05/12/2015

Eloge de l’agneau, le minus de l’étable

A Lausanne, dans le boyau vertical des Portes Saint-François*, on peut apprécier ces jours-ci, entre deux ou trois escalators, une quarantaine de crèches de Noël faites de bric et de broc. Ces divines mangeoires ont été bricolées par les élèves du Lausanne School of Art & Design. On y repère immédiatement le trio de la Sainte Famille, le bœuf et l’âne gris, dont les souffles évoquent le tempo d’un motet médiéval redevenu populaire, bien sûr les Rois mages, et deux ou trois bergers. Le grand disparu de cet expo-concours est le Ravi, mon santon préféré: il lève les bras avec un sourire si béat qu’on le prend pour un imbécile. Une insulte qui procède du bas latin imbecillus, «sans bâton», donc vulnérable. L’Apocalypse nous dit que Dieu qui «vomit les tièdes», or on sait par l’Evangile qu’aux puissants Il préfère les faibles. Notre idiot du village en est un, malgré sa disparition.

 

Le mouton aussi, même si les exposants ne l’ont pas oublié. Mais il faut avoir de bons yeux pour aviser sa présence microscopique en plâtre, en fonte, en carton plié, en boulettes de coton blanc, voire en zeste de chewing-gum modelé. C’est méprisant, c’est oublier que son petit, l’agneau, a été un avatar de Jésus, son symbole pascal, son triomphe sacrificiel. Pour vous en convaincre mélodiquement (donc dans votre cœur), je vous renvoie à l’Agnus Dei de «La Messe du couronnement» de Mozart – un solo qui aurait annoncé l'air dove sono de la Comtesse dans les Noces de Figaro. Dans la crèche traditionnelle, moutons et agnelets sont, certes, anatomiquement moins imposants que le bœuf à cornes dorées, mais symboliquement, et toutes proportions gardées, ils mériteraient d’être représentés plus grands. Peut-être par quelque subterfuge de la perspective artistique.

 

A Bois-de-Vaux, ils ont une taille moyenne et naturelle. Autour des tombes, ils broutent et mastiquent méthodiquement des herbes encombrantes, avec la seule et noble mission de pâturer jusqu’à plus faim. Celle d’une tondeuse à gazon qui ne coûtera pas un centime à vos édiles, et fera moins de nuisance sonore. L’enceinte du cimetière, conçue par l’architecte Alphonse Laverrière au début du XXe siècle, en amont des plages de Vidy, les préserve de toute noyade collective dans le Léman, en raison de leur légendaire grégarisme moutonnier et suicidaire.

 

Commentaires

Nous sommes bougrement sceptiques sur l'air de famille entre «L'Agnus Dei» et l'air de la Comtesse, si celui-ci est bien le «Porgi amor…» de l'acte II. On est loin du copié-collé.
Géo suggère qu'ils sont tous les deux en Do majeur. En effet «La Messe du Couronnement» est bien en Do majeur et la Comtesse démarre son «Porgi amor…» sur un do (j'ai vérifié la partition). S'il y a des musiciens dans la salle, nous souhaitons un avis de pro.

Écrit par : rabbit | 05/12/2015

L'air "Dove sono" de la Comtesse dans les Noces de Figaro:

https://www.youtube.com/watch?v=BTWBieDvZb8

"Agnus Dei" de La Messe du couronnement de Mozart :

http://www.radioswissclassic.ch/fr/musiciens/song/2147c6822dfd3be4f6a558b83a6e82a5ca79

ou:

http://www.dailymotion.com/video/x2ha

Écrit par : Géo | 05/12/2015

je confirme

Écrit par : Pierre Jenni | 05/12/2015

Vous confirmez quoi ?

Écrit par : Géo | 05/12/2015

Oui, c'est ce que je disais à 格奥: la présence d'une artificier est indispensable pour faire éclater les structures. J'ai passé tout l'après-midi à trier des disques, et Géo veut me faire croire que la musique, c'est autre chose que ce que l'on imagine. Cela dit, il y a au moins 3 airs de la Comtesse dans "Les Noces", et une gamme de Do Majeur, ce n'est pas comme les cours de la bourse.
Pour Clément Rosset, l'idiot est le seul du village global à pouvoir contempler la réalité réelle, puisqu'il la redécouvre en permanence "sans reflet, ni double" (ces parasites causés par l'intelligence).

Écrit par : rabbit | 05/12/2015

Pour des raisons que j'ignore, il m'est impossible de vous renvoyer sur mon site de création musicale. A vous de faire preuve d'un peu d'ingéniosité pour me retrouver sous hey taxi !
Une chanson cause du Muezzin.

Écrit par : Pierre Jenni | 05/12/2015

sorry, la chanson en question qui s'intitule "Muezzin" se trouve sur le site Mx3

Écrit par : Pierre Jenni | 05/12/2015

"Où, devant moi, sont les âges du passé ?
Et où, derrière moi, sont les générations futures ?
Je pense au Ciel et à la Terre, sans limites, sans fin,
Et je suis seul et mes larmes coulent."

陈子昂 Chen Ziang (661-702)

Écrit par : rabbit | 05/12/2015

Cette fois-ci, j'espère qu'il n'y a pas de bug :
http://www.dailymotion.com/video/x2ha05u

Écrit par : Géo | 05/12/2015

Et j'ai beau écouter les deux et réessayer encore, je ne retrouve pas le même thème. Pas vraiment doué en musique...

Écrit par : Géo | 05/12/2015

Il faudrait se mettre d'accord sur ce qu'il faut comparer. Si l'Agnus Dei fait autorité, l'Air de la Comtesse sème le doute. Je défends l'option du premier air de l'acte II. Et je le crois en Do majeur, ce qui lui donne un air familier avec l'Agnus Dei. Quoi qu'il en soit, nous avons tout l'hiver pour bavarder sur le sujet. Pensez-vous que Monsieur Jenny ait une idée à nous proposer ?

Écrit par : rabbit | 05/12/2015

"l’Agnus Dei de «La Messe du couronnement» de Mozart – un solo qui aurait annoncé l'air dove sono de la Comtesse dans les Noces de Figaro"
Il est vrai que si vous, vous l'avez interprété par une tonalité commune, en do majeur, je l'ai compris pour ma part par la reprise d'un thème musical. Je ne le retrouve pas mais je ne suis pas une référence, ou sinon une référence négative. J'ai déjà entendu des musicologues discuter de plagiat en passant deux morceaux en question et je n'y ai pas entendu ce qu'ils voulaient nous faire entendre...
Mais tous les plagiats ne sont pas aussi spectaculaires que celui-ci (aimez-vous Smetana? :
http://www.qobuz.com/fr-fr/info/editoriaux/le-symphoman/la-cinquieme-danse-hongroise-de174619

Écrit par : Géo | 06/12/2015

"Quoi qu'il en soit, nous avons tout l'hiver pour bavarder sur le sujet."
On peut aborder le thème des moutons, si vous préférez. Il y aurait beaucoup à dire sur le sujet, de nos jours, et cela me permettra de recycler mes vieilles citations de Jung...
"Pensez-vous que Monsieur Jenny ait une idée à nous proposer ?"
Poser la question est y répondre.

Écrit par : Géo | 06/12/2015

En fait, il suffisait de consulter wikipedia. On a un peu l'air con et je ne parle pas de clim...
https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Messe_du_Couronnement_%28Mozart%29#Analyse_musicale

Écrit par : Géo | 06/12/2015

Caramba ! Tout est à recommencer. Monsieur Gilbert nous plonge dans un abîme de perplexité.
Ah oui, la clim… en 1980, je me demandais pourquoi les voitures avaient l'air con aux USA. C'est peut-être ce qui m'a permis de traverser San Bernardino sans être truffé de balles. Comment trouvez-vous l'air des gens qui parlent du climat à la télé ?

Écrit par : rabbit | 06/12/2015

Je ne suis plus assez con pour les regarder...
Belle journée, non ? Je crois avoir découvert le parcours idéal depuis ma porte (donc sans prendre ma voiture, a fortiori le dimanche) pour ma méditation respiratoire. Reste le problème de la descente. On se fait du bien à la montée et on se fait du mal à la descente, comme vous le savez. J'ai essayé le stop, mais je ne plais plus (contrairement à l'autre qui se croit beau...). Quand j'étais jeune, j'effrayais les gens et aujourd'hui, je ne les intéresse plus assez. Hier, cela a été pire. Une jeune Française a fait mine de s'arrêter et elle a redémarré quand je suis arrivé vers elle.
"Au delà de cette limite, votre ticket n'est plus valable." Vous aimez Gary ?

Écrit par : Géo | 06/12/2015

Pas à sa juste valeur, s'il faut en croire le Zeitgeist. Pour le ticket, c'est à peu près ce qui est déclaré dans le bus qui va à Ferney-Voltaire, au moment où il passe la douane.
Cela dit, j'ai encore passé 4 heures 58 à chercher ce maudit passage des Noces. Abandonnons dans la dignité. Pourquoi la musique devrait-elle être identique dans des réalités divergentes?
Le monde entier vous connaît pour une acrimonie calée sur les ressortissants de l'Hexagone. Dès lors, il n'est pas étonnant que vous inspiriez à ces personnes la même épouvante que les barbus à kalachnikov.

Écrit par : rabbit | 06/12/2015

C'est une hypothèse. Elle devrait être assez difficile à vérifier...
Mais il n'en reste pas moins que c'est une expérience assez amusante que de faire du stop. Jusque là, il me semblait qu'il suffisait de lever le pouce pour qu'une voiture s'arrête. Jeune ou vieux, homme ou femme au volant. Mais j'étais sur de petites routes vicinales. Avec un trafic moins spécifique, moins local, cela devient nettement plus difficile pour l'ego...
A vingt ans, je voulais rentrer en stop du sud de l'Espagne vers la Suisse. J'ai levé le pouce durant 4 heures sans succès. Une jeune minette mignonne est arrivée, a juste levé sa main et la première voiture s'est arrêtée. Je suis allé prendre le train...

Écrit par : Géo | 07/12/2015

Navrant, en effet. Avez-vous essayé de faire du stop en uniforme? C'est efficace sur certaines catégories de la population. Je vous imagine en officier, avec gants et monocle, comme le commandant von Rauffenstein dans «La Grande Illusion». Là, les automobilistes s'arrêtent net au moindre froncement de vos sourcils.

Pour en revenir au sujet, Monsieur Gilbert rappelle que le temps est propice aux motets médiévaux. Tradition à laquelle nous allons volontiers sacrifier (vos oreilles). Monsieur Géo, je vous laisse choisir un cantus dans le Codex de Montpellier : http://manuscrits.biu-montpellier.fr/vignettem.php?GENRE%5B%5D=MP&ETG=OR&ETT=OR&ETM=OR&BASE=manuf
et nous le chanterons sur YouTube. Ambre va nous accompagner à l'organum.

Écrit par : rabbit | 07/12/2015

Très risqué pour le monocle, le froncement de sourcils. Il y faut une longue expérience que je n'ai pas. En fait, je renonce à une partie de la montée et je me résous à redescendre par mes propres moyens.
Vous êtes vraiment sûr, pour le motet ? On commence quand ?

Écrit par : Géo | 07/12/2015

Quand j'aurai terminé la Trilogie Berlinoise, que vous m'avez incité à acquérir honnêtement. Mais avant, j'ai entamé la lecture d'un fascinant fascicule intitulé «L'Ecole de Palto», judicieusement consacré à l'Ecole de Palo Alto. Je tenais à vous communiquer ce passage éblouissant, qui donne le ton à tout le reste: «En, 1963, alors qu'il étudiait la communication non verbale des pieuvres, Bateson est invité aux Iles Vierges britanniques pour travailler sur des dauphins.» Vous voyez pourquoi ce genre de littérature me fascine ?

Écrit par : rabbit | 07/12/2015

Le premier Palo Alto a été phagocyté par un monstre avaleur d'octets… attention, il vient vers vous!

Écrit par : rabbit-bis | 07/12/2015

Ces gens ne manquent pas d'humour...
"Dans cet esprit, voici une expérience de type « caméra invisible » effectuée par Watzlawick qui montre la relativité (pour ne pas dire la vacuité) des diagnostics péremptoires en psychiatrie. Watzlawick demande un jour à Jackson de se laisser filmer, lors d’une première consultation avec un malade paranoïaque dont le délire consiste à se prendre pour un psychologue clinicien. Il demande d’autre part à un ami psychologue clinicien de bien vouloir se laisser filmer, lors d’une première consultation, avec un malade paranoïaque dont le délire consiste à se prendre pour un psychiatre. En réalité, Watzlawick orchestre à leur insu la confrontation de deux vrais « psy » qui ne se connaissaient pas encore. Chacun met tout son talent à démontrer la folie de l’autre, sur la foi des informations préalables : plus l’interlocuteur se comporte en « psy » (une obligation, puisqu’il croit recevoir un patient très atteint), et plus ce comportement (pourtant fort judicieux) confirme son prétendu délire aux yeux de son collègue méconnu. Watzlawick en conclut que le diagnostic psychiatrique s'apparente parfois à une « étiquette » douteuse, induite par une idée préconçue, venue d’un tiers faisant autorité (voir aussi expérience de Rosenthal)."

Problème : ils ne pouvaient guère se tromper, les psys étant assez généralement passablement proches de leurs clients. On ne fait pas psy par hasard...

Écrit par : Géo | 07/12/2015

Et c'est le même Watzlawick qui nous a offert le sublime : «La déliquescence des cultures précède la disparition des sociétés». Ces gens sont des Martiens. Vous comprenez maintenant la raison de mon voyage en Californie...

Écrit par : rabbit | 07/12/2015

C'est vrai que les Américains ne sont pas tous de gros crétins fachos, comme on pourrait tellement facilement le croire à suivre l'actualité de tous les jours...
Une aiguille d'intelligence dans une botte de foin de lourde stupidité et de grossière avidité financière...

Écrit par : Géo | 08/12/2015

La Californie a été l'ombilic du monde dans les années '60, mais le karma a pu se déglinguer depuis. Rien n'est jamais acquis là-bas: si ce n'est pas à cause de la faille de San Andreas, c'est l'entropie qui fait des siennes.
A propos d'avidité, Monsieur Gilbert, évoque un gros boyau vertical dans le Financial District de Lausanne. Il doit bien en sortir quelque chose par le bas: avez-vous des informations à ce sujet ?
Par contre, vous avez appris que la monnaie chinoise fait désormais partie du panier du FMI et que sur les 5 premières banques mondiales, 3 sont chinoises. Vous sentez-vous désormais plus rassuré sur l'état du porte-monnaie de la planète ?

Écrit par : rabbit | 08/12/2015

Pas vraiment. Mais je pense que l'or va remonter d'ici peu...
A propos d'ombilic du monde, il faudrait étudier le cas de l'Italie du nord et ce qu'elle est devenue.
Le boyau vertical de Saint-François ? Par sainte Barbe ma patronne (heureusement qu'il n'y a pas de saint Barbare, il serait interdit d'antenne par la bien-pensance), je n'en ai aucune idée. Il doit se perdre dans les profondeurs infernales en dessous des banques...

Écrit par : Géo | 09/12/2015

L'Italie du Nord, l'Italie du Nord…. où situez-vous exactement cet endroit ? Entre le Lesotho et le Malawi ?
En effet, le Barbare, que de bons souvenirs: du temps de Madeleine, la taulière, et José le barman. Mais, «en toute chose il faut considérer la fin», ou encore «il n’est si bonne compagnie qui ne se quitte».
Vous qui êtes accro à l'audio-visuel hexagonal, avez-vous noté la contagion du style oral post-miterrandien dans ce milieu ? Comme les phrases courtes, le rythme haché, une forme interro-négative, doublon du sujet («La France, elle est….»), etc., etc. ? J'observe aussi qu'un consultant en communication a enfin suggéré à l'actuel président de cesser de cligner des yeux, comme son modèle. Ce qui lui a certainement permis de reprendre deux points de confiance dans les sondages.
Et en dessous passe le Flon, Monsieur Géo.

Écrit par : rabbit | 09/12/2015

"a enfin suggéré à l'actuel président de cesser de cligner des yeux"
Ils ont même réussi à le convaincre de porter la cravate droite et non de traviole, c'est tout dire...
"avez-vous noté la contagion du style oral post-miterrandien dans ce milieu"
J'ai aussi noté ce micro-trottoir sur le 2ème chaîne à Hénin-Beaumont avant-hier soir chez les opposants (rares) au FN : "Mon père, il serait de retour, il se retournerait dans sa tombe".
L'Assemblée fédérale a élu un deuxième capitaine de pédalo UDC au CF. Tout va bien...

Écrit par : Géo | 09/12/2015

J'adore la déliquescence des cultures, c'est tellement bon de se sentir immortel.
Quel deuxième capitaine, celui qui a fait Harvard ? Pour le moment, je suis coincé sur CNBC.

Écrit par : rabbit | 09/12/2015

Non, le vigneron de Bursins. Santé, gloire et bossette. Cela doit râler sec chez les radicaux vaudois, soit dit entre nous. Si Delamuraz était de retour, il se retournerait aussi dans sa tombe...

Écrit par : Géo | 09/12/2015

J'ai retrouvé la télécommande, je suis revenu et j'ai vu: oui, un vigneron… vous pensez qu'il va bien s'entendre avec les gars de la Marine ?

Écrit par : rabbit | 09/12/2015

Bon, comme le dit petard, qui est de retour : à ce tarif, ils auraient pu nous laisser Eveline Widmer-Schlumpf. Elle était compétente, elle...

Écrit par : Géo | 09/12/2015

A part un nom imprononçable pour les Chinois, elle avait l'avantage d'offrir un profil lisse. Elle était là depuis longtemps ?

Écrit par : rabbit | 09/12/2015

Je ne savais pas que Chine était le nouveau nom de la planète Mars...
Profil lisse ? Oser remplacer Christoph Blocher, profil lisse ? Heureusement que vous ne vous mêlez pas de politique, Grand lapin. Vous en êtes resté au pays des merveilles...

Écrit par : Géo | 09/12/2015

«White Rabbit», Jefferson Airplane, Album «Surrealistic Pillow» (1967):

One pill makes you larger, and one pill makes you small
And the ones that mother gives you, don't do anything at all
Go ask Alice, when she's ten feet tall

And if you go chasing rabbits, and you know you're going to fall
Tell 'em a hookah-smoking caterpillar has given you the call
And call Alice, when she was just small

When the men on the chessboard get up and tell you where to go
And you've just had some kind of mushroom, and your mind is moving low
Go ask Alice, I think she'll know

When logic and proportion have fallen sloppy dead
And the white knight is talking backwards
And the red queen's off with her head
Remember what the dormouse said
Feed your head, feed your head.

Écrit par : rabbit | 09/12/2015

https://www.youtube.com/watch?v=25JdMW7PwVQ
Dans les commentaires, quelqu'un demande :
Does anybody like to listen to this without consuming drugs?
Ce à quoi un autre répond:
To quote an album title, they were "Taking drugs to make music to take drugs to."

Cela nous change de l'air de la Comtesse...

Écrit par : Géo | 10/12/2015

Yeah, man !
Regardez cette interview de Jim Morrison et vous verrez apparaître un kaléidoscope d'images, de lumières et de flashes multicolores… https://www.youtube.com/watch?v=8uju_DlEeoI

Écrit par : rabbit | 10/12/2015

Pour clore sur une note optimiste ce billet dédié à la longe d'agneau et aux mystères de la table, je puis vous rassurer sur le fait que toutes les crises financières enregistrées entre 1893 et 2008 (5 en tout) sont de nature différente. Dans ce domaine, on ne fait jamais deux fois les mêmes erreurs, c'est réconfortant. Par contre, la technologie évolue rapidement et les dangers qui nous guettent auront, par conséquent, des conséquences inattendues. Que faire ? Question éthique ou question technique, pensez-vous que les dinosaures seraient encore parmi nous s'ils avaient mieux géré les risques auxquels ils pouvaient être exposés ? Il est temps de passer à table, Monsieur Géo, nous réglerons ça demain.

Écrit par : rabbit | 10/12/2015

Vous me mettez l'eau à la bouche rabbit.
A propos de technologie, j'apprécierais votre avis sur ces allumés qui m'ont enthousiasmé comme jamais depuis longtemps.
https://www.youtube.com/watch?v=LdvQTwjVmrE

Écrit par : Pierre Jenni | 10/12/2015

"les dinosaures seraient encore parmi nous s'ils avaient mieux géré les risques auxquels ils pouvaient être exposés". Chaque fois qu'une espèce prolifère au-delà des capacités de son milieu naturel, elle s'éteint par la destruction de ce milieu. Si en plus cette espèce a la capacité d'interagir sur ce milieu avec son intelligence, les problèmes se complexifient en même temps que les solutions apportées, jusqu'à un point où plus rien ne peut les résoudre. Il est assez vraisemblable qu'avec cette population de 7 milliards et quelques, le point d'inflexion est passé. Cela dit, on continue à dire beaucoup de conneries sur la fin des dinosaures. Et les mammifères, eux, ont subsisté et se sont si bien développés parce que, justement, les dinosaures ont disparu. J'avais présenté un séminaire en paléontologie sur le fait que les dinosaures les plus récents, les derniers modèles si vous voulez, étaient plus performants que les mammifères. Alors pourquoi ? Nul ne le sait...

Écrit par : Géo | 10/12/2015

Monsieur Jenni, vous aurez plus de chance au poker, puisqu'il existe au moins une "Théorie des Jeux" (Morgenstern et von Neumann). Or le bitcoin n'est ni un jeu, ni une monnaie (supra)nationale reposant sur une économie dont on connaît plus ou moins la fortune. Selon le FT, le bitcoin est "un instrument de paiement cryptographique circulant sur un réseau volontaire d'ordinateurs". Son prix est fortement lié aux spéculations sur la preuve de l'existence de Satoshi, son fondateur. Si son identité venait à être révélée, le FT nous prédit l'effondrement de cette monnaie de zombie. Or, en date du 9 décembre dernier, on apprend que ledit Satoshi serait en fait un entrepreneur australien. Sachant que la valeur du bitcoin affiche une volatilité à faire flancher un algorithme, il faudrait être dopé aux neuroleptiques pour se risquer sur un marché aussi sensible. Considérez-le comme une sorte de "ponzi scheme" pour geeks et continuez de croire en l'Euro-millions.

Monsieur Géo, si c'est jusqu'au Crétacé que vous voulez me faire monter, on pourrait reporter la promenade à demain. Il fait nuit et je me méfie de toutes ces bestioles vues dans Jurassic Park.

Écrit par : rabbit | 10/12/2015

C'est bien ce que je pensais, la monnaie cryptographique est aussi complexe à appréhender que la physique quantique.
Je peine à comprendre pourquoi la connaissance du fondateur de ce jeu de l'avion pour geek serait si décisive.
Quelque chose me dit que nous vivons une époque bascule ou tout va changer en profondeur. Pour le moment, les puissants gardent le pouvoir et je crois que quelques banques travaillent déjà sur ces monnaies qui ne sont pas moins virtuelles que les conventionnelles. Si la volatilité est grande qu'importe. L'utilisateur du bitcoin n'est certainement pas un spéculateur et la valeur de sa monnaie reste globalement stable il me semble.
Et le système volontaire empêche les arnaques.
Merci pour vos commentaires qui me réjouissent presque toujours.

Écrit par : Pierre Jenni | 11/12/2015

"quelques banques travaillent déjà sur ces monnaies qui ne sont pas moins virtuelles que les conventionnelles."
Vous vouliez probablement dire "quelques banques travaillent déjà sur ces monnaies qui ne sont pas plus virtuelles que les conventionnelles."
De rien, de rien, c'est un plaisir que d'aider mon prochain en difficulté. et ne vous en faites pas, "se donne de la peine et en a", c'est un peu la devise suisse...,cf Parmelin.

Écrit par : Géo | 11/12/2015

Merci Géo !

Écrit par : Pierre Jenni | 11/12/2015

Pas de quoi :
"Quand on est tout blasé
Quand on a tout usé
Le vin l'amour les cartes
Quand on a perdu le vice
Des bisques d'écrevisses
Des rillettes de la Sarthe
Quand la vue d'un strip-tease
Vous fait dire: Quelle bêtise
Vont-ils trouver autre chose
Il reste encore un truc
Qui n'est jamais caduc
Pour voir la vie en rose

Une bonne paire de claques dans la gueule
Un bon coup de savate dans les fesses
Un marron sur les mandibules
Ça vous fait une deuxième jeunesse

Une bonne paire de claques dans la gueule
Un direct au creux de l'estomac
Les orteils coincés sous une meule
Un coup de latte en plein tagada

Ça enterre tout, la drogue et l'aspirine
Les épinards la chnouf et la badoit
C'est bien plus bath que le foie gras en terrine
Car c'est moins cher et ça n'alourdit pas

Une bonne paire de claques dans la gueule
Et la vie reprend tout son prix
Chaque matin comme on se sent seul
Claquons-nous la gueule entre amis

Quand elle a foutu le camp
En emportant l'argent
Et la machine à coudre
En vous laissant l'évier
Plein de vaisselle pas lavée
Et le sel dans le sucre en poudre
Quand votre meilleur copain
Téléphone le lendemain
En disant: Viens la reprendre
On ricane et l'on pense
Attends un peu Hortense
Qu'est-ce que tu vas prendre

Une bonne paire de claques dans la gueule
Un bon coup de savate dans les fesses
Un marron sur les mandibules
Ça te fera une deuxième jeunesse

Une bonne paire de claques dans la gueule
Un direct au creux de l'estomac
Les orteils coincés sous une meule
Un coup de pompe en plein tagada

Tu t'ennuyais dans ma petite chambre
Tu soupirais, tu voulais du nouveau
Dorénavant, de Janvier à Décembre
Compte sur moi pour t'offrir à gogo

Une bonne paire de claques dans la gueule
Et ça me consolera, ma chérie
Des soirées où tu manoeuvrais
Le rouleau à pâtisserie
Tiens, salope!"

C'est de Boris Vian, à tout hasard...

Écrit par : Géo | 11/12/2015

A propos de cette belle chanson romantique de Boris Vian, j'ai reçu ça, de la part de la fille d'un ami qui me connaît bien :

"Voici l'annonce pour une cause noble et nécessaire :
l'Elimination de la Violence à l'égard des Femmes !

Le 25 novembre, c'est la journée internationale pour défendre cette cause !

Rendez-vous demain à 19h à Chaudron
pour une manifestation
au rythme de Batucada.
Venez avec vos casseroles et autres ustensiles de cuisines pour casser le silence des non-dits !
Il y aura aussi des performances théâtrales et autres surprises.

A demain !

XXXXXX

PS : N'hésitez pas à faire circuler l'information"

Écrit par : Géo | 11/12/2015

25 novembre ? Nous avons donc la paix pour un peu plus de 12 mois. Une paix provisoire et sur un seul front, c'est bon à prendre par ces temps de plomb. Toute notre vigilance doit se renforcer sur les autres "foyers de conflits sociaux", comme on dit en novlangue. Et Géo qui pensait, avec la naïveté de ceux qui ont vécu sous la menace soviétique, que ces clowneries soixantehuitardes allaient s'évaporer après la chute du Mur de Berlin. Un économiste l'aurait prévenu à ce moment-là, de la nécessité qu'il y a de recycler les ex-staliniens désormais au chômage. N'ayant d'autre talent que l'argutie et la chicane, ceux-ci vont choisir des emplois à leur portée: Géo dénonce tous les jours le clans et les chapelles qu'ils forment à chaque printemps, au moment de se reproduire. Résultat, nous avons maintenant des néo-bolcheviks, issus de mariages consanguins dans la famille de la main gauche.

Écrit par : rabbit | 11/12/2015

C'était le 25 novembre passé, rabbit, vous pouvez sortir de l'abri. Il devait y avoir au moins vingt personnes dans la rue à cette occasion et ce qu'il y a de sûr, c'est que personne n'en a entendu parler. Laissons les derniers restes des 68tards faire joujou comme ils peuvent avec leur déambulateur, occupons-nous de la nouvelle vague d'obscurantisme qui déferle sur l'Europe avec l'appui assez difficilement compréhensible - une parenté dans la débilité mentale ? - de la gauche...

Écrit par : Géo | 11/12/2015

Difficilement compréhensible ?
Mais enfin, Géo, tous deux relèvent d'une entreprise métaphysique qui cherche un sens au-delà des apparences: une illusion qui relègue le réel dans un autre monde jugé malsain, une fausse évidence, une blessure narcissique, une duperie prophétique.
Souvenez-vous des problèmes existentiels de Macbeth dans la scène V de l'acte V:
"Life's but a walking shadow; a poor player,
That struts and frets his hour upon the stage,
And then is heard no more: it is a tale
Told by an idiot, full of sound and fury,
Signifying nothing."
C'est la réalité réelle et pourtant, il n'y a pas de quoi en faire un drame...

Écrit par : rabbit | 11/12/2015

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