19/12/2015

Au secours, j’ai une araignée au plafond!  

Ma petite sœur Roselyne s’est longtemps sentie ridicule car elle hurlait de terreur à l’apparition, sur le parquet de notre chalet à Leysin, d’un pholocus phalangioide. Une bestiole agile, haute sur de longues gambettes filiformes, typique des maisons en bois, mais sans danger pour la gent humaine. Ça mordille à peine, sans venin. On l’appelle plus familièrement - à tort paraît-il - le faucheux. Or pour être inoffensive, elle n’en a pas moins inspiré des films d’horreur où ses dimensions sont monstrueusement multipliées. C’est une des araignées les plus courantes (dans les deux acceptions du mot) de Suisse romande. Elle n’appartient donc pas à la classe des insectes, qui n’ont que 6 pattes, alors que les arachnides en ont 8, à l’exemple de leur charmant cousin le scorpion, autrement plus dangereux. C’est moins leur présumée venimosité qui épouvantait ma sœurette que leur complexion fantasmatique. Sa phobie était injustifiée, elle le savait, ce qui n’empêchait point son front de transpirer, son sang d’affluer aux tempes, son pouls d’accélérer. «Je sais, je suis folle, elles me font si peur que dois en avoir une au plafond. Quand mon psy m’a dit que j’étais atteinte d’arachnophobie, ce mot étrange me parut si atroce que je me crus atteinte d’une maladie mortelle.»

 

Quand elle était ado, elle avait lu L’araignée noire du grand écrivain bernois Jeremias Gotthelf (1779-1854), et en avait retenu cet extrait: «Tout à coup l'infortunée eut le sentiment que sa figure éclatait et que des braises ardentes sortaient d'elle, puis elle aperçut une armée d'araignées aux jambes effilées qui couraient dans la nuit, sans cesse remplacées par d'autres.»

Des régiments de tarentules, de mygales, que sais-je, de «veuves noires» de l’Oklahoma, qui patrouillent en rang sur le mur blanc qui surplombe un lit, il y a de quoi cauchemarder.

Mais au petit matin, il faut s’extraire de sa chambre à coucher, faire respirer son esprit au soleil, et aller admirer l’épeire diadème, la plus élégante de nos araignées. Sur son abdomen, il y a un motif en forme de croix. Elle tisse méthodiquement des toiles régulières, enviées par tant d’architectes, et dont les fils désormais peuvent aller plus loin que l’horizon. Cette besogneuse filandière de nos jardins est l’ancêtre d’Internet.

 

Commentaires

C'est curieux qu'en allemand, araignée (Spinne) et fou/dingue/timbré (spinnen) soient si proches. Et que "spinnen" signifie aussi "tisser"; ce qui fait penser à l'histoire d'Arachné, qui a donné son nom aux araignées.

Écrit par : rabbit | 19/12/2015

@ Rabbit : et, l'araignée aurait-elle à voir avec Spinoza (0_0)?
Je-dis-ça-je-dis-rien.
(Vous ne voulez pas m'offrir une chemise edelweiss pour mes étrennes? Hi).

Écrit par : Ambre | 22/12/2015

Non, c'était pour faire un ruban de Moebius, en partant des araignées pour arriver aux araignées. Géo aurait adoré, s'il n'était en route pour Compostelle. C'est la troisième fois qu'il fait le pèlerinage cette année et cela n'a aucun rapport avec les araignées, il me l'a assuré. Pour en revenir à lui, Spinoza pensait que Dieu=Nature et il y a des araignées dans la nature. Par conséquent, les araignées sont une part du divin, tout comme Ambre et les edelweiss, que l'on préfère voir accrochées à sa chemise plutôt que des araignées.

Écrit par : rabbit | 22/12/2015

@Géo : Jenni;-) coin-coincidence."
Ah, vous trouvez aussi ? Il semblerait que l'incongru se soit tu. Pourvu que ça dure...
Bon, revenons à nos araignées. A Huambo, j'étais une ONG à moi tout seul. Et donc je m'étais branché avec les gens de l'ONU et de l'UNAVEM. Des officiers occidentaux, qui venaient boire une nice cup of tea chez moi de temps à autre. Et un beau jour, un officier anglais qui fait un bond sur sa chaise à cause d'une araignée, et cela devant tous les autres, de toutes nationalités...
Je vous laisse imaginer la scène...

Écrit par : Géo | 23/12/2015

Géo, Rabbit ne va pas comprendre le coin-coincidence si vous transférez ici un commentaire posté ailleurs!
Avant d'avoir vécu à la campagne j'avais peur des araignées, des souris, des chauves-souris, des mulots, des taupes, des renards et j'en passe... Vivez dans une maison en pierres, isolée, dans la campagne, vous n'aurez plus peur de rien, même dans la nuit noire, on n'entend que la beauté magique des sons. La seule fois où j'ai eu peur c'est lorsqu'un frelon est entré dans ma maison. Je n'en avais jamais vu, c'est ENORME!
Votre officier anglais ne devait pas vivre dans un manoir dans son pays pour avoir peur d'une araignée.

Écrit par : Ambre | 23/12/2015

Reçu 5/5.
A Richard-Toll aussi, il y avait des monstres velus à huit pattes qui semaient l'épouvante dans la gent féminine expatriée, tout en provoquant la lassitude des mâles en quête de leurs faveurs. Un soir que je regardais un film en plein air ("L'aventure, c'est l'aventure", Claude Lelouch, 1972), l'une d'elles est venue se balader sur mes pieds nus, gravant sur mon disque dur une trace cauchemardesque qui n'est pas près de disparaître. Depuis, je ne quitte plus mes rangers.
Les ONG ont été créées dans le but de gagner du fric. Si vous êtes une ONG à vous tout seul, et que vous ne touchez pas de redevance, de droit d'auteur, de dividende ou de subvention fédérale, il est grand temps de vous faire faire un audit chez rabbit.

Écrit par : rabbit | 23/12/2015

A Pemba, une de ces charmantes bestioles avait tissé sa toile en s'appuyant sur la sorte de pergola qui protégeait mon véhicule du soleil. Une des attaches descendait à 45° sur un pilier et m'obligeait à me baisser pour passer. J'ai donc scotché ce brin plus haut sur le pilier, sans dommage pour le brin. J'ai lu quelque part que si on réussissait à tisser un câble de 1cm de diamètre en fil d'araignée, ce câble pourrait stopper un Boeing 747 en pleine vitesse sans casser...
Un audit chez rabbit ! Ce serait un peu Donald chez oncle Picsou ?

Écrit par : Géo | 24/12/2015

J'aime observer les araignées tissant leur toile. J'en ai souvent sur ma terrasse et comme vous Géo, parfois je me baisse ou contourne une toile pour ne pas la briser. Je n'ai jamais tenté de prendre un fil et de le remettre en place, ce serait donc possible (0_0)?
Celle-ci, photographiée hiver 2010 :
http://4.bp.blogspot.com/__-Zi1hvxBHk/TMlPcDhYEmI/AAAAAAAABSE/RgTvwW5luZE/s1600/DSC02168.JPG
http://1.bp.blogspot.com/__-Zi1hvxBHk/TMlPpWnweAI/AAAAAAAABSM/TEbxdpOIj7s/s1600/DSC02170.JPG

Spinoza aimait regarder les araignées dévorer les mouches : "le goût de Spinoza pour les combats d'araignées vient de ce que ceux-ci reproduisent purement des rapports de modes dans le système de l'Ethique comme éthologie supérieure."

Et encore sur les araignées :

"Tout ce que je sais c'est que les mouches sont faites pour mourir dévorées par les araignées et que les hommes sont faits pour mourir de chagrin".
Voltaire.

J'aime l'araignée et j'aime l'ortie,
Parce qu'on les hait ;
Et que rien n'exauce et que tout châtie
Leur morne souhait ;

Parce qu'elles sont maudites, chétives,
Noirs êtres rampants ;
Parce qu'elles sont les tristes captives
De leur guet-apens ;

Parce qu'elles sont prises dans leur oeuvre ;
Ô sort ! fatals noeuds !
Parce que l'ortie est une couleuvre,
L'araignée un gueux;

Parce qu'elles ont l'ombre des abîmes,
Parce qu'on les fuit,
Parce qu'elles sont toutes deux victimes
De la sombre nuit...

Passants, faites grâce à la plante obscure,
Au pauvre animal.
Plaignez la laideur, plaignez la piqûre,
Oh ! plaignez le mal !

Il n'est rien qui n'ait sa mélancolie ;
Tout veut un baiser.
Dans leur fauve horreur, pour peu qu'on oublie
De les écraser,

Pour peu qu'on leur jette un oeil moins superbe,
Tout bas, loin du jour,
La vilaine bête et la mauvaise herbe
Murmurent : Amour !

Victor Hugo, Les contemplations.

(Bon, il paraît que c'est Noël;-))

Écrit par : Ambre | 24/12/2015

Pemba ?
Vraiment bizarre cette manie chez vous de choisir un endroit aussi périlleux pour une retraite spirituelle. La Mafia n'est pas loin, parait-il.
Les monts bleutés du Sichuan ont un effet plus apaisant sur l'âme et le caractère.

Écrit par : rabbit | 24/12/2015

Ambronette ?
Comment faites-vous pour vous glisser entre deux répliques ? Si nous sommes bien à l'acte 2, scène III, Géo et moi découvrons le corps du roi. Vous faites à votre tour votre entrée en compagnie de Père Siffleur et vous simulez la surprise. De notre côté, nous décidons de fuir pour notre sécurité. Et c'est là que Géo devrait dire: "Là où nous sommes, il y a des poignards dans le sourire des hommes".

Écrit par : rabbit | 24/12/2015

Rabnit?
Que voulez-vous dire? Dans quelle pièce jouons-nous? Où est le Père Siffleur? (Il me manque et pas à vous évidemment et, surtout pas à Géo. Tsss!).
C'est drôle que vous me disiez que je m'insère dans vos répliques, figurez-vous que je me disais peu avant de vous lire : ces deux-là, il faut les laisser dialoguer tout seuls, ne pas s'immiscer dans leur conversation.
...
Bonne nuit les petits...

(Vous n'avez pas vu les Pandas Tchin Tchin et Pan Pan ce soir sur la 5, au Sichuan? Trop mignons.)

Écrit par : Ambre | 24/12/2015

Rabnit? Was???? Rabbit/Rabnit? Ein spion? Wie Schulmeister l'es spion du kaiser et maître d'école, mpfr!
Jetzt qu'on sait que Rabnit est cet homme qui venait du froid, on comprends mieux l'orichine de "la crise", ja! Mpfr! Valsifikationen, aber... Ist das le spionnache jetzt!
"Spide Hermann",c'est le nom d'UNE des araignées bisexuelle de mon plafond sous le casque de pilotache... Parfois elle s'amuse à me voiler les yeux mit deux de ses huits pattes, ja! Alors che saisis mon téléphone sans fil et on se fait un toile, son film favoriten c'est "Arachnophobia" ja! C'est un(e) farceur farceuse, elle aime voir les hommes unt les femmes sursauter.

Freudenstin Doktor unt affiliés, disent angstphobia Wieso ist von der mutti représentation, bravo pour l'imache de la mére, ja!

Pon Hermann, Mein Spinne (Ca va, movaises spirites!) si on regardait "Apocalypse now"? Il y a ein dialok che suis pas sûr!

Écrit par : Redbaron'r spinne auch... heu.. hrm | 25/12/2015

Unt geschischte vécue mit vos Spinne (ch'ai dis "Gnueg", movaise spirite)sous les tropiks sont gnognotes marrantes!
Nos préférées -à Hermann et moi- sont les histoires vécues irracontables, parce que mort s'ensuit, so c'est les survivants qui racontent!

Z.b comme quoi en Australie mieux vaut sekouer sa ranger, son espadrille,-pas escadrille, nan- sa chaussette tellement usée et sale qu'elle ressemble à une botte (Abenteur ist wieso, demandez à Indiana), unt alles godasses wieso, car une araignée MORTELLE, DEADLY, TODLICH, s'y glisse*
Et comme le pied de la viktime viktimatoire, viktimante, est vue comme un squatter par l'Arak Nide, elle pique-mord, fait deux trous ou elle injecte transformant la viktime en junkie, un venin mortel faute de guérison vaccinatoire!

Ca c'est de la vraie aventure, vous mettez vos pantoufles et hop! Plus de Noel, no hell ni de nouvel-an! pour l'eternité sauf existence d'un au-delà au-delà... Mais komme écrivais Nietzsche, dans ce cas il faut déchà être satsfait de sein leben, prêt à la revivre telle quelle, alors que pour Schopenhauer, franchement on se passerait même de la première... et...

*peut-être descendante de la souris au sens darwinien non-social du termen!

Écrit par : Redbaron'r spinne auch... heu.. hrm | 25/12/2015

Aaaargh! Hermann! Qu'a-tu fais

Écrit par : Redbaron'r spinne auch... heu.. hrm | 25/12/2015

Nannan, che l'ai juste endormi, il devenait insupportable de nuit!

Écrit par : Hermann'r spinne | 25/12/2015

"Unt geschischte vécue mit vos Spinne (ch'ai dis "Gnueg", movaise spirite)sous les tropiks sont gnognotes marrantes!"
Les araignées de Pemba, même si elles étaient assez impressionnantes, avaient tendance à rester dans leur toile. Dont les fils étaient incroyablement solides, pour répondre à Ambre. Par contre, les gardes ont tué un cobra cracheur et un mamba noir et le chat une jeune bitis arietans dans l'enceinte du jardin. Si vous allez voir sur Google Earth, la maison se trouve au début de la péninsule, en haut des dépôts de carburant. De l'autre côté de la rue, c'était la brousse...

Dans ma maison de Kaédi, j'ai écrasé - avec une tong, sandale en plastique - pas moins de 8 de ces bestioles :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Androctonus_australis
La fille qui m'a aidé à remettre la maison en ordre quand je m'y suis installé m'a dit qu'elle avait été piquée une fois. Cela lui a fait tellement mal que pendant trois jours elle n'a pas pu parler. Et bon, c'était une femme, donc parler...

Écrit par : Géo | 25/12/2015

Ambre en Lady Macbeth ? Je n'y aurais pas pensé...
Araignée dans le plafond...J'avais bien aimé l'expression "il grésille du trolley" de la part d'un doctorant à propos d'un de nos profs de géologie. Mais à la réflexion, elles sont antithétiques. Le vide abandonné ou l'excès d'étincelles...

Écrit par : Géo | 25/12/2015

Voua avez tort Géo, je suis sur la bonne voie :
".. elle (Lady M.) sombre dans la folie, est soumise à des crises de somnambulisme et d’hallucination [...], et finit par se suicider."
(Au secours votre scorpion, sûr que celui-là je l'éviterais...)

Coucou Redbaron : sorry à Rabbit pour Rabnit, mon doigt a dérapé. Comme Schopenhauer je me passerai bien de...
Bon, je ne vais pas plomber cette journée de Noël.
Contente que vous passiez par là.

Joyeux Noël à tous.
http://2.bp.blogspot.com/-njVpUVqpWVM/Vmk9LUrEuHI/AAAAAAAABog/jhVq208PgP4/s1600/snoopy%2Bvivre%2Bet%2Bmourir.jpg

Écrit par : Ambre | 25/12/2015

Ich weiss, es wird einmal ein Wunder gescheh'n

Und dann werden tausend Märchen wahr.
-> traduction:
J'ai vu les pandas, les araignées et le fantôme du gros Hermann,
En effet l'Australie ce n'est pas ce qu'on croit.

Écrit par : rabbit | 25/12/2015

Le fantôme du gros Hermann ? Celui qui a repris à son compte la célèbre réplique de la pièce de Hans Johst Schlageter (Acte I, scène I) : "Wenn ich kultur höre...entsichere ich meine Browning" ?

Écrit par : Géo | 25/12/2015

Jawohl unser Reisenführer ! Mais cela devait être dans la Zeitgeist, parce que Baldur von Schirach l'a aussi sortie lors d'un discours (mais il a dit "Pistole"). Où en étions restés ?
Si le Nouvel An est aussi déjanté que l'est ce Noël, l'année qui vient autorise de grandes espérances pour la blogosphère. Pour vous plonger tout de suite dans la confusion, voici un texte de Fernando Pessoa qui vient saper votre confiance dans le "gnothi seauton":
«Se connaître, c'est se tromper, et l'oracle qui demandait "Connais-toi toi-même" proposait une tâche plus difficile que le travaux d'Hercule, une énigme plus ténébreuse que celle du Sphynx. Ne pas se connaître soi-même consciemment, c'est user activement de l'ironie. Je ne connais rien de plus grand, ni de plus digne de l'homme véritablement grand, que l'analyse patiente, expressive, des différentes manières de nous ignorer, le compte exact de l'inconscience de nos consciences, la métaphysique des ombres autonomes, la poésie née du crépuscule de la désillusion.»

Écrit par : rabbit | 25/12/2015

J'ai bu un café avec Pessoa sur une terrasse d'une petite place au coeur de Lisbonne il y a une quinzaine d'années. Mais il est resté de marbre...
Si vous voulez mon très humble avis, il serait bon pour tout le monde de citer cet aphorisme dans son entier pour lui donner son sens :
"Connais-toi toi-même et tu connaîtras l'univers et les Dieux"
Si Freud a parlé un jour de complexe d'Oedipe, c'est vraisemblablement entre ses deux oreilles qu'il l'a découvert...

Écrit par : Géo | 25/12/2015

Je pense que oui, mais lisez encore ça, toujours Pessoa ("Le Livre de l'Intranquillité", page 279):
«Je suis aujourd'hui un ascète dans ma religion de moi-même. Une tasse de café, une cigarette et mes rêves peuvent parfaitement remplacer le ciel et ses étoiles, le travail, l'amour, et même la beauté ou la gloire. Je n'ai pour ainsi dire aucun besoin de stimulants. Mon opium, je le trouve dans mon âme.»
Même s'il est resté de marbre, c'est carrément à la Sainte-Cène que vous avez assisté s'il faut croire ce qui précède.

Écrit par : rabbit | 25/12/2015

Selon Wikipedia sous Fernando Pessoa :
"Né le 13 juin 1888 à Lisbonne, ville où il meurt des suites de son alcoolisme le 30 novembre 1935"...
Ce qui prouve qu'il faut toujours se méfier de wikipedia...

Écrit par : Géo | 26/12/2015

Vous venez de révéler au public, cher Géo, que notre seuil de tolérance aux propos d'autrui reste très souple, malgré toutes ces années d'un délire incessant. En effet, pourquoi n'iriez-vous pas à Lisbonne, juste pour prendre le café avec votre pote Fernando Pessoa ? Pourquoi Monsieur Gilbert n'irait pas à Shanghai, dans le simple but de se recueillir à la cathédrale Saint-Ignace ? Et moi à Swakopmund, sous le prétexte de déguster une Schwarzwälder Torte ? L'Histoire, depuis trop longtemps, nous bourre le mou avec des fables de cette envergure sur les desseins des grands hommes; nous aussi, vivons des épopées dont les dimensions touchent parfois au merveilleux. On se voit comme d'ab pour l'apéro à la terrasse de Sénéquier ?

Écrit par : rabbit | 26/12/2015

Pourquoi ne pas aller à Lisbonne ou ailleurs ? La motivation. J'ai un ami qui vient de prendre un avion pour l'Afrique de l'Ouest, juste par goût de la féminité africaine. C'est un choix éminemment respectable, bien sûr, mais il ne concerne que lui. Mes voyages sont beaucoup plus intérieurs mais s’appuient sur la mobilité du corps. On va dire que je suis un péripatéticien...
(pas à la descente, mais le stop fonctionne maintenant très bien, allez savoir pourquoi)

Écrit par : Géo | 26/12/2015

L'Afrique de l'Ouest, c'est bien: question dépaysement, le retour sur investissement est favorable. Un peu trop même, à voir la naïveté des retraités qui vont s'y faire arnaquer. Il y a 40 ans, c'était plutôt le fief des anciens coloniaux et des aventuriers de tous poils. Fort heureusement, les Chinois vont remettre en état la ligne ferroviaire Dakar-Bamako. Du moins, sur territoire sénégalais, parce que les Français rechignent à les voir empiéter sur leur terrain de jeu au Mali. Discussions en cours également sur le même sujet en Côte-d'Ivoire.

Écrit par : rabbit | 26/12/2015

Très franchement, je n'y mettrais pas les pieds autrement que pour des raisons professionnelles; le genre de pays où on me paie pour y aller et non l'inverse.
La chaleur, la poussière, etc, etc...
Je me demande si les Chinois savent vraiment ce qu'ils font en investissant à ce point sur ce continent qui ne connaît qu'une seule loi, celle de Murphy...

Écrit par : Géo | 26/12/2015

Pardonnez cette incartade dans vos épistoles, Messieurs. Je suis un des nombreux lecteurs* suivant avec plaisir le blog de M. Gilbert et aussi vos intelligents et amusants échanges. Bref, ceci pour relever à quel point l’expression « une araignée au plafond » est parlante, et somme toute extraordinaire. En effet, l’image d’un homme ayant le regard fixe, à l’oblique, vers le haut - comme pour y observer une araignée immobile sur le plafond précisément - est la description même de la folie qui s’empare de l’âme et s’en échappe par le regard. Voilà, j’ai toujours trouvé merveilleuse cette expression et tenais à vous le faire savoir. Comme disait Fernando Pessoa : « il est des métaphores qui sont plus réelles que des gens qui marchent dans la rue ». Avec mes excuses. Je vous en prie, poursuivez, Messieurs.

Écrit par : André Woirol | 26/12/2015

Je la voyais plutôt intérieure, l'araignée. Dans un cerveau vide et abandonné...
Mais je vois très bien la corrélation avec la citation de Pessoa. Et comment savez-vous qu'il y a de nombreux lecteurs ? A part Ambre et le Redbaron parfois...et vous maintenant...

Écrit par : Géo | 26/12/2015

"de nombreux lecteurs" : parce que c'est une évidence.
Les vrais lecteurs ont autre chose à faire que commenter. Se consacrer à la lecture.

Écrit par : Ambre | 26/12/2015

Ach, fous afez encore raison, Ambre. Disziplin, Disziplin, dirait le rote Junker...Un lecteur, ça lit et un commentateur, ça commente.
Revenons à cette métaphore de Pessoa citée par cet excellent M.Woirol (vraiment un W ?). « il est des métaphores qui sont plus réelles que des gens qui marchent dans la rue » et abordons-la, cette réalité des gens que l'on croise en ville.
Quand vous marchez dans la nature, à moins d'être très coincé ou très malpoli, vous saluez ceux que vous croisez. C'est une règle universelle que seuls transgressent d'indéboulonnables citadins qui se sentent comme un poisson hors de l'eau s'ils n'évoluent plus entre béton et fumées diverses. Et d'ailleurs, ils sont là comme dans une salle de gym ou un Dysneyland quelconque. Pas pour rien qu'ils ont voté pour la lex Weber...
Réciproquement, en ville, l'ignorance de l'autre est une règle absolue. Il serait par exemple du plus parfait mauvais goût, chez ces gens-là, de secourir cette jeune femme qui se fait violer dans la rame de métro par une bande de loubards. En plus, ce pourrait être dangereux.
Cela relativise la réalité des métaphores...

Écrit par : Géo | 27/12/2015

Monsieur Woirol,
Merci infiniment de votre précieux soutien à notre Fondation Universelle pour la Compréhension Keynésienne, oeuvre née d'un désintérêt total pour se qui se passe dans le monde (Géo n'a d'attention que pour ses tomates fédérales et moi, pour l'apport du capitalisme financier à mon confort personnel).
Tout comme sainte Blandine de Lyon, Ambre charme les araignées et les métaphores.

Écrit par : rabbit | 27/12/2015

Encore une petite poussée de nihilisme intégral post-champagne ? Ce sera sans moi pour la Fondation UCK. Et ce n'est pas par sentiment xénophobe contre les Kosovars...

Écrit par : Géo | 27/12/2015

Vous avez raison: au formol ces métaphores molles ! A part ça, je viens de terminer (avec succès) un cours de 8 semaines sur les Marchés Financiers. Je serai désormais plus disponible pour la gaudriole...

Écrit par : rabbit | 27/12/2015

Mais qu'est-ce qu'ils peuvent vous apprendre ? La seule chose qui compte, dans les marchés financiers, c'est le nez et l'intuition. Et ce n'est pas aux vieux singes que l'on apprend à faire des grimaces (c'est une métaphore...), ou bien ?

Écrit par : Géo | 27/12/2015

Rien de très compliqué: juste un survol en hélicoptère pour compléter quelques positions sur la carte. On parle beaucoup de management du risque, on critique quelques modèles obsolètes (comme l'a fait Taleb), on modélise des comportements financiers, on passe en revue les crises du passé, on répertorie les organismes de contrôle internationaux et les métiers actuels de la finances, plus quelques piqûres de rappel douloureuses (les formules mathématiques). Et quand c'est fait par un récent "Prix Nobel" d'économie, ça passe mieux (même s'il bafouille et qu'il a l'accent du Midwest).
Ah que il est vieux le rabbit ?

Écrit par : rabbit | 27/12/2015

Ja, les duettiste presk a ein fil de toile de spinne de l'otisme nombrilik, ne komprenez nicht mehr anderen leuten, nur sehen par petit bout de la lorgnette... Tellement, qu'elle ne doit pas en avoi de second.
Nanifoutr' aber fur sie ,le vorname Herman nur accompagne Goering...(ja,il fut pilote a yla Jasta 11...) unt Hesse? Voire le Herman inconnu, qui vous enrichi Grolapin, profitant de son labeur. Unt wie alles grolapins, vous modissez publiquement "les profiteurs" et/de l'Etat providence"...
Simplement pour ein spielwort mit ein amerikanische comics heroes!

Écrit par : redbaron 'r re lax | 28/12/2015

"otisme nombrilik" dites-vous ? Ce ne serait pas un peu l'hôpital qui se fout de la charité, pour rester dans la métaphore usée ? Comment appelle-t-on quelqu'un qui plane sur la ville dans son Fokker en caressant amoureusement la gâchette de ses Spandaus ? On s'excuse de ne pas s'être esclaffé bruyamment pour "Spide Hermann" mais difficile de ne pas penser à Goering à propos de Baron rouge. Il lui a succédé à la tête de l'escadrille...
Et c'était un grand amateur d'art, Gurlitt vous l'aurait dit mieux que moi...

Écrit par : Géo | 28/12/2015

C'est curieux de voir des réflexes pavloviens chez les zombies aéronautiques. On conditionne même les cadavres au régime de la pensée unique? Il n'y a que les bananes pour y échapper (heureux les bananes, car le royaume de Chiquita leur appartient). A propos des US humoristische Helden, j'ai trouvé au supermarché du débat-d'idées-et-de-l'histoire-en-marche, un rayon qui tend à occuper presque tout le volume crânien, ça s'appelle "egalitarianism" (je ne vous le donne pas en français, je n'ai plus confiance dans cette langue depuis 1968). Sur le Net, vous trouvez gratuitement des thèse universitaires où l'on débat de l'utilité de nourrir ceux qui n'on pas faim ou de couper la tête à ceux qui n'en ont pas. Et si vous ne comprenez pas l'anglais, redbeanpascon va vous faire un strip (comic et pas tease, please...).

Écrit par : rabbit | 28/12/2015

Vous parliez vous-même de la déliquescence de la culture. Le phénomène "Diafoirus" est de toutes les décadences. Vous avez lu Aristophane ? Brekkekex-koax-koax, si mes souvenirs sont bons...

Écrit par : Géo | 28/12/2015

J'ai adoré Lysistrata, satire de notre vie à nous pauvre hommes (qui ne sont pas tous des satyres, faut pas exagérer).
«Brekkekex-koax-koax»: je ne me risquerais pas à traduire, mais ça ressemble beaucoup au néerlandais: breken=casser; keks=biscuits; kok=cuisinier; kaak=mâchoire. Ou tout simplement "coax", comme "câble coaxial" (c'est accessible à tous).

Écrit par : rabbit | 28/12/2015

LES GRENOUILLES. Brekekekex coax coax !
DIONYSOS. Foin de vous avec votre coax ! Vous n'avez pas autre chose que coax ?

Écrit par : Géo | 28/12/2015

Vachement câblées, les grenouilles ! La suite de la fête risque d'être dionysiaque...

Écrit par : rabbit | 28/12/2015

Nein, nein, nein, ouah, ouah, ouah! Alles tiens à un fil, à la patte, à la kuisse oder nut... Depuis la Ténèbres de la Nuit Mondiale et Mondialisée che ne survole aucune ville, ch'entends rafalen et explosions, ja! unt spandaus tirent sur une ambulances contenant 2 brankards... Sur ein surrané qui se moque de la charité, sauf quand "pien ordonnée" -wie sagt le diktaton- elle commence et finit POUR lui-même, reskaputté de Alice, ja!
Die andere ist moins krank, aber...
Miche che redis nanifoutr', hein? Ponne an mal an 2016 che souhaite bonne à vous, mais ch'écris ça de l'ile de Pâques 2020, so pon reveil en 2050, hein?
Snoopy? Was? Ja Pavlov, aber nicht regressé à la maternelle, sagen cui qui dit...
Unt was? Ja détournement, "Pensée unique" inventée par Ignacio Ramonet dans le "Monde diplomatique dans les '90, appliquée au néo-libéraux-Dante-Inferno, aber taktik konnue de movaise foi: Faire en sorte de retourner les pensées, les worten, ainsi plus personne ne sait von was il parle... Tour de Babel premier modèl fonktionel! so, hein, Allons ailleurs, c'est ce qu'ils veulent, unt il est simple de les satisfaire!

Écrit par : redbaron 'r Snoopy es kadre | 29/12/2015

C'est vrai qu'il y a deux "Pensée unique", celle de l'autre camp...et comme il y a deux camps...
Bon réveil en 2050, Redbaron.

Écrit par : Géo | 29/12/2015

J'ai cessé de lire "Le Monde Diplomatique" au début des années 1980, lorsque l'infect Ramonet en a fait le catalogue international des dystopies. Fallait-il vraiment que le Stroumpf volant l'exhume maintenant, pour que nous terminions l'année avec des crampes d'estomac ?

Écrit par : rabbit | 29/12/2015

Je partage la même expérience. J'ai compris le caractère haïssable de la gauche à la lecture de Ramonet. Cette façon de vouloir à tout prix faire marcher les gens sur la tête...
"Le bon sens est réactionnaire", m'a sorti à cette époque en pleine face une de ces femmes de gauche énergique et prête à tout casser...

Écrit par : Géo | 29/12/2015

Vladimir Ilitch Oulianov n'avait pas tort d'écrire que le gauchisme est la maladie infantile du communisme. Ou quelque chose de plus contemporain, comme le H1N1 qui revient chaque année avec des variantes. Le communisme, on peut progressivement s'en débarrasser au bout de 60 ans. Tous les pays on viré leur cuti capitaliste, à part la Corée du Nord (quoique dans leur cas, on soit face à une pandémie de dissonance cognitive due à la malnutrition). En résumé, le gauchisme intellectuel, c'est plus que la rougeole ou la scarlatine: c'est le chance mou de la pensée.
Qu'est-ce que vous mangez pendant les fêtes, Géo ?

Écrit par : rabbit | 29/12/2015

Géo va rectifier: c'est "chancre".

Écrit par : rabbit | 29/12/2015

Pendant les fêtes ? Quelles fêtes ? Blague à part, rien de spécial. Mes amis vont en montagne et j'évite cette zone entre Noël et Nouvel-An.

A propos de gauchisme et de Ramonet, pour préciser : c'est la haine de l'Homme blanc et des valeurs européennes sous-jacente à ses discours qui m'a ouvert les yeux. Étant moi-même un homme blanc, j'étais désigné comme un obstacle naturel à l'avenir radieux de l'Humanité. N'étant pas masochiste...
Mais le terrain était déjà bien préparé. Après avoir beaucoup dépensé d'énergie à cause de la guerre du Vietnam, observer que la première chose qui se passe après la victoire contre les Américains, c'est une guerre contre la Chine...
Et sur le plan local, observer que ceux qui avaient passé beaucoup de temps à lutter contre les privilèges et le copinage adoptaient le même comportement à la première occasion. Je parie que le RB voit à quoi je fais allusion...

Bref, la vérification de la parabole de l'eau et de l'huile.

Écrit par : Géo | 29/12/2015

Vous avez raison de vous ménager: moi-même, je fais la fête toute l'année sauf le week end et les jours fériés.
Excellents, vos propos concernant l'ingratitude du Viet Nâm envers la Chine. Vous n'aurez pas manqué d'observer que la visite folklorique de Deng Xiaoping à un rodéo texan, fut suivie de très près de l'envoi de plusieurs divisions de l'APL au-delà du Yunnan et du Guangxi, sans le moindre frémissement d'impatience du côté de Washington DC. Il y a toujours moyen de s'arranger en marge des conférences internationales et des déclarations universelles des droits créances les plus fantaisistes. Attendons maintenant la goutte de trop avec le petit Kim.
R'n'B ne voit rien du tout: je propose de l'envoyer dessiner à Perm-36, le seul camp de travail de Sibérie en bon état de conservation. Il peut emmener des gants.

Écrit par : rabbit | 29/12/2015

Un des points chauds de la planète politique se trouve pourtant en mer de Chine, entre la plaque chinoise et la plaque japonaise. Le petit Kim paraît plus grotesque que vraiment dangereux. S'il fait mine de faire des bêtises, le ciel va lui tomber sur la tête. Il n'est pas idiot au point de ne pas le savoir...
Je suis sûr que le RB se plairait beaucoup à Perm-36; c'est vous qui payez le voyage et le séjour ?

Écrit par : Géo | 30/12/2015

C'est dans la crâne des locataires du Pentagone que la matière bout. Ils ont escamoté nombre d'accords négociés à Yalta et à la capitulation du Japon, comme la restitution à la Chine de territoires lui appartenant en Sibérie, au Viet Nâm, en Mer de Chine orientale et méridionale.
Vous n'avez pas oublié non plus les pitreries sur le Tibet (scénario CIA+MI6), qui refluent périodiquement sur nos petits écrans depuis 50 ans, avec Zorro ou la Petite Maison dans la Prairie. A Zhongnanhai on reste serein; on n'est pas vindicatif, mais on peut aisément étrangler l'adversaire avec sa dette. C'est du Kong Fu financier.
Monsieur Poutine est d'accord de prendre en charge la retraite de RB, histoire d'amuser les ours blancs pendant les 6 mois d'hiver.

Écrit par : rabbit | 30/12/2015

新年快乐 - 新年快乐 - 新年快乐 - 新年快乐 - 新年快乐 - 新年快乐- 新年快乐
Whatever your year 2016, I wish you a frantic celebration before starting.

Écrit par : Rabbit | 31/12/2015

Si vous avez aimé 2015, vous allez adorer 2016.

Écrit par : Géo | 31/12/2015

Nous sommes malheureusement coincés dans la mécanique du temps. On ne peut pas sauter l'année qui vient ou revenir en arrière. Toutefois, vous pouvez essayer de glisser le long des pentes incurvées de l'espace-temps pour voir si ça a de l'effet. Ou voyager à la vitesse de la lumière pour arrêter les pendules. Ou passer dans un monde parallèle où la flèche du temps est inversée. Ou un autre qui n'aurait ni essence, ni nécessité et, par conséquent, aucune réalité. Un encore, qui serait peuplé de tomates bilingues, de bicyclettes quantiques et de lapins crétins. See you soon.

Écrit par : rabbit | 31/12/2015

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