantes actions des Allemands en Ukraine et en Biélorussie. Les Einsatzgruppen.
Tiré des "Bienveillantes":
"...au bord de la fosse, une fillette d'environ quatre ans vint doucement me prendre par la main. Je tentai de me dégager, mais elle s'agrippait. Devant nous, on fusillait des Juifs. "Gdje mama ?" je demandai à la fille en ukrainien. Elle pointa le doigt vers la tranchée. Je lui caressai les cheveux. Nous restâmes ainsi plusieurs minutes. J'avais le vertige, je voulais pleurer."Viens avec moi, lui dis-je en allemand, n'aie pas peur, viens." Je me dirigeai vers l'entrée de la fosse; elle resta sur place, me retenant par la main, puis elle me suivit. Je la soulevai et la tendis à un Waffen-SS:"Sois gentil avec elle" lui dis-je assez stupidement. Je ressentais une colère folle, mais ne voulais pas m'en prendre à la petite, ni au soldat. Celui-ci descendit dans la fosse avec la fillette dans les bras et je me détournai abruptement...

Très bonne journée, comme dit une autre internaute.

Écrit par : Géo | 27/11/2015

Dans la cas des Einsatzgruppen, il s'agissait d'assassiner une population allochtone avec le soutien actif de la population autochtone, alors que pour Paris, c'est le contraire. Et c'est résumé dans les grandes lignes et sans intention pyrotechnique, bien sûr.
Est-ce qu'il existe des externautes ?

Écrit par : rabbit | 27/11/2015

Vous ne confondriez pas inter avec intra, à tout hasard ?
Je n'arrive pas bien à saisir la relation entre la fable de la couleuvre et votre "récit palpitant de l'invasion de Paris par les Sarrasins, tiré du "Roland furieux", de l'Arioste". Ce doit être l'âge...

Écrit par : Géo | 27/11/2015

Et à part ça, les Sarrasins ne sont arrivés à Paris que grâce à Chirac et à son regroupement familial. La suite est connue...
http://www.cosmovisions.com/ChronoSarrasins.htm

Écrit par : Géo | 27/11/2015

Vous avalez des couleuvres en voulant saisir des relations: c'est quoi ce binz ?
D'un côté, on a Alain Finkielkraut et Fabrice Luchini. D'un autre, il y a le roman de Frederic Brown «La Nuit du Jabberwock», publié en 1950. Si vous trouvez que ce n'est pas clair, moi non plus.
Savez-vous que, sur la Toile, circule une fausse fable de La Fontaine inspirée par le sujet de "La lice et sa compagne" et attribuée aux lettrés du FN ?
Soyez prudent, ce n'est pas le moment de vous relâcher.

Écrit par : rabbit | 27/11/2015

Pas lu le roman de Frederic Brown «La Nuit du Jabberwock». Ma seule relation avec ce monstre : Jabberwocky, film de Terry Gilliam de 1977. Une scène : un manant sifflote dans les bois avec son petit panier pour les champignons. Il prend un air très étonné face caméra plan assez proche. Se fait un peu secouer dans tous les sens. La caméra recule et on s'aperçoit qu'il ne reste plus que la moitié supérieure du corps du manant, qui garde son air ahuri.
Vous l'avez vu?

Écrit par : Géo | 27/11/2015

Yes ! Rien de ce qui concerne les Monthy Python ne m'est étranger. Je le dois à la mère de mon fils. Puisque la parole est à moi, je peux vous citer de mémoire le poème du Jabberwock, tiré de «Alice au Pays de Merveilles» version française:
"Il était grillheure,
Les slictueux toves giraient sur l'alloinde et vriblaient,
tout flivoreux vaguaient les borogoves,
Les verchons fourgus bourniflaient".
De mémoire toujours, apprenez aussi que "les verchons fourgus bourniflaient" (ou quelque chose d'approchant), fut le titre d'une nouvelle de SF publiée dans une anthologie des années 1950, empruntée à la Bibliothèque Municipale de Lausanne. Vous comprendrez alors que ma jeunesse a été fortement imprégnée de SF américaine et que vous ne pourrez jamais attendre de moi quelque référence au matérialisme dialectique marxiste.

Écrit par : rabbit | 27/11/2015

"vous ne pourrez jamais attendre de moi quelque référence au matérialisme dialectique marxiste."
Rassurez-vous, on s'en doutait. J'ai toujours eu beaucoup de peine avec la SF, la réalité s'obstinant à dépasser la fiction...
Au point que les discussions sur ce qui se passait avant le Big Bang me dépassent quelque peu. Je m'en console en me persuadant que ces gens font de la science-fiction (et de la promotion de leurs personnes, mais c'est une autre histoire...)

Écrit par : Géo | 27/11/2015

Certainement, certainement….
Et si on reparlait des actions Volkswagen, qui ont déjà pris 26.7% depuis les événements que nous connaissons ? Imaginons que vous m'avez confié un million; avec ce rendement, je serais déjà en train d'acheter pour vous un appartement à Shanghai, dans un site exceptionnel au bord du Huangpu, où la place d'amarrage de votre bateau est déjà réservée. Avec 3% de plus, le bateau est pratiquement acquis. Ce n'est pas de la science fiction, ô Géo, c'est la réalité qui se pointe en ondulant des hanches.
Bien entendu, comme vous êtes viscéralement attaché à votre coin de pays, je me porte volontaire pour occuper l'appartement jusqu'à ce que vous vous décidiez à l'occuper. Et, pour vous rendre service, je vais aussi passer le permis bateau. Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? On s'en tape, vous avez raison. Concentrons-nous sur la meilleure façon de passer les vingt prochaines années. Sur ce sujet, vous pouvez aussi me faire confiance...

Écrit par : rabbit | 27/11/2015

Bon, alors parlons des actions Volkswagen. Vous noterez non sans intérêt, comme on l'écrit dans les San Antonio pour se moquer des gueules enfarinées, que ce qui est arrivé démontre - ou va dans le sens de, plutôt - ma théorie qui vous a plongé dans les délices du bain de colère froide dont vous êtes friand mais à petites doses...
Il nous reste à trouver la nouvelle bidon qui va faire baisser les actions de je ne sais quel grosse entreprise vitale à l'économie mondiale et de racheter ses actions quand on aura jugé que le pot aux roses va être découvert et qu'elles ont assez baissé. Cela a déjà dû se faire quelques fois et on a de la concurrence...

Écrit par : Géo | 28/11/2015

Colère froide et soleil noir: nous sommes dans la SF ou je ne m'y connais pas. Mais revenons à nos actions malsaines.
Concurrence, il y a, mais pour ce jeu-là, il faut passer dans la cour des grands. Ce que vous décrivez se pratique sur les monnaies: George Soros a fait sauter la Banque d'Angleterre, en vendant à découvert 10 milliards de livres et en provoquant une sortie de la devise du Système Monétaire Européen. Mais ça lui a rapporté 10%. Même opération sur le Ringgit malais. Les autres jours, c'est un philanthrope.
Si vous le souhaitez, on pourrait se faire la main sur le Pula du Bostwana, pour débuter. Evitons le Franc suisse et le Renminbi, je vous dirai pourquoi en aparté.

Écrit par : rabbit | 28/11/2015

Oui, c'est ça qui est ballot. Il faut être très riche pour devenir riche...

Écrit par : Géo | 28/11/2015

On avance ! Et c'est comme ça aussi pour les pays en développement, demandez à Dambisa Moyo. Si ces pays tombent dans le Middle Income Trap, comme la Namibie, ils risquent de végéter jusqu'à la prochaine extinction massive. Ce qui est intéressant d'observer, par contre, c'est la régression de pays qui ont occupé jusque-là le haut du podium. Vous voyez auquel je pense ?

Écrit par : rabbit | 28/11/2015

Oh que oui. Mais ça, c'était assez facilement prévisible. Der Vater ein Graf, der Sohn ein Schaf. Heureusement que les nouveaux arrivés n'ont aucun scrupule, eux...
Vous l'avez lue, Dambisa Moyo ? Elle a sorti en 2009 "Dead Aid" dans lequel elle dénonce l'inutilité et la malfaisance de l'aide internationale pour l'Afrique. "1000 milliards de dollars versés à ce titre depuis 50 ans, pour quel développement ?", sous-titre de l'article du Temps qui parlait de son livre.
Et vous voyez encore aujourd'hui des perdus de chez nous qui prétendent que l'on a rien fait pour l'Afrique...
Quant à ce pays qui régresse, il se réjouit d'attirer un peu moins de monde, avant le bétonnage final...

Écrit par : Géo | 28/11/2015

Mon expérience africaine ne s'étend que sur 40 ans, mais je peux vous dire à quoi ont servi les mille milliards: ils ont la télé par satellite et le téléphone cellulaire. Pour le reste, rien n'a changé.
Les Chinois aussi, ont compris: « avec le temps, va, tout s'en va / on oublie le visage et l'on oublie la voix, le coeur /quand ça bat plus, c'est pas la peine d'aller chercher plus loin / faut laisser faire et c'est très bien ».

Écrit par : rabbit | 28/11/2015

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