10/01/2016

Flocons tziganes pour Yves Leresche

On l’attendait la neige, elle arrive enfin, faisant enfin scintiller son «or blanc» sur nos stations d’hiver, nos préalpes et campagnes et bientôt, qui sait? les toits de nos villes. Hélas, elle frangera vite les trottoirs d’un or gris: des congères poisseuses et gluantes. Un peu ragoûtant sorbet que les Vaudois appellent les «gonfles» ou la «peuf». Chez les Inuits du Canada, cette terminologie nivale est plus variée, car elle leur est une sorte de pain quotidien: qanik désigne la neige qui tombe, pukak celle qui se cristallise, aniu celle qui donne de l’eau potable… Autant d’expressions qui traduisent une lutte atavique et acharnée contre les méchancetés imprévisibles de mère Nature.

En Europe, la neige est devenue plus sporadique, pour des raisons de climat perturbé. Quand elle blanchira mon paisible quartier lausannois de Florimont, je décrasserai méthodiquement mes semelles à l’aide d’un chiffon, avant de fouler en socquettes propres la moquette de mon studio. Un toilettage ordinaire de gens qui ont un abri, alors qu’au centre-ville, des dizaines de Gitans et Gitanes se gèlent les fesses par terre pour implorer l’aumône. Ils s’emmitouflent dans des lainages compliqués qui les préservent de la grippe. Par la force d’un cruel destin, ils ont appris à mieux mendier avec des modulations vocales qui culpabilisent le badaud vaudois. Il reste suspicieux: «Comment font-ils pour résister au froid? Il doit y avoir un truc. Ils sont manipulés par une mafia de Slaves ou de Géorgiens bien organisés. »

Or en leur langage rom, mendier se dit mangel, l’équivalent de «demander». Et plutôt du travail que des centimes, nous explique Yves Leresche, mon confrère photographe, dans un bel album qu’il leur a dédié l’an passé*. Il a eu l’élégance non seulement de s’initier à leurs sabirs compliqués, mais de se rendre lui-même en leur Roumanie natale pour y constater leurs conditions de vie affligeantes. Et il les a observés, avec charisme et objectivité, dans leurs tristes nuits lausannoises. Couchés sur des matelas de fortune, ils se font parfois contrôler dans leur sommeil par des policiers qui leur confisquent leurs rares sous récoltés. «En prévision d’amendes à payer.»

Un récit douloureux, un très beau livre.

Roms, la quête infatigable du paradis, Ed. Infolio

Commentaires

Monsieur Géo,
Si vos loisirs vous laissent du temps libre, l'adresse ci-dessous conduit à un mémoire exposant des arguments rationnels contre les excès des thèses de Peter Singer et Peter Unger sur l'obligation morale de la société d'abondance à l'égard de la pauvreté dans le monde. Accrochez-vous, c'est balèze: http://members.shaw.ca/nathoo/Obligations_of_the_Affluent.pdf

Écrit par : rabbit | 10/01/2016

Ouch, c'est certes très intéressant mais difficile de traduire et argumenter en quelques heures...
On a déjà le syndrome de Stockholm. Le syndrome de Leresche en est-il une variante ou doit-on le considérer à part ? Si on y réfléchit un peu, la mendicité est bien le sujet qui va le plus diviser un citoyen suisse qui a toujours résidé dans son pays et un autre qui a vécu dans des pays où la mendicité est répandue.
On pense à tous ces touristes qui préparent - ou préparaient ?- leurs voyages en Afrique en achetant des dizaines de Bic à distribuer aux enfants. Et on sait parfaitement ce qui se passerait dans la tête de ces touristes s'ils restaient plus que deux semaines...
Les Sud-Afs en avaient fait une plaisanterie courante : qu'est-ce qui différencie un touriste et un raciste ? 15 jours...
Mais il n'y a rien à faire. Je n'arrive pas à culpabiliser parce que je trouve anormal de venir de Roumanie jusqu'en Suisse juste pour mendier. Chaque peuple a son génie propre, sa culture, sa façon d'exister par lui-même, en gérant ses propres ressources. Nous serions donc les ressources des Roms ? Étrange idée...

https://www.youtube.com/watch?v=XCWIXIEizKM

La peuf, dans ma partie du canton, ce serait plutôt le brouillard. Et les gonfles, ce sont des amas de neige soufflée par le vent, donc légère.

Écrit par : Géo | 10/01/2016

Un article bien garni de Wiki consacré aux Tatars, raconte comment ceux-ci se sont joints avec les Roms aux hordes Mongoles du 13e s., comment les Mongols ont ensuite vendu les Roms pour restructurer leur entreprise et, une fois les Mongols effacés du paysage, comment les nouveaux habitants sédentarisés ont prié les Roms de se remettre en route vers de nouvelles aventures. On en est là: une histoire de patate chaude et d'espace Schengen.

A part ça, Monsieur Géo, avez-vous été informé qu'un buste d'Edgar Snowdon avait été inauguré
le 6 avril de cette année à Brooklyn, puis escamoté le même jour par les autorités ? Qu'une statue en pied du même, associé à deux autres "whistleblowers", avait été exposée en septembre dernier à la place des Nations à Genève ? Je crains que la propagande officielle ne vous cache l'essentiel.

Écrit par : rabbit | 10/01/2016

Et le vrai Snowdon, il en est où ? Il écrit ses mémoires chez Poutine ? Et Assange, toujours dans son 4m2 à Londres ? Et d'où vous vient cet impromptu sur ceux qui chuchotent à l'oreille des journalistes (à grandes oreilles...)?

Parmi les photographes amoureux des peuples abandonnés, il y en a un qui causait dans le poste l'autre jour à propos de Théodore Monod. Et l'inévitable couplet sur les Touaregs, si nobles, etc, etc...
Sauf que personne ne dit que si les Touaregs sont quelque peu en difficulté, c'est que tout leur système de vie était basé sur l'esclavage des noirs et qu'aujourd'hui, ce n'est plus guère possible. J'aime bien les photographes mais je pense qu'il faut se méfier de leurs analyses politiques...

Écrit par : Géo | 10/01/2016

Tout comme les joueurs de l'équipe de France de football, à qui l'usage de poser des questions métaphysiques ou ontologiques s'est imposé chez les journalistes télé, selon le principe inversé que "le poisson fera passer la sauce" et que le public avalera tout. La tromperie aurait plus de mal à s'imposer dans la presse écrite.

De quel film, cette phrase: «A qui Rodriguez téléphonait-il quand le requin est entré dans la cabine?».

Écrit par : rabbit | 10/01/2016

Monsieur Rabbit doit probablement avoir vu le film sur Arte ce soir.
Dans ce film, Belmondo n'a aucun symptome du syndrome de Broca, même si le film, lui, l'a!

Écrit par : L'Amertume | 10/01/2016

Quand il se sent en panne d'imagination, Rabbit va pomper des attitudes et des comportements chez quelques réalisateurs français, ça plaît beaucoup dans les pays exotiques. Ce Broca-là mis à part, il y a encore Rappeneau avec "La Vie de Château", Deville pour "Le Mouton enragé", Malle et "Le feu follet", Becker dans "Le Rendez-vous de Juillet", etc….

Écrit par : rabbit | 11/01/2016

"Monsieur Rabbit doit probablement avoir vu le film sur Arte ce soir."
Ou alors on est entré dans un champ morphogénétique qui fait que tout a cristallisé un peu partout ? Chaque fois que je lis un article dans mon journal, je m'aperçois que la radio est en train de parler du même sujet. Faut dire que les journalistes sont dans l'unanimisme total. Après la célébration du Grand Conducator mou de la France et son goût des célébrations morbides qui a occupé les médias romands encore plus que les français, je vous parie que demain il sera très difficile de lire ou entendre autre chose que la vie et l'oeuvre de ce chanteur anglais aux yeux vairons. Une presse obsessionnelle et obsédée de faire et dire la même chose que le voisin.

Écrit par : Géo | 11/01/2016

Pensez vous que l'Amertume soit parent de l'Amertume du Jour et de l'Emoi des Sens, que j'ai bien connus autrefois ?
Je suis effondré: David Bowie, après J.J. Cale et Lou Reed… Vous ne voyez donc pas que ça va être bientôt notre tour ?
Pourquoi le Yuan dégringole en Chine alors qu'il grimpe offshore ? Et pourquoi en ai-je encore autant là bas ? Va falloir aller le dépenser sur place avec Géo.
Ils font des test d'économie comportementale (Kahneman, "Nobel" 2002) à TTS, mais en détournant la finalité de cette discipline: est-ce normal ?
Lisez-vous les bonnes radios et écoutez-vous les bons journaux ?
Cette errance infinie des certitudes ne laisse pas de m'épuiser.

Écrit par : rabbit | 11/01/2016

L'Amertume me semble présenter une forte parenté avec le Père siffleur, l'homme aux multiples identités. Chez Homère, on aurait dit polutropos...
La mort de Bowie me conforte dans l'idée que la musique pop m'indiffère complétement. Notre tour va venir, pas de doute. Cela vous inquiète ? Personnellement, j'ai aidé deux personnes très proches dans leur dernière année de vie. Je n'ai pas envie de connaître une dernière année de vie...
En quoi TTS détourne-t-il la finalité des tests d'économie comportementale (la formule est mal choisie : il s'agit de comportementologie économique...)?
Je lis les journaux du bled où je demeure. En Arabie Arab news, au Mozambique le Diario de noticias et ici 24 heures, parce qu'au KSA j'ai envie de râler contre les Arabes, au Mozambique contre les Mozambicains et contre les Vaudois ici...
Un peu comme pour les vins. Il faut boire local, sage conseil de mon papa. Pas que, bien sûr...comme pour les journaux.

Écrit par : Géo | 12/01/2016

Que dit votre gazette locale au sujet du reflux des émigrés ?
A part une certaine pression sur la tête de Madame Merkel, les médias chinois n'en parlent pas. Leur problème, c'est le petit Kim lui-même, ou encore ses électeurs qui passent la frontière pour venir faire des casses dans les provinces mandchoues. A la page des gossips, nous trouvons la redoutable ex-épouse (née à Xuzhou, dont l'empereur disait: "le pays est pauvre, le riz mauvais et les gens méchants") de Rupert Murdoch et sa liaison supposée avec Tony Blair. Par là, vous prenez conscience qu'une seule et même réalité éclaire le monde.
Ensuite, je vous propose: Polutropos => poulotropos => tropopoulos => Rastapopoulos ?

Écrit par : rabbit | 12/01/2016

Si Monsieur Jenni passe d'aventure par là, il doit savoir qu'à Nanjing un millier de chauffeurs de taxi font grève depuis 4 jours, pour obtenir une réduction de leurs frais et une intervention du gouvernement contre Didi-Kuaidi, l'équivalent de Uber. Moralité. ça râle partout, restons chez soi.

Écrit par : rabbit | 12/01/2016

Les photos de Yves Leresche sont superbes!
Dans sa bibliographie est indiqué également des photos "Gueules Nocturnes". J'aurais bien aimé en trouver sur la Toile mais, recherches négatives.

"Que dit votre gazette locale au sujet du reflux des émigrés ?"
Ce n'est pas la "gazette" qu'il faut interroger Rabbit, c'est le gastro-entérologue! (0_*)
(Ouille! Je vais me cacher).
Sinon, les Vaudois ont un "patois? langue?" très particulier : les gonfles, la peuf et comment dit-on en Vaudois : la meuf me gonfle?
(Ouille bis).
(Faut rigoler... la vie est si monotone : chaque soir se coucher, chaque matin se lever, puis manger, puis faire les courses, puis faire du ménache (coucou RB) puis faire du vélo (Géo), puis faire du golf (Bibi), puis voir les cours de la bourse et lire les China's News (Rabbit). En aparté : je parle toute seule à voix haute chez moi de plus en plus souvent; deviens-je VRAIMENT folle docteur?)

Écrit par : Ambre | 12/01/2016

Mieux vaut une vie monotone qui nous permet de nous déplacer sans problème, de voir et d'entendre, de jouir d'une bonne santé qu'une vie "locked in" avec seulement la paupière droite pour s'exprimer en mode binaire : ouverte ou fermée.
Ce doit être assez long pour expliquer qu'on aimerait sa dose de pento-barbital de sodium...
Il serait pertinent d'essayer d'en profiter tranquillement en remerciant le ciel tous les matins d'être en si bonne santé, même si on sait que le ciel est vide. A propos, Ambre, vous avez entendu parler de Stéphane Allix et de son livre, "le test" ? Si vous vous ennuyez, vous pourriez contacter un de ces médiums et aller discuter de la pluie et du beau temps avec vos Ancêtres. Et si cela marche, faites-le nous savoir...

Pour ma part, je ne fais pas du vélo pour seulement faire de l'exercice physique. Actuellement, le vélo n'est pas adapté aux circonstances météorologiques. Je marche dans les montagnes avoisinantes et la marche provoque cet état de méditation que je recherche. Ce n'est jamais monotone.
Aujourd'hui, je pensais à ce copain d'école de recrue qui vient de mourir. Il était guide de montagne, travaillait dans une installation touristique et avait 65 ans.

L'idée de rigoler n'est pas déplaisante mais à propos de quoi ?

Écrit par : Géo | 12/01/2016

"A propos, Ambre, [...]? Si vous vous ennuyez..."
Je trouve les gestes quotidiens monotones mais JAMAIS JE NE M'ENNUIE. Même pas le temps de m'ennuyer et, en littérature, j'ai ce qu'il me faut, merci Géo. Mes goûts littéraires ne sont pas les vôtres et vice-versa.
"L'idée de rigoler n'est pas déplaisante mais à propos de quoi ?"
Mais à propos de rien Géo! Là, voyez-vous, je ris, de vous lire et de constater - même avec jubilation - que jamais vous et moi, serons sur la même longueur d'ondes. Même en ce qui concerne le pento-barbital.
Mes condoléances pour votre ami... et ça, ça ne me fait pas rigoler, sachez-le...
Un jour vous disiez espérer ne jamais devenir un "vieux con", alors peut-être que je me contenterais de "pissefroid" (0_0).
Faut rigoler... faut rigoler...

Écrit par : Ambre | 12/01/2016

« Un jour seulement, le “ pourquoi ” s'élève et tout commence dans cette lassitude teintée d'étonnement».

Albert Camus, "Le Mythe de Sisyphe" / 阿尔贝·加缪, "薛西弗斯神話"

Écrit par : rabbit | 12/01/2016

C'est beau une "lassitude teintée d'étonnement" : lassitude d'espérance?!
Mais vous avez tout ça en réserve dans votre mémoire Rabbit, ou vous tirez plus vite que votre ombre pour dénicher en un millième de seconde une citation extraordinaire via Google Book?

http://www.dailymotion.com/video/x1p8q4_camillo-felgen-sag-warum_music

Écrit par : Ambre | 12/01/2016

"Mes condoléances pour votre ami.." Je n'aurais jamais parlé de la mort d'un ami ici. Simplement tombé sur l'avis mortuaire d'une personne qui a fait l'armée avec moi. On dit copain de service, en langage populaire.
Je ne qualifierais pas le livre de Allix de littérature; il ne s'agit donc pas de mes goûts littéraires. Vous ne parlez pas vraiment des vôtres, donc aucune idée si vraiment ils me sont étrangers. Et que sait-on de votre idée du pento-barbital ?
Pisse-froid ? Parce que je demande de quoi peut-on rigoler ?
En effet, nous ne sommes pas sur la même longueur d'onde, mais ce n'est pas nouveau. Cela ne me dérange pas vraiment, pour ne rien vous cacher.

Écrit par : Géo | 12/01/2016

Ambre, c'est simple: l'absurde => Camus => Sisyphe => citation/wiki => 普通话.
"Warum": étudié cette chanson au collège en classe d'allemand en 1961.
Plus la fréquence est haute et plus la longueur d'onde est courte. Sachant qu'Ambre et Géo sont éloignés l'un de l'autre d'environs 1000 km, moins ils se causent et plus ils auront de chance de s'atteindre.

Écrit par : Rabbit | 13/01/2016

"Sachant qu'Ambre et Géo sont éloignés l'un de l'autre d'environs 1000 km, moins ils se causent et plus ils auront de chance de s'atteindre." A-t-il un nom, ce paradoxe ? Pour moi, la question essentielle en ce début d'année, que je souhaite belle et heureuse à ceux qui écrivent et lisent ici, est de savoir si je dois appeler ma future online shop "Le Lapin blanc" ou "The White Rabbit". Les deux me vont, et j'hésite.

Écrit par : Inma Abbet | 13/01/2016

"L'absurde", fait partie de la littérature (et de l'humour) que j'aime : Samuel Beckett, Robert Pinget, Franz Kafka. Humour tragique, dérision, angoisse, solitude.

Bonne année Inma;-) Je vote pour The White Rabbit!

Écrit par : Ambre | 13/01/2016

Cela dépend de ce que vous comptez vendre dans votre "online shop". Des articles pour amateur de petits lapins genre Playboy ? Dans ce cas, je préconise " le Lapin Candide". A ne pas confondre avec le candide raton.
Bonne année...

Écrit par : Géo | 13/01/2016

«Au lapin candide" mais, c'est voltairien à souhait ! Qu'en dira-t-on ? Géo, vous avez encore de beaux restes...
"Lao Tseu a dit..." ne serait pas mal non plus; alors "xīn nián kuài lè" (新年快乐) à tous et à chacun.

Écrit par : rabbit | 13/01/2016

"Le candide raton", j'ai dû le prononcer à haute voix pour comprendre... :-)))) J'ai aussi un faible pour l'humour absurde. J'imagine bien un logo avec un rat à l'air ravi.

Écrit par : Inma Abbet | 13/01/2016

Et un slogan : n'ayez pas peur du rat ravi ?

Écrit par : Géo | 13/01/2016

Inma @ http://www.leconcombre.com/raton/raton01.html

Écrit par : Géo | 13/01/2016

Le Concombre masqué ! Vous êtes une vraie madeleine, Géo...

Écrit par : rabbit | 13/01/2016

Mandryka, certes, mais aussi Gotlib. Savez-vous qu'il vit toujours, lui ? Enfin, je crois...
On va finir gâteux à se fendre la pêche en relisant nos vieilles BD ?

Écrit par : Géo | 13/01/2016

Merci pour ce perfide raton :-)))

Écrit par : Inma Abbet | 13/01/2016

Ravie de découvrir l'humour de Géo. Voilà qui étoffe ma culture BD avec Madryka, riche journée puisqu'un ami blogueur me faisait connaître cet après-midi Edmond Baudoin. Je suis nulle en BD, mais je me soigne. Le Red Baron en connaît un rayon...
Mais tout ça ne nous dit pas ce que Inma va proposer dans sa "boutique en ligne";-)

Écrit par : Ambre | 13/01/2016

Ambre,
Aujourd'hui seul l'immatériel fait sonner la caisse enregistreuse:
- Uber ne possède aucun taxi
- Airbnb ne possède aucun immeuble ou hôtel
- Skype ne possède aucune infrastructure téléphonique
- Alibaba ne crée ou ne possède pas de marchandise
- Facebook ne crée aucun contenu sur ses pages web
- Netflix ne réalise aucun film et ne possède pas de cinéma
- Apple et Google n'écrivent pas leurs propres apps.

Écrit par : rabbit | 13/01/2016

Rabbit,
Plus rien n'est donc palpable dans ce monde que vous décrivez.
Et c'est bien réel ce que vous dites. Cependant, Alibaba m'a proposé 10 lampes chinoises quand une seule me suffisait : leur réserve déborde oukouâ (^_^)? Hi!

Écrit par : Ambre | 13/01/2016

Vous le verrez quand ce sera justement en ligne ;-) Mais la réflexion de Rabbit est sans appel. On pourrait ajouter à sa liste booking ou blablacar. L'important n'est pas tellement de posséder ce que les gents veulent, mais de le savoir.

Écrit par : Inma Abbet | 13/01/2016

Et puisque ça devrait s'appeler Le Lapin Blanc (ou White Rabbit) ce sera une boutique de produits pour les prestidigitateurs;-)
Rien dans les mains... rien dans les poches... "de l'immatériel"!
http://previews.123rf.com/images/emjaysmith/emjaysmith1112/emjaysmith111200011/11563004-une-illustration-d-un-lapin-blanc-apparaissant-dans-un-chapeau-noir-soyeux-magiciens-avec-la-baguett-Banque-d'images.jpg

et le chef d'orchestre : Rabbit!

Bonne nuit les petits...

Écrit par : Ambre | 13/01/2016

Ambre@"Sinon, les Vaudois ont un "patois? langue?" très particulier : les gonfles, la peuf et comment dit-on en Vaudois : la meuf me gonfle?"

http://www.topio.ch/dico.php

1er exercice : répondre à votre propre question...

Écrit par : Géo | 14/01/2016

Peut-on répondre par un charabia à un baragouin ? Dites-le moi, ou c'est trop existentiel ?

Écrit par : rabbit | 14/01/2016

"Peut-on répondre par un charabia à un baragouin ?"
Oui, par le silence. Très existentiel le silence non?

"... l‘absence d’écrit qui est un silence quand ne rien dire c’est encore dire quelque chose."

"Il est rappelé que nous sommes des êtres sociaux et grégaires et que nous cherchons la parole et la communication. Paradoxalement, la communication nous manque et le silence nous manque aussi, mais lorsqu’il est là il peut également nous faire peur : « Le silence éternel de ces espaces infinis m’effraie » disait Pascal (Pensées, 206)LE SILENCE A DONC UNE DIMENSION EXISTENTIELLE, métaphysique."

à Géo : message bien reçu; la "meuf gonflante" va vous laisser respirer... (*_*)

Écrit par : Ambre | 14/01/2016

Plus facile de monter sur ses grands canassons que de faire ses devoirs...
1er exercice : "la meuf me gonfle?" = la fegniole fait la sioule...
Rabbit est allergique au franco-provençal en raison de ses origines mérovingiennes, c'est pas grave.

Écrit par : Géo | 14/01/2016

La famille de ma mère est autochtone, Géo. Donc, une fegniole (女) je connais, tout comme ce qu'est une zeneuille (鸡) ou un caillon (猪). Mais, je me permets de traduire pour les millions de Chinois qui suivent ce blog.

Écrit par : rabbit | 14/01/2016

Il n'en reste pas moins qu'il y a une grosse confusion. La survivance de quelques mots venus du patois, ce n'est pas le patois. Et je crois que le patois vaudois est mort et enterré...

https://www.nb.admin.ch/themen/02074/02076/03888/04035/index.html?lang=fr

Écrit par : Géo | 15/01/2016

Merci de la référence. j'aime les effluves de publications centenaires. Rien de tel pour retrouver l'esprit d'une époque. Plus fidèle à la réalité que l'interprétation d'un historien. Ceci dit, pensez-vous que les Vaudois ont créé cette langue en fonction de leurs besoins ou, comme les structuralistes, que c'est le patois qui a dicté les us et coutumes des Vaudois ?

Écrit par : rabbit | 15/01/2016

La poule ou l'oeuf ? La langue structure la pensée et réciproquement, non ? L'Inuit cité dans le billet connaît 50 mots pour la neige contre un pour nous. Mais nous connaissons nettement mieux la neige que l'Inuit. Qui ignore certainement que le cristal H20 se présente sous six formes différentes...
En fait, on pourrait faire l'hypothèse que le fait d'avoir un si grand vocabulaire l'a limité dans sa connaissance. Il ne suffit pas de nommer, faut aller voir à l'intérieur.
Et c'est ainsi que les sauvages sont des sauvages. Je ne dis pas qu'ils ont tort...

Écrit par : Géo | 15/01/2016

Trois fois hélas, comme disait le propriétaire de La Boisserie. J'ai perdu le sentiment que ces quelques mots de patois aient jamais pu avoir un sens. Mais le plus beau des dictionnaires est sans doute celui des mots oubliés.

Écrit par : rabbit | 16/01/2016

Cela fait du bien de voir que vous êtes toujours capable de dire de grosses conneries, rabbit. Je ne parle pas de la deuxième proposition, qui me plaît bien. J'ai remis dans ma bibliothèque ces six volumes du Larousse du 20ème siècle pour cette raison, ceux dans lesquels j'avais trouvé que Cunégonde s'appelait aussi Kinga, pour prouver à Inma que ce prénom avait la même origine que King, alors qu'elle pensait que cela venait du lapin. Une légère obsession chez elle...
L'avantage des dicos sur google, c'est la sérendipité. Celle qui m'a fait découvrir ceci, sur la quête de Cunégonde:
"Croisade des enfants. En 1212, une jeune berger, nommé Etienne, se disant envoyé de dieu, appela à lui les enfants, pour les emmener à la Croisade. La troupe de ceux qui le suivirent s'embarqua à Marseille au nombre de près de trente mille. Deux armateurs s'engagèrent à les transporter gratuitement, mais les vendirent aux marchands d'esclave de Bougie et d'Alexandrie. La plupart périrent; un petit nombre recouvra plus tard la liberté."
Les passeurs d'aujourd'hui sont de grands humanistes...

Écrit par : Géo | 16/01/2016

Personne chez nous n'a participé aux Croisades, inutile de me rendre responsable des malheurs passés et à venir: d'ailleurs, une suite d'opérations désastreuses en raison d'un management de projet incompétent. Vous avez lu les articles concernant Pierre L'Ermite ? Un gourou pas très catholique.

Écrit par : rabbit | 16/01/2016

Coucoupiètre et son compère Gautier sans Avoir...Mon Larousse antique parle de lamentable expédition mais les critiques s'arrêtent là. Je vais chercher plus loin...

Écrit par : Géo | 16/01/2016

"Sans Avoir", c'est bien le problème... Nombre de ces aventuriers ont contracté des dettes pour s'équiper à la dernière mode féodale. D'autres ont été kidnappés en chemin par des mafieux ou des concurrents, et des rançons furent payées par les familles qui le pouvaient. Quelques exemples entre cent: Richard Coeur-de-Lion (dont la virée en Italie n'a rien à envier aux Hells Angels) ou, plus près de nous, Humbert Bâtard de Savoie (le fils de famille sur les chemins de Katmandou). Epique époque, certes, mais il faut reconnaître que dans votre genre et à la nôtre, vous n'êtes pas mal non plus.

Écrit par : rabbit | 16/01/2016

J'ai rencontré pas mal de types au profil peu commun, depuis l'ex-mercenaire au Biafra devenu hydrogéologue au Mali, en campagne de prospection sismique au N de Tombouctou (oui, boum-boum, il y a une continuité...) au lieutenant para qui avait sauté sur Kolwezi mais qui a servi de cible à une mitrailleuse lors de la descente, je ne me souviens plus combien il a pris de balles à la jambe droite...,et qui servait de spécialiste sécurité à MSF en Jordanie lors de la GW I en passant par le mécanicien français futé qui s'était aperçu qu'au Mali, il y avait des dizaines de véhicules 4x4 abandonnés pour des peccadilles. Il les rachetait pour quatre sous aux ONG et autres branleurs des NU, les réparait et faisait venir ses amis pour qu'ils traversent le désert avec, en vue de les revendre chers en Europe. A côté de tous ces braves gens, je suis un gentil petit Vaudois dont le seul tort est d'avoir été le petit dernier de la famille, ce qui prédispose au manque de sérieux dans le domaine travail-famille-patrie...

A propos de Mandryka, c'était "quelle époque opaque"...

Écrit par : Géo | 16/01/2016

Un état de service impressionnant, commandant Géo!
Mais, avant que les chaumières vaudoises ne se mettent à jaser, il faut dire à notre décharge que nous sommes moins compromis que des gens comme Jean Schramme, Bob Denard ou Jean Kay. Comparés à ces oiseaux rares, nous passerions pour de plaisants dindons; un peu turbulents, mais combien attachants aux yeux du public…
Comment se nommait le complice du concombre masqué? Un légume aussi, je crois.

Écrit par : rabbit | 16/01/2016

Wikipedia@ "On retrouve plusieurs personnages récurrents dans l'univers du Concombre, notamment Chourave, son fidèle ami, les éléphants joueurs de cartes qui squattent son cactus-blockhaus, ou bien Le Grand Patatoseur, ennemi de toujours." Soit dit en passant, on retombe dans "l'araignée dans le plafond", avec le concombre masqué : voir images concernant le dit concombre.
Plaisant dindon ? C'est vrai qu'avec l'âge, on devient gentil. C'est curieux, ce comportement contraire des courbes de gentillesse entre les hommes et les femmes.
"Cinquante ans, l'âge auquel les femmes deviennent méchantes" disait l'oncle d'un ami. Comme il était jeune, il pensait que son oncle yoyotait...

Écrit par : Géo | 16/01/2016

"Le Concombre" est dans Wiki ? Sans critique politique, sociale et écologique ? Je n'ose regarder…
Oserais-je demander si la méchanceté est inversement proportionnelle à la libido, ou je risque une baffe ?

Écrit par : rabbit | 16/01/2016

Mieux vaut regarder ça que le reportage actuel sur "toute l'histoire" sur les expérimentations de la CIA sur cobayes humains aux USA en matière de lavage de cerveaux et autres joyeusetés. Vous allez regarder les psychiatres avec un autre oeil après ce documentaire...

"si la méchanceté est inversement proportionnelle à la libido, ou je risque une baffe ?" A la testostérone sans aucun doute. La libido peut avoir le sens de "force vitale" et pas seulement sexuelle...

Écrit par : Géo | 16/01/2016

Lavage de cerveau ? Manipulation mentale ? Expérimentation humaine ? Mais enfin, que croyez-vous que nous faisons depuis bientôt 10 ans ici ? Et Monsieur Gilbert, pensez-vous que ses billets soient totalement innocents ? Analysez bien celui qui vient d'être publié et n'hésitez pas à affronter l'image qui apparaît en filigrane, même si votre esprit s'y refuse. Recomposez le sous-jacent à partir de mots-clés familiers et le message prendra une toute autre tournure. Il est temps d'affronter la réalité en face, Monsieur Géo. Que vous le vouliez ou non, vous êtes impliqué...

Écrit par : rabbit | 16/01/2016

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